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Et ne suffit-il pas , seigneur , a vos souhaits . Que le bonheur public soit un de vos bienfaits ? C'est à vous k choisir ^ vous êtes encor maître. Vertueux jusqu'ici , vous pouves toujours l'être : Le chemin est tracé , rien ne vous retient plus ; Vous n'avex qu'a marcher de vertus en vertus. Mais si de vos flatteurs Vous suives la maxime , n vous faudra , seigneur, courir de crime en crime , Soutenir vos rigueurs par d'autres cruautés , Et laver dans le sang vos bras ensanglantés.
Britannicns mourant excitera le sèle De ses amis, tout prêts a prendre sa querelle.
i6o BRITANNICUS.
Ces Tengenrs trouTêront de nouveaux défenseurs , . Qui, même après leur mort, auront des successeurs : Tous allumes un feu qui ne pourra s'éteindre. Craint de tout l'univers , il vous faudra tout craindre, Toujours punir , toujours trembler dans vos projets , Et pour vos ennemis compter tons vos sujets.
Ah ! de vos premiers ans l'heureuse expérience Vous fait-elle , seigneur , haïr votre innocence î Songex-vous au bonheur qui les a signalés ?
Dans quel repos , oh ciel ! les avez-vous coules î Quel plaisir de penser et de dire en vous-même : « Par-tout en ce moment on me bénit , on m'aime ; » On ne voit point le peuple a mon nom s'alai*mer ; » Le ciel dans tous leurs pleurs ne m'entend point nommer; M Leur sombre inimitié ne fuit point mon visage ; » Je vois voler par-tout les cœurs a mon passage ! » Tels étaient vos plaisirs. Quel changement , oh dieux ! Le sang le phis abject vous était précieux :
Un jour, il m'en souvient, le sénat équitable Vous pressait de souscrire a la mort d'un coupable ; Vous résistiez , seigneur, a leur sévérité ; Votre cœur s'accusait de trop de cruauté ; Et , plaignant les malheurs attachés a l'cn^pire , Je voudrais., disiez-vous , ne savoir pas écrire. Non , ou vous me croirez , ou bien de ce malheur Ma mort m'épargnera la vue et la douleur :
On ne me verra point survivre a votre gloire.