A MADEMOISELLE JODIN, A Salti-Vidil, nis HieDiiovio
t6 joillel 17C8.
Vous avez écrit à madame votre mère une lettre aussi dure que peu méritée . Elle a gagoe son procès. La' Brunet ne me parait pas une femme trop équitable. J'ai touché la pepsion sur le roi. J'ai, reçu deux lettres de change de M. Fischer, l'une de 1 ,375 livres 1 8 sous 6 deniers sur MM. Tourtou et Baur : elle est acceptée et sera payée le 9 du mois prochain; l'autre de 3,576 livres 1 sous 6 deniers sur M. de Van-Eycken qui est payée. Ces deux sommes font celle de 3,760 livres qui répondent k mille écus de Saxe. Je ferai faire votre bracelet par un M. Bel, de mes amis, dont je réponds pour le travail et pour la probité. Mats de (Jeux choses l'une , c'est que le portrait est de beaucoup
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56o CORRESPONDANCE,— 1768.
trop grand et qu'il en faudra supprimer presque jusqu'au chapeau, ce qui ne nuira à rien; l'autre, c'est que Feotonrage du portrait et celui du ctifire seront bien mesquins eu u'y mettant que cent louis. L'artiste, qui ne demande ni ^ vendre ni à gagner, prétend qne pour que ces bracelets soient honnêtes il y faut consacrer 5,ooo livres ou 1,000 écus. En ce cas, voyez ce que vous avez à faire. Faites-moi réponse là dessus^ et présentes mon respebt à M. le comte. Tâchez, pour Bieu, de ne faire' aucune folie ni l'un ni l'autre, si vous ne voulez pas en être châtiés l'un par l'autre. Aimezvous paisiblement, et ne pervertissez pas la nature et la fin d'une passion qui est moins précieuse par les plaisirs qu'elle nous donne que par les maux dont elle nous consolé. Si vous vous déter^ minez à dépenser 1,000 écus à vos bracelets, il me restera 760 livres dont je disposerai comme il vous plaira. Soyez bien aimable, bien douce sui^ tout et bien honnête. Tout cela se tient. Si vous négligez une de ces qualités, il sera diUîcile que vous ayez bien les deux autres.
CORRESPONDANCE.— 1768. 56i
i3. — A MADEMOISELLE JODIN,
ChIZ m. LI OOHTl DE SOBDllIHBOlIKG, 1 BOKDliUX,
Mademoiselle, je ne saurais ni vous approuver ni vous blâmer de votre raccommodement avec M. le comte. Il est trop incertain que vous soyez faite pour son bonheur et lui pour le vôtre. Vous avez vos défauts, qu'il n'est jamais disposé à vous pardonner ; il a les siens , pour lesquels vous n'avez aucune indulgence. Il semble s'occuper lui-même à de'truire l'effet de sa tendresse et de sa bienfaisance. Je crois que de votre côté il faut peu de chose pour altérer votre cœur et vous porter à un parti violent. Aussi je ne serais pas étonné qu'an moment oii vous recevrez l'on et l'autre ma belle exhortation à la paix, vous né fussiez en pleine guerre. Il faut 'donc attendre le succès de ses promesses et de vos résolutions. C'est ce que je feis sans être indifférent sur votre sort.
J'ai reçu votre procuration, elle est bien. Il me faut à présent un certificat de vie légalisé. Ne différez pas d'un instant à me l'envoyer. Je TOUS enverrai , par la voie que vous m'indiquerez, le portrait et les lettres de M. le comte. Cela serait coûteux par la poste.
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363 CORHESPONDAMCE.— 1768.
A la lecture de la défense que tous faites à Totre mère de riea. preodre sur les sommes dont je suis dépositaire ; elle en est tombée malade. Eu effet, que Tonlez-Tous qu'elle devienne et que signifie cette pension annuelle de ij5oo francs que TOUS prétendez lui faire , si vous en détournez la meilleure partie à votre propre usage? Si TOUS n'y prmez garde > il n'y aura de votre part qu'une ostentation qui ne tirera pas votre mère du malaise. 11 oe s'agit que de calculer un pea pour vous eu c««ivaiDcre et Ttms amener à de U raison, si vous avez réellement i cœur le bonheur de votre mère-
Comme vos intentions m'étaient expliquées de la mopière la plus précise, je l'ai renvoyée ji vfh tre réponse , qu'elle attend avec k plus gmade impatience.
Je ne sais d'ob vous vient oet accès de tendresse pour la Brunet qui vous a déchirées toutes les .deux chez le C(»nmi8saire , de la maHÎère la plus cruelle et la plus malhonnête. Il n'y & noi de si chrétien que le pardon des injuzea.
Un avis que je me crois ^îgé de vous docmer, c'est que votre fenuno de chambre est en correspondance avec la dame Brunet; vous en fibres l'usage qu'il vous plaira.
Gunme vous n'avez pas pensé à me marquer votre adresse à Bordeaux., je vous écris k tout hasard.
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Autre chose; il n'y a plus de rentes viagères sur le roi; mais si votre argent était prêt je le placerais, à 6 pour 100, sur des fermiersrgénéraux, et le fonds vous resterait.
C'est un service que je pourrais aussi rendre à M. le comte, mais il n'y aurait pas un moment à perdre.
Je vous salue, mademoiselle. Je vous prie de ]»«senter m<Hi respect à M. le comte.
Je voudrais -bien vous savoir heureux l'un et l'autre. Je n'ai pas le temps de moraliser. Il est une heure passée, il &at que cette lettre soit à la grande poste avant qu'il en soit deux.
Donnez attention , mademoiselle , aux petits états de reçus et de dépenses que je vous envoie, et jugez là dessus de ce que vous avez à faire pour madame votre mère, qui est malade, inquiète et dans un besoin pressant de secours.
Ainsi point de délai sur tons les objets de ma lettre; et tâchez d'être sensée, raisonnable, cîr» conspecte , et de profiter un peu de la leçon du passé ponr rendre l'avenir meilleur.
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