THE PASSAGE OF ST.-GOTHARD
I wander i/vhere Tesmo inadly flows, From cliff to cliff in foaming eddies tost;
On the rude mountain^s barren breast he rose , In Po^s broad vrare now burries to be lost.
Hisshores» neat buts and verdant pastures fill ^ And biUs where woods of pîne tbe storm defy ;
Wbile^9 scoming végétation » bigher still ^ Rise tbe bare rocks coetal witb tbe sky.
Upon bis banks a favorM ispot I ibund y
Wbere sbade and beautj tempted to repose ; Witbin a grove » by mountains circled round, '
By rocks o^erbung , my rustic seat I cbose y
Advancing tbence , by gentle pace and slow, Unconscious of tbe way my footsteps prest ,
Sudden , supported by tbe bills below.
Saint -Gothard's summits rose above tbe resl.
'Midst tow'ring cliffs and tracts of endless cold Tb* industrious patb pervadâs tbe rugged stone»
And seems — Helvetîa îet (by tloîls bë told— - A granité girdle o*er tbe moûntain thrown.
FASSAGE DU ST.-GOTHARa 287
Le voilà ce Tésin , dont lesf eaux bondissantes» (4 De rochers en rochers au loin rejaillissantes» Courent vers TÉridan , et » lassant les échos» i portent» en grondant» le tribut de leurs flots.
Fougueux enfieuit des monts » il voit sur ses rivages De modestes hameaux » de riches pâturages^ Des rochers nus.Ievant leur front chauve et hideux ; Des pins, battent leur pied» leur tête est dans les cieux;
Dans un cercle de monts au$si vieux que le monde» Un heureux coin de terre^ arrosé de son onde» M*of£re un abri paisible ; et j*y goûte à la fois Le charme des rochers » et des eaux » et des bois.
Je pars : de ces beaux lieux je m'éloigne en silence ^
Par des sentiers tournants à pas lents je m'avance. Soudain » de monts en monts s'élançant vers les cieux» Le pompeux Saint*Gothard apparoit à mes yeuxX^
Là » des chemins hardis ont dpmté la nature ; Un ruban de granit » de sa longue ceinture (^ Traverse» en serpentant» ces éternels frimas; £t le rocher vaincu s'applanit sous mes pas.
288 THE PASSAGE OF St.-GOTHARD.
Vo haunt of man the weary tnréllet greets^
No Tegettttion smiles upon the moor > Save where the fiowVet breatbes uncaUur^d s^eets^
Sare vrhere the patient naonk receives^ the poor.
Tetletnot thèse rtisdepaths be colclly trac*d» Let tkot thèse wilds yfiih tistless steps be trod.
Hère fragrance scoms net lô perfiune the waste» Hère charitj upfifls the nfind to God*
His humble board the holy man prépares ^
And simple fbod^ and wholesome lore bestowsi Extols the treasixrefi ihaf his mountain bears « ' And paints the périls of impendmgsaows*
For "whilst bleak Winter numbs wîth chilling hand— Were fréquent crosses mark the. trâveller's fate—
In slow procession moves the merchant band»
And silent bends , wherè tottering rnms wait*
Yet 'midst those ridces^ ^raidst that driftëd snow« Can nature deign hcr wonders to display ;
Hère adularia shines with vîvid glow.
And gems of cristal sparkie to the day.
PASSAGE DU St.-GOTH ARD. aS^
Là , pas un arbrisseau » pas une trace humaine ; Quelques sauvages fleurs s*y hasardent à pTeide ; (7 Et des reclus pieux ^ aux voyageurs si chers , (^ L*ho$pica consolant peiiple seul ces déserts. * *
Toutefois en ces lieux Thorreur même a ses charmes , Les plantes leurs parfums » Thumanité ses larmes ; Et 9 sans cesse brûlant d^un charitable feu» » La Pitié bienfaisante élève Tàme à Dieu.
J'aime ce bon hermite ; avec nous il partage Son toit, ses simples mets, ses fruits et son laitage , Nous peint tous nos dangers , et du passant surpris La terrible avalange écrasant les débris.
Le voyageur transi va , poursuivant sa route , ' Où des croix ont marqué le malheur qu'il redoute , (d S'avance doucement, et de ces noirs frimas (^^ Craint, d'appeler sur lui l'épouvantable amas.'
Pourtant , dans ces déserts, quelquefois la naitùre Se plait à déployer sa plus riche parure»
Colore les métaux , et forme le cristal , (" Frère du diamant » et son brillant rivâ^.
290 THE PASSAGE OF Sx.-GOTHARD.
Hère too , the hoary mûimtaia*« lirow to grâce, Five silver lakM, in tnncpiH ttaiemreseeni
Wixile from their watei^s, manj a straam Tve trace That» êCBîj^à&omboaii^gef roUs diaropls besweeu.
Heaœ flows the Reuss to seA her 'vredded lore^ And, with tbe Rhioe, Germanie climes explore ;
Her stream I maxk^d , and saw ber wild] j more Down the bleak moimtain, ihro' her oraggy shore.
Mj MTfsary footeteps hop*d for rest in vmn , For sieep on flteq> , in rade confusion rose ; ^
At lenglh I patig*d aborde a fertile plain That pronU^d «îbeller and forelold repose.
Fair runs tbe «treattilet o*er the pastore green , Its margin gaj , with flocks and cattle ^read ;
Embowering teees the peaceful village seree^ , And guard Irom «npw each dWeUiqg^s jutting^sbed.
Sweet vale ! Wi^oseiiasoin ^wastes andoUflfo snrroundf Let me a wiii|e thj f riendly shellçr skarre !
Emblem of life 4 fidiieise some bri^t honrs are foaad Amidst ibe ^taidaesti dreariest years^of 4sare.
PASSAGE DU ST.-GOTHARa 291
Qtiel spectacle pompeux! D^icii sWfrc à uta nie. De cinq lacs à là £gàs 1a traaquille étendue ; 0^ Eli^db sein pA$emeliinarioî|)wt leurs eaux»
fitondisaeikt sur dos tPC9 mîUe \fnmee rmssewx.
Ici la Ileute 9 dû Rkm ioipiâtiiease ainaote ^ (^^ Bat ses iMusdsnoeaiUfiUx de isÉm (mde écitroaate^ JËt^ MBscesst ^^tie eà jw» lii tortueùK ^ Boprsitit irisrs soa ^pkhix jsou p&urs impislueui^»
Parmi Mnt jce£raea« jis chenobe uti Heil tmnqidiUe : Le tnmuli^ est sans fia » et la paix saas asile, Uqe ^plasBâ an-dessus de ce brujmt chaos , 04 Enfin m^ofibe «mabiâ, me promet le repos.
Là , l^ordé de tnou^eoux » eotourë de verdure » Le tORpent adoœi plus wôlkweM niu^iiMire ; Et des friaifts pendatrfs aux topbûrs d'alentour ^ Des arbtes {yrolBeteurs défeodciit oeséjsrar*
Agréable raUâa » sdlttiftdfe sety^té »
Abl loisse-mdl jmiJr de ta àimf^^ r^raite $
.jEia SÉM peùs «letteTÎe^ oA Tbominë aîiiob^ k s^i^r
PapflEii deicmgis dtaerii^d tt» OiO«i#flit d^ plaisir.
agx THE PASSAGE OF St.-GOTHARD.
Delv^d thro* the rock , the secret passage bends ;
And beauteous horror striLes'the dazzled sight; Beneath the pendent bridge the stream descends
Galm — till it tumbles o*er tbe frdwning beight.
We yiew the fearful pass — we wind along The path that marks the terrors of our way —
'Midst beetling rocks ^ and hanging yiooàs among, The torrent pours » and breathes its glittVing spray.
Weary at length, serener scènes we bail-— More cultur'd groves o*ershade the grassy meadS;
The neat, tho* wooden hamlets^ deck the vale» And AltorPs spires recall heroic^ deeds.
But tho' no more amidst those scène I roam, My fancy long each image shall retain—-
The flock returniug to its welcome home -— And the wild caiTol of the cowherd*s strain.
Lucemia's ]ake its glassy surface shews »
Whiist naturels yaried beauties deck its side ;
Hère , rocks and woods its narrow waves inclose» And there » its spr^ading bosom opens wide*
PASSAGE DU St.-GOTHARD. 29?
Entre des rocs, tout fiers de leur beauté sauvage, (}^ JiovLS marchons : descendus par cet étroit passage. Un pont reçoit nos pas ; et long -temps calme et doux j^ Le torrent irrité roule en grondant sur nous*
Parmi de noirs rochers , sous des voûtes d^ombrage ^ Dans toufe sa terreur s'offre Taffreux passage; Et du torrent fougueux qui redouble Feffroi , Les flots rejaillissants arrivent jusqu'à taou
Enfin rit à la vue une scène plus douce ; Des prés, du mont stérile ont remplacé la mousse ; Au noir sapin succède un vert délicieux , ^ Et rhéroïque Altorf se découvre à nos yeux. ('^
Je crois les voir encor ces scènes délectables ; ('7 Je crois voir les troupeaux r^aguer leurs étables : Et du pipeau rustique el des douces chansons A mon oreille encor retentissent les sons.
Luceme, de. ton lac que j'aimais les rivages ! ( Tantôt entre des bois et des roches sauvage 11 resserre ses eaux , tantôt en liberté . . - Mon regard le découvre en son immensité
i94 THE PASSAGE OF St.-GOTRARD.
And bail the chapel! \i^s^\ ti^^fialÏGiyiaa wU4!
Where Tell dûreotod |he av^aging dart;i With weil 8(nmg arm, that 6rH pifeswv'd fais dlild,
The» ifviiig'd the arrow tô tbe ly^mtitVhe^rt*
Aerossl tbe lAe^ ahd deep embowwM ia yv^oo4»
B^ld aBOthêr ballowM chapel atanjd»
Where tbree Swias. hêroes » laivieèis ibrce wifhiStK)d, And ataimp'd theâreedom of iheir ftatÎTelaiictt
Theîr Hherty rèqiiir*d nô rites uneeiifh- »
No blood demaiprded » ma na a^ea enebaia*d ;
Her rule was gehtie and bet* îhhm -wias^tr^lbf By aocial order f oraiM » hy lav^» re9tr«iii*d.
We quit the laie -^ and coltivatiim's t^Uv With nature*» cbarins çombip'4» Wiordsi the vray ^
And ifV'ell earnM w6altb împro'^ea t^ P6a;dy $oU » And simple ikiannet*» sbU main^^ theîif &way •
Fai*ewell HeWâtk ! from whese ^f ty Iiirea^> Proud Alps arise » and cof^iotis i<iver& Qpiw jr
Where, source of streams» eternal glaciers rest^ And peacefal science gilds tbe plains belovT*
PASSAGE DU St.-GOTHARD. 295
Salut ! noble Chapelle ; et toi ^ lieu mémorable , ( '9 Où d*iine mafin terrible » ensemble et secourable » Tell fit Toler déWL traits » et d*un bras triomphant Terrassa Poppresiseuir^ et saura son enfant.
T^ «r r« W bord , «m* ™ *prf, omh«ge , (" Cet antre monument : là, contre FescIaTage S'armèrent trois héros, et leur sang indomte D*un peuple généreux scella la liberté.
Non celle qui se perd en des paroles vaines ,
Veut du sang pour offrande, etmarche au bruit des chaînes ;
Sur le bonheur public elle fonde ses droits ,
Prend la raison pour guide, et pour garde les lois.
Nous partons : nous voyons ces lieux où la culture Partout nous montre Fart secondant la nature ^ D*un profit l^itime un emploi fructueux , £t la simplicité d*un peuple vortueux. (?^
Adieu, mâle Helvétie, où des Alpes altières
Les étemels frimas nourrissent tes rivières ; (**
Où rétranger surpris voit des fleurs , des glaçons , f
^Sor tes monts la nature, et Fart dans tes vallons l i'^^
296 THE PASSAGE OF St. GOTHARD-
Oft on thy rocks the wondering eye shall gaze, Thy vallies oft the raptu^d bosom seek —
There, naturels hand her boldest work displays^ Hère 9 bliss doinestic beanis ou every clxeek.
Hope of my life! dear children of my heart !
That anxious heart, to each foad feeling true ^ To you still pants each p]easure to impart.
And more — oh transport — reach its home aofd you^
PASSAGE DU St. GOTHARD. 297
Souvent le voyageur , de tes roches hautaines » Verra d^un œil charmé la beauté de tes plaines ^ Tes prés fleuris, tes monts, leur sublime hauteur. Et dans tous les regards la douce paix du cœur.
Et TOUS, objets chéris de Tàme la plus tendre. Mes enfants^ vous serez empressés de m*entendre! Mes plaisirs partagés en deviendront plus doux; Ah ! je vais donc revoir jçt ma patrie et vous.
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