MAGNÉTISME
Pour faiie ressortir plus compK'teincnt te caractère du vouloir à titre de fait primitif, et mieux pré* ciser la valeur des termes divers sous lesquels leS métaphysiciens ont cherché h représenter ces caractères, il s'agît maintenant d'établir les titres essentiels de (lislinLliun qui séparent le désir du vouloir ; car, comme le dit si bien Locke (i), sans paraître lui*méme se douter de tout ce qu'il y a de profondément vrai dans ses paroles, le vouloir de Thomme
(i) Eaais. Livre chap. xxi, De la Puiisaocc, S 30>
âSO ANTHROPOLOGIB.
s'arrête aux choses dont il dispose» c'est-à-dire aux
choses qu'il sait ou qu'il sent immédiatement être en son pouvoir, et ne va pas plus loin. Le désir s'étend aux choses qui sont hors du mot et indépendantes de lui, c'cst-à-diio du vouloir et de l'efTort qui le constitue. Entrons plus avant dans 1 analyse de ce sujet.
Le vouloir est uu âcle simple, pur et instantané de ràme, en qui ou par qui cette force intelligente et active se manireste au dehors, et à elle-même intéiieureuienU Aussi rcflbrt est-il le mode permanent de l'âme (mot) tant que la veille dure; cet effort oea^ sant, Tâme cesse de se manifester et la personne ou le moi s'enveloppe dans le sommeil.
Le désir est un mode mixte ou composé, où Tacf ion et la passion se combinent et se succèdent Tune à l'autre. Nous l'avons vu, l'âme, force intelligente et active, liée à un corps organisé, n'est pas unie également ou de la même manière à toutes les parties de cette organisation. Il y a du moins deux modes de cette union qu'il n'est pas permis de confondre. L'union de la force active au terme immédiat de son déploiement, et par lui à tous les organes delà locomotion volontaire, est directe, simple, nécessaire, constante, et ne demande aucun temps; elle s'accomplit instantanément par un vouloir unique. L'union de la même force avec tous les organes sensitifs est purement sympathique, médiate, accidentelle et variable; elle n'a lieu que dans le temps et d'une manière indirecte ou médiate. Ce n est pas, en effet, la volonté qui produit tous les
iJiyiiizeo by
VIE HUMAINE. 481
changemeDts opérés par uae passion quelconque ^dans les organes sensitifs» comme le cœur« Tépi* gastre, le foie, le sixième sens. On sait combien ces organes iaternes sont indépendants de la volooté, et pourtant ils sont puissamment modifiés par le désir ou la tendance plus ou moins énergique des facultés de Tàme vers un objet qui TaUlre ; et lorsque cet objet Fintéresse assez vivement, elle tend à s'unir à lui aussi iutirneiiient qu'elle l'est à son objet immédiat ou à sou propre corps.
L'homme n'est pas une pure mteliigenee servie par des organes (I); il n'est pas même une force pure de volonté se servant d organes pour agir et se manifester; car rintelligence n*est servie que parles organes à qui elle commande, comme la volonté ne se sert que des organes dont elle dispose. Que faire donc de ceux dont elle ne dispose pas, et qui desservent au lieu de servir? Faudra-t-il les exclure de la définition de Tbomme? Mais s'ils entrent essentiellement dans la constitution humaine, comment la définition pourrait-elle être vraie? Méfions* nous de ce ton sentencieux, de ces antithèses de mots, de ce<i formes aphoristiques, brillantes pour l'imagination, vides ou creuses pour la raison.
Si le vouloir est Tattribut essentiel d'un être stm pie» le désir comme toute passion, ne peut être que l'attribut d'un être mixte, ou composé de deux natures qui se limitent en s'opposant Tune à l'autre. T^s affections qui prédominent toujours dans le désir, sont
(1) DeiiDiUOD de M. de Douaid.
482 AMHAOPOLOGIE.
attachéesau jeu de certains organes sensitifs qui, loin de servir l intelligeace, ne font guère qu obscurcir sa lumière et absorber son activité.
lia us le voul uir ou raclion directe exercée sur les parties du corps qui lui sont souuiises, Vînme s'approprie véritablement ces parties par Faction immédiate, instantanée qui la manifeste intérieurement à elle-même. Dans le désir, ou sous rinûuence sympathique exercée par Timagination sur les organes sensitifs et involontaires, ce sont plulùL les organes sensitifs qui s*approprient Tàme, l'attirent à eux, et peuvent absorber dans leurs impressions toutes les facultés de sa nature. £q tendant à s uuir, à s identifier par le désir avec une nature quelconque, spi* rituelle ou corporelle, différente de la sienne, Fâme ne s'approprie point ainsi les propriétés purement sensitives de son organisation; et les instruments ou moyens cxcihitifs de celte tendance ont bien pins d'inlluence sur làme qu elle a influe sur eux pour les gouverner. Le désir, même le plus intellectuet dans son objet, le plus actif dans son principe, ne s'élève ou ne se soutient à un certain degré d exaltation que par le concours manifeste de ces mêmes organes intérieurs qui sout aussi les sièges d'aflecfions ou de passions purement sensuelles,
<r II n'est personne, dit Herder (1), parmi ceux « qui se mêlent de réfléchir et de penser, qui ne soit « convaincu, par sa propre expérience, de la corres- « poiidanee singulière qu'il y a entre l'organe de
(1) Lettre sur les désirs.
▼m HiniiAiiiB. M
M rimagioation et celui ou ceux de la génération; «combien certaines idées émisent de changement
daijs ces parties, et combien promptement aussi « un changement contraire dans ces parties fait é? a- « nouîr ces idées.
« De tous les moyens physiques qui servent à ef- € fectuer la tendance de Tàme rers une union d*e8* € senee, eeloi qui forme Tunion des deux sexes est « celui qui se manifeste le plus dans toutes lèses- 4t pèces de désirs de Tàme. » Et c'est cela même qui peut rendre funeste, au moral comme au physique, les extases du uiyslicisme même le plus épuré dans son principe.
Il est aussi une observation qne les hommes réfléchis peuvent kiire sur eox-mèmes, en avan^nt en âge, et qui conflnne les rapports sympathiques des deu\ natures : cVst que la disposition à Tenthousiasm^, même pour les choses qui sont de l'ordre le plu» supérieur anx sens, s^affaiMvt et décroît dans la même piupoiiioa que Tinfluence de ces organes intérieurs, où Platon avait déjà placé le siège de la coneaptscence.
En réfléchissant sur les modes et les efl'ets divers de cette influence purement sympathique et réciproque de rimagination sur les organes sensîtife involontaires, et de ceux-ci sur Timaginationt un trouve quCt si la volonté proprement dite prend quelque part i\ ces effets sensibles, elle ne peut être qu'instantanée, et se borne à mettre en jeu Torgane de l'imagination, ou à donner le premier branle à ce centre qui forme »eul le lien des deux vies. Tous les
Diyilizeo by GoOglc
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phénomènes qui suivent et qui constituent la passion, sont les eSets d'actions et de réactions sympathiques entre les organes des deux vies qui luttent, s'équilibrent, ou prédominent tour à tour. Dans les passions où Tobjet du désir est d*abord le plus éloigné des sens, ou pourrait croire que Tàme cherchaûl à s'unir plus étroitement à la partie sensible de l'organisation dont elle ne dispose pas, tend à s'approprier ces parties et à les élever à sa hauteur, on à les faire concourir vers l'objet intellectuel auquel elle tend à s'unir ou à b identifier. Mais il est évident d'après Texpérience intérieure que, dans cette tendance sublime, et dans rem|)loi même le plus actif des moyens qui peuvent préparer et amener l'état d'ex* tase, comme la méditation ou l'attention 6xée long* temps sur le même âujet, surtout la prière orale déterminée d'abord par l'intention la plus énergique, 1 a me n'agiL puint réellement sur les parUeî sensibles de l'organisation qui peuvent tantôt servir il son objet, tantôt lui manquer entièrement, suivant les disposiliuus sympathiques propres [vis itmia] i ces organes sur lesquels la volonté n'exeroe aacon pouvoir réel.
Il me parait absurde de croire qu'elle en exerce davantage sur des organisations étrangères, coiiiuie Tont cru quelques magnétiseurs.
Pour un être humain, un moi, constitué par sa
propre force de vouloir et d'agir, il ne peut y avoir aucune puissance de même nom capable de se mettre à sa place, pour exécuter les mômes mouvcuients qu'il s'attribuerait à lui-même, conmie étant voion-
YIC HUMAIKIK. 485
tftires, c'est-à-dire accompn^^nés d'effort. Mais il n'est pas impossible qu'un désir vif et soutenu, ou une imagination qui Tient à se frapper et se préoecuper fortementet avec amour de telles idées pro|)i ei> à produire dans son organisation tels phénomènes organiques, ne parvienne à les exciter aussi dans une organisation étrangère ; si ce n'est directement, du moins par rintermédiaire de l'imagination, qui ferait tendre les machines organisées vers un même but, comme fait l'attraction pour les corps bruts et inanimés. Mais, pour écarter le merveilleux de ces cas de sympathie extraordinaire, où Ton dirait que l'âme exerce hors de son propre domaine une sorte de pouvoir magique, il suffirait de rapprocher ces cas anormaux de
ctrtriins faiLs d'expérience sensibie cjUi ont le plus d'analogie avec eux.
Or, dans le désir vif et soutenu qui prend, par sa durée, le caractère d'une passion, il va toujouis le concours nécessaire de deux sortes de fonctions de nature diverse, simultanées ou successives, qui se correspoudent selon une véritable harmonie, savoir : les fonctions de l'imagination, soumise en partie à la volonté qui peut d*abord la mettre en jeu et la tenir fixement attachée à une certaine espèce d'idées, et celles de l'organisme intérieur qui s'affecte sympathiquemcnt à la suite deces idées, par une association soit naturelle ou primitive, soit accidentelle ou d'habitude. En vertu de ce pouvoir, du moins partiel, de ia volonté sur la })roduction des images, tel individu qui réunit une certaine force d'imagination avec une organisation intérieure assez mobile peut se rendre
Diyilizeo by GoOglc
AM AMTBROPQIMIB.
Quitra, jusqu'à un cerUia poiat» de certaiiiÉ motiw menu organiques, étrangers par leur nature à toute
influence directe el immédiate (le la volonté. Le pouvoir de la volonté se manifeste bien plus en arrêtant ces mouvements qu'en les excitant. Or, il me semble qu'il n'est guère plus difficile de concevoir commeiU un désir, une passion, une tendance forte et sontanue de 1 aint, peut avoir une inlluence sur 1 ùLic extérieur sensible, aoimé, qui est 1 objet de celle len* dance, qu'il n'est difficile d'expliquer Tinfluenoedés désirs ou de rimagination même de Tageut sur les aflections ou les mouvements de ses propres organes intérieurs. Ceux-ci, en effet, peuvent être oonsidérAs comme étant étrangers au moi^ en tant qu^ils sont hors de la sphère du vouloir ou de lelTort qui le constitue. Si donc i! était possible de déterminer précisément les conditions ou les moyens organiques de eette dernière action sympathique, on pm/^ rail très-vraisemblablement l'élendre aussi , avec quelques modiiicatious, aux divers modes plus ou moins mystérieux de cette influence extérieur» wjmt patiin|iie, en vertu de laquelle un être animé qui sent et imagine avec une certaine ibrce, se soumet et attire pour ainsi dire des organisations étmDgkns dont il semble disposer en certains cas, presque comme de b sienne propre.
Qu'un tel individu, par exemple, ait senti à le fifé* sence de certaines images son cœur battre, ses lai^ mes couler et toute son oi||anis«tiaii intélîaiiil agitée d'impreseions et de mouvements extraordiaaire» étrangers à sa voiouié» ie même individu
TiE Hinonn. M?
pouvant, à l'aide de certains signes, exercer quelque pouvoir Yoloutaire ^ur la reproducliou des images auxquelles ces mouvements organiques se trouvent
associés, pouiia aussi concourir par cet intermédiaire actif en partie, à les exciter eu lui-même ou par suite dans des organisations étrangères qui se trouveraieut moulées au même ton de sensibilité ou d'imagination. C'est ainsi qu'on voit certains hommes se pa^bionner eux-mêmes, pour ainsi dire, d'abord volontairement et à froid, et finir par se pas* sionner tout de bon et d'une manière contagieuse qui a'étend comme par une commuuicatiou électrique à tous les êtres sensibles qui sont à portée de leur influence. C'est là qu'est tout le secret de Tart de l'orateur comme de Tacteur dramatique, dont les gestes, les accents, inspirés par une véritable passion commencée en eux , remuent proiuodémeut les âmes, les maîtrisent et font vibrer toutes les cordes sensibles.
N'est-ce pas là une sorte de vertu qu'on pourrait
dire magnétique? Les choses extraordinaires racontées de nos jours sur les effets du magnétisme et du somnambulisme artificiel ne seraient donc que des cas particuliers de celle tendance sympathique poussée à l'extrême, par Temploi de certains moyens dontrefTet tiendrait surtout à certaines dispositions particulières du système nerveux, ou à des altéralions aceidenlelles et maladives. Je crois qu il faut se garder sur de tels sujets d'une crédulité trop aveugle comme d'un scepticisme trop absolu. Mais la plupart des pUénomenes extraordinaiies, relatiis
4$8 ANTimOPOXiOGIE.
à rinfluence maguélique dont on nous parle, me sembleraient pouvoir se rapporter naturellement aux sympathies organiques ordinaires, exercées par Fintermédiaire de l^imaginalion du magnetiâé qui, à Taide de certains signes connus ou inconnus, se mettrait en cammuiiicalion sympathique puissaiiLe avec rimagination du magnétiseur, par exemple par le désir ou Tintention fixée. Ainsi ce serait d'abord en imitant ou copiant les idées ou images présentes à Tesprit de l'agent magnétiseur que telles affections ou tendances sensitives, tels mouvements organiques, pourraient avoir lieu dans le paiicut, le magnétisé.
Le comment de cette sympathie qui lie et enchaîne Tune ù l'autre deux imaginations, et par suite deux sensibilités, est bien inexplicable sans doute ; mais expliquons-nous mieux le comment de cette sympathie de même espèce qui s'exerce au dedans de nousmêmes entre notre imagination excitée , avivée d'une manière quelconque, et les changements organiques ou ail'ections qui y correspondent? Ce qui serait non pas seulement inexplicable mais bien mi* raculeux, hors de toute vraisemblance ou analogie avec les faits physiologiques et psychologiques, ce serait Tinfluence directe et immédiate du désir ou de rintention du majjnétiseur sur un organisme étranger, dont la vie entière se serait comme identifiée avec celle de Tagent et absorbée en lui. Il n^est guère moins absurbe en effet de supposer une sorte de transport ou de transfusion du principe de vie individuelle [priucipium inetividuatianù) qui con-
TŒ HUMADIC.
stitaepréettément tel orgaDisme ayant aossi son prin»
cipe d'indi\ idualiLe à part, que de supposer le transport du moi avec conscience dans un autre moi qui agirait, mouvrait par un effort étranger substitué à
son propre etlorL constitutif, c'est-à-dire h son ?noL Une telle identitication, dans Tun et l'autre cas, répugne absolument à toutes les lois de la nature, de la pensée et de la vie de l'homme, telles que nous les connaissons ou les sentons. Si les êtres animés tendent généralement à s'unir par leurs côtés homologues, pour ainsi dire; si toutes les organisations semblables sont portées à s'imiter réciproquement, ou à répéter les impressions et les mouvements les unes des autres, chacune de ces organisations vivantes n*en reste pas moins toujours ce qu'elle est au fond, ou dans son essence, sans pouvoir jamais être identifiée ou absorbée dans une autre, comme la partie dans le tout, la modification dans le sujet.
A Taide de ces considérations rationnelles, et d'une appréciation sévère de ce qu iiy a de réel dans ces cas de sympathie extraordinaire manifestés par les expériences magnétiques, peut-être parviendraiton à en écarter sinon le mystère, du moins le miracle ou l'interversion aux lois naturelles de la vie, de la sensibilité et de l'intelligence humaine. Or, il m^ parait que l'influence sympathique exercée du dehors, dans le magnétisme, par un agent sur un ou plusieurs individus prédisposés à la recevoir, ne peut guère être qu'un cas particulier ou une extension et une suite de Tinfluence propre que le même uf/oki (le magnétiseur) peut exercer au dedans de
tti. 81
m AIITO0POIXNHB.
liû*oièm« sur eeile ptrtîâ de l'organiiattdB étrtofèn
à sa volonté, à son effort, et par suite à son moi : le ottur, le ibie, Tépigaslre, etc. Je laisse aux observateurs phiiosophee qai sont à portée de faire une sags
crilîque ou une analyse sévère des faits recueillis dans les diverses expériences du magnétisme, le soin de prononcer jusqu'à quel point notre proposH tien peut être iondce (t).
(i) Ceci était écrit tu nunnsnt oth a pani Tonvrage ds If. Ber^ trand {Traiiédu samnambuiisme^ 1822), qui confirme mon point ds vne au-delà de mes espérances. Voyez le chapitre sur la corn- ^micatitm ÉBê pttuéet, SuiTtuit ce jeune auteur, le plus sage à
mon avis de ceux qui ont <^crit sur ce sujet encore si obscur, « les {•h/'noînf'^iips prouvent (lue ce n'est pas h la volonl»^ du som- « nambule qu'on [>eut alUlbuer l'inlluence qu'il paraît ex' rrersur tt sa propre organisation. Mais ce n'est pas une raison |)our alier « nn riMîrcher la cause hors de lui ; cai* l'expérience nous montre « la réalité d'une inUuence aulfe que oélle de la velotaté sur un H grand nombre de phénomènes qui se panent en noua. Qui pouN « rait à volonté trembler, pàltr, couvrir son corps d*uoe sueur « froide? L*éitetion qui itdt le» déafrs vénériens n*oillre-Welte pto « encore un résultat dn pouvoir de Fimagination dans un cas où i la volonté est tout à îait impuissante ? Tinfluence des somnamm btties sur leur organisation est de même nature : cVst le résul- « tat direct de Pimpression produite sur eus por Tidée qu'ils ont « de la puissance de leur magnétiseur. »
Cela semble supposer que le somnambule sait que son magnéliseur est présent et qu'il l'intluence. il peut il est vrai se prévenir de celte idée avant de tomber en iiomiiambulismc, en voyant son magnétiseur ; mais pour que les effets extraordinaires de celle action aient Ueu pendant raeeèB, H faut bien qu'il y aitdes mofens pai ticuliers à l'état du somnambule qui manifestent la présence et Taction du magnétiseurs et toute la difficulté consiste à déterminer Tespèee et la nature de ces moyens.
« La volonté du magnétiseur, ajoute M. Bertrand, est par ell^ « Inéme toût à fait insignitianle ; elle n'agit qu'aulanl quVitc est « connue ou sentie par le magnétisé. Voilà pourquoi le comn an- « dément signifié par le magnétiseur esl nt^cessaire, elqueiia VO* « lonl^ seule ou tacite <st si souvcnl iasulTisanle. »
&Ue n'est dons pas toujours insuâisante, el s'il arrive d aiUeun
TIB HUMAiME»
Je me bornerai à faire remarquer ici que ce qull parait j airoir de plus mystérieux dans ees expé»
riences tient k Tespf^ce des signes, ou des moyens physiologiques, qui peuvenl servir à mettre en cornmumcatton sympathique rimagination et la seo**
sibilité du magnétisé, ou les parties organiques dont elles sont des fonctions, avec l'imagination ou avec les parties homologues de l'organisme en jeu dans le magnétiseur. Dans VcIai de veille ()^(linair(^ chacun de nous ressent plus ou moins, suivant ses propres dispoMtions, Tinfluence que peut exercer sur lui tout homme doué d'une force supérieure d*imagination, lorsqu'il est animé surtout par une passion ou
«pie la conmaiidement Bîgiiiflét avec une volonté tacite oppoaAa
mette le somnambule dans un étal pénible de doute qu'il explique lui-même en disant qu'on lui ordonne le contraire de ce <|a*eii veut qu'il fasse, comme dans l'exemple rapporté ailleurs par M. Bertrand lui même, comment peut-il dire que la volonté du magnétiseur est tout *i fait insignifiante?
11 est vmi que, dans mon sens, on peut dire que c'est la pens^^e ou rimagination du magnétiseur qui se conmiunique et non point la volonté proprement dite; car je puis commander une chose opposée à ce que je df'sire ou j)ense au fond; mais je ne puis pas ordonner le contraire de ce que je veux ; car le vouloir est toujours positif et actif, et si je puis désirer qu'un événement auquel je pente ii*errlve pas, je ne puii vouloir ainsi une pure oéaatioik Hais 0 suU de là que rauteur a^exprimemal quand il dit que la volonté du magnétiseur est connue on sentie par le erisiaqne et que auBsHAt qa*elle est sentie elle produit son eflet indépendant ment de la volonté de celui sur qui elle fait impression.
Ce ne peut être la volonté même qui est sentie, mais bien Tobjet de la pensée ou du désir du magnétiseur qui sé représente synH paihiquement k rimatrination du magiinti^sé, et c*e8t par l'influence de cette im i' inrititMi que s'effectutiit !ou<^ phénomènes subséquents, inde[)endamment de la volonté du magnétisé conune de celle du magnéti^^eur.
Cette explication, conforme a ia doctrine de l'auteur, rectifie ce qu'il y a d'in^^xatït dans son langage.
Diyilizeo by GoOglc
AMimOPOUXUS.
un désir violent. Les moyens sympathiques par lesquels un tel homme nous intéresse* nous unil à lui, nous associe en quelque sorte à ses affections, sont les signes connus de la voix» de la parole ou du geste. C*est en s^adressant aux sens externes de la vue et ' de Fouie, qu'il traiisniet d'abord à notre esprit ou à notre imagination les idées vives dont il est pénétré, et qu il excite secondairement dans Tâme sensitive et dans les organes de la vie intérieure, les affec- tions et les mouvements passionnés qui lagitent. Toutes les circonstances du pliénouiène composé total, 8*enchainent et se succèdent suivant le même ordre dans Tacteur et dans les témoins. Ce sont, comme on Ta très-bien dit (1), des organes similain» qui imitent ou sont imités, à partir de celui de l'imagination qui est évidemment le premier en jeu et donne le branle à tous les autres dans le cas dont il sagit.
Dans le sommeil accompagné de rêves, comme
dans le somnambulisme naturel , diverses expériences concourent à prouver que l'imagination peut être également influencée du dehors, au moyen des signes qui s'adressent à tel sens externe éveillé, tan* dis que les autres dorment. L'imagination, d^ahord avertie et réveillée la première par ces signes, excite à la suite sympathiquement dans les organes intérieurs, les diverses aflections sensitives (|ui doiuiiui aux rêves telles couleurs et aux mouvements exécutés par le somnambule telle direction particulière. Ce
(i) CalMiiii. MappMêéupkui^ ^ du moraidf thmme.
VIE HUMAUIE.
qui a lieu dans le souioambulisine artificiel, ue saurait différer entièrement de ce que nous pouvons
observer dans l'ordre naturel. Quant aux moyens ou conditions organiques, et surtout à la priorité d'infiuence sympathique de Timagination, ou de la pensée du magnétiseur, sur les facultés ou les organes du magnétisé, on pourrait être induit à croire seule* ment, d'après les expériences magnétiques* qu'il peut y avoir des signes ou des moyens de communication d'imagination à imagination, ou plus généralement crorganes à organes scuiblablement disposés, des signes, dis-je, spécialement appropriés k Tétat de Tàme ou du corps appelé magnétique. Dans cet état il paraît certain que l'excitabilité de l'organe de l'imagioation se trouvant singulièrement accrue par l'influence du magnétisme, une multitude d'impressions, nulles ou sans eilet dans l'état ordinaire, devenues sensibles alors, pourraient servir de signes ou de moyens de communication du magnétiseur au magnétisé. Mais n'y aurait ii pas encore de plus un sens particulier auquel les signes magnétiques s'adressent exclusivement, comme il y a des signes exclusits et spéciaux pour la vue, le toucher, louie, Todorat? Ce sens, absorbé ou endormi dans l'état ordinaire de veille, ne pourraitnl pas se réveiller ou ae se manifester que dans le sommeil de tous les autres sens ou organes de la vie active ou de relation ? Aous ne formons point d'hypothèses. Des expériences suivies avec réûexion pourraient mettre sur la voie de découvrir ce qu'il peut y avoir de fondé dans des suppositions semblables.
m AUXtt&OPQUHUE.
Ea temioiait cette digressioo, j'ai besoia encore de faire obaenrer que les organes de ia vie sensitife
commencent à être mis en jeu sous Finfluence sympathique de l'imagioation. Joute celle partie de» phènonikQes qui ûmi au mode nouveau de leurs
fondions et de la réaction qu'ils exercent sur l*imagioation doit se trouver souhaite à i lutlueuce du magnétiseur ; elle ne peut dépendre que de la tendance ou des déteruiiiiaLions propres du principe de la vie dans le magnétisé. Par là on pourra expliquer la variété des phénomènes rosgnétiques produits sous une seule et même intlueiice. En adntetlaql iiièuie la puissance exagérée d'action et de direction que certains magnétiseurs s'attribuent sur les magnétisés, ils ne sauraient jamais répondre des résultais setisitifs de leurs procédés qui pourraient entraîner, dam certains cas, les désordres ou les inconvénients les plus graves au moral comme au physique.
Nous pouvons tirer de tout ce qui précède des conclusions essentiellement afférentes à notre sujet.
1** La différence essentielle qui sépare les âM^uUss du désir et du vouloir, c'est que la sphère propre de celui-ci ne renferme ou ne limite celui-là en aucune manière. Ce sontdans Tun etdans lautre des organss ou instruments différents, mis en jeu par des forces, sinon diverses dans leur essence une, diiiereuies du moins dans leurs modes ou dans les conditions et les moyens de leur exercice. D'une part, tout désir exalté et prolongé devient passion dans riiouime; d'autre part, toute passion, ou désir transformé sa babitudei suppose uu rappoi L sy mpathique établi ofl
fixé dans l'organisation humaine, entre le centre cé* rébral, ou le lien des images représentées k Vàme, et tels organes viUux ou sensitifs dont les afiections ou 1m mouvements aont associés à ces images^ ou lenr
correspondent, comme pai hai iiionie préétablie. Dan» In développement progressif du moral, ou des facultés aotives de Thomme, ou même dès Torigine de ce développement, rimagination a presque toujours la priorité d'influence sympalliiquo sur les organes de l»4f(e intérieure et sur les affections ou les émotions dont ils sont los siégea. Ajnsi la passion, ou Tensenrh Ue de phénomènes eoDipris sons ce terme générait qnl se compose d'images (objets dn désir ou de la tendance de ràme) et d'inipresâions uiiéctives ou mouliments organiqnes, e son siège et son premier mobile dans rimagination même, qui doit être considérée comme appartenant aux deux vies intellectuelle •I sensitive dont elle forme le lien. i Sous ce rapport, il faudrait donc dire, en empruniottlle langage physiologique, que la sympathie entre lie «mages et les moovemients organiques dans les passions humaines, commence par être active de la pèn du cerveau et passive de la part des organes inlam», dont les émotions, le trouble, propagés jusqu'au centre de 1 empire de l'àme, ne prennent à leur tenr l'initiative et la prédominance sur toutes les fin cultes aclives, (ju anlant (jue \emoi, cessant de faire eÛurt pour les ipodérer ou les distraire, en est com-r fMlenient absorbé. Alors Thomme retombé sous In lo\ de l'instinct et connue sous le fuluin de 1 organlemo. C« n'es| qu'alors aussi que la passion, n'ayant
ANTUB0K)L0G1£.
plus riea d'humain, perdant son litre eu chaDgeaot de nature. n*a plus pour siège ou pour foyer que cette organi^tion intérieure où tous les appétits aveugles de i'aoimaiité, toutes les teodances iustiDctives de rorgaDisme prenoent exclusivemeot leur source. Comment donc peut-on dire que tout ce qui est relatif aux passions appartieat à la vie organique ? Comment assimiler quant aux caractères, et même aux conditions physiologiques, les afTections de Tinstinct animal, ou les mouvements nécessaires de Tor» ganisme, et les tendances passionnées de Tâme dont la force propre, après avoir duiiué à rorgaïubtiie ia première impulsion vers tel but sensible ou inteliee^ tuel, n'en reçoit Fimpulsion à son tour qu'autant qu elle cesse de vouloir ou d'agir? Comment se refuser au témoignage du sens intime qui nous rend à
chaque iublaiit Iciuuins de ces scènes inléiieures ou il y a mélange et succession des phénomènes des deux vies, dont chacune prend tour è tour la priorité d'in* flucnce ou d'action sympathique, de cette lutte continuelle de deux forces vivantes dont Tune est mi, et Tautre ne l'est pas?
2" Ce n'est pas seulement le degré de vivacité du désir et ce caractère de durée et de nécessité constitutif de toute passion humaine, c'est encore la nature de l'objet de ce désir, de cette passion qui détermine Tordre de priorité et la part d'influence des deux forces qui y concourent. Ces forces qui buuL deux lQ effet, au moment où s'étabhtle premier rapport sympathique des parties séparées de Torganisation qui leur sont respectivement soumises, peuvent se ré-
VIg HUMAUIR.
duire à une seule qui absorbe l'autre, quand elle est portée à soo plus haut point d'énergie ou d'exaltation. Quand Tobjet du désir est inaccessible aux sens externes et éloigiié par sa nature de toutes les impulsions (le la sensibilité organique ou animale, la priorité d'influence affective, sympathique, ne peut évidemment appartenir qu'à Fimaginalion; cette faculté doit, dès le principe, être dirigée, fixée, soutenue, à raide de signes volontaires, sur Fidéal auquel elle s'attache. En s'exaltant ainsi peu à peu, par une contonplation assidue, le mouvement de l'imagination pMse à cette partie sensitive de l'organisme humattt qui est, pour ainsi dire, le plus près de fàme, qui répond le plus directement à des émotions de toute mture.
La continuité ou la fréquence du même désir, de la même tendance sensible vers un idéal approprié au besoin ou à l'état actuel de Tàme, fixe pour ainsi dire toute sa vie dans un centre intérieur, loyer unique des sentiments de 1 ame les plus purs, les plus élevés ; toutes les facultés actives, les passions, les idées sont suspendues comme les fonctions ou mouvements naturels de l'organisation animale. Le moi ne vit plus, n'existe plus pour lui-même; il semble ne faire plus qu'un avec Tidéal, objet du désir qui a précédé et amené cette absorption ; et, en redevenant lui-même, en se rappelant ses transports, ses joui»sances extatiques, il croira s'être uni, identifié avec la source même de l'être, de la vie et du bonheur de Tâme. Tel est cet ordre supérieur de facultés, cette quatrième vie de l'âme que les nouveaux IMalouiciens
Uigmzeu by CjOO^Ic
AJiTHâOraUMIE.
ODt mieux décrite d'après des expénenoea iotimâi fu*iU n'ont pu TempUqaer dans leurs rêveries ejrstt-
matisées.
En appréciant ces ^stèmes à leur valeur, sans ea dédaigner aucun, ils peuvent noua montrer la nature
humaine sous uuc face nouvelle, dansées étals particuliers où elle semble vraiment atteindre une nature plus élevée, vers laquelle elle tend avec toute revâltaliou du désir. Daus celle leudauce élevée, oa dirait que Tàme attire à elle Vorganisation aensible à laquelle elle est unie, pour la transporler, la fondre, ridentifier avec elle dans son objet idéal. Dans une tendance opposée vers les olijetsdu sensualisme groesier qui ca|)tivenl Timagination , Torganisme attire Tàme à lui et Tunit ou l'idenlilie, pour ainsi dire, avec la matière ou la chair qui lui sert d*ettveioppe.
La persuuualile s'efTace également dans les deux eas ; le moi s'absorbe et se perd ; ici dans le SMinde des corps où sa nature se dégrade, là dans le monde des esprits où est son f)uie supérieur, sa tendance propre, sa direction la plus sublime.
3" Continuons à bien marquer cette différence qui vient d'être établie entre le désir, ou toute tendance passionnée de Tâme vm des objets quelconques hors d'elle ou de suo pouvoir, cl la voiuule, ou le mode essentiellement et purement actif de Tame, en qui ou par qui seul Tàme se manifeste k elle-même. Tandis que le plus haut degré de clarté de cette manifestation du moi est précisément le plus haut point d'énergie du vouloir ou de Teflorl luttant contre une résistance ; au contraire, l'enveloppement et ïubaof
pùon ia plus complète de ia personne ou du moi corrapond iu plus haut point d*exaltatioi) du désir, ou de la tendance du ) âme à s'idonlifier avec un objel idéai, ou imaginaire el fusible, qui n est pas elle. Comment donc seraifp-il possible que la personnalité prit sa source ou son caractère individuel de con* science dans le même mode de Tàmeoii elle s'absorbe et s^émouit à tel degré?
4" Dans tout vouloir, rexécution ne peut être qii*immédia(e, actuelle et instantanée, comme nous le savons par les laits mêmes de conscience, la force manifestée et son produit sensible externe ou interne, eoeiîstent donc en un seul point indivisible du temps, et sont insépai'aiiles, quoique distincts, dnns la dualité primitive qui constitue Texistence même du moi. Admettes le moindre intervalle ou le plus simple intermédiaire sensible entre un acte de vouloir cl son •Set, vous dénatures oet acte, vous détruisez ia force même dans son principe, ou son mode essentiel de uianiiestatioa.
Au contraire, dans cette tendance de Tâme appelée désir, ce qui se manifeste k l'âme ou »u moi pré* existant, ce sont les borues de sa force propre et constitutive, c'est le temps, la succession des moyens employés pour atteindre l'objet désiré. Composé d'éléments iàétérogènes où la passion prédomine nécessairement sur l'action, le désir n'est jamais la cause efficace, mais 1 occasion a la suite de laquelle arrivent tels phénomènes éventuels, tels effets sensibles internes 00 externes, toujours involonfaires par leur nature* & le désir est satisfait et le but atteint, ce
AmUOPOLOGOL
n'est point parce que ï^moi Ta voulu ou précisément comme il Ta touIu, mais parce que révénemeot a ftuccédé à propos et à point nommé, parce que la suite des mouvemeuls organiques ou physiques qui s'interposent toujours entre la tendance première de Fâme et le terme ou Tobjet final du désir, s'est déroulée de la manière la plus propre à atteindre ce but; et cela n*a pas eu lieu en Yertu d'une force coosciente d'elle-même qui crée ces mouvements, mais par une harmonie préétablie et originelle entre telles affections ou appétits de Tâme et tels mouyements corporels, ou encore par une volonté étrangère suprême qui excite ces mouvements comme Tàme les désire.
Demande-t-on encore, comment deux modes, tek que le vouloir et le désir* peuvent avoir été coufondus dans presque tous les systèmes de philosophie spéculative? liiaut demander d abord pourquoi nom nous apercevons le moins de tout ce qu'il y a de plus intime à nous, v compris le nous -tnc mes ^ ou ce qui le constitue? pourquoi dans une succession toute passive de phénomènes qui arrivent à la suite et non en vertu les uns des autres, l'action qui a précédé toute la série se cache, disparaît aux regards de la conscience? Cette dissimulation de la cause, du principe, a lieu en nous, par une loi de Thabitude qui facilite et précipite nos propres actes, de manière à les rendre insensibles ou même k les annuler. Klle a lieu hors de nous, parce que nulle force ne peut toiaber sous le sens ou sous l'imagination, et qu'elle se manileâte seulement par des pheuomèues ou uc&
VIE ili;MAir<i£. Mi
signes sensibles. Ces phénomènes et ces signes usurpent la pensée de l'homme irréfléchi, pour lequel rien Q*exisle que ce qui peut être figuré à la vue ou au toucher. C'est ainsi qu^un premier vouloir vient se coui'uiicJre et se penh e dans le désir ou la passion, comme l'activité de Tàme dans la sensation, la cause dans l'effet, la liberté dans la nécessité, le moi dans la nature.
Nous tenons là le fil de tous les tortueux labyrin-* tbes où roulent, depuis des siècles, les tristes et décourageantes spéculations du panthéisme, de Fidéalisme et du sceptiscime. En répondant aux objections de ce dernier, nous espérons répandre encore un nouveau jour sur ce point capital de philosophie première.
AHGUMENTS TIRÉS DES BOCTIlINBS QVt HIBNT L'sr-
FICACB DE Ik VOLONTÉ EN LA COiN FONDANT AVEC LE DÉSIR. — BÉPOKSES A CBS ARGUMENTS.
De tous nos moyens de connaître, selon Malebranche, le sentiment intérieur, ou le sens intime, est le plus incomplet et le plus confus, et de là il suit que c'est hors de cette source confuse que nous devons chercher la vraie lumière qui peut nous éclairer sur les choses comme sur nous-mêmes, sur le monde des esprits, comme sur celui des corps. Nos premières notions ne sont que les émanations de cette lumière que notre esprit prend on reçoit de sa
50i ANTHROPOLOGIE.
source unique: il n'y a dono p<Hiil da fUt de mm intime qui puuse servir de pnucipe et qui «oit le véritable premier dam Tordre de la coonaissaoce hiH maine. Nul fait de cette eapèee ne peut même être considéré comme roimaissance ou idée; et de là il ami encore, contre DeacarteSt ou contre le principe fondamental de 0a philosophie, que noe idées pre* mières» celles qui portent avec elles un caractère propre d'évidence ou de réalité, aont eaaentiellement objectives, et sont les seules que notre esprit puisse recevoir, comme par émanation de la source vraie et unique de toute idée, les seules qu'il puisse Toir en Dieu : tels sont les rapports étemels et immua* bles des parties du nombre, de l'étendue du mouvement, de l'espace et du temps. Quant à notre àma et à ses modifications, comme nous ne pouvons les connaître que par sentiment intérieur, nous n'en avons réellement aucune idée, aucune connaissance proprement dite.
Admirons la diversité des points de vue systématiques. Cette première vérité, ce point d'appui solide que Descartes cherche et croît trouver dans le sujet, ou dans le seutimeot qu'il a du moi pensant, ou le fait primitif de conscience, Malebrancbe la trouve exclusivement dans l'objet : le premier rayon de lumière ne peut venir à Tâme que du dehors. C'est la même division qui subsiste éternellement entre les philosophes spéculatif dont les uns prennent pour base la subjectivité absolue, les autres i objectivité absolue.
Sdon Kant toute connaissanee mut du sujet ou
VIE H(JMAiI!ii£.
lui est inhérente ; Teepeee et le tempe ne lont que
les formes de sa sensibilité. C'est bien là la subjectix Tité absolue et aussi ridéalisme qui était implicite» ment renfermé dans le principe de Descartes.
Les successeurs de Kant uni cberché à tout tB.-* roener à Tobjectivité absolue, ou, ce qui est la même chose, à Hiuii avis, h rirulilli i eiice de sujet et d'objet, caractère de l'absolu d'où tout émane , et où tout 8*absorbe par Tintuition intellectuelle. C*est bien là le Pauliiéisme qui se trouve encore implicitement renfermé dans les principes de la philosophie de Malebranche.
Pour se soustraire à ces deux tendances systéma-' tiques opposées que les siècles voient sans cesse se reproduire, il fallait s'assurer que le premier pôle de la science humaine, ie moi prinutil, ayant essentiellement le caractère de (kit, ne saurait s'identifier avec l'absolu ni subjectif ni objectif, quoiqu'il se réfère à l'un et à l'autre à la fois, dans l'ordre logique d'exposition de .la connaissance humaine, quand
elle est acquise et développée,
ïoutc la doctrine de Malebranche se fonde sur ridentité qu'il éublit, dès le principe, entre le désir de Tâme, ineHîcaee par lui-même, et le vuuluirdont il n'aurait pu s'empêcher de reconnaître et d'avouer Telficaee, s'il l'eût réduit à ses propres limites, et s'il avait accordé quelque poids au témoignage de ce sens interne, où il ne trouve que confusion et obscurité. « Tu penses, dit Malebranche, être la ve- ^ ritable cause du mouvement de ton bras et de ta « langue» parce que le mouvement de ces parties
AMimOPOLOGIK.
M suit immédiatement tes désirs; mais renonce à tes « préjugés et ne crois plus qu'une chose soit l'effet « d'une autre uniquement parce que Texpérlence « t'apprend qu'elle ne manque jamais de la sui- « vre (1)* » Non certainement le désir n*est pas h cause du mouvement, quoiqu'il puisse en être suivi, dans certains cas harmoniques et à point nommé ; mais c'est justement par là que le désir diffère da vouloir auquel le mouvement correspond d'une manière infaillible, instantanée, sans aucune succession.
Qu'on applique mal la causalité en la confondant avec la succession I £t c'est là le préjugé le plus universel comme le plus opposé à la vraie science. Hais, pour faire une fausse application du rapport de cause à effet, il est bien nécessaire que nous ayons préalablement la notion de cause productive. Or, d'où la tenons-nous? Est-elle muée? Vient-elle du dehors ou du dedans? Est*elle un produit de l'expérience répétée, ou de l'habitude, comme toutes nos idées de succession ? M'est-ce pas plutôt une aperception immédiate interne, infaillible au premier moment? Malebi anche ne fait point ces distinctions.
« Je vois bien ce qui te trompe, ajoute notre philo- « sophe. en interpellant son esprit, c'est que pour « remuer ton bras, il ne suffit pas que tu le veuilies, « il faut pour cela que tu fasses quelque effort ; et tu « t'imagines que cet effort, dont tu as le sentiment
(1) Mrdifaiionê chrétiennes, Méd. Yi, S Ladtatioa n'ett pai textuelle.
VIE HUMAINE
n intérieur, est la cause véritable du mouvement qui
« le suit, parce que ce mouyement est fort et violent
« k proportion de la grandeur de ton effort (1). »
Certainement je n'imagine pas ce que je sens. Or, vous convenez que j*ai le sentiment intérieur de mon effort, et je vous demande d*abord si ce sentiment est autre que celui d'un acte parfaitement libre que je puis faire ou ne pas faire, et qui ne commence et ne continue que par le seul fait de mon vouloir, et qui, par conséquent, ne peut avoir de cause étrangère ce vouloir, ou au pwî lui-même.
Je demande, en second lieu, si le sentiment intérieur de Teffort pourrait être en moi ce qu'il est, s'il n'y avait pas quelque changement, ou quelque modification nouvelle, produite simultanément dans la partie du corps à qui cet effort s'applique. N'est-ce pas en efTet par ce changement produit dans l'organe musculaire que l'effort, qui n'est que la iorce propre de l'âme en action, se manifeste intérieurement? et pourrait-il y avoir un autre mode de manifestation de l'effort ou du vouloir même de l'âme? Si l'on disait, par exemple, qu'il y a un effort de l'âme dans toute fonction vitale, toute affection d'un organe intérieur, comment pourrait-on le constater par l'expérience intérieure ou le sens intime? D'où viendrait alors cette distinction si claire, si évidente pour chacun de nous, entre les mouvements ou actes volontaires, et ceux qui ne le sont pas ou sont toujours étrangers à la volonté ou à Teffort comme à ia con-
(1) Méditations chrétiennes, Méd« VI, S itu
500 ANTHROPOLOGIE
science du moiJ Disons donc, en distinguant bien le vouloir positif du désir indétermiDé, que le même sentiment intérieur qui manifeste à Tâme son eflôrt propre, identique à ce vouloir nième« lui mani leste en même temps la modification organique, produit de l'effort, avec ce caractère de produit ou d'eflel relatif à sa cause, c'est-ii-dire à la lt»rcc de Tàmc agissante dont il est absolument indivisible.
« Mais, continue Malchi anche, vois-tu clairomont a qu'il y ait quelque rapport entre ce que tu appelles « effort et la détermination des esprits animaux, dans « les tuyaux des nerfs nul servent aux mouvements
« que tu veux produire T Crois ce que tu conçois
« clairement et non pas ce que tu sens confusé- « ment (1). » Certainement non, je ne vois ou je ne me figure aucun rapport de ressemblance entre mon vouloir, mon effort, intérieurement aperçu ou senti, et un mécanisme quelcon({ue de tluidet» ou d'esprits mus dans des canaux matériels. Mais, dès qu*on est conduit h admettre quelque correspondance naturelle ou harmonie préétablie entre ces deux ordres de phénomènes disparates, hétérogènes, il faut bitti reconnaître que les termes comparés existent réellement Tun comme l'autre. Or qu'y a-t-il de plu8ce^ tain, de plus évident pour moi, que le sentiment intérieur de mon vouloir, de mon effort actuel, comme produisant certains modes ou changements que je m'approprie comme des effets dont je suis cause? (ju'y a-l-il, au contraire, de plus obscur, de plus
(i) Méditations chrétiennes. Méd VI, S 14.
incerUin que ce jeu d'esprits, ces mottmnenfs vi* bratoires de nerfe, que mon imagination se figure
comme étant les conditions organiques nécessaires des mouvements, des actes libres doDt je dispose et que je sens être tout & fait en mon pouvoir?
Je n'ai donc nul besoin de chercher quels sont les rapports entre ce que je sais, et ce que je puis imaginer ou supposer; je n*ai nul besoin de concevoir clairement ces rapports pour m'assurer avec toute révidence propre au sentiment intérieur, évidence complète dans son genre, que ce que j aperr ols audedans de moi est vrai, quelles que soient d'ailleurs les conditions ou les instruments organiques qui correspondent naturellement à ces faits de sens intime. La conception des rapports dont il s'agit, est ici d'autant moins nécessaire que je ne puis avoir cette conception qu'en me plaçant dans un point dv vue tout à fait extérieur à inoi-nième, c'est-à-dire en détruisant précisément le fait que je voudrais expliquer. Si en effet, le sentiment de Tefficace du vouloir est identique à celui que j'ai de moi-même, pour expliquer ou prouver la réalité à laquelle correspond le sentiment, il faudrait que je fusse en même tf mps moi et un autre; il faudrait que je fusse le propre créateur de ma substance. Toute la difficulté élevée ici par Malebranche, tient donc à la confusion de deux points de vue qu il suilit de distinguer pour dissiper les nuages ou pour reconnaîti^ que robscttrité , au lieu d'être dans le point où cet esprit systématique la trouvait, est bien plutôt là où il cherchait la lumière.
50ir ANTHROPOLOGIE.
Il continue : « Ne sens-tii pas que souvent les a eiîorts sont impuissants? Autre ciiose e.st donc « êfcn^ et autre chose efficace » Cette objectioii Ta précisément contre la thèse de fauteur, et prouverait au besoin Tefiicafe sinon absolue, du moins relative du vouloir ou de leffort Car nous ne pouvons sentir dans certains cas (jue notre effort est impuissant, qu'autant que nous avons auparavant éprouvé ou senti son efficace. Par exemple, que je veuille niouvoii uji jneniLi t' p.iiiilysé, je ferai en ce cas un effort impuissant, dont je sentirai l'inefficace précisément parce que je sais certainement par mes souvenirs qu'il a eu auparavant une vertu efficace : et c'est ce souvenir même d'une elllcace antérieure qui détermine la répétition du même effort, avec le pressentiment que la même cause produira le même effet.
Mais voici une objection plus générale et qui paraît surtout frapper les esprits irréfléchis : « Poutre on faire, [) eut-on même vouloir ce qu'on ne sait 41 point faire 1 Peut-on vouloir que les esprits ani- <( maux se répandent dans certains muscles, sans 4i savoir si ou a des esprits ou des muscles? On peut ^ vouloir remuer les doigts parce qu*on voit etqu*on « sait {ju'on en a ; mais peut-on vouloir pousser des « esprits, qu'on ne voit point et qu'on ne connaît « point? Peut-on les transporter dans des muscles « également inconnus, par les tuyaux des nerfs éga- 4L lement invisibles, et choisir promptement et im-
(1) MédUatUms ctirétiennes. MédiU Vl, $ 14.
VIE nuMAiite, 509
« manquabiemeat celui qui répond au doigt qu*on
« veut remuer (1) ?»
Nous verrous bieutot qa'ii y a uue connaissauce ÎDlérieure de sentimeut attachée à chaque terme orgaiiique uu inerte sur lequel l'àme déploie son action ou son effort volontaire» et que nous n'avons pas besoin de voir du dehors les parties du corps mobiles à voloiile pour être assurés de Fexistenee de ces parties, comme distinctes do sujet de l'effort et localisées hors de lui. Bornons^nous quant à présent à faire observer que ce que Tàme ou le mai veut, c'est uniquement telle modification ou sensation musculaire qu'elle a éprouvée, dans rorigine» comme étant en son pouvoir, ou dépendant de sa force. Kilesait donc ou connaît ce qu'elle veut Quant aux moyens,
ou au jeu o»gaiiique auquel se trouve liée la sensation musculaire, d'après les lois de la constitution humaine, le moi n'a pas besoin de les connaître, ou d'y penser, puur pi oduire l'effort et en sentir l'efficace. Aussi ne veut-il pas ces moyens ou ces conditionsorganiques, pas plus qu'il ne veut les conditions de son existence, ou qu'il ne veut se créer lui-même. Ces conditions, auxquelles le fait même de conscience ou la inanif'eslation de l'âme est attachée, sont avant le moi, et subsistent hors et indépendamment de lui. Sans doute je ne puis remuer mon bras qu*en con-
séquenee dvs luis générales de l'union de l'ànie et du corps que je n'ai point faites, et il suit bien de là que je ne me suis pas donné à moi-même le pouvoir
(i) MédUatimu cMtkmuê. Médit. VI, $ il.
HP ANTHROPOLOGIE
de remuer non corps, pas plus que je ne me suis donné l'élre. Maisquaudj'use volanUiremeot ou librement du pouvoir qui me yient du Créateur» dirai-je que mon youloir ou mon effort actuel est inefficace, uniquement parce qu'il ne s étend pas jusqu'à Torigine ou à l'essence même du pouvoir ou de la force agissante? Comment prouverait-on qu'une force ne peut être libre qu'autant qu'elle se créerait ellemême, OU qu'elle serait libre de toute éternité? NV t<on pas oraint d'anéantir ainsi toute liberté, toute personnalité dans son principe, dans son véritable et unique fondement, qui est le fait même de eon-
A en croire Tauteur du système des causes occasionnelles » « puisque je ne reroue mon bras qu*en M conséquence des lois générales de Tonion de l'âme « et du corps, mes volontés sont parelles-nièiDesen- 4L tièrementinefficaces (4). Certainement inefficaces quant à ces lois générales que la volonté de l'homme n'a pas laites et qu'elle ne peut chaqger au ioad , quoiqu'elle puisse jusqu'à un certain point les modifier ou s'en affranchir. Mais, de ce que la sphère d'activité de uies vouloirs est iiuiitée, ayant uu commencement et une fin» comment en induire que le vouloir est inefficace, même dans les limites naturelles assignées à celte aclivité? Comment prouverat-on, encore une fois, qu'il faut que le pouvoir soit infini pour être efficace; par suite qu'il n'y a qu'un seul pouvoir, une Ibrce unique dont tout ce que
(1} MédUatiOHS chniicnnes* Médit. VI, ^ li«
VIB HUMAINE. 61i
nous appelons mal à propos force ou cause particu*lière, personnelle ou limitée à rindividu, n'est que l'ombre ou Tapparence, saos réalitét la modiiicaûou sans Tètre? N'est-ce pas là le panthéisme ou le spinosisme sous une autre forme? Quelle que soit, en effet, l'expression ou la forme d'un système qui renie ou méconnaît en principe le caractère du fait primitif de conscience, la libre activité ou la causalité primitive et constitutive du moi^ il doit tendre invinciblement, malgré tous les détours, à s*abîmer et se perdre dans le gouffre dévorateur de toutes les existences individuelles , y compris celle de Dieu même. Le malebranchisme bien couipris et poussé dans ses conséquences, ne pourrait se soustraire à cette pente funeste, et on peut s'étonner que la remarque n'en ait pas été faite plus lot.
Ajoutons ce dernier argument qui explique encore mieux le fond de la pensée de notre auteur : « Puis- « que ton bras ne se remue que parce que Dieu a « voulu qu'il se remuât toutes les fois que tu le 4( voudrais toi-même, supposé que ton corps fût « disposé à cela : lorsque tu remues le bras, il y a « deux volontés qui concourent à son mouvement : « celle de Diou et la tienne (1). » On confond ici, dans la vue du système, sous la même expression vouloir, deux choses essentiellement différentes, savoir : d'une pari, la voionLe prupiement dite, individoelle, particulière ou la force même de 1 âme aetuellement employée à mouvoir le bras, et à pro-
(l) MédiUUimis Oréiietmsi. MédiU ?I, S iS.
012 AMTtiROi'OLOGIE.
(luire ainsi ou a créer une iiioditicnliun spéciale, qui ne saurait commeacer ni cootiouer que par l'exercice de la volonté; d'autre part, la puissance suprême, la volonté inliuie qui a créé les substaiicci> de l'âme et du corps et établi dès Torigine les lois générales de leur union, de telle sorte queTexistenoe du tout subslauûel qui en résulte, les actes, les pensées, les mouvements et tous les attributs, toutes les relations de cet être composé, dérivent de cette première volonlé créatrice, non pas comme un eô'et dérive de sa cause, ou force actuelle qui le produit, mais comme la conséquence dérive de son principe, ou mieux comme un fait conditionnel dérive de la condition première sans laquelle il serait impossible qu'il existât.
Sans doute, ma volonté, ma force une, actuelle* ment en exercice, suppose une force suprême qui Ta
faite ce (ju elle est substanlielleincnt. Mais, après ravoir créée ainsi force individuelle et une, destinée à mouvoir librement dans sa sphère. Dieu même ne pourrait plus entrer en concours d'action avec elle, ou agir réellement à sa place, quand elle veut et cioil ai^ii ()ar ellc-iiième, sans déu uire la force qu'il a créée, ou sans vouloir en même temps qu'elle soit et qu'elle ne soit pas.
Certainement, comme dit encore Malcbranche, eu parlant d'une volonté toute-puissante et infinie, « il y aurait contradiction à ce que Dieu voulût aen tuellement que mou ijras lût remué, et que mon « bras restât immobile » mais c'est qu'alors
(1) MéUilaliom diréliennes. Médit VI, S 12»
VI£ ULMAiiNE. 613
Dieu s*identifierait au tnoi, ou le 9noi seraîl en lui, eu cessant d'élre iui-môtne, au titre individuel de persoone; et la contradictioD serait qu*il y eût deux personnes distinctes et séparées, quand il n'y a qu'une seule volonté eilicace et vraiment agissante.
Enfin, il est vrai que je suis infailliblement certain qu'il y a une liaisou nécessaire entre les volontés d^an être tout-puissant et leurs effets substantiels ou réels ; mais je suis certain avant tout, d*une autre niauiere et avec une autre sorte d'évidence [certimmà icientià et ciamanU comeientiâ)^ qu'il y a un rapport primitif de coexistence et de causalité de fait entre ma volonté, mon effort actuel, et la modiiicatien (effet) qu*e!le produit; et« sans cette première
certitude de conscience, Tau Lie (jui est loule de raison ou de raisonnement ne saurait même avoir lieu.
Je crois en avoir assez dit, et peut-être trop, pour prouver que les arguments de Malehranche contre la double thèse que nous soutenons, Telficace du vouloir et sa distinction essentielle d^avec le désir, coniirment bien plutôt qu ils u'alténueut la lorce des preuves sur lesquelles nous cherchons à l'établir.
Les mêmes motifs qui nous ont porté à présenter ces arguments avec quelques détails, nous engagent à nous arrêter encore à résoudre, dans le même point de vne, les objections sceptiques d'un philosophe (1) qui adonné plus qu'aucun autre, à la fois de grandes et utiles leçons aux philosophes qui n'admettent couuiie principe que la sensation ou l'expérieuce
(i) Hume.