‹ ŒuvresChapitre 47 sur 160 · CREDIT · texte numérisé non relu

CREDIT

Madame, je l'avoue et les destins contraires

Me font pleurer deux fils , si vous pleures deux ffères.

AN TIGOIf E. .

Mes frères et vos (ils ! Dieux ! que veut ce discouis ? Quelque autre qu'Ètéocle a-t-il fini ses jours ?

CR Éo N.

Mais ne savex-vous pas cette sanglante histoire ?

/ ANTIGONE

J'ai su que Polynice a gagné la victoire , Et qu'Hémou a voulu les séparer en-vain.

C R É o ir.

Madame, ce combat est bien plus inbumain.

Vous ignores eiicor mes pertes et les vôtres ; Mais , hélas! apprener les unes et les autres. ANTIGOWE.

Rigoureuse fortune, achève^ ton courroux !

Ah ! sans-doute , voici le dernier de tes coups!

CRÉON

Vous aves vu , madame , avec quelle furie Les deux princes sortaient pour s'arracher la vie ; Que d'une ardeur égale ils fuyaient de ces Ueux , Et que jamais leurs cœurs ne s'accordèrent mieux. La soif de se baigner dans le sang de leur frère Faisait ce que jamais le sang n'avait su faire : Par l'excès de leur haîne ils semblaient réunis. Et, prêts a s'égorger ils paraissaient amis.

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