‹ uvres inédites de Piron (prose et vers)Chapitre 21 sur 78 · ETRENNES A MA COUSINE V · texte numérisé non relu

ETRENNES A MA COUSINE V

Puisqu'à la noblesse elle en veut, Grands Dieux, contentez-la ! Donnez-lui, s'il se peut, Un époux du beau sang des Bourbons ou d'Autriche ! D'un comte ou d'un marquis quelle ait au moins lamain! En tout cas, qu'un si beau terrain Ne reste pas longtemps en friche !

Pour moi, je ne souhaite à cet objet charmant Qu'un mari complaisant, bienfait, beau, jeune et riche: Je lui souhaite, en un mot, son amant ,

Quoique le cruel me déniche.

Mais que du moins, après le sacrement, Il ait toujours le même empressement.

Qu'il ne soit point amant postiche !

Qu'il ait autant d'amour pour ce rare trésor

Que V avare en a pour son or,

La cavale pour sa pouliche, Que le cerf en septembre en ressent pour sa biche, Et que pour elle, hélas! j'en ai moi-même encor !

PREMIÈRES AMOURS DE PIRON m

Dieux, à qui j'adresse ces vers Pesez-en bien chaque hémistiche ; Mais du moins n'allez pas deviner de travers. Ce n'est ni Catin ni Catiche Pour qui je m'intéresse ainsi.

Je ne vous recommande aussi Ni Margot, ni Gotton, ni Babet, ni Babiche. Si le français n'eût eu que sept rimes en iche. Je n'aurais pas manqué de m' expliquer ici

Par le moyen d'un acrostiche.

Mais pour savoir V objet de mes vœux pleins d'ardeur, Interrogez V Amour et lisez dans mon cœur ;

Vous y verrez écrit : Baniche.

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