‹ uvres inédites de Piron (prose et vers)Chapitre 52 sur 78 · VERS · texte numérisé non relu

VERS

Attachés, le jour de l'an, au cou d'une chienne appelée Princesse, appartenant au chevalier de Belle-Isle (1).

Puissiez-vous, chevalier, au milieu des batailles Où vous emportera la défense des Lis,

Donner la chasse aux ennemis

Ainsi que je la donne aux cailles !

Ou si l'amour vous tient par hasard sous sa loi ,

Puisse V heureuse et tendre amante

Qui vous aura donné sa foi

Être, s'il se peut, caressante

Et fidèle encor plus que moi !

Vous n'aurez pas l'âme assez fière

(•I) Bien que l'épître suivante soit connue, nous n'hésitons pas à la reproduire in extenso, à cause de V anecdote qui l'accompagne et dont Rigoley de Juvigny, on ne sait pourquoi , n'a publié qu'une partie, même encore en la défigurant.

Pour blâmer ce petit transport

D'une Princesse que le sort

A faite votre prisonnière , Et qui veut de bon cœur l'être jusqu'à la mort.

Si j'avais pu gagner les plaines

Et m' échapper de ma prison ,

Vous auriez eu de ma façon

Quelques perdrix pour vos étrennes.

Puisque je ne l'ai pu, vous n'aurez que des vœux. Qu'est-ce que des vœux ? Rien. Mais mettez-vous en tête

Que les pauvres chiens sont des gueux.

Je suis chien ; qui pis est poète :

Pour une excuse j'en ai deux.

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