‹ ŒuvresChapitre 48 sur 160 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

Ib ont choUi d'abord , pour leur champ de bataille, Un lieu prcs des deux camps , an pted de la imurailie. C'est là que , reprenant leur première fureur y Ils commencent enfin ce combat plein d'horreur. D'un geste menaçant , d'un œil brûlant de rage , Dans le sein l'un de l'autre ils cherchent un passage ; Et , la seule fureur précipitant leurs bratf , Tous deux semblent courir au-devant du trépas. Mon fils , qui de douleur en soupirait dans Vima ; Et qui se souvenait de vos (nrdres , madame , Se jette au milieu d'eux , et méprise pour vous L^urs ordres absolus qui nous arrêtaient tous. Il leur retient le bras , les repousse , les prie y Et pour les séparer s'expose k leur furie , lUlais il s'efforce en-vain d'en arrêter le cours ; Et ces deux furieux se rapprochent toujours.

Il tient ferme pourtant , et ne perd point couruge ; De mille coups mortels il détourne l'orage , Jusqu'à ce que du roi le fer trop rigoureux , 6oit qu'il cherchât son frère , ou ce fils malheiireûs , Le renverse a ses pieds prêt k rendre la vie.

AirTICONE.

Et la douleur encor ne me l'a pas ravie !

CRÉoir.

J 7 cours , je le relève , et le prends dans mes bras f Et me reconnaissant : R Je meurs ^ dit-il tout bas y

» Trop heureux d'expirer pour ma belle princesse.

fy En-vain à mon secours votre amitié s'empresse ; •

n C'est a ces furieux que vous deVes courir :

M Sépares4e8 , mon père , et me laisses mourir, n

Il expire à ces mots. Ce barbare spectacle

A leur noire fureur n'apporte point d'obstacle ;

Seulement Polynice en parait affligé :

N Attends , Hémon , dit-il , tu vas être vengé. )»

En eiSet sa douleur renouvelle sa rage ,

Et bientôt le combat tourne h son avantage. '

Le roi , frappé d'un coup qui lui perce le flanc,

Lui cède la victoire , et tombe dans son sang.

Les deux camps ausntôt s'abandonnent en proie ,

Le nôtre a la douleur , et les Grecs à la joie ;

Et le peuple , alarmé du trépas de son roi ,

Sur le haut de ses tours témoigne son effroi.

Polynice , tout fier du succès de son crime ^ ,

Regarde avec plaisir expirer sa victime ;

Dans le sang de son frère il semble se baigner :

K Et tu meui^ , lui dit*il, et moi je vais ré^er.

n Regarde dans mes mains l'empire et la victoire V

» Va rougir aux enfers de L'excè&de ma gloire ;

n Et pour mourir encore avec plus de regret ,

M Traître, songe en mourant que tu meurs mon sujet.

En achevant ces mots, d'une démarcbe fière

Il s'approcbe du rôi couché sur la poussière >

Et pour le désarmer il avance le bras.

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