I. — A MADEMOISELLE JODÏN, i Vahsovib
ai «oAt 176S.
J'ai lu, maderaoiseUe , la lettre que tous avez écrite à madame votre mère. Les sentiments de tendresse, de dévouement et de respect dont elle est remplie ne m'ont point surpris; vous êtes un enlànt malheureux, mais vous êtes un en&nt bien né. Puisque vous avez reçu de la nature une ame honnête, connaissez tout le prix du don qu'elle vous a fait, et ne souffrez pas que rien l'avilisse. Je de suis pas un pédant, je me garderai bien de vous demander une sorte de vertus presque incompatibles avec l'état que vous avez choisi , et que des femmes du monde, que je n'en estime ni ne méprise davantage pour cela , conservent rarement au sein de l'opulence, et loin des séductions de toute espèce dont vous êtes environnée. Le vice vient au devant de vous , elles vont au devant du vice ; mais songez qu'une femme n'acquiert le droit de se défaire des lisières que l'opinion attache à son sexe, que par des talents supérieurs et les qualités d'esprit et de cœur les plus distinguées. Il faut mille vertus réelles pour
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SaS CORRESPOHDAHCE. — 17®.
couTiïr un vice imagiDaire. Plus vous accorderez à T«A goùtis f plbs VotiB dette èità adeiAÎTâ sni- le choix des objets. On reproche rarement à nne femme son attachement pour an homme d'un mérite reconnu. Si tous n'osez avouer celai que tous aurez pre'férë , c'est que vous tous en mépriserez Toas-mêne, et quand onadumépris pour soi, il est rare qu'on échappe an mépris des autres. Vous \6fta. qne ^ur un homme iqû*oO compte entre les ptlihW[>p4i<es, (nés principes Ae sont pas austères: ê'est qnïi I serait ridicule de proposer & ilne feUime de théâbre la toierale •ébs (capuciïies du Marais. Travailiet snrtottt à peHèctioDnet- votre talent, ie plus misérable état y à itaon sens , est belui d'une actrice médiocre.
Hat ^a<is pas si les -apii^aùdisseitieAts du public 90tittlrès-flatteurS, s^Hioat pouï- celle que sa naissance ■et 'son édntatî<oa avaient ino'inà âest^née fc le^ 'eett'vfÂT qu'à les accorder, tnais je sa'îsqne ses dédains "ne doivent être ■que plus insupportabies potfr-*I!e. Je YouS ai^n entendue, mais j'ai cru TOUS reconnaître tme grande qualité qu'on petft sïmtfler "peirt-être h force d'art et d'étude , mais qui -tie -s'acquiert pas ; rtneatncqui s'aïiènê, otti s'affecte profondément, qui se "transporte sur les lieux, (^i est ïellc on telle, qui Voit et qui parle à ttfl on tel personnage. î'ai été satisfait lorsque , au sdrtiï" d'un mouvement vidlent, vous paraissiez revenir de iori loin €i t«èonnaitre \
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