S FONDEMENTS DE U MORALE
CertaÎDement il y a là deux principes d'aclion8«
ou du moins deux éléments aussi distincts Tun de l'autre dans la conscience morale, que Test le sujet de l'objet dans la conscience simple d*individaalité personnelle, et toutes les vues systématiques ne peuvent pas plus détruire cette distinction du sentiment intime, qu'elles ne peuvent ramener à Tunité absolue la dualité relative du fait primitif.
Mais, k la preuve du sentiment qui s'élève avec force contre l'unité de principe qui déterminerait également les actes intéressés ou seusitils et les autres actes désintéressés ou moraux, joignons des preuves d'un autre ordre et tirées de plus haut, et faisons Tanal^se de la conscience morale, comme nous avons fait celle de la conscience psychologique.
Le mot conscience (conscium) est un terme composé qui doit exprimer un rapport entre deux éléments : tcire^ cum (savoir, avec) . Le sujet peut seul savoir avec lui-même ou en lui-même; seul il peut sentir ou savoir avec un être semblable à lui, soul enfin il peut avoir une sorte de science extérieure ou supérieure à tout point de vue humain. La scnsatiou passive n*est pas la conscience; Tétre sensitif ne se sait pas, ne se sent pas lui-même; l'être actif seul perçoit la sensation, il sait avec Tétre sensitif ; il y a conscience individuelle, personnelle, complète.
Uhomme est en rapport avec son semblable par une sympathie naturelle très-bien nommée consensus. Ce consensus n'est pas encore la conscience; il tient immédiatement k la vie organique animale, et en effet les animaux, surtout ceux d espèce sociable,