DE LA RELIGION
Veut-on confondre dans «ne nnité systématique
le principe des facultés iuteiiectuelies et morales, la sensation étant prise pour Forigine de toutes lés idées, le besoin, Tintérêt personnel, pour le principe de toutes les déterminations, de tous les actes de l'individu qui ont indistinctement pour objet les personnes et les choses? il faudra dire que les sentiments les plus expansifs, les plus désintéressés» les penchants les plus nobles et les plus généreux de notre nature ont le même fondement que la sensualité la plus grossière, Tégoîsme le plus abject : on dira que vivre en soi, ou pour soi, c'est la même chose que vivre dans les autres, ou pour eux ; qu'il n'y a pas plus de mérite à se sacrifier au bonheur de ■ ses semblables, ii tout immoler au devoir, qu*à prendre ses semblables pour I* s instruments de ses plaisirs et de ses caprices, et k s'arroger le droit de porter atteinte au droit sacré dos pcrsoimes lihres; on confondra tout cela sans songer que la distinction subsiste nécessairement entre les choses, ou les principes d'actions, qui sont et seront éternellement sé^ parés comme deux natures diflerenles.