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peiae l'endroit d'où T<ms n'étite pas sortie et les vhjeU -qui vous eBrironDaveDt. Acquérez de la 'gptke et -de la Hb»té , rendez toute votre actitm «itaple, naturelle et facile. Une des plus fijrtes satires de BOtregenredramatkpie, c'est le i>esoin ■que l'acteur a du miroir. N'ayez point d'apprêt ni de miroir, connaissez la bieBséance d« TotK mie, et n'allée point au delà. Le «noins de gestes que TOUS ponrreE^'le geipte fre'quent nuit à i'énengie et 'detmit la noJilesse. C'est te Tisagê', ce w»t les yemt, c'est tout le corps qui doit avcdr da monvemènt <et non les bras. Savoir rendre un endroit passtanaë c'est presque ne rien savoir, le poète ost pour moitié' dams l^eff^. AttachfêK-voiis sus. seèues tranqmlles^ce sont les plus dilTicîles ; c'e^t là <qu'u»e actrice 'montre du 'gkât, de ^'«3pritt, aie la. finesse , du jugement, de la dâicatesse quand elle en*a. Étudv^ les accents des passions, -chaque passion a les siens, et ilssont si [Hiissat^ qa'ils ime .pe'nètrent presque sans le secours de la parole. C'est la laogoe primitive de la nature. Le sens d'an beau vers n'est pas k la portée &t tous ; mais toussant ailèctés d'un long soupir taré doulimmiserarait-du fond des entrailles ; des bras âevés , -des yeux teurnés Ters le ciel , des sons inartitralés, une voix Ëiible et plaintive, voilà-ce ■q«i touche, témeut et trouble toutes les âmes. Je vooiiirais Men que vous eussiez vu Garrick jouer le r61e d^nn père qui a laissé 'toitfber son enfitnt
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dans un puits. Il n'y a point de maxime que nos poètes aient plus oubliée que celle qui dit <jae les grandes douleurs sont muettes. Sonvenez-vonsen pour eux, afin de pallier, par votre jeu, l*iinpertinence de leurs tirades. Il ne tiendra qu'à TOUS de &ire plus d'effet par le silence que par leurs beaux, discours.
Voilà bien des choses et pas un mot. du véritable sujet de ma lettre. Il s'agit, mademoiselle, de votre maman. C'est, je crois, la plus infoi'tnnÀ créature que je connaisse. Votre père la croyait insensible à tous événements, il ne la connaissait pas assez. Elle a été désolée de se séparer de vous, et il s'en fallait bien qu'elle fiH remise de sa peine lorsqu'elle a eu à supporter un autre événement fâcheux. Vous me connaissez, tous savez qu'aucun motif, quelque honnête qu'çn pût le supposer, ne me ferait pas dire une chose qui ne serait pas dans la plus exacte vérité. Prenez donc à la lettre ce que tous allez apprendre. Elle était sortie, pendant son absence on a crocheté sa porte et on l'a volée. On lui a laissé ses nippes heureusement; maison a pris ce qu'elle avait d'argent, ses couverts et sa montre. Elle en a ressenti un violent chagrin , et elle en est vraiment changée. Dans la détresse où elle s'est trouvée , elle s'est adressée à tous ceux en qui elle a espéré trouver de l'amitié et de la commisération , mais vous avez appris par vous-même combien ces sentiments
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CORRESPONDANCE.— 1765. SSi
sont rares, ëconomes et peu durables, sans compter qu'il y a , surtout eu ceux qui ne sont pas £tits à la misère, une pudeur qui les retient et qui ne cède qu'à l'extrême besoin. Votre mère est laite autaut que personne pour sentir toute cette répugnance. Il est impossible que les modiques secours qui lui viennent, puissent la soutenir. Nous lui avoDS offert notre table pour tous les jours et nous l'aTons fait, je crois , d'assez bonne grâce pour qu'elle n'ait point souffertà l'accepter; mais la nourriture, quoique le plus pressant des besoins , n'est pas le seul qu'on ait. Il serait bien dur qu'on ne lui eût laîesé ses nippes que pour s'en défaire. Elle luttera le plus qu'elle pourra « mais cette lutte est pénible , elle ne dure guères qu'aux dépens de la santé, et tous êtes trop bonne pour ne pas la prévenir on la faire cesser. Voilà le moment de lui prouTer la sincérité des protestations que TOUS lui avez faites en lu quittant. Il m'a semblé que mon estime ne vous était pas iadilTéreote ; songez, mademoiselle, que je vais vous juger , et ce n'est pas , je croîs , mettre cette «lime il trop haut prix que de l'attacher aux procédi^ que TOUS aurez aTee votre mère, surtout dans une circonstazice telle que ceUe*ci. Si tous avev résolu de la seooBrir, eomme vous le devez , ne la laissez pas attendre. Ce qui n'est que d'humanité pour nous, est de premier devoir pour tous; ce n'est pas assez que de prêcher la bonté ^
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il faut être bonne; il ne lâut pas qu'on dise que sur les planches et dans la chaire, l'acteor et le docteur de Sorbonne sont également soigneux de recommander le bien et habiles à se dispenser de le faire. J'ai le droit par mon âge , par mon ex" périence , l'amitié qui me liait avec monsieur ■votre père , et l'intérêt que j'ai toujours pris à TOUS, d'espérer que les conseils que je tous donnerai sur Totre conduite et TOtre caractère ne seront point mal pris. Vous êtes violente; on se tient à distance de la TÏolence, c'est le déiànt le plus contraire il Totre sexe, qui est complaisant^ tendre et doux. Vous êtes vaine; si la vanité n'est pas fondée elle lait rire ;■ si l'on mértte en efiet toute la préférence qu'on s'accorde à soi-même, on humilie les autres , on les ofiense. Je ne permets de sentir et de montrer ce qu'on Taut que quand les autres l'oublient jusqu'à nous manquer. Il n'y a que ceux qui sont petits qui se lèvent toujours snr la pointe des pieds. J'ai peur que vous ne respectiez pas assez la vérité dans vos discours. Mademoiselle, soyez vraie, faites-vous en l'habitude; je ne permets le mensonge qu'au sot et au méchant; à celui-ci pour se masquer, à l'autre pour suppléer à l'esprit qui lui manque . IN'ayez ni détourst ni finesses , ni ruses , ne trompez personne ; la iêmme trompeuse se trompe la première. Si vous avez un petit caractère, vous n'aurez jamais qu'un petit jeu. Le philosophe qui manque de religion.
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CORRESrONDANGE.— i^fô- 55S
ne peut aT6ir trop de mœars> L'actrice, qui a contre sea moeurs, ropiaion qu'on a cooçue de son état , ne saiirait trop s'observer et ae montrer «leT«e. Vous été» négligente et disùpatrice , un moment de néglî|;eDce peut coûter cher, le temps amène toujours le cbâtimeut du dissipateur. Pardooneu à mûu amitié ces réflexions sévères. Vous n'estendresquetropla voix de la flatterie. Je vous souhaite tout succès. Je vous salue et finis ssuds fiideur et sans compUment.
a. — A MADEMOISELLE JODIN, * Vahwvie.
Ce n'est pas vous , mademoiselle^ qui pouviez vous ofiènser de ma lettre; mais c'e'tait peut-être madame votre mère. En y regardant de plus près* vous auriez deviné que je n'insistais d'une manière si pressadte sur le besoin qu'elle avait de vos secours, que pour ne vous laisser aucun doute sur \b. vérité de son accident. Ces secours sont arrivés à temps « et je suis bien aise de voir que votre ame a conservé sa . sensibilité et son bonaêteté, en dépit àfi l'épidémie de votre état, dont je ferais le plus grand cas si ceux qui s'y engagent avaient seulement la moitié autant de moeurs qu'il exige de talents. Mademoiselle^ puisque vous avea eu le bonheur d'intéresser un homme habile et sensé » aussi propre à vous conseiller sur votre jeu que sur votre conduite, écou-
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tez-le, ménagez-le, dédommagez-le du désagré' meot de son rôle par tons les égards et tonte la docilité possibles : je me réjoiùs bien sincèrement de vos premiers succès; mais songez que tous ne les devez 6n partie qu'an peu de goût de vos spectateurs. Ne vous laissez pas enivrer par des applaudissements de si peu de valeur. Ce n'est pas à vos tristes Polonais, ce n'est pas aux barbares qu'il làut plaire, c'est aux Athéniens. Tous les petits repentirs dont vos emportements ont été suivis devraient bien vous apprendre à les modérer. Ne Élites rien qui [misse vous reiuJre méprisable. Avec un maintien htmnéte , décent, réservé, le propos d'ime fille d'éducation, on écarte de soi toutes ces familiarités insultantes que l'opinion, malheureusement trop bien fondée, qu'on a d'une comédienne , ne manque presque jamais d'appeler h elle, surtout de la part des étourdis et des gens mal élevés qui ne sont rares dans aucun endroit du monde. Faites-vous la réputation d'une bonne et honnête créature. Je Teni bien qu'on vous applaudisse , mais j'aimerais encore mieux qu'on pressentit que vous ëtiez destinée à antre chose qu'à monter sur des tréteaux, et que sans trop savoir la suite d'événements fôcheux qui vous a conduite U, on vous en plaignit. Les grands éclats de rire , la gaîte' immodérée , les propos libres , marquent le mauvaise éducation, la corruption des mœurs, et ne man-
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COBBESPONDANCE.— 1765. ^55
quent presque jamais d'avilir. Se manquer à soimême, c'est autoriser les autres à nous imiter. Vous ne pouvez être trop scrupuleuse sur le choix des personnes que tous recevez avec quelque assiduité. Jugez de ce qu'on pense eu général de la femme de théâtre par le petit nombre de ceux à qui il est permis de la fréquenter sans s'exposer à de mauvais discours. Ne soyez contente de vous que quand les mères pourront voir leurs filles vous saluer sans conséquence. Ne croyez pas que votre conduite dans la société soit iodifierente à vos succès au théâtre. On applaudit à regret à celle qu'on hait ou qu'on méprise. Economisez; ne Élites rien sans avoir l'argent à la main; il vous en coûtera moins^ et vous ne serez jamais sollicitée par des dettes criardes à faire des sottises. Vous vous époumonerez toute votre vie sur les planches , si vous ne pensez pas de bonn)e heure que vous êtes faite pour autre chose. Je ne suis pas difficile; je serai content de vous si vous ne Ëiites rien qui contrarie votre bonheur réel. La fantaisie du moment a bien sa douceur^ qui est-ce qui ne le sait pas? mais elle a des suites amères qu'on s'épargne par de petits sacrifices, quand on n'est pas une folle. Bonjour, mademoiselle; portez-vous bien ; soyez sage si vous pouvez ; si vous ne pouvez l'être , ayez au moins le courage de supporter le châtiment du désordre ; perfectionoez-TOUS. Attachez - vous aux scènes tran-
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qnilles, il n'y a que c«lles-U qui sont dUlieiles. Dé&ites-TOU& de ces hoquets, habituels qu'on voudrait vou& faire prendre pour des aqcfiots d'entrailles, et qui ae soDt qu'un noauveis technîqaet déplaisaot, fatigant, un tic aussi insupportable sur la scèna qu'il le serait en .«ctciété. N'ayez aucune inquiétude sur nos «entitafiots pour madame votre mère; nous soromea disposés à la servir en toute occasion. Salnex de ma part l'homme intre'pide qui a bieo vonla se char^fir de la dure et pe'oible corvée de tous dirigeri que Dieu lui en conserve la patience, Je a'ai pM vvulu laisser partir ces lettres, que madame votpe mère m'a remises,. sans un petit jnot qoi TOUS montrât l'intérêt que je prends à votre sort. Quand je ne me soucierai |Jas d» tous, je ne pendrai ,plus la liberté de tous parler durement; et si je TOUS écria encore, je fînirai mes lettres aTec toutes les politesses accoutumées.