‹ Œuvres inédites de Maine de BiranChapitre 37 sur 66 · AYÀM-PROPOS DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

AYÀM-PROPOS DE L'ÉDITEUR

Après avoir retouchét à diverses reprises, pendant an

espace de dix années, i'Ls^ai sur les [ondciacnts de la Psychologu, M. de Biran recoonul la nécessité de renouveler assez cûmploteinent le cadre dans lequel il voulait exposer SCS idées. II fallait donner une place convenable à l'idée religieuse, aux rapports de 1 auie avec Dieu, à la vie supérieure, et, pour cela, tout en profitant des matériaux de Touvrago ;incien, il fallait faire un onvraj^e nouveau. De là, les Nouveaux essais d'Anthropologie (\),

Le plan de cet écrit fut déposé sur le papier le 23 oc» tobre 1823. Au milieu de mai iS^h, M. de Biran ressen^ tait déjà les atteintes de sa dernière maladie, et poursuivait» sans être arrêté par la souffrance, son œuvre loin encore d*être terminée. Peu de jours après, il dut renoncer à tout travail.

Au moment de la mort de Técrivain, la dernière partie des Nouveaux Essais , la partie consacrée à la Vie de VEt*pritt n'existait probablement que sous la forme d'un petit nombre de notes qui subsistent. Il est vraisemblable que les deux premières parties étaient fort avancées, et qu'une partie considérable de la rédaction a été perdue par suite des vicissitudes étranges auxquelles ont été soumis les manuscrits de M. de Biran.

(1) Voir rfiitrnducliou générale aux œuvn do m. do ]^ir,in, et ravant-pro{K)â de réditeui' à ïliuai les (omknwnu dêlaPsu^

iUNTHAOPOIiOGlE.

Cet ouvrage n'est pas eotièrement inédit; on peut avancer, comme nn fait certain, que H. Cousin en a pnblié un ccrlain nombre de patres, dont, en Tabsence des secours nécrosai n s, il ue pouvait reconnaître la nature et auxquelles il a donné par suite des titres inexacts (!)•

Le muriiiscrit d(\s Nouveaux Essais est parvenu à Genève, à 1 état de feuilles dispersées et dans le désordre le plus complet. Ces feuilles ont été rapprochées peu à peu, •souvent sans aucun secours autre que. le sens de leur contenu. Il en est résulté un certain nombre de fragments. Quelques-uns portaient des titres, d*autres ont dû en recevoir de la main de l'éditeur. Il t'iait naturel de cherchera classer ces fragments, selon l'ordre général des trois vies, indiqué par le plan de l'ouvrage* Quant à Tordre relatif des fragmenis, dans ciiacnne de ces trois parties, il a fallu se contenter d'une disposition très-défectu< use, mais qui paraissait la moins mauvaise possible. La difficulté était d'autant plus grande qu'il n'est pas impossible que les parties des Nouveaux Essais qui subsistent appartiennent à deux rédactions différentes successivement entreprises par l'auteur. Il n'est point résulté de ce travail, un corps d'ouvrage régulier. Le lecteur nu doit pas perdre de vue que ce sont des débris qu'il a sons les yeux, il ne s'élonnera ni des répétitions, ni des lacunes, ni de quelque désordre dans la sério des idées. Pour parvenir à un autre résultat, il aurait fallu ou posséder plus d'habileté, ou, ce qu'on n'a voulu se permettre à aucun degré, prendre la liberté de refondre et de compléter le texte de l'auteur. L'œuvre de H. de Biran, telle que nous la possédons, interrompue par la mort et mutilée par le résultat de circonstances extraordinaires, aura toujours plus de valeur qu'une

(1) Voir les numéros xxxvi et xxxni du catalogue nSsonné, à iaûndece voiiune.

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œovre plus régulière, mais })lu3 oa moîDs apocr} phe, dès que l'ôJileur se sciait pcniiis dy metire la main.

Dans la pensée de M. de Biran, le nouveau travail qu'il avait entrepris devait annuler VEssai sur les fondements

de la Psychologie, aussi existe-t-il un parallélisme marqué entre le texte de ÏMssai et une partie des fragments ici publiés.

Qnelqnes-unes des pages qui figurent sous le titre de Vie de l'Esprit, ont paru déjà dans le volume des Pensées de M, de Biran, Ce n'est point là le résultat d'une Yolonlé arbitraire. 11 est éiuLli par les preuves les plus décisives» que les cahiers du Journal intime renfermaient une partie du texte destiné aux Nouveaux Essais. Eolre ces preuves, il suffira d en indiquer deux : le plan de l*ouvrage est déposé dans ces cahiers ; et M. de Biran relie son manuscrit à ces mêmes cahiers, par un signe de reûvui poâiiil. £n éditant les Pcubécs, il était naturel d'y insérer quelques-uns des fragments, destinés à l'ouvrage scientifique, qui étaient particulièrement propres à jeter du jour sur le développement individuel de récrivain; mais il était indispensable de repruduii-e ces fragments à la place même qui leur était assignée par Tauteur. Du reste» comme aucun signe matériel ue di:>Uiigue, dans le Journal intime, lea pages destinées à récrit scientitique de celles qui ont un autre caractère, on comprend qu'il y avaitàfaire ici un choix 4ui n'était pas exempt d'incertitudes. Les Pensées de M. de Biran forment d'ailleurs le complémenl indispen* sable des Nouveaux essais d'Anthropologie.

Les morceaux trop rares et trop courts qui remplacent malheureusement une exposition proprement dite de la irie deTesprit, ne sont donc que des notes ou des ébauches qui n'étaient pas susceptibles de recevoir un ordre rigoureux. On les a groupés en cherchant à placer d'abord ceux

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qui concernent les caractères généraux de la ?ie suf^érienre,

puis ceux qui imliqucDl \d préparation elles condiUuiisde cette vie, puis enfin ceux qui exposent l'élat de l'âme, dans son union avec Dieu, et les conséquences de cette union.

Les différences les plus essentielles qui existent entre les ISouveaux Essais d'Ani/'n'opolo(jie et ï Essai sur les fondements de la Psychologie, sont le résultat des dernières modîficattôns survenues dans la pensée de M. de Biran. Ces diiiérences, saris parler de rélément religieux qui est ici le fait capital, peuvent se ramener aux cheb suivants :

Importance accordée u ia question des réalités absolues;

Vues plus larges et plus fécondes sur Thistoire des systèmes méta|)l)> >iques ;

Tendance à oQYisager le fait primitif de reiïorl. sous un point de vue plus spirituel et plus dégagé de la con&idération exclusive du mouvement musculaire ;

Ideuliiicalion de la vie uniuiale avec la vie organique;

Attention accordée aux phénomènes du magnétisme animal.

Les points lof^ pins essentiels de cette énuujcration ont été abordés dans Tintroduction générale qui ouvre ces volumes; il suffit d'appeler sur les autres l'attention du lecteur.

Disons en terminant que quelques parties du manuscrit qui ont été laissées de côté, pourraient être utilisées plus tai^, lorsqu'on coordonnerait les débris des Aouveaui Essais, qui buiveul ces ligues, avec les autres déLnâ du même ouvrage qu*a publiés M. Cousin.

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