‹ ŒuvresChapitre 41 sur 160 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

Et que de cour en cour j'aille chercber un maître ; Qu'errant et Yagal>ond je quitte mes états.

Pour observer des lois qu'il ne respecte pas ? De ses propres forfaits serai-je la victime ? Le diadème est-il le partage du crime ?

Quel droit ou quel devoir n'a-t-il point violé i Et cependant il règne , et je suis exilé !

JO CASTE

Hais n le roi d'Argos vous cède une couronne. . . .

POLTiriCE*

Dois'je chercher ailleurs ee que le sang me donne ?

En m'alUuit ches luî^n'aurai-je rien porté ?

Et tiendrai-je mon rang de sa seule bonté ?

D'un trône qui m'est dû faut-il que l'on me chasse ,

Et d'un prince éto'anger que je brigue la place ? «.

Non , non ; sans m'abaisser a lui faire la cour,

Je veux devoir ie sceptre à qui je dois le jour.

JOGASTE.

Qu'on le tienne, mon fils , d'un beau-père ou d'un père, La main de tous les deux vous sera toujours chèr^.

POLTVICE.

Non , non ; la différence est bx>p grande pour moi ; ' L'un me ferait esclave , et l'autre me fait roi. Quoi ! ma grandeur serait l'ouvrage d'une femme ! D'un éclat si honteux je rougiraia dans l'âme.

Le trône, sans l'amour, me serait donc fermé ? Je ne régnerais pas si l'on ne m'eût aimé ^ Je veux m'ouvrir le trône , on jamais n'y parattre ; Et quand j'y monterai , j'y veux monter en maître ^ Que le peusle a moi seul soit forcé d'obéir ; Et qu'il me'soit permis de m'en faire haïr.

Enfin , de ma grandeur je veux être raii>itre , N'être point roi , madame , ou l'être k juste litre ; Que le sang me couronne ; on , s'il ne suffit pas y Je veux a son secours n'appeUer que mon bras.

JO CASTE

Faites plus , tepes tout de votre grand conra^ ; Que votre bras tout seul fasse votre partage ; Et , dédaignant les pas des autres souverains , Soyes , mon fils , soyçz l'ouvrage de vos mains. Par d'illustres exploits conronnes-vons vous«mêinae ; Qu'un superbe laurier soit votre diadème ; Régnes et triomphes , et joignes ii*Ia'fois La gloire des héros a la pourpre des rois.

Quoi ! votre {imbition seraît-eile bornée A régner tour*à-tonr Tespace d'une année?

Cherches à ce grand cœur, que rien ne peut dompter^ Quelque trône où vous seul ayes droit de monter. Mille sceptres nonveanz s'offrent à votre épée , Sftns que d'un sang si cher nops la voyions trempée» Vos tiiomphe» pour moi n'auront rien que de doux y Et votre frère même ira vaincre avec vous.

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