‹ ŒuvresChapitre 54 sur 55 · THE PASSAGE OF ST.-GOTHARD · texte numérisé non relu

THE PASSAGE OF ST.-GOTHARD

I wander i/vhere Tesmo inadly flows, From cliff to cliff in foaming eddies tost;

On the rude mountain^s barren breast he rose , In Po^s broad vrare now burries to be lost.

Hisshores» neat buts and verdant pastures fill ^ And biUs where woods of pîne tbe storm defy ;

Wbile^9 scoming végétation » bigher still ^ Rise tbe bare rocks coetal witb tbe sky.

Upon bis banks a favorM ispot I ibund y

Wbere sbade and beautj tempted to repose ; Witbin a grove » by mountains circled round, '

By rocks o^erbung , my rustic seat I cbose y

Advancing tbence , by gentle pace and slow, Unconscious of tbe way my footsteps prest ,

Sudden , supported by tbe bills below.

Saint -Gothard's summits rose above tbe resl.

'Midst tow'ring cliffs and tracts of endless cold Tb* industrious patb pervadâs tbe rugged stone»

And seems — Helvetîa îet (by tloîls bë told— - A granité girdle o*er tbe moûntain thrown.

FASSAGE DU ST.-GOTHARa 287

Le voilà ce Tésin , dont lesf eaux bondissantes» (4 De rochers en rochers au loin rejaillissantes» Courent vers TÉridan , et » lassant les échos» i portent» en grondant» le tribut de leurs flots.

Fougueux enfieuit des monts » il voit sur ses rivages De modestes hameaux » de riches pâturages^ Des rochers nus.Ievant leur front chauve et hideux ; Des pins, battent leur pied» leur tête est dans les cieux;

Dans un cercle de monts au$si vieux que le monde» Un heureux coin de terre^ arrosé de son onde» M*of£re un abri paisible ; et j*y goûte à la fois Le charme des rochers » et des eaux » et des bois.

Je pars : de ces beaux lieux je m'éloigne en silence ^

Par des sentiers tournants à pas lents je m'avance. Soudain » de monts en monts s'élançant vers les cieux» Le pompeux Saint*Gothard apparoit à mes yeuxX^

Là » des chemins hardis ont dpmté la nature ; Un ruban de granit » de sa longue ceinture (^ Traverse» en serpentant» ces éternels frimas; £t le rocher vaincu s'applanit sous mes pas.

288 THE PASSAGE OF St.-GOTHARD.

Vo haunt of man the weary tnréllet greets^

No Tegettttion smiles upon the moor > Save where the fiowVet breatbes uncaUur^d s^eets^

Sare vrhere the patient naonk receives^ the poor.

Tetletnot thèse rtisdepaths be colclly trac*d» Let tkot thèse wilds yfiih tistless steps be trod.

Hère fragrance scoms net lô perfiune the waste» Hère charitj upfifls the nfind to God*

His humble board the holy man prépares ^

And simple fbod^ and wholesome lore bestowsi Extols the treasixrefi ihaf his mountain bears « ' And paints the périls of impendmgsaows*

For "whilst bleak Winter numbs wîth chilling hand— Were fréquent crosses mark the. trâveller's fate—

In slow procession moves the merchant band»

And silent bends , wherè tottering rnms wait*

Yet 'midst those ridces^ ^raidst that driftëd snow« Can nature deign hcr wonders to display ;

Hère adularia shines with vîvid glow.

And gems of cristal sparkie to the day.

PASSAGE DU St.-GOTH ARD. aS^

Là , pas un arbrisseau » pas une trace humaine ; Quelques sauvages fleurs s*y hasardent à pTeide ; (7 Et des reclus pieux ^ aux voyageurs si chers , (^ L*ho$pica consolant peiiple seul ces déserts. * *

Toutefois en ces lieux Thorreur même a ses charmes , Les plantes leurs parfums » Thumanité ses larmes ; Et 9 sans cesse brûlant d^un charitable feu» » La Pitié bienfaisante élève Tàme à Dieu.

J'aime ce bon hermite ; avec nous il partage Son toit, ses simples mets, ses fruits et son laitage , Nous peint tous nos dangers , et du passant surpris La terrible avalange écrasant les débris.

Le voyageur transi va , poursuivant sa route , ' Où des croix ont marqué le malheur qu'il redoute , (d S'avance doucement, et de ces noirs frimas (^^ Craint, d'appeler sur lui l'épouvantable amas.'

Pourtant , dans ces déserts, quelquefois la naitùre Se plait à déployer sa plus riche parure»

Colore les métaux , et forme le cristal , (" Frère du diamant » et son brillant rivâ^.

290 THE PASSAGE OF Sx.-GOTHARD.

Hère too , the hoary mûimtaia*« lirow to grâce, Five silver lakM, in tnncpiH ttaiemreseeni

Wixile from their watei^s, manj a straam Tve trace That» êCBîj^à&omboaii^gef roUs diaropls besweeu.

Heaœ flows the Reuss to seA her 'vredded lore^ And, with tbe Rhioe, Germanie climes explore ;

Her stream I maxk^d , and saw ber wild] j more Down the bleak moimtain, ihro' her oraggy shore.

Mj MTfsary footeteps hop*d for rest in vmn , For sieep on flteq> , in rade confusion rose ; ^

At lenglh I patig*d aborde a fertile plain That pronU^d «îbeller and forelold repose.

Fair runs tbe «treattilet o*er the pastore green , Its margin gaj , with flocks and cattle ^read ;

Embowering teees the peaceful village seree^ , And guard Irom «npw each dWeUiqg^s jutting^sbed.

Sweet vale ! Wi^oseiiasoin ^wastes andoUflfo snrroundf Let me a wiii|e thj f riendly shellçr skarre !

Emblem of life 4 fidiieise some bri^t honrs are foaad Amidst ibe ^taidaesti dreariest years^of 4sare.

PASSAGE DU ST.-GOTHARa 291

Qtiel spectacle pompeux! D^icii sWfrc à uta nie. De cinq lacs à là £gàs 1a traaquille étendue ; 0^ Eli^db sein pA$emeliinarioî|)wt leurs eaux»

fitondisaeikt sur dos tPC9 mîUe \fnmee rmssewx.

Ici la Ileute 9 dû Rkm ioipiâtiiease ainaote ^ (^^ Bat ses iMusdsnoeaiUfiUx de isÉm (mde écitroaate^ JËt^ MBscesst ^^tie eà jw» lii tortueùK ^ Boprsitit irisrs soa ^pkhix jsou p&urs impislueui^»

Parmi Mnt jce£raea« jis chenobe uti Heil tmnqidiUe : Le tnmuli^ est sans fia » et la paix saas asile, Uqe ^plasBâ an-dessus de ce brujmt chaos , 04 Enfin m^ofibe «mabiâ, me promet le repos.

Là , l^ordé de tnou^eoux » eotourë de verdure » Le tORpent adoœi plus wôlkweM niu^iiMire ; Et des friaifts pendatrfs aux topbûrs d'alentour ^ Des arbtes {yrolBeteurs défeodciit oeséjsrar*

Agréable raUâa » sdlttiftdfe sety^té »

Abl loisse-mdl jmiJr de ta àimf^^ r^raite $

.jEia SÉM peùs «letteTÎe^ oA Tbominë aîiiob^ k s^i^r

PapflEii deicmgis dtaerii^d tt» OiO«i#flit d^ plaisir.

agx THE PASSAGE OF St.-GOTHARD.

Delv^d thro* the rock , the secret passage bends ;

And beauteous horror striLes'the dazzled sight; Beneath the pendent bridge the stream descends

Galm — till it tumbles o*er tbe frdwning beight.

We yiew the fearful pass — we wind along The path that marks the terrors of our way —

'Midst beetling rocks ^ and hanging yiooàs among, The torrent pours » and breathes its glittVing spray.

Weary at length, serener scènes we bail-— More cultur'd groves o*ershade the grassy meadS;

The neat, tho* wooden hamlets^ deck the vale» And AltorPs spires recall heroic^ deeds.

But tho' no more amidst those scène I roam, My fancy long each image shall retain—-

The flock returniug to its welcome home -— And the wild caiTol of the cowherd*s strain.

Lucemia's ]ake its glassy surface shews »

Whiist naturels yaried beauties deck its side ;

Hère , rocks and woods its narrow waves inclose» And there » its spr^ading bosom opens wide*

PASSAGE DU St.-GOTHARD. 29?

Entre des rocs, tout fiers de leur beauté sauvage, (}^ JiovLS marchons : descendus par cet étroit passage. Un pont reçoit nos pas ; et long -temps calme et doux j^ Le torrent irrité roule en grondant sur nous*

Parmi de noirs rochers , sous des voûtes d^ombrage ^ Dans toufe sa terreur s'offre Taffreux passage; Et du torrent fougueux qui redouble Feffroi , Les flots rejaillissants arrivent jusqu'à taou

Enfin rit à la vue une scène plus douce ; Des prés, du mont stérile ont remplacé la mousse ; Au noir sapin succède un vert délicieux , ^ Et rhéroïque Altorf se découvre à nos yeux. ('^

Je crois les voir encor ces scènes délectables ; ('7 Je crois voir les troupeaux r^aguer leurs étables : Et du pipeau rustique el des douces chansons A mon oreille encor retentissent les sons.

Luceme, de. ton lac que j'aimais les rivages ! ( Tantôt entre des bois et des roches sauvage 11 resserre ses eaux , tantôt en liberté . . - Mon regard le découvre en son immensité

i94 THE PASSAGE OF St.-GOTRARD.

And bail the chapel! \i^s^\ ti^^fialÏGiyiaa wU4!

Where Tell dûreotod |he av^aging dart;i With weil 8(nmg arm, that 6rH pifeswv'd fais dlild,

The» ifviiig'd the arrow tô tbe ly^mtitVhe^rt*

Aerossl tbe lAe^ ahd deep embowwM ia yv^oo4»

B^ld aBOthêr ballowM chapel atanjd»

Where tbree Swias. hêroes » laivieèis ibrce wifhiStK)d, And ataimp'd theâreedom of iheir ftatÎTelaiictt

Theîr Hherty rèqiiir*d nô rites uneeiifh- »

No blood demaiprded » ma na a^ea enebaia*d ;

Her rule was gehtie and bet* îhhm -wias^tr^lbf By aocial order f oraiM » hy lav^» re9tr«iii*d.

We quit the laie -^ and coltivatiim's t^Uv With nature*» cbarins çombip'4» Wiordsi the vray ^

And ifV'ell earnM w6altb împro'^ea t^ P6a;dy $oU » And simple ikiannet*» sbU main^^ theîif &way •

Fai*ewell HeWâtk ! from whese ^f ty Iiirea^> Proud Alps arise » and cof^iotis i<iver& Qpiw jr

Where, source of streams» eternal glaciers rest^ And peacefal science gilds tbe plains belovT*

PASSAGE DU St.-GOTHARD. 295

Salut ! noble Chapelle ; et toi ^ lieu mémorable , ( '9 Où d*iine mafin terrible » ensemble et secourable » Tell fit Toler déWL traits » et d*un bras triomphant Terrassa Poppresiseuir^ et saura son enfant.

T^ «r r« W bord , «m* ™ *prf, omh«ge , (" Cet antre monument : là, contre FescIaTage S'armèrent trois héros, et leur sang indomte D*un peuple généreux scella la liberté.

Non celle qui se perd en des paroles vaines ,

Veut du sang pour offrande, etmarche au bruit des chaînes ;

Sur le bonheur public elle fonde ses droits ,

Prend la raison pour guide, et pour garde les lois.

Nous partons : nous voyons ces lieux où la culture Partout nous montre Fart secondant la nature ^ D*un profit l^itime un emploi fructueux , £t la simplicité d*un peuple vortueux. (?^

Adieu, mâle Helvétie, où des Alpes altières

Les étemels frimas nourrissent tes rivières ; (**

Où rétranger surpris voit des fleurs , des glaçons , f

^Sor tes monts la nature, et Fart dans tes vallons l i'^^

296 THE PASSAGE OF St. GOTHARD-

Oft on thy rocks the wondering eye shall gaze, Thy vallies oft the raptu^d bosom seek —

There, naturels hand her boldest work displays^ Hère 9 bliss doinestic beanis ou every clxeek.

Hope of my life! dear children of my heart !

That anxious heart, to each foad feeling true ^ To you still pants each p]easure to impart.

And more — oh transport — reach its home aofd you^

PASSAGE DU St. GOTHARD. 297

Souvent le voyageur , de tes roches hautaines » Verra d^un œil charmé la beauté de tes plaines ^ Tes prés fleuris, tes monts, leur sublime hauteur. Et dans tous les regards la douce paix du cœur.

Et TOUS, objets chéris de Tàme la plus tendre. Mes enfants^ vous serez empressés de m*entendre! Mes plaisirs partagés en deviendront plus doux; Ah ! je vais donc revoir jçt ma patrie et vous.

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