‹ Œuvres La jeunesse de FlorianChapitre 3 sur 63 · TÎÎ) VIE DE FLORIAN · texte numérisé non relu

TÎÎ) VIE DE FLORIAN

c( ma dépouille mortelle sera portée dans « le vallon où , enfent , j'ai vu bondir « nos-agneaux! Que ne puis-je être cer- (i tain de reposer sous le grand alisier où « les bergères du village se rassemblent (( pour danser ! Je voudrais que leurs « mains pieuses vinssent arroser le gazon (( qui couvrirait mon tombeau ; que les « enfans, après leurs jeux, y jetassent « leurs bouquets effeuillés : je voudrais « enfin que les bergers de la contrée fus- « sent quelquefois attendris en y lisant « cette inscription :

<( Dans cette demeuve tranquille « Repose notne boïi ami ; « Il vécut toujours À la ville i (( Et 6on cœur fut toujours ici. »

Une des causes qui ont pu contribuer r faire naître dans le cœur de F^lorian cette mélancolie douce qui fait le charme de ses écrits, c'est d'avoir eu, dès son enfance, à pleurer une mère fendre qu'il nWait jamais eule bonheur de connaître, et qui méritait bien les regrets qu'elle a

VIE DE FLORIAN. ix

excités en lui. L'idée de n'avoir pu, dès ses premiers ans, jouir de la présence, des caresses, des entretiens de celle qui lui avait donné la vie, fut toujours pour Fl.ori,àn une idée fâcheuse et pénible.

Elle se renouvelait sans cesse; et plus dans la suite il obtint de succès , plus il regretta de n'avoir ^ du moins en faire entrevoir lespérance à sa mère. Il savait que personne au monde n y aurait été plus sensible : en effet, son père, brave et honnête homme, s'était beaucoup plus appliqué à cultiver ses terres que son esprit ; sa mère , au contraire , naturellement spirituelle , avait toujours aimé les jouissances que procurent les lettres.

C'était d'elle que Florian croyait tenir ses talens : il aimait son père, mais il avait une prédilection pour sa mère. Sur tous les renseignemens quHl put se procurer de ceux qui l'avaient connue, Û en fit faire le portrait, pour lequel il avait une grande vénération.

Cette tendresse de Florian pour une

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