‹ ŒuvresChapitre 52 sur 59 · MICHEL DE LHOSPITAL · texte numérisé non relu

MICHEL DE LHOSPITAL

Dans les tristes annales du monde, on voit apparaître quelques hommes formés pour adoucir les maux de l'humanité. Leur gloire pure excite un enthousiasme religieux; ils offrent le modèle du beau dans Tordre moral, comme les chefs-d'œuvre du ciseau des Grecs présentent le type de la beauté dans l'ordre physique. A ce petit nombre de véritables grands hommes appartient Michel de L'Hospital , dont nous allons parcourir la vie.

* Né à Aigtteperse , en i5o5 ; mort à Vignay près iTÉtompes, en iS-jl.

Sa jeunesse fut malheureuse. A dix-huit ans, il se vit jeter dans les prisons , parce que son père , médecin du connétable de Bourbon , avait quitté la France pour suivre ce prince. Rendu à la liberté, il alla rejoindre son père en Italie, où il acheva ses 'études. En même temps qu'il approfondissait la science des lois , et recueillait de graves connaissances, il cultivait la poésie qui ne cessa jamais de le charmer : parvenu à de hautes fonctions , il trouvait encore des momens à lui consacrer ; et dans ses derniers jours, elle embellit sa retraite.

L'Hospital obtint à Rome une place de judicature, qu'il laissa pour revoir la France, sous les auspices du cardinal de Grammont, qui promettait de lui assurer un avenir honorable. Mais, à peine de retour, il perdit son protecteur. Sans appui , sans fortune , résolu de se suffire à luimême , Michel de L'Hospital suivit le barreau de Paris.

Le lieutenant criminel Morin lui donna, trois ans après, sa fille en mariage, et une charge de conseiller au parlement. La vénalité des emplois

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