‹ ŒuvresChapitre 16 sur 59 · SECTION V · texte numérisé non relu

SECTION V

Désir de se perfectionner.

L'école de Leibnitz et de Wolff adopta ce noble mobile; mais elle aimait un appareil scientifique qui souvent rend obscures et presque inutiles les pensées les plus dignes d'élever et de toucher les âmes. Il s'agissait de se former une idée de la perfection : Leibnitz ne se borna point à examiner l'homme; embrassant l'universalité des êtres, il voulut que sa définition fut applicable même à la perfection considérée dans ses rapports avec les êtres inanimés. En suivant les rai* sonnemens de ce philosophe, on trouve que V accord des diverses parties d'un objet pour former un tout unique constitue sa perfection ; et que l'homme par conséquent doit s'étudier sans cesse à donner de l'unité à toutes les opérations de ses facultés. Cependant Wolff ne resta pas toujours dans de si hautes régions; il s'occupa de philosophie pratique beaucoup plus que son maître, et l'on peut exprimer ainsi leur pré-

cepte général : Fais tout ce qui peut contribuer à te perfectionner, et à rendre les autres meilleurs; évite tout ce qui produirait des effets contraires. Si des philosophes ont obscurci par leurs dé* monstrations métaphysiques, le précepte si clair perfectionne-toi, d'autres, sans l'établir d'une manière dogmatique, ont suivi son impulsion heureuse. Socrate qui reste après tant de siècles, parmi les hommes dont le but est de guérir nos âmes , ce qu'est encore Hippocrate parmi ceux qui s'occupent de guérisons moins utiles , Socrate . eut évidemment pour premier mobile le désir de se perfectionner. Sans écrire d'ambitieux traités, ce sage veille sur son âme, l'embellit et l'épure : voulant aider les autres à s'acquitter de pareils soins envers eux-mêmes , chaque fois qu'il peut en saisir l'occasion , il inspire une vertu ou jette du ridicule sur un vice, il propage une vérité ou combat une erreur. Perfectionne- « toi , est le conseil que dans ses entretiens il reproduit sous mille formes diverses.

. Franklin n'a jamais réuni les matériaux d'un ouvrage qu'il eut toujours le désir de composer;

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