‹ Œuvres La jeunesse de FlorianChapitre 5 sur 63 · VIE DE FLORIAN · texte numérisé non relu

VIE DE FLORIAN

le monde. L habitude qu'il avait contrac* tée dti travail était devenue en lui un véritable besoin. Il ne passait jamais un jour sans travailler, et souvent il travaillait du matin au soir. Au milieu d^un ouvrage il s'occupait, déjà de ctelui qu'il ferait après.

« Essayez d^ faire des fables, » lui dit un jour M. de Penthièvre. Florian suivit ce conseil; il fit des fables, passa plusieurs années avant d'en puWier aucune, et ne les mit au jour que trois ou quatre ans avant sa mort. Ce recueil, le plus parfait qui ait paru depuis La Fontaine , est, de tous les ouvrages de Florian, cehii que la postérité admirera le plus.

C'est à la tête de cet ouvrage q^'il a fait graver son portrait.

Peu d'auteurs sont entrés aussi jeunes q»e lui à Tacadémie française : 'û n^avait que trente-trois ans le jour qu^il y fisrt nommé; mais il ne regarda pas ceifte ^ place comme un privilège de ne rien fcire. Son nouveau titre, loin de dimt-

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nuer, avait redoublé son amour pour le travail; et si une mort prématurée ne l'eût pas arrêté dans sa carrière, il avait encore dans la tête des projets de travail pour ^hjgrand nombre d^années.

Parfln ses projets, était celui d'écrire la vie des hommes illustres de l'histoire moderne , et de les comparer les uns aux autres à la manière de Plutawjue. Il en avait déjà trouvé plusieurs qui pouvaient être mis en parallèle; il attendait ^ disaitil, pour entrependre ces divers ouvrages, que son imagination fût refroidie; ce sera, ajoutait -il, l'occupation de ma vieillesse.

L'amour qu'il avait conçu pour FEJspagne et les Espagnols n'était pas un amour exclusif. Il y avait un autre peuple qui partageait ses affections : on ne devinerait pas aisément lequel; c'était le peuple Juif : il en possédait parfaitement îliistoire , et l'appliquait souvent très à propos, n avait toujours eu envie de faire Vax ouvrage juif, et il en a fait un en

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quatre livres qui forme un petit volume pareil à celui de Galatée. 11 est intitulé -. Eliézer et NephthalL II est tout d'imagination , mais il est du plus grand intérêt»

Le dernier ouvrage de FLojÊÊky est sa traduction de Don Quich(Me. H y travaillait, disait-il, pour se reposer et pour prouver à CervaAtes qu'il avait entièrement oublié l'aversion qu'il avait eue pour lui dans son enfance. Sur ce qu'un ami lui représentait que Don Quichotte avait été lu par tout le monde; que le ridicule qull attaquait n'étant plus à la mode j il exciterait peu d'intérêt ; que même U n'était presque lu que par les enfans jgrands et petits ; car il y en a de tout âge qui s'amusent de ses aventures extravagantes sans comprendre le but de l'ouvrage ni en sentir la finesse : il répondait que, Cervantes étant le meilleur écrivain de l'Espagne, il fallait le âiire connaître ; que ceux qui n'avaient lu que la traduction de Filleau de Saint-Martin ne le connaissaient point, et qu'il espé-

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rail qu'on lirait la sienne, qui, au reste, n'est qu'une traduction très libre.

La vie privée de Florian, comme celle de la plupart des gens de lettres, ne présente point d'événemens d'un grand intérêt; il l'avait écrite lui-même; peut-être Favait-il rendue intéressante; car il racontait avec beaucoup dagrément et savait donner du prix aux plus légers détails : mais cette vie n'existe plus vraisemblablement, et il n'y a quune personne à qui il lait lue.

Ceux qui ne Font pas connu intimement ne peuvent pas se former une idée de la difiërence qu'il y avait entre Florjan en société et Florian la plume à la main. Lorsqu'il se trouvait dans une compagnie de personnes qui lui étaient cdtinues, et au milieu desquelles il était à son aise y il se livrait aux charmes de la conversation , et il n'y en avait point de plus agréable, de plus vive et de plus gaie que la sienne. Quand il était un peu excité, il aurait fait rire les plus mékn-

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