ACTE I, SCENE IL ni
n se vit terrassé d'un bras TÎctorieux ; Et la foudre en tombant hti fit ouvrir les yeux.
PO RU S
Haïs encore , a quel prix croyes-vous qu'AIexandr* Mette l'indigne paix dont il veut vous surprendre ? Demandes-le , seigneur , a cent peuples divers Que cette paix trompeuse a jetés dans les fers. Non, ne nous flattons point: sa douceur nous outrage, Toujours son amitié traîne un long esclavage : En-vain on prétendrait n'obéir qu Vdemi ; Si l'on n'est son esclave , on est son ennemi.
TAXI LE
Seigneur , sans se montrer lâcbe ni téméraire , Par quel<pie vain bomroage on peut le satisfaire. FIatt<ms par des respects ce prince ambitieux Que s<Mi bouillant orgueil appelle en d'autres lieux. C'est un torrent qui passe , et dont la violence Sur tout ce qui l'arrête exerce sa puissance ; Qui , grossi du débris de cent peuples divers , Veut du bruit de son cours remplir tout l'univers. Que sert de l'irriter par un orgueil sauvage } D'un ûivorable accueil bonorons son passage ; Et , faii cédant des droits que nous reprendrons bien , Rendons-lui des devoirs qui ne nous coûtent rien.
POKU8.
QilAie nous coûtent rien , seigneur ? l'oses-vons croire ? Compterai-je pour rien la perte de ma gloire ?
lO.
,i4 ALEXANDRE.
Votre empire et le mien seraient trop achetés
S'ils coûtaient a Poms les moindres Uclietés»
Mais croyes-irous qa'un prince enflé de tant d'aadac«
De son passage ici ne laissât point de trace ?
Combien de rois , brisés a ce funeste écueil.
Ne régnent plus ^'autant qu'il plaît à son orgueil ^
Nos couronnes , d'abord devenant ses conquêtes ,
Tant que nous régnerions flotteraient sur nos têtes ,
Et nos sceptres , en proie k ses moindres dédains y
Dès qu'il aurait parlé tomberaient de nos mains.
Ne dites (foint qu'il court de province en province :
Jamais de ses liens il ne dégage un prince ;
Et pour mieux asservir les peuples sous ses lois ,
Souvéïit dans la poussière il leur cbercbe des rois.
lHais ces indignes soins toucbent peu mon courage :.
Totre seul intérêt m'inspire ce langage^
Poms n'a point de part dans tout cet entretien y
Et quand la gloire parle il n'écoute plus rien.
TAXI LE
J'écoute , comme vous , ce que Fhonneur mlnspire y Seigneur , mais il m'engage à sauver mon empire.
p o R ir S.
Si vous voules sawrer l'un et Tautre aujourd'kui y Prévenons Alexandre , et maxdions contre lui»
î-AxrLE. X **
L'audace et le mépris sont d'infidèles guides.