‹ ŒuvresChapitre 3 sur 59 · VJ PREFACE · texte numérisé non relu

VJ PREFACE

si , dans une introduction , je montrais comment on peut classer les différentes doctrines , en les rapportant toutes à un petit nombre d'idées fécondes que l'esprit de l'homme est destiné à concevoir , et qu'il ne fera jamais que modifier de diverses manières. Mon travail fut interrompu par une maladie grave , et j'ai dû l'abandonner pour toujours; mais l'introduction , dont je viens de parler, était fort avancée; j'ai voulu la terminer, parce que je pouvais y placer les résultats de toutes mes réflexions sur un sujet auquel j'ai consacré une grande partie de ma vie. J'ai ajouté des développemens , des considérations nouvelles ; et j'ai fait un ouvrage de ce qui devait d'abord n'être qu'une préface. Cet ouvrage me semble avoir été mieux accueilli que je n'osais l'espérer. Je l'ai publié vers la fin de 1 8a3 , et voici la quatrième édition. La plupart des écrivains occupés de recherches analogues aux miennes , ont trouvé de la justesse dans mes observations sur les systèmes philosophiques, et dans la division

PRÉFACE. VÏj

que je finis par établir entr'eux , lorsque je les distingue en systèmes complets et en systèmes incomplets; division qui peut jeter un nouveau jour sur d'importantes questions, et donner les moyens d'éviter de tristes débats. L'académie française a décerné à ce petit Traité des diverses doctrines sur la science de la vie, le prix fondé par M. de Montyon pour le livre le plus utile aux mœurs. Un tel suffrage m'a vivement touché ; je n'imagine pas de récompense plus honorable, plus douce, que celle d'entendre un corps illustre déclarer qu'on a fait un ouvrage qui peut contribuer à l'amélioration de ses semblables.

Je n'ai point la prétention d'éclairer des hommes vieillis avec de fausses idées sur leurs intérêts : quand on a pris pour la réalité , les chimères du monde , on ne voit plus que des illusions dans les vérités de la philosophie. C'est surtout aux jeunes gens que je destine cet écrit : ils ont des intentions droites, des sentimens généreux, et je n'hésite point à leur dire qu'il faut du courage pour suivre

Vlij PRÉFACE.

mes conseils. Oui , les hommes qui se livrent à l'heureuse étude de la morale, ont peu de partisans et beaucoup de détracteurs. Souvent on les dédaigne, comme gens inhabiles à suivre les sentiers qui mènent à la fortune; quelquefois on leur reproche de n'être pas assez enthousiastes de la beauté de nos sciences et de nos arts. Pour moi, plus j'avance dans la vie, plus je crois que ceux qui se plaisent à cultiver la sagesse, possèdent seuls la fortune véritable, et seuls élèvent leurs regards vers la beauté réelle.

Jeunes lecteurs , si cet écrit ne peut vous intéresser, accusez la faiblesse de mon talent, non le genre de leçons que je viens vous offrir. Il est pour l'oreille une harmonie , dont la musique fait éprouver les charmes; il en est une qui flatte la vue par le brillant accord des couleurs et des formes; il en est une plus délicieuse que révèlent à l'âme les douces pensées et les nobles sentimens des amis de la sagesse.

DE

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