‹ uvres inédites de Piron (prose et vers)Chapitre 32 sur 78 · A LA MARQUISE DE LIVRY · texte numérisé non relu

A LA MARQUISE DE LIVRY

en lui adressant le placet précédent.

Binbin, beau faiseur d'épigrammes, A celle qui, d'entre nos dames, Le mieux vaudra, vaut et valut, Volupté, gésine et salut !

Pour enjoliver ma requête, Mon esprit chez Phœbus alla ; V ayant arrangée à sa tête, L'immortel ainsi me parla :

« Si tu veux réussir, fais-la Présenter par la main des Grâces. »

/Marquise, en vos mains la voilà; Je mets les choses à leurs places.

LETTRE XXVII

AU MÊME

» Le maître m'adresse à l'intendant, et celui-ci me renvoie au maître. Il fait bien : c'est me renvoyer du bon côté. Au diable les saints qui ne guérissent de. rien, et vive Dieu ! J'étais dans le néant, le père (1) m'en tira ; j'y retombe, que le fils me rachète ! et le saint-esprit veuille, en récompense, un beau jour de Pentecôte, éclipser saint Louis sur ce fils ! Qu'il dise la vérité ; il n'en serait pas fâché, tant il est vrai qu'il vaut mieux avoir affaire à Dieu qu'à ses saints.

» Or donc , je prie la Providence de vouloir bien faire pleuvoir sur la terre sèche. Je ne demande pas des averses; je ne veux que cinq,ou six cents gouttes d'eau. Que coûterait une rosée à qui a une clef des cascades? En un mot, mon pauvre champ n'est plus qu'un désert aride : il n'y croît épi, raisin, chou ni rave. Hélas ! où est le temps qu'avec la rosée il y pleuvait des bouteilles et des pâtés ! Ne portons plus nos vœux si haut :

A de moindres faveurs les malheureux prétendent ;

Et ce n'est que du pain que mes cris vous demandent (2).

(i) Le marquis de Livry, père.

(2) Je fus payé le lendemain de ma pension, et l'on m'envoya cent bouteilles de vin. (Note de Piron.)

LETTRE XXVIII

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