VERS
Attachés, le jour de l'an, au cou d'une chienne appelée Princesse, appartenant au chevalier de Belle-Isle (1).
Puissiez-vous, chevalier, au milieu des batailles Où vous emportera la défense des Lis,
Donner la chasse aux ennemis
Ainsi que je la donne aux cailles !
Ou si l'amour vous tient par hasard sous sa loi ,
Puisse V heureuse et tendre amante
Qui vous aura donné sa foi
Être, s'il se peut, caressante
Et fidèle encor plus que moi !
Vous n'aurez pas l'âme assez fière
(•I) Bien que l'épître suivante soit connue, nous n'hésitons pas à la reproduire in extenso, à cause de V anecdote qui l'accompagne et dont Rigoley de Juvigny, on ne sait pourquoi , n'a publié qu'une partie, même encore en la défigurant.
Pour blâmer ce petit transport
D'une Princesse que le sort
A faite votre prisonnière , Et qui veut de bon cœur l'être jusqu'à la mort.
Si j'avais pu gagner les plaines
Et m' échapper de ma prison ,
Vous auriez eu de ma façon
Quelques perdrix pour vos étrennes.
Puisque je ne l'ai pu, vous n'aurez que des vœux. Qu'est-ce que des vœux ? Rien. Mais mettez-vous en tête
Que les pauvres chiens sont des gueux.
Je suis chien ; qui pis est poète :
Pour une excuse j'en ai deux.