‹ Œuvres inédites de Maine de BiranChapitre 6 sur 66 · ET DB LA REUCION. 8S · texte numérisé non relu

ET DB LA REUCION. 8S

et de la sensibilité physique excitée par des impressions dont les causes sont comuies de l'esprit comme réalisées dans Tespace ou le temps.

Pour que l'être seosible et intelligent soit de plus agent moral, ii faut qu'il transporte pour ainsi dire eoQ nuri au sein de chaque forme semblable à la rienne, en lui attribuant un mot, une volonté, un pouvoir d'agir, des sentiments, des afiectioas et des miroita pareils aux siens. Dès lors il ne sent plus seulement en lui, il u a^il jilus uniquement en lui et •pour lui, ou comme s'il était le centre umque du monde sensible, mais il se sent encore dans tous les êtres semblables à lui. En leur attribuaut des sensations de plaisir ou de peine* il partage en partie ces affections on il y consent; et lorsqu'il agit pour soulager la douleur ou secourir la faiblesse, c'est comme s'il se délivrait lui-même d'un mal qu'il éprouverait.

Ainsi naît la conscience morale proprement dite, qui n'est autre que la conscience même du moi qui se redouble et se voit pour ainsi dire dans un autre comme dans im miroir animé qui lui réiléchit son image.

Par la conscience morale, ou dans elle, les pures sensations ou affections personnelles relatives à l'individu se transforment en sentiments expansifs relatifs à l'espèce. Le plaisir et la tiouleur physitjue sentis ou perçus du point de vue d'un autre moi deviennent joie, tristesse ou mélancolie, l'âme, pendant qu'elle s'afflige sensiblement des peines d'autrui, peut se réjouir intellectuellement des souffrances du corps : caro eju$ ^dim vivet doUbit^ et anima iUm

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super smetifiêo lugebit (i). Âinsi naissent et se développent» dans la société qu'eliea ont formée et qu'elles consiivcnt, ces vertus célestes, la pitié» riiumauitè {cahUugmieris hutnani), la bienfaisance, la générosité, etc. ; nobles besoins d'une nature él^ vée, principes d'actions morales qui, loin de s'iden* tifier avec les besoins physiques, avec les passions et les intérêts personnels, sont esseniiellement opposés, au contraire» à tous ces mobiles d'une activité aui* maie subordonnée aux sensations.

En vertu de ces principcb d'aclious, ou détermina* Uons relatives non plus seulement à Tindividu mais à Tespèce, chaque personne morale pourra se mouvoir dans une sphère d'activité qui n'aura plus l'individu ou ses droits personnels pour rayon, ou dont le rayon ne sera pas déterminé par l'intensité d^une saule force impulsive aveugle, telle que Tactivité subordonnée à des besoins, des appétits ou des passions entraîuantes.

Il y a là évidemment deux forces ou deux princi-» pes d'action opposés : on peut bien tes exprimer par un uiéine uoiu , tel que besoin i intérêt» sensation ; mais cette sorte d'identité logique ne détruit pas la

dualité réelle ou de conscience. iVuUc cuuvontiuu de langage ne peut faire qu'un sentiment expansif s'identifie avec une affection personnelle , qu*il y ait intérêt de même ordre, ou plaisir de même nature à se sacrifier pour autrui et à sacrifier les autres à soi, à se faire Tinstruinent volontaire du bonheur des

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