‹ Œuvres inédites de Maine de BiranChapitre 45 sur 66 · VIE DE L'ESPRIT · texte numérisé non relu

VIE DE L'ESPRIT

L'homme est intermédiaire entre Dieu et la nature. Il lient à Dieu par sou esprit et à la nature par ses sens. Il peut s*identifier avec celle-ci, en y laissaut absorber son moi, sa personnalité, sa liberté, et eo s'abaudonuant à tous les appétits, à toutes les impulsions de la chair« Il peut aussi, jusqu'à un cer* tain point, s'identifier avec Dieu, en absorbant boii tnm par l'exercice d'une faculté supérieure que l'école d'Aristote a méconnue entièrement, que le plato* nismea diâtiiiguée et caractérisée, et que le christianisme a perfectionnée en la ramenant à son vrai type.

L'absorption en Dieu, la perte du sentiment du nud et l'identification de ce mot avec son objet réel, absolu, miique, u'est pas l'absorption de lasub?»iaiice de Tàme ou do la force absolue qui pense et veut. Leibnitz a mal à propos accusé les quiétistesion con* fondant le moi et Tàme substance.

516 AMTHROPOLOGIB.

Il résulte de tout cela que le dernier degré d*afaaiAsement comme le plus haut point d'élévation peuvent

se lier à deux états de Fâme où elle perd également sa personnalité; mais dans Tun c est pour se perdre en Dieu, dans Tautre c*est pour s'anéantir dans la

créature.

L'état intermédiaire est celui où Tétre conserve sa personnalité avec sa liberté d*agtr; c'est le muaiwi, compos sut, qui est l'état pro|)re et naturel de l'homme, celui où il exerce toutes les facultés de sa nature, où il développe toute sa force moralet en luttant cuiiii e les appétits déréglés de sa nature animale, en résistant aux passions, à tous les entraînements, à tous les écarts de Timagination. Au-dessos et au-dessous de cet état, il n'y a plus de lutte, plus d'effort ni de résistance, par suite plus de moi; l'âme est dans cet état d'élévation, tantôt en se divinisant, tantôt en s'animalisant.

« Le zoopliyte est composé de deux parties dis- « tinctes : Tanimaleet la végétale, qui ne se confon* <( deiii point, mais qui sont unies par un rapport « intime, non pas de contiguïté, mais de correspon* « dance harmonique dans les développements et les « luuctions de cet être vivant, etc. (i) »

L'union des deux parties ou forces, végétale et animale, dans le polype, représente très-bien soit

(1) Barthez. Hémeni» delaseiencc <U ClunmM.

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