A IA POLITIQUE
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GHAHIBE PREMIER.
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Lol philosophie morale petit cire eonskïérSe sous deux pointe de Tito : dans ses rapporte awc rtumime* elle nous donne des wtfes de conduit?; dans ses rapports avec la société* elle nous fait connaître les hases Je la politique- JoflFrirai les résultats de mes observations sur oette soconde partie de la plus importante des «ienofcs.
Au milieu de la divergence de nos opinions* puasse un esprit de paix me garantir de blesser IL i*
aucun homme de bien! Lecteur, que le même esprit vous anime. Je voulais, d'abord , intituler cet ouvrage : Legs d'un homme qui a vu des révolutions. J'ai craint qu'on ne me supposât l'ambitieuse prétention de faire un riche présent à mes semblables ; cependant , j'avais choisi ce titre dans la seule intention d'annoncer que je trace ces pages avec l'impartialité d'un homme qui, près de quitter les choses de la terre, ne peut plus y prendre d'intérêt personnel.
Les vrais principes de la politique semblent se dérober à nos recherches. Nous sommes presque tous agités par de petits intérêts de parti, de profession, de fortune; comment jugerions-nous l'intérêt général? Supposez que des hommes sont chargés de donner la description d'une contrée; supposez que, pour leur faire connaître ce pays, on les place dans une salle autour de laquelle sont pratiquées d'étroites ouvertures qui laissent apercevoir quelques toises de la campagne. Des groupes se forment près des différentes ouvertures , et chacun d'eux croit découvrir le pays entier. Tous ces hommes
se réunissent ensuite pour parler de la contrée qu'ils viennent d'observer ainsi. Que de jugemens disparates et contradictoires! Les uns disent que le pays est couvert d'épaisses forêts ; d'autres qu'il offre d'abondantes moissons ; d'autres qu'il pré* sente un sol aride et sablonneux. La dispute s'anime; chaque orateur est soutenu par le groupe dans lequel il s'est trouvé; les débats seront sans fin, si quelqu'un de bon sens ne vient dire : pour connaître le pays dont nous voulons parler, sortons d'abord de cet édifice d'où Ton aperçoit qu'une partie des objets qu'il faudrait observer ; sortons , allons sur une hauteur d'où l'on découvre la contrée tout entière. Hélas! ceux qui tentent de suivre ce conseil, rencontrent à chaque pas des obstacles; la plupart se découragent ou succombent à la fatigue ; il en arrive bien peu sur la hauteur. \
En observant le monde moral et politique , on ne tarde pas à s'étonner d'entendre dire que l'Europe est vieille, que nous avons une civilisation très avancée , ou même un excès de civilisation. Je croirais m'exprimer avec exactitude,
si je disais que nous avons une demi-civilisation. En effet , dans l'état actuel de la société , on peut nous considérer sous deux rapports opposés. Des faits nombreux, évidens, annoncent des améliorations dans l'intelligence et dans les mœurs des hommes. Ainsi on a vu, après deux invasions, l'active industrie des Français réparer en peu de mois leurs pertes immenses. Ce prodige avait été précédé d'un autre plus étonnant peut-être : on avait vu des troupes formidables se disperser sans tumulte , rentrer dans leurs foyers, y reprendre l'exercice des métiers paisibles ; tandis * qu'autrefois le licenciement d'une arniée répandait la terreur, et peuplait un état de brigands. En observant des faits si remarquables , j'admire les progrès de la civilisation ; mais , lorsque ma pensée se porte sur nos turbulens débats, sur notre inhabileté à créer d'utiles établissemens, et sur notre incurie pour ceux qui existent , lorsque je rappelle à mon esprit épouvanté les scènes sanglantes de nos révolutions, et cette longue dévastation de l'Europe, et ces cris de guerre qui saluaient un des-
pote conquérant, je me dis : Que de soins et d'efforts sont encore nécessaires pour effacer ce qui reste en nous du sauvage !
Un pays se» civilise à mesure que ses habitons deviennent meilleurs et plus, heureux. Après avoir reconnu ce fait, si Ton cherche les moyens de concourir aux progrès de la société, on juge bientôt qu'il ne peut exister deux morales; l'une pour l'Homme privé, l'autre pour l'homme public. Les obligations ao»t tes mêmes; seulement elles acquièrent plus. d'étendue et d'importance , elles deviennent plus sévères, à mesure qu'on voit s'agrandir le théâtre sur lequel il faut les remplir. La religion, l'humanité , les préceptes de tous. les sages jne disent que, dans mon étroite sphère, je dois mettre rues soins ^ rendre doux le- sort des êtres qui m'environnent. Simple particulier, à peine puis-je aider quelques individus , tandis que le magistrat, le ministre , le monarque peuvent répandre le bonheur sur tout un peuple. Les services ne. sauraient être comparés, mais le devoir est le même : essayer de rendre doux le
sort de ses semblables. Voyez Fbomme privé qui remplit ce devoir; il s'étudie à donner des mœurs paisibles et .laborieuses à ceux sur lesquels il exerce de l'influence. Elevez -tous aux plus hautes conceptions de la politique, vous trouverez que les deux grands moyens d'avancer la civilisation sont de propager la morale et l'industrie, afin de rendre les mœurs plus bienveillantes et Faisance plus générale.
Ces idées , mères de toutes les idées saines en politique , étaient méditées ou du moins entrevues par beaucoup de Français, vers le milieu du siècle dernier. De fausses idées de civilisation sont venues depuis agiter un grand nombre de têtes; je ne sais quel mépris de la civilisation en a troublé d'autres ; d'effroyables débats se sont élevés, et des torrens de crimes et de calamités ont fondu sur l'Europe.
On s'étonne d'avoir pu soutenir le spectacle de tant d'horreurs. Plus d'une fois , celui qui lira notre histoire dans des jours paisibles , posera le livre en demandant, avec surprise, comment on peut vivre au milieu de pareilles tourmentes.
Oh! bénissons la Providence : dans les périls immipens, elle développe en nous des forces dont nous ne pouvions pas même supposer l'existence, quand un. sort heureux les rendait inutiles. Certainement une des calamités les plus effrayantes, est une maladie contagieuse qui déyore une contrée. Lorsque, en 182 1,. les médecins français arrivèrent à Barcelonne, la salle de spectacle était encore ouverte. Comment des mourans allaient-ils y chercher quelques > distractions? comment souriaient-ils à des scènes plaisantes? comment trouvaient-ils des pleurs pour des malheurs imaginaires? À la même époque, il y eut une élection populaire. Une partie des votans appartenait à des villages non atteints de la contagion. L'assemblée se tint en plain champ; elle était divisée en deux groupes que séparait un cordon sanitaire. lies bulletins des pestiférés étaient passés au vinaigre , et transmis au président qui se trouvait parmi les habitai» du dehors. Ainsi, sur ce coin de terre où soixante mille personnes ont péri en quelques mois, il restait encore des sentimens étrangers
au sentiment de souffrance qui paraissait devoir absorber tous les autres. Si Dieu n'eût donné à la société une force vitale qui lutte contre les maux que nous envoie la nature , et contre les maux plus fréquens, plus terribles , que nous nous faisons à nous-mêmes , la société serait dès longtemps dissoute : pour l'anéantir, les fléaux du ciel n'eussent pas été nécessaires ; les crimes de l'homme auraient suffi.
/ Les faits sans nombre qui prouvent à quel point il est possible de s'étourdir au milieu des périls et des souffrances, ne doivent pas rallentir le zèle pour l'humanité; ils ne doivent pas nous faire ajouter foi au système des compensations. On peut être optimiste pour soi , il ne faut pas le devenir pour les autres. L'absurde système des compensations aurait pour résultats inévitables, l'apathie-, le mépris des peines d'autrui, et le plus odieux égoïsme. Sans doute, à la rigueur, l'homme peut vivre dans tous les climats ; mais si l'on transporte sous la zone torride, ou vers les pôles glacés , des individus qu'on arrache au séjour tempéré où se passa leur enfance, com-
bien d'entre eux périssent! combien de souffrances, d'angoisses pour les autres! combien ne reviennent sur la terre natale que pour y mourir des fatigues essuyées sur les bords lointains ! De même , quand les passions, politiques exercent leurs ravages f quelle multitude d'hommes succombent! quelles anxiétés, quelles tortures pour les autres ! et quand le calme renaît , combien meurent des maux passés !
Oh ! que la philosophie est d'un heureux secours ! Dans le long et périlleux voyage que j'ai fait à travers tant de révolutions , j'avais deux compagnons, deux amis : c'étaient Fénélon et Montaigne. Quand lès tempêtes éclataient violentes, terribles, Fénélon m'enseignait à me réfugier dans l'avenir ; il m'élevait à ces sphères brillantes d'éternelles clartés, d'où l'on plane au-dessus deé passions et des misères humaines. Quand les orages se calmaient , revenant sur la terre , j'apprenais de Montaigne à porter autour de moi un œil observateur, à scruter les causes des erreurs des hommes, et quelquefois à sourire de leurs folies.
Il est à désirer que les observateurs impar- |b<P tiaux de nos débats et de nos calamités, viennent I* ^ aujourd'hui nous dire ce que leur apprit l'expé- 1L m rience , et qu'ils essaient de développer ainsi J**parmi nous une saine philosophie, une sage politique. Quand on remonte en imagination le cours de nos désastres , on est douloureusement affecté ; mais si l'on vient à songer que les hautes leçons du malheur et de l'expérience seront peutêtre perdues pour nos enfans, l'âme succombe au poids qui l'oppresse.
Les tempêtes sont apaisées, les peuples sont calmes ; mais il règne encore une grande fermentation dans les esprits des hommes qui se livrent aux affaires publiques. Les partis sont nombreux : leurs idées, très divergentes, se ressemblent en ce point qu'elles ont, si je puis dire ainsi, quelque chose de turbulent et d'oppressif. Il existe en Europe des écoles de tous les genres d'exaltation ; il y en a de fanatisme religieux , de fanatisme philosophique et de fanatisme politique. Puisse-t-on ouvrir une école de bon sens ! J'offrirai quelques idées fondamentales pour les le-
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as qu'il faudrait y donner ; j'indiquerai , parmi > erreurs qui circulent en Europe, celles i sont les plus fécondes et les plus dange-
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