ACTE. F, SCENE IF
Expltqaes-^ons pourquoi, devenu ravisseur ,.. Néron de Silanus fait enlever la sœur ?
Ne tient-il qu'à marquer de cette ignominie Le sang de mes aïeux qui brUle dans Junie }' . De quoi raccuse-t-il f et^pav quel attentat Devient-elle en un joiur criminelle d'état ; Elle qui, sans orgueil jusqu'alors élevée, N'aurait point vu N^ron , s'il ne l'eût enlevée , Et qui même aurait rois au rang de ses bienfaits- L'heureuse l&erté do ne la voir jamais ^
Je sais que d'aucun crime elle n'est soupçonnée. Mais jusqu'ici César ne l'a point condamnée , Madame : aucun objet ne blesse ici ses yeux ; Elle est dans un palais tout plein de ses aïeux. Tous saves que les droits qu'elle porte avec elle Peuvent de son époux £aire un prince rebeUe^ Que le sftug de César ne se doit allier Qu'a ceux a qui César le veut bien confier :
Et vous-même avoûres qu'il ne serait pas juste Qu'on ^pesat sans lui de la nièce d'Auguste..
▲ GRIPPINE.
Je vons entends : Nér<» m'apprend par votre voix Qu'en-vain Britannicus s'assure sur mon choix. £n'Vain,.pour détourner ses yeux de sa muère, J'ai flatté son amour d'un hymen qu'il espère : A ma confusion , Néron veut faire voir ^
Qu'Agrippine promet pat-delk son ponvoir*
Rome de ma fa^eitr est trop (véoccup^ ;
Il vent par cet affront 91'elle soit détrompa ,
Et qne tout TunÎTers apprenne avec terreur
A ne confondre plifs mon fils et Temperenr.
Il le peut. Toutefois j'ose encore lui dire
Qu'il doit avant ce conp affermir son empire ;
Et qn'en me réduisant a la nécessité
D'éprouver contre lui ma faible autorité,
n expose la sienne ; çt qne dans la balance
Mou nom peut-être aura plus de poids qu'il ne pense.
BURRHUS
Quoi, madame ! toujours soupçonner son respect !
Ne peut-il faire un pas qu'il ne vous soit suspect ?
L'empereur vous croit-il du parti de Junie ?
Avec Britannicus vous croit-il réunie ?
Quoi ! de vos ennemis devenec-vous l'appui
Pour trouver un prétexte à vous plaindre de lui ?
Sur le moindre discours qu'on pourra vous redire,
Serex-vons toujoun prête à partager l'empire }
Vous craindres-vous sans-cesse, et vos erabrassemena
Ne se passeront-ils qu'en éclaircissemens?
Ah 1 quittes d'un censeur la triste diligence :
D'une mëre facile affectes l'indulgence ;
Souffres quelques froideurs sans les faire éclater ;
Et n'avertissez point la cour de vous quitter.
AGRIPPIVE.
Et qui s'honorerait de l'appui d'Agrippine,