ET DE LA RBUQION. S
qrmpathiseDt ou couseiUant eaire eux par une sorte d'instinct expansif plus fort et plus marqué encore que dans l^homoie. Joignez 1 activité daum au cottr êmnu ou à la sympathie « et tous aurei la conscience d;ins l'acception que lui donnent les moralis* tes et ceux, surtout qui admettent un sens moral in-r terne, parmi lesquels se range éminemment Fauteur à Etniie quand il caractérise énergiquement « cette a force d'une âme expansive qui m'identifie avec « mon semblable, par laquelle je me sens pour ainsi « dire en lui, car c'est pour ne pas souil'rir que je ne « veux pas qu'il souffre (i). »
L'homme, non-seulement conscrit avec son semblable par un instinct sympathique, mais de plus, en sa qualité d'bomme ou d'agent moral, il lui tran»porte avec son moi une activité libre, une propriété personnelle, et par suite des droits pareils aux siens» m même temps qu'il consent ou sympathise aux affections d'un autre par une sensibilité expansive. Gomme par le can$etuus sympathique l'homme sent avec un autre les affections qu'il éprouve; en vertu da consensus de personne, d activité, il sait avec lui âea propres sensations, et, placé pour ainsi dire au centre d'une intelligence, d'une volonté qui sont en même temps à lui et à un autre, il juge de ce point de vue élevé ses sentiments, ses vouloirs les plus intimas, ses opérations les plus secrètes; il les approuve et les condamne comme un témoin impartial et croit entendre une voix qui retentit au fond de son âme comme celle de 1 écho réiléchit et redit à 1 indi-
(l) Emite, livre IV,
FONOSM£ftTS D& Là, MOtlALB
Yidu ses propres paroles; Tindividu sait avec uo autre ce qui 86 passe en loi, et rait par lui ce qui se pesae dans un autre.
Enfin dans un tioisième progrès luicilecUiel et proprement moral, la conscience relative cesse d'être^ se perd entièrement, n'a plus un caractère relatif et s'identifie avec la science, avec la vérité absolue (car il n'y a de science proprement dite que de TabsolUf de ce qui reste le uiènie quand les phénomènes changent), et pourtant on peut dire encore qu'il y a une conscience conjnie une science de réalités absolues. L'âme, en efiet, élevée par le sentiment ou par la raison jusqu'à la cause des existences, voit avec Dieu et conçoit ie réel, l'absolu, le nécessaire, ce qui est. Cette conscience de la vérité se distingue de toute conisciencedu relatif par un caractère bien frappant, c*est qu'à l'instant où. Tesprit a cette conscience de la vérité, il l'aperçoit comme existant indépendamment de toute conception passée, présente et future, c'estàKiire comme étemelle, nécessaire, ou dont la noneoustence est impossible.
Ceci demande à être expliqué.
S'il est donné à l'homme d'entrer en partage de la scienr'e, s'il y a pour ainsi dire une face de notre âme tournée vers l'absolue réalité, ou la vérité absolue des choses toiles qu'elles sont en elle-roémes« ou abstraction iaUe de tous les rapports avec noUc sensibilité ou notre manière de les concevoir, ce n'est qu'en s'élevant jusqu'au point de vue de l'intelligence suprême que Tesprit de i homme peut attemdre cette réalité absolue, indépendante ou nécessaire»
XT OB Iià ftBUGlON. H
6i c'est aussi dans ea sens unique que nous pouvons
être dits avoir conscience de quelque chobe ci absolu, conscience bien supérieure à tout ce qu'il y a de sensible, puisqu'elle indique une sorte de participsr Uau à la science de Dieu, avec qui, ou eu qui nous stfons toute vérité absolue, en tant que nous poiH vous la concevoir comme attribut de Dieu et non pas autrement. C'est ainsi que nous avdns la conscience de notre âme, ou de sa nature, entièrement dtstinete et séparée du sentiment actuel de rindividualité, ou, comme on dit psychologiquement, de la conscience personnelle de l'existence du moi ; c'est ainsi que par suite nous pouvons nous attribuer intellectueUement les conséquences de tout ce que notre esprit peut concevoir comme réel, nécessaire, absolu : Tétre, la substance, la cause, et aussi le devoir et le droit absolu, ainsi que nous Texpliquerons ultérieu* rement.
Rentrant maintenant dans le langage et le point de vue de la j>s}( uologic et avant de la rallier à la morale, nous ferons remarquer d abord qu'en s'arrètant à ce point de vue de Thomme individuel , et abstraction faite de tous les rapports qu'il soutient avec d'autres êtres intelligents et sensibles comme lui, le sujet dont on cherche ainsi les facultés ou puissances pourrait b&cu ne pas tHic Thoinme, pas plus que ne Test la statue de Condillac réduite sue* cessivement à un seul de nos î^euii exteriit», iâolé de loua les antres, et abstrait même de celui de rindividualité, sans lequel on peut bien supposer qu'il y a sensation ou aûccùou simple, agréable ou doulou-
FONDEMENTS OB hh UORALB
reuse, mais non pas idée on cùmeiencê de sensation.
En adiueUaut niéiue qu'il y ait dans la nature de l*ètre intelligent et sensible, isolément eonsidéré» un fondement vrai an point de vue psychologique, on ne trouverait Tapplication, la valeur véritable ou étymologique du mot conscience qu*en déterminant une fois pour toutes le rapport fondamental du mm individuel, permanent, avec les modes actifs qu'il produit, comme avec toutes les affections de la sensibilité et les idées ou les notions intellectuelles qui lui sont données et qu'il ne fait pas. £n effet le mai sera dit avoir conscience des sensations en tant, non pas qn*il • sentira, mais en tant qu'il saura, ^yec Tètre sensitif ou en lui« les modifications de cet être, loealiséesdans les parties du corps qu'il anime; en tant aussi que le moi saura les idées ou les notions qui sont en lui, sans se manifester ou représenter par aucun symbole, et qu'il sait bien aussi ne pas créer, en les apercevant.
Fondés sur la sympathie primitive, ou contemporaine à l'existence individuelle» les rapports de l'homme avec l'homme ont un caractère particulier qui les distingue bien éminemment de ceux qu il soutient avec tous les autres agents visibles ou invisibles de la nature extérieure, il y a en efTet une activité, comme une sensibilité, vraiment morales, qui différent également et de la simple activité dé* ployée contre les résistances étrangères et mortes,