‹ ŒuvresChapitre 22 sur 41 · ÉS9AI · texte numérisé non relu

ÉS9AI

doux mais insipide, s il né croit sentir Un cœur plein de vie palpiter et battre sous tout cela.

Je ne connois quun sens aux afiections du^ quel rien de moral ne se mêle : ces! le goût. Aussi la gourmandise n'est-elle jamais le vice dominant que des gens qui ne sentent rien.

Que celui donc qui veut philosopher sur la force des sensations commence par écarter , des impressions purement sensuelles, les impressions intellectuelles et morales que nous recevons par Ja voie des sens , mais dont ils ne sont que les causes occasionelles ; qu il évite Terreur de donner aux objets sensibles un pouvoir quils n ont pas , ou quils tiennent des affections de lame quils nous représentent^ Les couleurs et les sons peuvent beaucoup comme représenta^ tions et signes, peu de chose comme simples objets des sens. Des suites de sons ou d accords m amuseront un moment peut-êtr^ niais , pour me charmer et m attendrir , il faut que ces suites m'offrent quelque chose qui ne soit ni son ni accord , et qui me vienne émouvoir malgré moi. Les chants même qui ne sont qu agréables et ne disent rien lassent encore ; car ce n est pas tant loreille qui porte le plaisir au cœur, que le co&ur qui le porte à loreille. Je crois qu en développant mieux ces idées on se fut épargné bien des sots raisonnements sur la musique ancienne. Mais dans ce siècle où ion sefforce de matérialiser toutes les opératio,ns de lame , et d'ôter toute moralité aux sentiments humains y je suis trompé

SÛR l'origine Dès langues. 225

SI la nouvelle philosophie ne devient aussi funeste au bon goût qu a la vertu.

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