‹ ŒuvresChapitre 31 sur 160 · ATTALE · texte numérisé non relu

ATTALE

Oui , je le crois , seigneur, quand j'y pensais le moins; Et voyant qu'en effet ce beau soin vous anime , J'admire a tont moment cet effort magnanime Qui vous fait mettre enfin votre haine au tombeau. Ménécée , en mourant, n'a rien fait de plus beau. Et qui peut immoler sa hatne k sa patrie , Lui pourrait bien aussi sacrifier sa vie.

GRBOir.

Ah ! sans-doute , qui peut , d'un généreux effort, Aimer son ennemi , peut bien aimer la mort.

Quoi! je négligerais le soin de ma vengeance, Et de mon ennemi je prendrais la défense !

De la mort de mon fils Poiynice est l'auteur, Et moi je deviendrais son lâche protecteur 1 Quand je renoncerais a cette haine extrême,

64 LES FRERES ENNEliTIS. j

Poarrais-ie bien cesser d'aimer le diadème l

Non , non , tu me Verras d'une constante ardeur '

Haïr mes ennemis , et chérir ma grandeur. I

Le trône fit toujours mes ardeurs les plus chères t

Je rougis d'obéir où régnèrent mes pères t

Je brûle de me voir au rang de mes aïeux ,

Et je l'envisageai dès que j'o^ivris les yeux.

Sur-tout depuis deux ans ce noble soin m'inspire ^

Je ne fais point de pas qui ne tende a l'empire :

Des princes mes neveux j'entretiens la fureur j^

Et mon ambition autorise la leur.

D'Etéode d'abord j'appnyai l'injustice i^

Je lui fis refuser le trône k Polynice..

Tu sais qne je pensais dès-lors k m'y placer;

Et je l'y mis , Attale , afin de l'en chasser*

▲ TTALE.

Mais y seigneur, si la gueire eut pour tous tant de charme» ,. D*où vient que de leurs mains vous arraches les armes? Et puisque leur discoi;de est l'objet de vos voeux , Pourquoi, par vos conseils , vont-iU;se voir tous deux l

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