‹ ŒuvresChapitre 13 sur 41 · SUR L*ORIGINE DES LANGUES · texte numérisé non relu

SUR L*ORIGINE DES LANGUES

blissent par leur inconstance. La guerre , qui ne régnoit pas encore entre eux -, senibloit régner entre les éléments : les hommes ne brùloient point de villes, ne creusoient point de mines , n'abattoient point d'arbres ; mais la nature allumoit des volcans, excitoit des tremblements de terre, le feu du ciel consumoit des forêts. Uacoup de foudre , un déluge, une exhalaison, faisoient alors en peu d'heures ce quecentmillebras d'hommes font aujourd'hui dans un siècle. Sans cela je ne vois pas commebtle système eût pu subsî^Jer , et l'équilibre se maintenir. Dans les deux règnes organisés , les grandes espèces eussent , à la longue, absorbé les petjtes (i) : toute la terre n'eût bientôt été couverte que d'arbres et de bètes féroces , à la fin tout eût péri.

Les eaux auroient perdu peu-à-peu la circulation qui vivifie la terre, tes montagnes se dé-

* (i) Oa prétend que ^ par une sorte d^action et de réaction naturelle, les diverses espèces du régne animal se inaintiendroiehtd^elles-mémes dans un balancement perpétuel qui leur tièndroit lieu d'équilibre. Quand Fespéce dévorante se sera, dit-on, trop multipliée aux dépçns de Fespéce dévorée, alors, ne trouvant plu^ deiik subsistance , il faudra que la première diminue et laisse à la seconde le temps de se repeupler ; jusqu'à ce que , fournissant^de nouveau une subsistance abondante à l'autre, celle-ci diminue encore , tandis que l'espèce dévorante se repeaple de nouveau. Mais une telle oscillation ne me paroit point vraisemblable : car, dans ce système, il faut qu'il y ait i^n temps où ^l'espèce qui sert de proie augmente , et où celle qui s'en nourrit diminue ; ce qui ,me semble contre toute raison.

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