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la raison bumaine» et noa pas par l'énumératioii historique plus ou moins incomplète de ses écarts : Commencer par tout examiner, tout discuter, tout soumettre k la raison spéculative pour appreoAre à reconnaître ce qui duli être adopté par la raison pratique à titre de vérité première « de notion anirep* selle ou de fait primitif indémontrable; employer toutes les forces de l'abstraction et du raisouoemeut métaph ysique pour convaincre d*impuissance la métapliysique elle-même et rétablir rautorité des croyances primitives qu'elle tend si vainement à Msurpor : tel est le caractère de celte philosophie créée par Descartes et que Kaot a poussée à un degré nouveau de profondeur et d'élévation.
L'homme, dit M. de Bonald, doit croire des vérités universelles» morales, sociales, qu'il trouve éta* blies dans la société, sans aucun examen et sur la foi de la société et du genre humain. Celui qui« exa- 41 mine avec sa raison ce qu'il doit admettreou re- 4i jeter de ces croyances générales, se constitue, par « cela seul, en état de révolte contre la société; il « s'arroge, lui simple individu , le droit déjuger et « de réformer le général, il aspire à détrôner la rai* • « son universelle, etc. » Ils étaient donc en rt volie contre la société ces premiers sages, qui , sentant le besoin de s'élever à la connaissance d'euxnmèmes et de la nature morale, rejetèrent un amas de ' croyances superstitieuses et puériles pour chercher dans la raison de Thomme et au foiul de la conscience a ce qu'ils ne pouvaient plus rencontrer dans « les croyances de la société. » Il méritait donc d*é-
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tre rqeté comme coupable envers le société ce premier des sages qui sut s élever au-dessus de toutes les vaines croyances du Paganisme, qui établit le
dogme de l'unité de Dieu, qui reconnut l'origine, le caractère et la vraie. sanction des lois morales. Il bllait donc respecter toutes les croyances du poly- .iliéuîme pai ce qu elles étaient généralement et unanimement établies dans la société païenne. Il était donc justement mleiciit de piupiigei , au mcpiis de ces croyances, les lumières de la révélation intérieure et extérieure, et la ciguc de Soci ale et la croix de Jésus-Cbrist pouvaient donc être justifiées 1 Malheureux ceux qui naissent dans les sociétés où rè;^niciit tuiiove les ténèbres, où les premières vérités de la leligioa et de la morale se trouvent obscurcies ou altérées par Uii iiiclaugc de superstitions ridicules! Leur raison doit pour toujours senchaîner aux croyances delà société, ellen*a aucun moyen, aucun droit i\c iyii 1 élever et l'ci^amcu de ce quli laul croire loi est interdit.
« Gardiciiiic liJèlc et perpétuelle du dc^ïùl dos « férités fondamentales de Tordre social, la société, « considérée en général, en donne couiuiuuicatiou « à tous ses enrauts, à mesure qu ils entrent dans la « grande famille. Elle leur en dévoile le secret par % la langue qu'elle leur enseigne. »
Mais Je langage ne consacre-t-il pas les erreurs comme les vérités? Comment les distinguer? La nourrice, qui apprend à Tenfant à bégayer le saint nom de Dieu berce en même temps sa faible imagination des contes de fées, de revenante et de aidle luipressions oit II
m OPINIONS DE M. DE BONilLD.
fausses dont rinflueace dégradante va s'étendre pent*
être sui toute sa vie. Uexamen de toutes les croyanees de Tenfant sera-t-il également interdit à rhomme 7 où sera la ligne de démarcation entre le mensonge el la vérité ? Au point de vue où nous en sommes aujourd'hui, il est presque ridicule de combattre sé* rieusement une telle doctrine. Jetous pourtant un coup d*œil sérieux sur un sujet si grave.
H. de Bonald distingue des croyances ou des vérités générales, morales ou sociales, el des croyances ou des vérités particulières, individuelles, phy*
BhJUCS
a) « La cause première et ses attributs, l'existence
« des esprits, la distinction du bien et du mal, » du juste et de r injuste, tonnent la première classe de croyances ou de vérités universelles, éternelles,
« parce que (remarquez le parce que) notre esprit « ne peut s'en iigurer l'objet directement et eu lui- « même sous aucune image; qu'il n'en peut reee» « voir aucune sensation ; que ces vérités ne sont bor- « nées ni par les lieux ni par le temps, qu'elles sont « le fondement de tout ordre et la raison de toute « société. »
b) « La matière et toutes ses propriétés, et tous ses
« accidents ^ composent la seconde classe de vérités ou de croyances a locales, temporaires, indivi- « duelles, parce que la matière ne nous est connue « que par nos sensations individuelles. »
A l'appui d'une distinction si obscure et exprimée si vaguement, on cite un principe non moins obscur et vague de Gassendi qui dit dans un sens
OtflNai m hH PHHOBOPflUL
l<mt logique, et en ayant égnrd aux classes artificielles (lu langage qui seules constituent dans son système ce qu'on appelle idées générales : a Toute idée « ItklMnise par les sens (externes) est singulière et « ne nous fait connaître d'a)>ord que des individus. » Cesl là une proposition obscure, insignifiante et môme conUadictoire ; car si l'on distinguail, comme il but, les images ou les impressions confuses qui appartiennent aux sens, des perceptions ou des idées qui sont du propre de Tesprit, ou dirait avec bien plia de Térité que les produits des sens, les sensations et les images, loin d*avoir un caractère proprement individuel, singulier ou un, sont composées ou flmhiples par leur nature. Certainement nous ne recevons pas du dehors Tidée de Ton, du singulier, sU^iO vient pas des objets sensibles, mais elle leur ait ajoutée d'une source tout intérieure; et il n*y a pour nous, ou pour notre esprit, des choses unes ou dil idées individuelles, que parce que notre mot est
UQ, individuel.
t Les vérités générales ou notions intellectuelles i'iant proprement l'objet de nos idées et les vérités € particulières ou faits physiques sont l'objet de nos «inagas. » Qu'est-ce qu^une notion intellectuelle? Peut-elle étro prise comme objet d'une idée difféiente d'elle-même? S'il y a en elfet immédiation «M l'esprit et la notion intellectuelle qu'il conçoit ausaisit, celle-ci ne peut avoir d'autre objet qu elle- ÉèM=Quea*il y a un moyen ou un milieu entre la notion et la chose qu'elle représente, cette notion n'est donc pas difiërente de l'idée même, elle n'en