‹ Œuvres inédites: Le neveu de Rameau. Voyage de HollandeChapitre 12 sur 78 · LE CITOYEN ET L'ARTISAN · texte numérisé non relu

LE CITOYEN ET L'ARTISAN

DE Ll BOURGEOISIE, DES CORPORATIONS, DES HADUPACTURES ET DES OUVRIERS.

Les étrangers ne sont ni reçus bourgeois , ni ■ admis dans les corporations sans avoir £iit preuve dâ bonnes mœurs pendant quatre ans, on sans donner caution. Puisqu'il y a des corporations pour eiercer un métier, il feut y être agrégé; mais les droits de maîtrise sont très-modiques.

Oo travaille tous les jours de la semaine , excepté, je crois, le dimanche; il y a peu de ffites.

Ce n'est pas le droit de maîtrise, c'est le droit de bourgeoisie qui coûte. Il y a pour chaque métier un tribunal qui ne juge de rien, mais qu'on paie. Ce tribnt s'appelle le Guetder, celui des imprimeurs et des libraires est d'un florin par an. Le guelder perçu, les juges s'en vont à Leizendam, à peu près la moitié du chemin de La Haye à Leyde, manger le waterfisch; le watefîlsch est une espèce de petite perche ferme,

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délicate et cuite, qu'on vous sert à la nage dans un grand vaisseau de terre rempli d'eau tiède et de feuilles de persil; on les sert avec des tartines de pain blanc et de pain noir entre lesquelles il y a d'excellent beurre:

Manufactures.

Il y a des manufactures de draps, de tontes espèces, de porcelaine, de faïence et de verre; des moulins pour tous les ouvrages qui peuvent s'exécuter par le mpyen de ces machines, comme papiers, planches, huiles, etc. Qui n'a pas entendu parler des toiles de Frise et dçs blanchisseries de Harlem? une pièce de toile de soixantequinze aunes de longueur, qui avait été faite dans le pays, et qui ne pesait que trois livres, fut vendue en Espagne 9 ducats l'aune; une autre de même qualité fut payée en France 14 florins l'aune.

La Zelandè produit beaucoup de garance ; il y a des rafineries de sucre et de sel; 'on y sublime le soufre en grand; on y travaille le borax; on y engraisse des bestiaux sans nombre; on y fabrique des vaîssrfiuî pour tous les peuples maritimes. Les manuËictures de gabn, de gaze, etc., de Cambrai, y sont établies; on ourdit dans l'Over- Yssel, du linge damassé, des toiles de coton, des indiennes et toutes sortes de basins. lies ouvriers vont à l'atile et au solide. Les modes en étoSes*

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en menblesj en équipages, en ajustements, changent peu.

La main-d'œuvre est chère. Les ouvriers sont payés à la journée, partant ils travaillent le moins, pour gagner le plus qu'ils peuvent. Us vous feront attendre long-temps l'ouvrage que vous leur commanderez; les salaires sont donc au dessus de la proportion des besoins, et forts, relativement à la dépense nécessaire et journalière. Ajoutez tpi'its sont économes et amis du repos ; le salaire d'un manœuvre est de 10 à i5 sous, celui d'un domestique de louage , de 35 à 3o sous.

Les libraires sont peu instruits, mais ils ont de l'esprit, du discernement, de la ruse etde l'activité. La faculté de la contrefaction fait tomber la librairie. Souvent le débitant est forcé de céder à ses confrères, à bas prix, même à perte et sans argent, des exemplaires d'un livre nouveau. Les libraires honnêtes ne font aucune entreprise sérieuse sans frayeur. Les brochures du jour, les libelles même , s'impriment librement. On a foit jusqu'à quatre éditions d'un libelle contre le stathoudérat.

Le contrôleur général Terray a foit deux mauvaises opérations entre beaucoup d'autres. Lorsqu'il imposa les livres, il anéantît les échanges, et invita le libraire hollandais à contrefaire nos bons ouvrages. Lorsqu'il imposa le papier, celui qu'on fobrique en Auvergne s'élevant au prix du ï5.

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papier qui se feibricpie en Hollande, les Allemands donnèrent la préférence à celui-ci ; aussi le nombre de nos papeteries est-il le méine> et celai des papeteries hollandaises s'est-il considérablement augmenté.

La première fois qu'on me parla de la Donchalance de l'ouvrier hollandais, du moins àLa Haye, je crus qu'on m'avait fait un conte, jusqu'à ce qu'il fàt question de remplacer un carreau dans une cuisine. Je dis ce que j'ai vu : ils arrivèrent trois, l'un pcHtant le carrean, un autre le pl&tre, et le troisième la truelle et le marteau ; d'aboid ils chargèrent et allumèrent leurs pipes, puis ils regardèrent à leur besogne, il manquait du sabk, l'un des trois en alla chercher; cependant ses Camarades, étendus à terre, liimèreat leurs pipes. Le sable arrivé et jeté dans un coin, tous s'en allèrent boire le genièvre. Les voilà revenus, ils se mettent en besogne , et la matinée se passe à sceller un carreau. U est vrai que cela s'est frit chez un grand seigneur, et que ces fainëaati-4à étaient payés k la journée.

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DE HOLCAWDE.

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