‹ Œuvres. Le notaire de Chantilly. Le médecin du Pecq. Le dragon rougeChapitre 13 sur 21 · FIA · texte numérisé non relu

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LE HOTAlftS m CBàHTILLT, 177

litude de clîens dont pas un n'était perdu pour son regard » û& quelque cftlé qu'il le dirigeAt sur retendue plane de la pelouse , il n'éviiait pas la fantasqtie solennité du repas* Il ne pardonnait pas à la fastueuse raillerie des flanibeauï , di?s porcelaines , des Oaçons, des CTïStaui dont se chargeaient deux tables démesurées; dérision pour son cœur altrislé.

11 rentrait pour la vmgtièrao fois au fond de sa retraite , moudbsânt rim plaça ble immobiliLé du temps» exécrant un soleil toujours h la môme

Ï>lace, quand un homme , vêtu de deuil des pieds è la iête , enlra à pas ents daos roniljre de son cabinet, s'avança vers lui, et Tappela d*U!i ton fjiîble ;

— Maurice, ne me roconnais^tu pas?

— Jules Le fort I mon ami 1 Celte pMeur, ces !iabits!«.. Jules, tu pleures I mais tu pleures! Oui 1 — toi aussi L., <^ Qui t'a-l-on tuéî

*- Ma femme 1 Hortenso est morte; morte foîle dans m^s bras l me de^ mandant p;irdoîi, pardon 1 sans (K>uvoir être dissuadée qu'elle n'avail commis aucune faute. A genoux près de son lit, mes lèvres suppliantes sur son front , lui tenant son corps desséché et convulsif sur ma poitrine , je lui ai vainement prolesté, par mes pleurs, par mes paroles, qu'elle était ïnnocenle et que ses remords m*outrageai«?nt , me faisaient mourir; elle a, jusqu'à son dernier souffle , maigri, îanguî , souffert en murmurant : Pardon! Elle n expiré sous rhorrible poids d'une accusation que son imagination répétait h ses oreilles; ei son cadavre ^ Maurice, est resté agenouillé, les mains jointes, pour rétemité.

— Mallïcuri^ux Jules I Et Dieu l'a laissé seul sur la terre, comme moi, La calomnie l'a bit veuf , et moi , la honte ; ma femme a assassiné la tienne ; deux amts étaient frères dès Fenfance , et Tmi est presque le bourreau de l'autre ! Maudis-moi I maudis- moi 1

— Je n'en ai pas la force , Maurice* Vois ce front que quelques nuits ont blûnchi ; ce corps que le mal a brisé ; à peine aurait-il la puissance de se baisser pour ramasser une épée, des deui que la vengeanc© jetleroit à mes pieds,

— A quoi bon une épée maintenant , Jules? L^homme dont Texistence protégeait les haines criminelles de ma femme a été frappé mortellement ce matin d'une balle. Je croirais à une justice t elle aurait pu êti^ plus romplète cependant* As-tu re^u ma lettre? Qu'en as-lu fait, Jules?

— Je l'ai brûlée.

— Et ta vengeance?

— Je fabandotmo , comme j'abandonne la France* Cne tombe et un enfant m'ont été laissés* La tonobe restera en Europe; l'enfant ira en Amérique : je l'y emtnène avec moi* Un vaisseau m'atteud au Havre, où je Tais m'embarquer.

-^ Jules, je l'y suisi le veux-tu? Fais-naoi une petite place dans le coin ÛB ton rai^eau; quf dans trois jours je puisse monter sur le pont et voir la France comme un flocon d'écume à Thorizon I Sais-tu que je souffre aussi? sflïs-la qu'au moment où je le parle, je monte en idée les marches de l'échafaud où l'on boucle au cou les nanquerou tiers T Soutiensmoi, Jules; on me regarde , on me déchire 1 Oh! emmène-mail sauvemoi l Que je ne voie plus le hideux lantûmc de Fopinion passant et repassant entre ma femme et moi I Plus do Victor non plusl La mer, la grande mer! ses tempêtes, moins terribles que celles des hommes!

—Comme je le retrouve, Maurice l Pauvre ami ! Viens donc , viens à inotl Entrés ensemble dans le monde, nous en sortirons lo m^roe jour» lâksant deux cadavres derrière nous t une femme assassinée» une femme! *„ Nous étions bons pourtant; qu avons-nous fait pour mériter cela' Enfouiasoos le passé t oui I mettons des mers entre notre destinée d'un an «l noire existence nouv^elle* Partons : ne regardons pas même Paris dont Tâffreux voisinage communique tant de passions i tant de sordides prof*v. — t il

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