‹ Œuvres inédites: Le neveu de Rameau. Voyage de HollandeChapitre 3 sur 78 · DES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

DES ÉDITEURS

raient y voir le décousn et l'incohéreoce d'une conversatioQ seraient bien trompés ; il n'en a qae la vi- Tacité et l'abandon ; tonl s'y tient , tout y est lié d'une chaine invisible et pourtant réelle. Que le lecteur essaie d'en rompre un anneau, il verra qu'à l'instabt la chaîne entière serait détruite , et ne pourrait plus se rattacher. Sous ce tissu, si frêle enappàrenca, de bons mots et de reparties piquantes , l'auteur a caché une suite de raisonnements , étroitement liés , semblables k une chaîne d'acier qu'une guirlande de Qeurs dérobe à notre vue.

Avec quelle vérité l'auteur dessine ses caractères 1 et avec quelle adresse il les fait contraster ! Comme il soutient celui du philosophe , que la taature et l'éducation ont concouru il rendre honnête homme, qni t'est k la fois par sentiment et par conviction ; et celui de l'être dégradé , jet<f par le sort dans la misère, par la misère dans la friponnerie , et qui a fini pal: mêler son travail à celui du malheur , et par devenir le complice de sa destinée.

Je laisse à.ceux qui connaissent l'esprit français et le ton des sociétés de Paris , à juger si l'auteur en a 6dèlemeDt représenté les manières , le langage , les travers. Je ne sais s'ils trouveront dans ses peintures quelque exagération. Quant à moi, je la cherche en vain ; et plus j'examine cette production originale , plus je demeure convaincu que sous des formes bizarres et hardies , elle couvre un fonds admirable de raison et de vérité; même dans les endroits où cette hardiesse nous parait excessive , et où nos idées n'osent suivre celles de l'auteur, c'est notre faute et

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XII AVERTISSEMENT

non la sienne. Il est allé plus loin que nous, il connaît le chemin , il sait où il est : nos doutes ne proavent que notre ignorance et notre infériorité.

S'il existe , ce que j'ignore , une seconde copie âa Neveu de Rameau j je désire bien que son possesseur ne soit point le jaloux dépositaire d'un si précieux trésor , et qu'il se décide à en faire jouir le publicfrançais*. Ce dialogue, aussi remarquable par U composition que par le style , paraîtrait alors pour la

' C'est anr cette aeconde copie , qui nom vient d'une tnaïii sôre , que nom aTOm imprimé le Heveu de Rameau ; il n'a de reuemUance, arec la traduction qu'en s publié en 1831 , à Paris, chez Delaunay, H. De Saur, auteur d'une tragédie de Philistit, que dans le titre. Comment se fait-îl que M. De Saur oublie sod mérite comme traducteur , et ne veuille conserver que le titre d'éditeur? Sa traduction est cependant assez fidèle pour qu'il trouve quelque gloire à l'avoir faite. Tout porte néanmoins i croire que M. De Saur a donné cette traduction comme un ouvrage posthume et imprimé sur le manuscrit de Diderot ; la nota suivante suffit pour le prouver;

« Un hasard heureux nous a mis à portée (c'est M. De Saur qui parte ) de remplir le vœu que forme ici M. Goethe. Nous avon* publié à Paris , en iSai , chez Delaunay , l'ouvrage de Diderot jusqu'alors inédit, intitulé le t/eveutU Rameau. Tous les lecteurs ont reconnu dans ce tableau original le Jaire du grand peintre auquel nous en sommes redevables. On sera peut-être bien aise de voir ici l'analyse que lui ont consacrée tes littérateurs les plus distingués de l'époque actuelle, ceux qui, par leur sagacité, leur esprit et leurs connaissances en httéralure , étaient les plus c»pables d'apprécier cet écrit, n

La forme , le fonds et lettre de Diderot qui se retrouvent en partie dans la traduction de M. De Saur, auquel il manque parfou la grâce et la naïveté de l'expression de l'original , ont pu en

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