‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 57 sur 169 · ACTE. F, SCENE IF · texte numérisé non relu

ACTE. F, SCENE IF

Expltqaes-^ons pourquoi, devenu ravisseur ,.. Néron de Silanus fait enlever la sœur ?

Ne tient-il qu'à marquer de cette ignominie Le sang de mes aïeux qui brUle dans Junie }' . De quoi raccuse-t-il f et^pav quel attentat Devient-elle en un joiur criminelle d'état ; Elle qui, sans orgueil jusqu'alors élevée, N'aurait point vu N^ron , s'il ne l'eût enlevée , Et qui même aurait rois au rang de ses bienfaits- L'heureuse l&erté do ne la voir jamais ^

Je sais que d'aucun crime elle n'est soupçonnée. Mais jusqu'ici César ne l'a point condamnée , Madame : aucun objet ne blesse ici ses yeux ; Elle est dans un palais tout plein de ses aïeux. Tous saves que les droits qu'elle porte avec elle Peuvent de son époux £aire un prince rebeUe^ Que le sftug de César ne se doit allier Qu'a ceux a qui César le veut bien confier :

Et vous-même avoûres qu'il ne serait pas juste Qu'on ^pesat sans lui de la nièce d'Auguste..

▲ GRIPPINE.

Je vons entends : Nér<» m'apprend par votre voix Qu'en-vain Britannicus s'assure sur mon choix. £n'Vain,.pour détourner ses yeux de sa muère, J'ai flatté son amour d'un hymen qu'il espère : A ma confusion , Néron veut faire voir ^

Qu'Agrippine promet pat-delk son ponvoir*

Rome de ma fa^eitr est trop (véoccup^ ;

Il vent par cet affront 91'elle soit détrompa ,

Et qne tout TunÎTers apprenne avec terreur

A ne confondre plifs mon fils et Temperenr.

Il le peut. Toutefois j'ose encore lui dire

Qu'il doit avant ce conp affermir son empire ;

Et qn'en me réduisant a la nécessité

D'éprouver contre lui ma faible autorité,

n expose la sienne ; çt qne dans la balance

Mou nom peut-être aura plus de poids qu'il ne pense.

BURRHUS

Quoi, madame ! toujours soupçonner son respect !

Ne peut-il faire un pas qu'il ne vous soit suspect ?

L'empereur vous croit-il du parti de Junie ?

Avec Britannicus vous croit-il réunie ?

Quoi ! de vos ennemis devenec-vous l'appui

Pour trouver un prétexte à vous plaindre de lui ?

Sur le moindre discours qu'on pourra vous redire,

Serex-vons toujoun prête à partager l'empire }

Vous craindres-vous sans-cesse, et vos erabrassemena

Ne se passeront-ils qu'en éclaircissemens?

Ah 1 quittes d'un censeur la triste diligence :

D'une mëre facile affectes l'indulgence ;

Souffres quelques froideurs sans les faire éclater ;

Et n'avertissez point la cour de vous quitter.

AGRIPPIVE.

Et qui s'honorerait de l'appui d'Agrippine,

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