CREDIT
Madame, je l'avoue et les destins contraires
Me font pleurer deux fils , si vous pleures deux ffères.
AN TIGOIf E. .
Mes frères et vos (ils ! Dieux ! que veut ce discouis ? Quelque autre qu'Ètéocle a-t-il fini ses jours ?
CR Éo N.
Mais ne savex-vous pas cette sanglante histoire ?
/ ANTIGONE
J'ai su que Polynice a gagné la victoire , Et qu'Hémou a voulu les séparer en-vain.
C R É o ir.
Madame, ce combat est bien plus inbumain.
Vous ignores eiicor mes pertes et les vôtres ; Mais , hélas! apprener les unes et les autres. ANTIGOWE.
Rigoureuse fortune, achève^ ton courroux !
Ah ! sans-doute , voici le dernier de tes coups!
CRÉON
Vous aves vu , madame , avec quelle furie Les deux princes sortaient pour s'arracher la vie ; Que d'une ardeur égale ils fuyaient de ces Ueux , Et que jamais leurs cœurs ne s'accordèrent mieux. La soif de se baigner dans le sang de leur frère Faisait ce que jamais le sang n'avait su faire : Par l'excès de leur haîne ils semblaient réunis. Et, prêts a s'égorger ils paraissaient amis.