OEUVRES
DB
LÉON GOZLAN
Pï^ris.— Imprimerie de Boulé et O, rue Coq^éron, 3.
le cou, au cas de quelque glissade, si leur bâton, planté en échalas, cessait de s*appuyer à terre et dans la fossette de leurs mentons. C*est dans cette attitude, commune à tous ceux qui se sont emparés les premiers du banc de chêne qui règne le long des murs, que l'arrivée de Maurice est impatiemment attendue.
Les jours de marché attirent une plus grande affluence au notariat. On profite du déplacement pour arranger les affaires. L'occasion est belle pour venir et s*en aller ensemble. Les affaires des gens de la campagne sont simples : une procuration à faire rédiger , un bail de ferme à renouveler, un dépôt à constituer ou à reçrendre, selon que la récolte a permis de respecter les épargnes ou a forcé d'y toucher. De là des visages rayonnans , a'autres soucieux ; beaucoup trahû^sent leurs bénéfices sur les foins de Tannée par une transpiration métallique : le mouvement qu'ils font pour soulager leur gousset les désigne à la jalousie : parmi les femmes, malheur, dans l'opinion, à celles qui laissent déborder un an^le de papier sous le pli de leur mouchoir : conjecture fâcheuse : on retire l'argent placé. Ce ne sont que des conjectures , il est vrai , mais ne suffisent-elles pas pour faire présumer des fortunes (pii s'en vont ? A tel signe on prévoit que tel champ sera bientôt vendu si l'on veut ensemencer l'autre ; et ces prévisions , rarement en défaut , sont la mesure de l'accueil qu'on ménage a chacun. 11 y a autant de mensonges personnifiés pour le moins dans coUo assemblée grossière que dans les salons, où les moralistes prétendent exclusivement les y trouver. Ces corps frustes, ces âmes calleuses sont aussi bien partagés que les gens de la ville en cupidité, astuce et fourberie. Au lieu d'être planté dans un beau vase de marbre , l'arbre du bien et du mal est là planté dans la boue. 11 y a long-temps que les Tytire et les Lindor ont été emportés par les torrens de lait qui couraient dans les plaines. L'âge d'or a été fondu à la Monnaie.
Les femmes abondent dans l'étude; on l'a dit : c'est jour de marché. Assises sur leurs paniers, elles récapitulent en gros sous le produit do la vente des carottes et des choux dont elles répandent le parfum végétal autour d'elles. L'étude est devenue une succursale de la halle ; elle s'encombre de cliens qui , tous , avant de s'enchaîner par les formes solennelles du contrat, sont bien aises de répéter une dernière fois la comédie de générosité dont ils ont , en chemin, étudié les rôles. A les en croire, n'est-ce pas par pure amitié que celui-ci vend , que celui-ci achète ? n'est-ce pas à la seule fin de gratifier le notaire , le timbre et l'enregistrement qu*ils traitent et contractent? voyez. De plus hypocrites encore jurent leurs grands dieux qu'ils ont la plus intime confiance entre eux , mais qu'on est mortel dans ce monde et qu'on a des enfans. Un reçu ne nuit jamais : un bout de traité ne déshonore personne. Voilà pourquoi on aperçoit partout, dans l'étude, deux mains droites qui s'ouvrent pour dissimuler deux autres poignets serrés conmie un étau.
Les protestations de désintéressement allaient leur train, en attendant Maurice dont il était parfois difficile d'admettre l'opportunité au milieu de tant d'honnête gens , lorsqu'un homme , qui ouvrait et fermait de temps à autre un livre de prières , d'où pendaient des nœuds et des rubans fanés , se leva et vint se plac t entre deux villageois qui exposaient , avec la bonne foi précitée , les conditions de leur marché à conclure.
— Ahl ça, mes amis, permettez-moi deux mots.
— Quatre , monsieur le curé.
— Toi, Valentin , tu vends ta récolte prochaine; toi, Gaspard, tu la lui achètes.
— Tout juste , monsieur le curé ; vous savez ça de la tête è la queue , comme dit l'autre.
— Il est venu à mes oreilles , U , dans mon coin , où je vous ai en-
Ll NOTAI A Ë DE CHâffTILLY, 0
tCTtdus, sans chercher h vous écouler, que le prit de la récolte était cinq cenls francs ; les frais de vente h cl large à lous deyx* Vous arriver l'un et l'autre d*Eceuen , n>sl-ce pas î ^ Oui , monsieur le curé * et pn^ts h y retourner , affaire faîle-
— Bien ! calcuîons : le voyage d'Ëco>ien et retour » le déjeuner h Champlitreiii; Tair y est bon , te vin tucilUiur ; — la journée h Chantilly, — journée de travail perduo pour lous deuï : — ^ c esl douste francs au moins: dix francs de contrat au notaire ; — vingt-deux : k déduire de cinq cents francs , valeur de la recolle vendue ^ reste à quatre cent soixante et diï*huît ; sur laquelle différence de vingt-deu% francs , tu [lerd-s, loi * onie francs^ toi , onze francs. Voulez-vous suivre mon conseil » mas amis? Valentin, mets ta main dans celle de Gaspard,— marché condu ; — toi , Gaspard ^ offre à Valenlin une place sur Tâne que tu as «cbelé ce malin à Gouvieui ^ et parlez tous deux pour Ecouen : rebuvez un coup à l.hampUtrciiï, Bon voyage ! Cest vjngtKleui francs que je vous remets dans la poche : est-ce dit î
— Monsieur le curé , nous sommes tous mortels*
^— Sans doute , Valentin , mais vous êtes de braves gens « deux: amis; I qpm bos ce papier? Ireï-vous jamais , Tun ou Tautre , réclamer autre ctiO90 qm Fargent ou la récolte , marché conclu sur Thonneur?
— Non , mais on peut passt^r d'un moment à Tûatro : les entans sont là,
— Mais, Gaspard, vos enfans ont connaissance du marché; tout Eocmen aussi. Croyez-moi, soyez confia ns, on le sera après vous.
— Pas possible , monsieur le curé , nous sommes sujets h mourir.
%M curé se retira en soupirant et reprit sa plaœ ei sa lecture dans le coin du mur.
Tous les cliens se levèrent.
Maurice entrait. Des pressions de mains Tétouffèrent , le vent det chapeêui , agités p.ir de violens saluls , faillit le renverser.
Maurin' ' ' fnpié la méthode ministérielle de recevoir debout, d^'eninnwt: h ■ I à la cheminée pour la finir à la porte , dont il avait
âoin de w^^m^i^a 1û bouton quand il jugeait étn"^ assez éclairé sur la question «
II se servait en outre de la formule interrogative , par une précau- IjOA Indispefiââblo envers des gens toujours disposés à Caire la généalogie éi ymf& attaires.
— Vous, monsieur G r^iudmen il ?
— J'apporie , moTisieur Mauhccî , diï mille francs pour les placer sur première hyp^jlbéque
— Taiivâç/à la caisM*; versez ; j^ai votre affaire. Toi, Robinson? -^Moi, monsieur Maurice, je voudrais devenir acf|uérpur d'ondes
loi» de la propriéié de la Garenne , enire Morfcnlaine et Saint-Leu. -- t>e quel liH ?
— Du parc » monsieur Maurice,
— La mi^ à prii est de quarante-cinq mille francs* mon garçon*
— J'en df'poserai chez vous quatre*viiigt mille , et vous fioii^serez pour moL Jt* pars pour rÂuvergne» — Si ^o\\s manquiez de fonds « écrivez a ma femme.
— Bien , Robinson. Et vous * pén^ Renard ? '-^ Kotis fions faisons vieux , monsieur Maurice.
— I« comprends : vous voudriez la rente viagère* 0*i'**^»ï*Tidonneri*:îzrous ? pt^re Renard.
~~ Dame ! rites trois maisons de Bïnt-Saint-Majceneo, ma petite carrière lie Gouvieui , et mes deux mou Uns de Quoy,
— El vous demanderiez t
— Six mitïe livres de revenus , ma vie durante
— Ci D'est p&i imposiîiile , père Renard ; \ùir& &^t
10 LE IfOTAIBE DE CnAIITaLT.
— Soixante-deux ans : du reste, j^ yoiis.a{iporle mon extrait da naissance et mes titres de propriété,
— Revenez dans la quinzaine , pè«e Remrd , eotendeie-yoïiyt j'aurai k vous p|arler.
— Moi , monsieur Maurice...
-^ Âlil bonjour, PLiTrefonds; lea loupa aai'oiift pas mangé, moo vacher? qu'est-ce qui me vaut ta visite?
— Ma foi , vous feriez bien de me le dire , monsieur Maurice? en route , et comme je venais , chassant devant moi mon âne , sauf vote ff^poct , j'ai ramassé une baguette de chéne« — on a mal à voir conmie fo. vent les abat, -^ et à cette occasion je me suis piopoeé- de vous demandei si de mon héritage qui est de cent trente-tsois mille franes, eorome vous savez, je ferais nueux d'acheter la pièce de bois dn vieux GuÂlaume , en plein rapport depuis deux ans, tout chêne de hautp futaie : pas un pouce do jour; ou bien — voilà que j'ai vu sauter trois carpea ; dieu de dieu ! quelles carpes 1 — ou bien les étangs de Bnrigny ; sauf votre respect , c est assez l'avis de ma femme. Ce diable d'âne , comme je vous disais, s'est mis à manger de la luzerne, «— c'était un bon commerce , monsieur Maurice I si j'en achetais quelque cent arpens , que j\d pensé? il faut bien que je place cet aigeni* quelque pari. — Bonjour, monsieur Smith I que j'ai dit à M. Smith qui m'a répondu sur ces entrelaites : bonjour Pierrefonds M. Smith est ce brave homme qui a empesté le pays de fumée , le mécanicien qui construit des chaudièfe» où il cuit du fer. J'avais pas plutôt masché quatre pas , que j'ai dit conclu I Touofae-la Pierrefonds, j'aurai uao usine. Je mets mon argent-là. Pensons plus à rien. Ah I oui ; il y avait un séchoir de laine à traverser, et , sauf votre respect, je n'ai jamais vu de: pUis belle laine, et alors, tout naturellement , j'ai pensé que je ne saurais mieux placer mon argent que dans le plâtre; ou bien*.. Ma foi, votre serviteur, pfwne^moi cet argent , et disposez-en comme vous l'entendrez , monsieur Maurice : dans dix ans je vous en demanderai compte. S'il a poussé, tant mieux I nous récoUerons ; s'il est nwti en (erce, eh hien! il n'y aura pas eu de votre faute ni de la mienne, la graino était mauvaise.
— Nous tâcherons d'être prudent, Pierrefonds; puisque la fortune est venue, elle restera. Nous allons d'abord nous occuper d'un solide placement. Plus tard, je t'écrirai pour te marquer l'emploi lopins avantageux
Sue j'aurai trouve à ton argent. En atlendanè, je vois to délivrer un reçu e tout, mon ami.
— Pas de ça I monsieur Maurice, pas de ça : c'est de la défiance. Tous les reçus du monde ne valent pas voire probité, sauf votre respect. Adieu, monsieurMaurice, je suis un peu pressé, je pars, i'ai encore deux sacs d'avoine à acheter au marché : portez-vous bien. A propos, j'oubliais de vous remettre l'argent. Voilà trente mille francs en or, anquanie miHeen papier: demain, le valet de ferma, en venani chérir votre fumier, apportera le reste. Salut, monsieur Maurice.
Pierrefonds sort.
U revient aussitôt sur ses pas.
— Gardez -vous bien, au moins, monsieur Maurice, cria-t-il en passant sa tête entre les deux battans de la porie,de donner le pour-boire au valet : ceci me regarde.
— Mille pardons, monsieur, dit Maurice en allant ver» le prêtre qui, à plusieurs reprises , s'était levé pour lui parler , mais qui , toujours devancé par ae plus pnessés , s'était rassis, avait recommencé sa lecturQ , attendant son tour avec résignation^ mille pardons de ne vous avoir pas plus tôt donné audience : que puis-je pour vous?
Maurice avait attiré le pirHre dans un coin.
Celui ci répondit en rougissauà, h voix baaievel un peu huiailié de sa condescendance envers un homme do la terre :
Ul IfOTAmE DS GH&KTtl^iT*
— Ma pamîsso est jf^ouvre ^ monî?iC'ur. Mes auraÔnÊS éimi trop faiblea pour suffire au soulagement des nécessiteux dont je suis le |jêre. j'ai été forcé de nî^courir à la générosité des riches habitans* J*aî été bren inspiré* lie leurs deniers, j'ai fondé um caisse de secours qu'ils alimenlent, et doni its ont bien vonlu me conïler l'emploi, La charge estsaime; maiâ eU% u*csl pat sans danj^er. TWpitîs quelques jours, de^ maheiMans, qui S*i»Jiagèreiit fianii^ doute la valeur du dé put dout j'ai h gnrûi\ ! Ad^nt nutour du pr»^byièro avec de> inlen rions suj^pocti^. Seul, nse» tsoln. jug^^x ào ii»*'4 rrwinie^. lu coup de mnin nrrn si^ult'mi . trait lu II ' MiJiiiî il IIP me t;ii- •' rue, atipreà d© Ciîri ue (a purt'tédr ^ b rrssaufto ilo iinni ' "lit d'une lonti iiuin; iwit uîml'-
— ï Tron^piL MatuTC«, des Jiomnies assez
— Dans un pays où Ton l'.^Sîait? de ^ uler les pauTies, est-il impossible mm le» lunixx'ns'eokMit cidoivni"-^ Hh T.^.t*:, nia prudence !'---« p^n ot~ Mitae pour pcrs4)mie ; clli? i ' pour tes uuti^ que ffiiir ïaoi-mvïïie^ Je v î» tj- Ji , ^otis, monsieur ll,__.: . irmix Bçnr euTc^r un i« m soup^nn, eï que J9 croîs ii la pÀiileur deeetiêirr -ici k* éurç éproiiTa upe ^ive^xiffrance moi aïe à s'expriitiei^ a ctjiieimo; il seulail y m almissénnont ; et sa vûiix^ ne le subis&ad qu'avec peine* Lui, pntre, il iuiptorait une puissance^ il In] pi vouait i^irii était au dessous d'elle dans le crédit du monde : roi déir^Wv. il m nieUnît s^us la protection d'un usurpîiJenr, — Unesecondo fotN ' ne VOUS prier, monsieur, h Tinsu ûu toii$^ do me irito dont on me croit t^i peu digne.
ïiMine, je vuus apport er*ii la caisse de secourados
r un ne cessera de ni*en croire le pardieu tandis
lii^lOïilairc. Par là, lésâmes pir*- te U sain-
da mon cariicii'ro est un motif pour verser bti: \\txm mes
coDlAiiucront ii nwî In rir^HiirniMi-. ..i iJ/'^^-innaii <, .♦, ^.,1 cheroh»-'
imi h mVn ravir le fruvt n< me tuer; s'ils n>e tueit»
wllrez ivcr rt ue 1 h . , . (!^ ! il* n\«tnrmil Hitwv
'i pau^ iil rii'B periiu ; il ii ;. in piViro de moins.
Ceili^conU<i . ' .'vaii rbunuiitè d'utu . n, avait altère eeluî
qui la fais^iit a Maurice. Le pntre avait rougi, ptili , tremblé en un i|is-
il iivttit décfiircîsa mbe ri cmtrljé il ï<?te.
ition cnmm** la vie ne respire jamais si
va , il quoi ùmi*û duiic comparer non
\ pat
êêié
Usfj
^ i lini
^^lui.' cuj.ïhd cite s .ïili
l« ptéim so tui i ^f>s i n ni abotssées si»r son rugard.
A^9Ch$&ià^' , AUurue prnlesta quM était matbeufeiix
é0 sa r^put.r en paieille circonsiance ^ ei qu'il tj*eii avait
lamaéi Bt péuUH' nutH t^t^ ucr: que, du niMe» siirv - - n ee mépris du ftièdfîpour le pn'ire, il çoitsenlait à sauver un ni] < r,ible dedmi-
14(» Miivrieilit qu il ne perll#Pttl pa».Bnîf, il «ecepi^ W. i^. .^ionsabiUté de la cilsie de secours des pauvres. Ensuite le prêtre le salua, piii son bâlan
Apb» I ibué encore à la veloe quelques conseils, aprfes avoir
4li t^^ .T lefr plus mtaérablos détails d'intérêt cent fois sus ot
«Kr ^launcei acoompapiô des imerpellatioDS do ses cli^ns, ptni
de . 1 cl âgé supérieur, €t tl entra dans la salle h msu}^ où iiéliit
Maurice respirail à Taise depuis <iu*il n'entendait plus bourdonner à ses oreilles la cnaillerie de ses cliens ; non que les devoirs de sa j^rofession lui fussent antipathiques ; mais, homme de repos parce qu*il était homme d'activité, il goûtait mieux les douceurs du paradis domestique après être sorti du chaos des affaires. Dans ce paradis il y avait aussi une femme qu'il aimait avec toute la fraîcheur des premiers jours du mariage.
Léonide et son mari sont encore amans : la preuve peut-être, c'est que depuis une grande demi-heure que le déjeûner est commencé , ils ne se parlent pas, ils se boudent.
— Ce (jue vous demandez est impossible, ma chère Léonide.
— Qui prétend le contraire, monsieur? mon indifférence vous prouve assez l'importance oue j'attachais à cette question : si vous en parlez davantage , vous m'ooligerez à croire que vous y tenez plus que moi. Il y aurait prodigalité de ma part à épuiser, sur un sujet si mince, les licences gae la communauté du mariage autorise. Je suppose de meilleures occasions d'importuner votre réserve.
Ironie ou allusion lointaine, Maurice répondit à Léonide avec beaucoup de douceur :
— Je tiens à vous voir toujours bonne , et c'est moi que j'accuse lorsaue votre charmant naturel disparaît, comme dans ce moment-ci. Exigez de moi toute autre chose, mettez à l'épreuve ma générosité , mon dévoûment à vos plus légers caprices, mon obéissance à vos ordres les plus difficiles , et je vous promets, si vous n'êtes pas satisfaite sur-le-champ , de m'accabler de cette moue tout à votre aise.
— Très bien, monsieur ; vous mettez à ma disposition ce gue je ne souhaite pas, pour vous dispenser de m'accorder ce que je désire, — ce que je désirais tout à Theure : entendons- nous. On ne saurait être plus magnifique à bon marché. « Ne regarde pas tant cette étoile, car il n'est pas en mon pouvoir de te la donner. » Le mari qui usa de cette fade courtoisie , prévoyait que sa femme allait lui demander une voiture : il changea la question.
— En voudriez- vous une ?
•— Ou'ai-je dit ? vous m'offrez une voiture parce que je vous ai demandé le motif qui a amené une jeune paysanne dans votre cabinet. Beau secret, pour s en tourmenter, ma foi I
— Permettez, Léonide, mais ce mot est ma justification prononcée par votre bouche. Ma fortune est à vous ; mais le secret des autres , non, — puisqu'il n'est pas à moi.
— C'est donc un secret ? répartit Léonide avec un étonnement presque sincère.
— Ou plutôt une confidence, Léonide ; c'est peu grave y mais cela doit être tenu caché.
— Vous voilà donc le confesseur des jeunes fermières du pays? Vous ne laisserez bientôt rien à faire à M. le curé. Les femmes mariées appartiennent-elles également à votre cinx)nscription morale ? Et quand vous rencontrez les maris, vos paroles sont-elles verrouillées avec eux comme avec moi ?
Ces derniers mots ne permirent plus à Maurice de douter que sa femme ptait au courant d'une visite qu'il avait reçue quelques jours auparavant, et que, pour tout au monde, il eût voulu tenir cachée. Il alfecta cependant de suivre le fil du propos.
— Votre raillerie est presque une vérité, Léonide. Ma condition, trop peu comprise par vous jusqu à présent, est toute de discrétion. Je ne suis
LE HOTAIRE DE GUàlfTltiLT* U
fÀS coapoble du tort qu'on fait au cDnfessÎQDiiQl , en déposant dans mon
Cdbmct les aclGs de ki conscience ; maïs je dois, digne ou uon des attribua de mn diarçt?, la remplir avec rigueur,
— Quel AïT sévère v ous prenez , monsieur ; bientôt ce sera à mon tour do vous dire ; Ouillez celle moue doni vous m'accablez, — car vous m accablez ! — Gn>ye2-le, je re?ipucte fort les privilèges de votre charge, mais je suis bien peu rassurée par vous, sur ks graves eiigences qu elle impose. Voiisriie;^ Tort, ce me semble, lor^squ^au sortir de votre conversa ibn pn? ée arec la \e\^m fermière, vous tous êtes mis hier à table?
— Cr^çt que le conseil qu'elle est venue chercher avaii apparemment son I Hii.
^ î^ donnez aussi des conseils. Je le présumais fort , sans en
«fuir b coriiUide» Je crois tmm^^ qu'on vient d asse^ loin en solliciter chei \mB* Apres les confesseurs, allez-vous ruiner les avocats? Je ne pensais pas qu'un notaire*..
— Fût à la fois un avocat et an confesseur, n'est-ce pas, Léonide? c«la est Ainsi pourtant : c'est h noire défaut que les avocats vivent* Quand Taccsûrd est impossible chez le notaire» roîfice de Tavocat commence : nous sommes les bous génies des affaires ; eux en sont les mauvais.
^Ky a-t-il pas encore de saints parmi les notaires?
— Non, Léomde, car je n'en connais pas qui résistassent h la séduction de deuji beaux yeuï,
Maurice baisa la main ^ Léonide.
— Songiei-vous h nous, ma bonne amie» il n'y a qu'un instant, lorsque TOUS me demandiez les secrets de mon cabinet? Vous étes-vous figurée» lion, cela n'est ps possible, l'affreuse position dans laquelle nous placerait celui qui, familier a notre imérieur^ divulguerait ce qu'il courre do son ombre et de son silence? Llmmoraliie que vous eiercericîç alors che?. tm autre, la professerons-nous à notre avantage, sans trembler devant des reprmillesî Vous êtes^vous représentée une délation 1
— Anf^ . Maurice**, ce serait être trop cruellement puni. Parlei bas ; V01H ' nwt k ésA choses qui révoltent. J'ai peine à croire que tous \t^ ' .lUiés à ros affaires par une imprudence de mes paroles éga- Ijtôstni ] iTn;ii^ la douleur où une délatbn nous plongerait.
— ^Uw» délation!
LÀtmde se troubla et p31it*
Qiiotmie fdclié d'avoir causé une douleur k sa femme » Maurice , û*m autre cÀfe, imn^na avec joie qu^it avait éloigné de rentretien raccident étranger qu elle avait appi'lé du dehors.
— l.niiL^u'iî tout, Léonide; mais changeons de propos. Nos domosliqiies éoûi tiierf votre frère, entre à chaque instant ^ et il est impossible Ci^ >i^' caché pour lui. Je propose la paii^ conciliateur né des attin^» qim je te sois chez moi, s'il vous plaît. A la fin, vous avez souri* Non, %inis n'avez [jas eu la faiblesse d'imaginer, Léonide, que je tramais quelque intrigue avec cette fermière on sabots et en bonnet.
^^Som re bonnet, Maurice ^ et dans ces sabots , j'ai aperçu une jolie flfiKi^, un charmant piit pied*
— i'Vst pissibîe, Léonide*
— V*ius raveïî donc remaniuét
— Uù lierait It? mal ?
— H m dis pas* Mais j'admire la rare prérogative de ?ûtre profession* BUb VIM issimile k un ministre. Vous êtes les ministres de la police gé* «éf«fe d» la société. N'avez- vous pas un pied sur chaque seuil de maison? use iMCHIe contre chaque mur? un œil dans chaque appartement? Ce que lii Aiifrf>4 ÎL-narprit vdus Ic soupfounez ; cc qu'ils soupçonnent , vous te Mf' il , VOUS, cie par le droit d'être mieux informés « Tpu^ : 'le mer*
A i acoimt deadé de sa femme, et surtout h la tournure infatigable
tt Vt MYâfHK VB CITAlfTILlT.
qifene îmiyrimaii an diâfogae, brosqaement transporté de noafcati Ar terratn étroit d*im petit fait sur le champ perflde des allusions» Mauricd Til qu'il n'éviterait pas les questions qui allaient lui être adressées. Cette opinrûtreté l'affligea. A ^n tour, il força la conversation à rentrer dans b ligne d*oti il avait tenté de Técarter , dût-il , pour obtenir ce lésoU^ly avouer nettement à Léonide la irivole disposition de la fermière.
— Si vous saviez, Léonide, dans quel but cette enfant m*a amsalCÔy vt)us chasseriez de votre esprit tonte prévention.
— Mo croyez-vous donc bien curieuse de m*assurer qu'il y a de TaixiODr là-dessous?
— DoTamourl Léonide?
— Sans doute ; la petite fermière est jeune, elle est fort bien, dBecisI triste: donc elle aime... Mais passons.
— Oui, j'en conviens, elle aime un brave garçon qui l'épousera.
— A la saint Jean ou à Pâques; que m'importe, mon ami?
n devenait de plus en plus évident pour Maurice que sa femme teiiait à percer un mystère autrement intéressant pour elle, que celui dont il s'efforçait maintenant de la préoccuper, et sur lequel il ne dejwandait pas mieux^que de satisfaire sa curiosité. Mais le sacriflce n'en était plufr un ; on exigeait davantage. Par une concession promptement consentie, il espéra cependant détourner le coup dont il avait déjà éprouvé la menace. 11 revint avec une condescendance malheureuse sur un sujet épuisé.
— Tenez, je n'ai pu m'empôcher de rire malgré moi do l'excès de prudence de ces deux amans. Le jeune homme, depuis quatre ans, apporta fidèlement à l'étude, et h l'insu de sa fiancée, six francs d'économie chaque dimanche, afin de réunir quinze cents francs pour acheter un remplaçant à l'époque où il sera appelé au service- C'est une surprise qu'il ménage à celle qui sera sa femme, et dont il ne lui fera part qu'au jour de la cérémonie nuptiale.
— Mais c'est très louable, mon ami. Est-ce cela qui vous faisait rire? — - Sans doute ; car, de son côte, la jeune fermière, ne supposant pas h
s<»i fiancé les moyens de se racheter du service militaire, amasse, a force de sacrifices et de privations, une somme égale qu'elle dépose aussi chez moi, chaque dimanche : sa joie est d'offrir un remplaçant pour bouquet de noces à son mari. Je me réjouis d'avance de leur etorînement lorsqu'ils se gratifieront Tun l'autre du mémo cadeau. Maintenant, vous comprenez, Léonide, qu'en révélant leur double confession, je romprais le charme qui lie par la générosité ces deux amans, et j'empocherais peut-être un bon mariage et une belle action.
— Je comprends, en effet, que vous soyez discret, répliqua malignement Léonide qui remportait, tout en la dédaignant, une première victoire sur l'impénétrabjlilé do Maurice, — je ne vous blâme plus de votre silence.
La petite guerre finit Ih. Léonide eut encore phis de finesse que son mari n'avait de peur. Elle ne poussa pas plus loin le succès, de crainte, en triomphant davantage, de paraître conquérir ce qu'elle tenait à mériter. La portée de son caractère, à défaut d'une longue expérience, lui avait appris que le droit conjugal, pour être maintenu, doit passer en habitude et n'être jamais une faveur ou une victoire.
Celte scène entre Maurice et Léonide, et provoquée par celle-ci, n'avait été qu'un long prétexte de sa part pour obtenir une explication sur la visite dont Maurice lui avait fait un mystère.
Mais si Léonide avait montré de la curiosité plus qu'elle n'en avait envie, sur un incident bien léger, Maurice, de son côté, avait défendu son silence avec une raideur de principes un peu exagérée pour la circonstance. C'est qii'en réalité, ils étaient entraînes par des motifs plus graves, celui-ci à se taire, celle-là à interroger. Une comédie s'était jouée derrière le rideau. Us s'étaient attaqués avec le trouble de la mêlée, de peur de
LE woTiîne x>n cifiKTiLtv- ÎS
'^4|bllff , 0ï précisant leur rôle dams le conibnt, îa cmme ^\ \éÈ ifMllkir
OTi pft!^cncc. Il ejcf leriips enfin de ledïre : k'ur rnénn^o avait sa plaie so- CTi^iv. cotnîno presque tous les ménagea : la leur vtiul im instant de coïn-
Por siiite ff'iirningemens de fnmille, Léo ni de ovml été èlevéô h Bcsnn- Tâis ehf/ une de ses lantcs, La liife urïiqiie de celle latJle, h pu pri'îi de rîge d*? Lénnide* partageait arec elle les can^ssi*s les ptu^ ttiidres el iëR af^Biît" ^'^^ 'i''**M/ bonne éducaîion. Excelïcnte fetnme, h mèrt^ d'Hfîiicnse se fil ^ comme tJîie JTïjnslfce la moindre fiiveur accordée h riine,
dont ^ .1 , n cùl pas joui» Tour elle, Hurlense el Lénnide étaient ses dent entms. Oam le monde, elles s'îipnebient cousines; mais, ûms Vm- Ijmiié, ^^ dédonîrt!i3geant de ce litre qiiVIlt*s irtuivaiont trop rr>c^T\^'\ nlles échangfiaient le dotuc nom de ^r^ur. A rJî,'e tm le*? ^mi-s enc' v€i
sont s*ins rivalité, il éiail naturel qtn* les deux r<m^im?s ^i 'ni
parfaitement dans leurs goûts. Jvisqn-au Itmne de cet iîgï\ rien d*^ m qui OêïTispf»^.^!t |p bonheur dt3 Tiino n^avnit été mlerdit h raittre ; bonbetir il est
vrai, ' la m-
pmr ï an:
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it facile de faîro deux paris ; cehii de porl^^r des robes da et dWi n^idinit cHui plus Vif encore d'ôire prises Vvmo
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16 LS NOTAIIIE DE CBANTILLT.
qu'il en écrivait étaient conflrmés par chacune des réponses de l'ami qui louait sur parole. Il passa bientôt en habitude chez les deux amis de ne plus s'entretenir que de Léonide et d'Hortense, auxquelles les lettres et les réponses étaient communiquées. Au bout de six mois, Jules I.efost de Gompiègne était de la famille : on n'avait plus que son visage à connaître, ce qu'on ne désirait pas le moins ; Léonide surtout, qui poussait le roman par lettres jusqu*à croire que Jules serait infailliblement son mari. Elle tondait cette espérance sur la chaleur qu*il mettait à parler d'elle dans sa correspondance avec Maurice. Jules, qui n'était pas romanesque, justifiait peut-(^tre la pensée de Léonide.
Sur ces entrefaites, mourut l'oncle d'Horlense, riche corroyeur de Compièffne, très connu de Lefort qui n'avait jamais cessé d'être en relation d'affaires avec lui. Sa mort arrêta le vaste mouvement de sa tannerie. Cette suspension, trop prolongée, pouvait ruiner l'établissement entier; pour prévenir un tel malheur, la sœur du défunt, la mère d'Hortense, lut oblieée, sous peine de perdre un magnifique héritage, de faire choix dans sa famille d'une personne attentive à ses mtércts et capable en même temps de continuer les affaires jusqu'à leur liquidation. Ce fut Hortense
Qu'elle désigna. Elle partit pour Compiègne, chargeant Léonide, sa confia ente et sa cousine, de reviser les lettres de Maurice qui, de son côté, donna à Jules Lefort la mission délicate de lui marquer la place qu'il occuperait dans la fidélité d'Hortense mise à l'épreuve de l'éloignement.
L'épreuve fut singulière. Rapprochés pour un règlement d'intérêts communs à dresser, Jules et Hortense s'occupèrent plus d'eux-mêmes que des absens ; très positifs tous deux, ils s^eslimèrent d'abord sous le rapport commercial, et ils finirent par se persuader, sans songer à mal, au'ils leraient une excellente maison en continuant celle du défunt, ou plutôt en en fondant une nouvelle.
Jules Lefort était moins coupable qu'on ne se l'imagine en s'installant dans le cœur d'une femme dont son ami était en possession. Maurice, quelque précision qu'il eût apportée dans ses lettres à distinguer une cousine de 1 autre, n'avait pu si bien faire, que les qualités dont il s'était plu à parer Léonide répondissent exactement à sa ligure et fussent justifiées de telle sorte que toute méprise fût impossible. Par l'interversion la plus bizarre et pourtant la moins surnaturelle, Jules Lefort ne sépara pas du visage d'Hortense, lorsqu'il la vit pour la première fois, les attraits qu'accordaient à Léonide les lettres de Maurice. Il vit tout à la fois la femme aimante, comme Maurice lui avait peint Léonide, dans la femme bonne, la femme d'esprit dans la femme d ordre, et quand Hortense essaya de le détromper, sans y tenir beaucoup, il était trop tard : Jules se contenta de son erreur.
a Je serais heureux avec elle, si tu y consens, écrivit Jules Lefort à Maurice; d'ailleurs, je crois que ton refus arriverait un peu tard.»
a Sois heureux avec elle, » répondit Maurice, qui, ayant deux ans d'attente devant lui avant d'être en mesure d'acheter une charge d'avoué, eût craint d'empêcher Hortense de contracter un mariage d'où son bonheur dépendait, et devenu, s'il avait bien compris Jules Lefort, une espèce de réparation.
Celle qui fut inconsolable, ce fut Léonide : le mari que prenait Hortense était celui qu'elle perdait. Sa jalousie était d'autant plus poignante, qu'elle avait vu une passion déclarée dans l'attachement tout ae raison de Jules pour elle, homme qu'en jeune fille exaltée elle aimait de tout le romanes^ que d'une intrigue dont le héros était inconnu. A cette douleur se joignit celle de l'amour-propre froissé. Hortense n'était pas une femme étrangère qui lui volait sans préméditation un amant, cétait sa cousine, c'était presque une sœur, c était celle qui possédait toutes les faiblesses de son cœur pour Thomme qu'elle usurpait. Impitoyables dans leurs propos, les petites gens brodèrent sur le texte : il y eut des persifflages, des compas-
LE ÏIOTAlftS DE CHâISTlI.LT.
rfons raîlleusef . La santé de UV»nido en fut affectée ; Mourîce eut piiîé* Il se proposa pour réparer personnellement un lort qu*eii réalité n'avait
Eas même son ami, bien plus bUmable à la rigueur envers lui qu'envers éiinido : il fut acceplé par dépit, Maurice» à qui unu famUle noble et riche de la Vendée avança généreusement les fonds nécessaires k rajchot d'une charge d'a|fenl de change en souvenir d'une amitié de collège toujours chère au nls aîné de celte famille, épousa Lét;nido, deui mois après le mariage d'Hortcnse avec Jules Lefori* Mais les deux cousines éiaienl à [amub séparées par une haine que les deui amis tentèrent inutilement d'éteindre dons des félea de famille, Léonide ne pardonna pas ; vindicative autant qu'Hortense était oublieuse et bonne, elle altéra le bonheur domestique de celle-ci en répandant des doutes injurieux sur l'intimité où elle avait vécu avec Maurice. Après avoir plaisanlé long-temps des propos que la haine de Léonide jetait entre leurs ménages, les deux amis jugèrent dans rintérêl de leur réputation de ne plus se voir. Le silence de la calomnie ne s*ob lient que par Tabsence : il^^ se séparèrent ; Jules Leforl accrut C4>nsidérablement sa fortune dans le commerce des laines : Maurice acquit k Chantilly une élude de notaire après s'étro défait de son litre d'âge ni de change, qu'il avait acheté au lieu d'une étude d'avoué-* comme il en avait eu d*ahord le projet. Victor Reynier, le frère de Léonide, avait déterminé chez Maurice ces différentes résolutions d'eiistence*
Dès que Jules Leforl apprit Tinstallalion do Maurice à Chantilly, il entama avec lui une correspcïndance ignorée des deux cousines. C'est à Maurice qu'il voulut confier le^ épargnes £Îo son commerce, heureuiL do remettre en de si fidèles mains ce qu'il enlevait aux chances de la fortune et qull s'assurait dans Favenir, Une transaction grave et du plus grand poids pour le reste de sa vie Tayant obligé de s*a boucher avec Slaurice, il s'était rendu auprès de lui h Chantilly, Les deux amis s'étaient serrés la main en pleurant. Maïs, malgré leurs précautions, l'entrevue fut découverte par Léonide, et c'était pour en savoir à tout prii le motif qu'elle avait si indirectement persécuté son mari» sous le prétexte do connaîtro rinsignilîant entretien qu'd avait eu la veilJc avec la formière.
La paiï était conclue entre les deui époai, aux dépens d'une confidence que Maurice, eût-elle été plus sérieuse, n'était pas en droit de refuser h Léonide : il n'en était pas moins récompensé par toutes les immunités de la reconnaissance.
Il eût été bien rigoureux après tout de ne pas céder. En échange de sa liberté de demoiselle, qu'elle n'avait perdue que depuis deux ans, conimo une compensation a son éloigne me ni de Paris où Maurice l'avait conduite après l'avoir épousée, et comme adoucissement à la monotonie de leur résidence h Cnanlilly, il était juste que Léonide entrât en parîage de la souveraineté domestique, A la condition de vivre sur le pied d'une parfaite égalité dans le ménage, peu de femmes se plaindront des privations qu'il exige, Mais œ n'est qu'à ce prix.
Outre le Sâcrifîce de Paris et de sa liberté, Léonide taisait encore à son mari l'abandon de son orgueil de jolie femme. Elle s'était résignée à Tadmiration unique que lui vouait Maurice, se contentant d'avoir pour lui seul des yeux noirs qui étonnaient même les gens de la campagne , eux qui les ont si beaux et <jui ne s'étonnent de rien ; d'avoir pour lui seul une coupe de figure italienne, ovale et olive, et une de ces tailles fraocbes qui font qu^une femme est nue malgré ses vêtemens,
Léonide porte au plus haut degré le caractère de femme soumise
son organisation ardento : rimpétuosilc de ses pencbans étincelle dans ses yefux vifs, maife cernés ; dans son teint sombre qu*éclaircil une abondante cbevelare du plus beau noir, dans le iel de son cou sans inflexion. Forte et nerveuse a la fois, on sent qu elle serait assez complète pour écouter la volonté de toutes ses passions; qu'elle serait amante jalouse, implacable ennemie, rivale à redouti r, si. en réaliié, elle ne se montrait avec éclat femme soumise et attachée. Elle n'est pas coupable de Texagération de ses instincts. Les démentis donnés h la civilisation par le naturel, qui prévaut si souvent, ne sont pas à la charge de ceux qui trompent : est-ce la faute d*une femme, si, née pour vamcrc un taureau à la lutte ou pour traverser un torrent a la nage , on a emprisonné ses bras dans une robe et amolli ses nerfs dans la soie ? Dieu a fait la femme et sous la dame. L*erreur perce toujours. Chacun, à des momens donnés, reprend sa place dans la création, en s*échappant aux liens de paille que nous appelons mccurs, reli^on, convenances.
Livrée aux opinions conjecturales, Léonidc passerait pour hautaine, indomptable, méchante même, si l'on n'était forcé d'ajouter belle à chacune des suppositions morales dont elle no serait pas irréprochable.
Au fond de ses traits se lit une tristesse pour tout ce qui Tcntoure. Toujours mise avec recherche, elle semble provoquer une fortune plus digne d'elle que cette existence petite où elle a fait halte un instant.
Cesl encore un contrastre b remarquer, que sa virilité a côté de la mansuétude de son mari , homme de trente ans à peine , déjà chauve quoique sans décrépitude, mûr avec toute la fleur de l'adolescence, un
Jeu replet, lui qui était hier le plus léger aux barres dans la cour de uilly.
Si les harmonies ne résultaient des dissemblances, on condamnerait l'union de Maurice et de Léonide; on blAmcrait ce contrat obligeant à rester éternellement ensemble le calme et l'emportement, l'homme de cabinet et la femme du monde, exposés h peser l'un sur Tautre conune le plomb sur la gaze.
Au milieu de leur traité de paix, Léonide et Maurice furent surpris ar la visite de M. Debray, colonel de gendarmerie en garnison a Laval. 1 avait obtenu une permission du ministre pour venir inspecter, accompagné de sa femme, la coupe de quelques biens patrimoniaux entre Creil et Chantilly. C'était un voyage annuel.
— Mes bons amis, dit-il en entrant, je viens vous faire mes adieux : je pars.
— Vous plaisantez, colonel : vous êtes arrivé depuis deux mois seulement. N'étiez-vous pas ici pour le semestre ?
— Sans doute , mon cher Maurice ; mon projet était de rester parmi TOUS jusqu'au milieu de l'hiver : mais j'ai reçu hier un ordre du ministre de la guerre qui m'enjoint de me rendre* sur-le-champ à mon régiment que fe dirigerai, sur nouveaux ordres, vers le point où son excelkoce voudra le mire marcher.
— Oh ! que j'en suis fâchée pour ma part, interrompit Léonide ; moi qui comptais si bien sur vous, colonel, ce carnaval, aux bals de Beau vais et de Seblis. Nous enlerez-vous aussi madame Debray? J'espère que son excellence ne l'exige pas.
— Non , madame : l'obéissance passive n'étant pas réversible sur le ménage, j'ai laissé à madame Debray le choix de m'accompagner, ou d attendre, pour venir me rejoindre, que mon régiment ait \me mission
8 lus certaine. Elle s'est arrêtée à celte dernière proposition : elle restera onc avec vous. Maurice, je vous nomme son chevalier.
— El Ton ne fait, colonel, s'informa Maurice, aucune conjecture sur 4» mouvenent de troupes qui s'opère à celte heure et simultanément sur toute rétendue du terriloiro?
— Beaucoup. Les uns supposent que nous irons, — je ne parle que do
LE NOTârhE 0Ë CnAÎTTlLLY. 19
mon TégïnmnU — * r^nforci?? la pmi^n d'Oron ; tes auires, qiiê nom sej^jD^ f *......„. ,.,* f.....i;èvrcg d*˧[*agiii?, en rtb«^ervnlion. Les avi^i tie gé
j>af*Hi -TiG et l'Atrtfïiif*, vous voyez ! il esi bien qiiee-
tiûn ^ri, , ,. . , ùih ce prqpoâ ie bruii rircule qiic des rt^belles»
«Oîiiioinrips upr h inbunal d'Angers, sont cachés au environs de Pflrîs, tît mi*il- nrjf m- iiK' trûuvo daini fiùlre d^^jKirtemciil plus d'un refuge* Lu genoarii I I i§e est, di('On« sur pied «
— i ^ : I tïvfl^ïiin co ï ï vpni ijki nide , — ^gîissan t î n di fférem mewt , mais wiWi sur œiu' dt'niÎPK? nouvelle qu*apporiiiil beolonel au ^njH des conllainnét rcintumiiies, — de disposer d'un hommes de dis nulle lininmes, ÀUnnnttU;, mu un eaprice de diplomate , el pour tel pinnt de la terre i|ii*il pbîl h MO nuoi*lreï Vmisnveî! fait des prépaie l ifs pour aller en Es^
'% vous avez éïiîdîé la langue de eett*^ ennmfe, sos I il Is inndens qu*elles offrient, tuul h eoup li.^ t€*lépT«phe
(îru< s embarquer pour Aïsçer. Votro imoginaiifvn av^iii r6.vé
iMâinia^ rid, et vou^ recovc'7 l ordre d*ûUer curjt|jer sur l'Atlas,
^tmni les dii.'uiMurr^.
— Otti a iamais prétendu, madame, que la guerre fût un vojtg© d'agréjiiçnt?
— G* n>st pas mm, cobneL Et jo ne parle pis de vns femme?, qui pas- ^11 1 an num de l^iinéo à dout^jr si elles mni ou si elles ne sont pas
— Eu T-TTiNÎ ras, j*avoue, m o dame, rdpllifua en mni le cntonel Dehray, r; rlîjude conviondrait mieux ; snrioui h présent que t'itrt ac
îirrfertînnrîî^, qite eertaint^s machines peuvent faire qumzs
' <'ur a e)itn*mement s-implillé félat civil,
.1 ; on déiruit par ce moyen une armtH? dé
tiniiuiRs en quelmies mintUes. Ne ^erail-il pas plus rai-
iJirit d« souveriun a snuvorain t f^f«nbien d*tiOumies avons*
'^ '" M ! — Tiion$-lo>cbe/. nous.
, madame» indique ce qui sera
[-1 [MUS rjn Ninu hi ^ fptou siuiTa quo lo bravourc per-
i rien, ab^nlunienï pour nen, dans le résultat dtiû»
"■ ' - -- f' ■ '- -in^1qm*s chaudières de plus eu de
l'-ra ciiurme deuï roues^ que/qU6i
. ij que ïft içloiff* ♦i^ii" ^rir,'» rcpré»
1 1 p cbe V .m t ^ cb a cu! ) 1 1 f-z soi,
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ra decuuv(?rt Jo ino^en do tuer trois cent railb hommes d*uil
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i.e, deprendro quelijues petite!
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j'ai de® inlWts aussi cbers* ph"' "^ coups du sort : (\> ï^ont ceux
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lochit Létimdo, tout en t^ouserrant mn im-
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I 4i; à*i îJ*U'
H ans son attitude qur k mlonel liii la conlldeiH?!! dtini il avait fait
Décx)uragé enfin de la détermination de Léonide à ne pas s*en aller, et trop avance pour changer de propos sans inconvenance, le colonel Debray entama son récit avec un dépit mal déguisé.
— Sous la restauration, Yélais intimement lié avec un officier des gardes-du-corps , jeune homme de famille noble , laquelle vivait en communauté de voisinage avec la mienne ; il était d'un cœur élevé, d*un esprit vaste , de conduite loyale : nous avions commencé ensemble nos études militaires à Saint-Cvr, pour les achever plus tard à Saumur : c'était mon ami. La crise de 18â0 vint nous diviser d'opinion , en nous apprenant que nous devions en avoir une. J'étais dans le 5i« de ligne ; il était dans le i'^ de la garde : on nous lit marcher Tun sur l'autre dans les rues de Paris. C'était le 27 juillet. Voilà peut-être l'origine de l'obstination qu'il mit à défendre des idées pour lesquelles il avait tiré son premier coup de fusil. Mon réffiment, vous ne l'ignorez pas, fut un des premiers qui passèrent du côté du peuple. Le 28 , nous nous trouvâmes face à face, isolés, sur la place de l'Hotel-de- Ville, en présence de son parti armé et du mien, lui un fusil à la main, moi une carabine à l'épaule. Nous fîmes feu tous les deux en mêmes temps : c'était un devoir ; mais lui au dessus de ma tête, moi à ses pieds. De lendemain, jour décisif, il fut blessé mortellement à la défense des Tuileries. Je ne le revis plus que deux mois après, aux environs.de Rennes , devenu inutile à sa cause comme soldat, languissant dans une de ses propriétés. Loin de l'affreuse mêlée où mon opinion avait triomphé de la sienne et non mon amitié, nous redevînmes frères. Vainement je rengageai au repos : l'homme de parti ne m'écouta pas. Il voulut encore servir sa cause de sa puissante imagination stratégique, et des immenses ressources que lui offrait l'intelligence exacte des localités de la Vendée où couraient des bruits sourds de guerre civile. En peu de jours, au moyen d'une correspondance active, servie à souhait par les inimitiés nées de la fermentation politique , à la faveur des appels d'insurrection que deg émissaires défrayés par mon ami allèrent répandre avec de l'or dans les campagnes de l'Ouest, il devint l'âme d'une conspiration générale. Malgré lia mort suspendue sur son lit, il dressa un trajrail<{ui, en dépit de quelques espérances exagérées, renfermait une orgailisation complète de résistance offensive. Dans ce travail étaient évalués les sacrifices de tout genre qu'avaient à supporter les riches propriétaires de la Vendée afin de procurer du pain et des munitions aux pa>'sans : chaque bourjg, chaque tiameau , chaque feu, y était marqué avec la part Qu'il lui était commandé de prendre à l'insurrection. Les balles de fusils étaient pour ainsi dire comptées. La part des trahisons et des dévoûmens était faite : rien d'imprévu. Sans une disproportion de forces inimaginable, ce plan devait réussir. Cet espoir nourri de science et d'exaltation retenait seul le dernier souffle de vie de mon ami. La mort fut plus forte que la volonté : il mourut dans mes bras ; et c'est à moi, malgré mon opinion si opposée à la sienne, qu'il voulut confier ce plan de conspiration, de campagne et de guerre civile , me suppliant ae ne le remettre qu'à un général dont il exhala le nom en expirant.
Ce général, mieux avisé depuis, moins dévoué en tout temps peut-être que ne le supposait mon ami, a, par sa conduite, rendu impossible cette restitution. Il a engagé son épéeau service de l'état. Resté seul possesseur de ce plan, tant que les révoltés n'ont détruit que nos récoltes, n'ont incendié que nos granges, je l'ai respecté : en faisant sauter ce cachet, je pouvais sauver de la ruine mes propriétés et celles de ma mère : il n y avait pas là assez de motifs pour violer un dépôt. Je laissai brûler. Aujourd'hui que les rebelles, suivant par induction le plan de mon ami, ont une armée, des chefs, presque un gouvernement, ma conscience hésite à celer ces papiers plus long-temps. Puisque le secret de la rébellion organisée s'y trouve , celui de sa destruction y est nécessairement enfermé aussi. Il Y va donc du repos du pays. Le gouvernement me sait l'héritier
LE ^OTÂIBR DE CH&NTtLLT. It
û& ce plan par suite de rindiscrétion du gcnéfal k qui il était primitivemerit aeslino par mon ami. Le ministre de la ^erre en connaît l*importance; il le réclamera , je m'y attends. J'éprouve, mon ûmi , qtielqiie ré~ £UgOjiDC& à le lui remellre, cl je manque de courage pour le lui refuser. Tremblant devant ma conscience, irembLanl devant mon pays, quelle que soit œa décision» j'ai peur du remords. Agissez à ma place* Vous avez plus dt luniières, autant de pîilriolisme que moi* Voire erreur ne sera qu une erreur : la mienne serait un mum^ Que deviendaienl ces noies si impor- Umtes., si je venais k mouni pendant ta campagne d'Afrique où je puis iilre applé? Los emporter avec moi, ne serai t*ce pas les exposer aui vi- Ctssïiiuaes delà guerre? En les laissant dans ma famille, qui m*assure qus ma ff^mnie, très insoucieuse de ces papiers ^m valeur apparente, en acquitterait la restitution eu temps opportun? Votre patriotisme m>5t connu, Maurice, c*cst h vous que je les livre* J'écrirai demain au ministre que ca funeste plan est entre vos mains ; il s'adressera à vous lorsqu'il en aura besoin. Le voici. Dn simple reçu de vous, Maurice, et ma conscience sera tranquille. A Theurede iM>uveIles nécessitoSt — et celle heure paraît proche , de porter la guerre en Vendée, — ce plan de campagne serait bien autri-raeni précieui, mon ami , qu'un iesianient ou un ûép&\ d'argent ; il renferme reilinction radicale de la guerre civile, le sort d une province » h tranquillité de la France. Je n^ose vous remercier, Maurice, de la responsabilité que vous acceptez, que mon amitié vous impose. Vous vous cbargez d'une tdche honorable et qui ne serait pas sans danger, si le parti contre lequel ce travail peut être tourné vï>u:!ï en soupçonnait le déposi^ taire. En Vendée, Tincendie ou Fassassinal, je ne vous le cache point, sauraient vous faire livrer ce plan d'extermination ; mais ici , loin du tbéàtre où U aura sa terrible utilité, vous n'avez qa*h vous armer, pour iê garde, de cette fidélité qui n'est pas seulement un attribut de vos lonclions, mais que chacun se plaît à reconnaître en vous comme la marqua constante de votre probité d"homme, Debray remit le plan de campagne entre les mains de Maurice-
— Colonel, il sera fail comme vous l'exigez* Parlez, l'esprit iranquillet |M>ur %'Qtrc garnison. Je ni'eftorcerai de justifier Ta mi lié que vous me lé-^ ftiolgnez en vous abandonnant à ma prudence. J'agirai avec la circonspecttofi mi'eiîgTe un dépôt aussi sacré* !l ne sortira de chez moi, si la nécesitté des temps veut qu^il en sorte , qif après que j'aurai concilié mes devoirs d^ citoyen avec le respect ûù h la volonté dernière de votre amu
U* colonel Ekibray pressa Maurice contre son cœur. Jamais bi figure do Léonide n'avait été plus pensive,
— M<>iniiman(, voulez- vous, colonel, que nous passions dans mon etbî»riî du Maurice, en qui lous les senti mens élevés avaient été rerotïéa par la prnive d'estime rnie lui donnîiii te colonel Debray. Maurice appor^ inii '■ ^ ' ^rable lirgueil à être cru digne de sa charge, qu'il n'- ' ■'^'^•^-t
au w mois, et au milieu des susceptibiliiés si peu in
\iÉ. ^ ., ville. Avide de considération, il confirmait la vérit* ,,. ,, ,,^ maitïme, que le cas qu'on fait dos hommes est presque toujours la mesure de Irur ligne futun* d'élévation. Si on ne les estime pas un peu sut ftfole , !»i on ne se hasarde pas h les croire ce qu'ils aspirent h tHre , il ùfi pru rH'bûblo que, privés de cet aiguillon, ils aniveronl au point où il5 i1l»s avec de tels encourageniens,
^■- t un de ces hommes actifs auxquels notre société moderne
fl pûn^ un Rilief exubérant. Parla place qu'a prise la richesse spr la nai^ sancc et mi'me sur le mérite , ces hommes nouveaux oui su , avec une njit5.sance honorable, un mérite réel parfois el quelque fortune acquise^ obirnir un grand ascendant sur nos mœurs, Maurice est bien mieux parl^gécnse le simple propriétaire qui n*a que sa valeur unitaire et tréinsi- Iflm 06 iuré, d'électeur ou d'éligible : car il lient dans sa dépendance la totUMm m réligiblé» de rélccteur, du jurL% au'il peut , par ses conseils ou
S2 Lfi TtOTAinB DE CITATtTILLir.
son exempte, ontrahier dans des pertes où so trouyeront andanlis leurs litres politiques.
Il les lie indissolublement à lui par l'autorito de son expérience au'îls préfèrent h la leur, par sa fidélité qu'ils élèvent bien au dessus des cnanoeuses fidélités d^amilié et de parenté, par le titre légal qui sacre ces qualités et qui pourtant n'en constitue aucune, puû:que ce titre s'achète et ne fie mérite pas.
Maurice, par sa profession, est plus que *j'it ce qui est de quelque valeur autour de lui. La société vit sur les inl *jts: il les garantit, il est la loi : il est mieux que la loi ; car la loi est muette pour beaucoup : il l'ex- "plique, réclaircit, lui donne un son : il est la loi qui parle. La loi est inaccessible sur son tribunal, avec ses juges au haut de la montagne : lui, lu met à pied, Tassied sous un ch^ne comme le bon roi saint Louis, et au milieu des moissons pour en régler le partage : il est la loi qui marche. La loi est juste, mais sévère pour les hommes; ses yeux sont boonx, mais ils n'ont pas de larmes : lui, il est la loi qui se penche sur le lit du vieillard, — près de l'oreiller d'Eudamidas , — comme un fils ahié qui vient, non réclamer sa part plus grande d'héritage , mais faire faire bonne justice à ses frères : il est la loi qui pleure.
Le contrat garantit la propriété, le contrat ^rantit le traité entre le domestique et le maître, entre le chef et l'ouvrier, entre l'argent et l'industrie , entre la tôle et le bras , entre la pensée et l'exécution. Mais qui garantit le contrat? le notaire. Ainsi toutes les transactions sociales Tont pour gardien. L'ancien blason du notariat exprimait pittoresqueraent ce pouvoir d'unir qu'a le notaire : c'étaient deux mains l'une dans Taulro.
La mission du notaire est d'autant plus grave qu'elle est sans contrôle: le prêtre relève de Dieu; le médecin, ce prôtre du corps, relève de la tcience. L'enfer nous répond des exactions ae l'un; les universités sont la caution do Tautre. Celui-ci a un serment, celui-là un diplôme, le notaire n'a qu'un reçu do son prédécesseur. La vertu fait le prêtre, la science te médecin, l'argent le notaire.
Poussé aux limites extrêmes, l'abus que peut fanr© lo prêtre de sa puissance, c'est de vous damner.
La plus excessive domination que le médecin soit entrahié à exercer 608S votre toit, c'est de séduire votre femme ou d'épouser votre fille.
Le notaire n'arrive à son dernier développement d'action morale sur la société que par la ruine de la fortune privée.
Et qu on juge des ravages plus grands que le notaire est en position de causer dans la société. Qu'importe que le prêtre, en colère contre le siède, abaisse devant le front du pécheur la gnlle du confessionnal; qu'il loi refuse l'absolution; qu'il interdise l'eau du baptême aux enlans, le leiledu mariage aux jeunes filles, et Thuile sainte aux mourans? La mairie de Farrondissement ost 1^ : elle baptise, raarie et enterre : qu'importe enfin que les prêtres nous chassent du temple comme des vendeurs? nous •vendrons à la porte du temple.
Qu'importent aussi les séductions d'alcôve du médecin? H a suborné •une femme, épousé par surprise une riche héritière : où est le si grand mal? autant lui qu'un autre. En sommes-nous là aujourd'hui? D'ailleurs, pourquoi n'étes-vous pas le médecin de votre femme? La civilisation nous a appris à nous passer d'une foule de servitudes oue subissaient nos gros» siers aïeux : nous sommes aussi forts en jurisprnaence pour le moins que les avocats; en politique, un roi n'en sait guère plus que nous ; mais nous ne savons pas seulement sonder une plaie. Avec la moitié du temps que nous perdons à apprendre à danser, nous deviendrions médecins, — souvent Mauvais, sans doute : ceux qui ont des diplômes sont-ils infoillibiedlT
La société moderne ne reposant que sur les intérêts et non mor f^ vertu,.le marchand vertueux qui n'a pas d'argent ferme beuti(qpB; la né^ gociaBltTertoeux sais argent n'est pas reçu à la Bauftw>; ie^eiiuifii <W*
LE KOT&rnK nn CtlAKTlLLV,
fnfiiT sarta arg^t no %i^f^ jamais député, nmro ou conspillcf mumcipat* fh liii^it nV^N^i^ pas r*vflkc d(i (TOI a ire do placer, do dôpliKét\ do uuro M • ^ 1 itoui.cn lotil avec lei|uol on êîii loiuî
i 111%, rnnsidérrttion, ver lu» la possession
' IV iLiujiir ^:m le dirtxieur do cojiscieuce auf^ucl
IV s'éîâit levé : M.-ïurîco !e précéda pour liri ouvrir ïa
1 okt il ollait Itii doUvR^r le reçu do ce pl^ii de cam-
. .,.. \ .. ;.. j * qui lui eUît confié avec uuc si haute pct'uvc d*es-
ml îr* nvit du colonel, Madrloe a fait à plusietirs r» rirîse^ «idrc^ ^ pour rengager a passer dans une , , sa pré*
i;iMncniivenat)a\ Eu feutnie fière, l ■ ' Tatr da
ne ] ndre rinjmicliiïTi de snn mari* Elle nff ^ i i mm Je prt'ter
tJtï" «)nl>«nue il iVl enirelien que le car;ii h h d^^ I ,ijsi>n lui
' comme on Ta vu . ^ynxi paru d'iUïord embarrassé de
! d'^r mais il avail fini pnr penser que Maunee éninî ait
M ' lui il la discrétion de!^ offnires, il on - > ula
, a ri agi*r la ton r i a issan ce aree lui . T ■ j | ua
iw iui avait suUÎ pour oser s'eiplîquer utnani Leo-
riir:
port,
lime.
lui (j ^upu^l^nlun
Me.
Léoûide i;*étaJt îe^éî Ool'ViHft Dt*liniy, décidée
femme i, *in fi tf,.i^-irit une pt^i^oniie dan^ Tesprit d
mufide] i^hir sous snn mari. Heureusr
fI*Qfiag!Oi '
ér* aussi, prAte h suivre dans le cabinet Maurice et le idée h ïain' prévtiloir jusqu'au bout sa volonté dd
l'S enîfpfaiïos, arriva le frère tJ
tî}«v : a* fut un préLeitc tout trouvé pour Sfaïuiice de sfd df:barras56r dô la i "tr sur lo f tèft».
— Vcras toidez , Léonide , dît Victor Reynier à sa s^tir. Le ÊO^iveraô* Bldomcstiiiuo se cottdiurati-d iiiai?
de saison, jû tûiis jutp, Ticiùt,
PACMC»!
.H.% n l'obsède î j'y mourrai si je n'en sors. ihn lîciuh' davantage à Paris : il ii*y a |mâ dliâbt^ riiuel est de yiym en provUic© pour &*y
\ long, mon fr^?
iiriœ* Un honntte homme s*earichil en vin^t ans, un banquier dans huîi ans, s'il a trois malheurs coodMs sii « s*U ne fjit ^lucune banf|uerQUie ; un notaire jne dons cinq ans. Ijes notaires de province oo sont
, *■ '— V ' ' r *. restera
i.idu u HM'Tri ^ :? iniiiiuir u i uMr- un ii>>i u^^ p.ipcr*iSSea
'Ile foi? non. Charij^ viti* 4*0^ :h^ vous le siiveï , qu ^ Maunci
f 1 *r ' r?in 1 r' nf Iv 'f i ' r •■ 1 1 1 1 i- ! 1. 1 1 1 1 • . T '
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26 LE KOTAIUB LB CnANTILLT.
les lumières, la probité, le bon sens; qualités dont chacun se passe, mais que chacun exige en autrui. On sait dans Paris que Maurice m'éclaire de ses conseils dans les opérations fmancières que je tente ; on le dit presque mon associé. Sa réputation prot(^e la mienne. Hommes d'affaires tous deux, notre solidarité réciproque eut été illusoire ; Tun des deux étant notaire, le crédit s'ouvre partout ; il vient nous chercher, il est venu. N'estce pas là une de mes combinaisons les plus triomphantes? Qu'il se présente un bon mariage et je n'ai plus rien à désirer I Je conviens que notre étoile est brillante et que j'ai trouvé non seulement un excellent beaufrère dans Maurice, mais un honnête homme. A sa perspicacité en affaires, votre mari, ma sœur, joint le beau privilège d'être dévoué au pays; il est un des flambeaux du conseil municipal. — Ne riez pas , un homme adroit n'eût pas mieux calculé. Il a le mérite , dit-on partout , d*avoir une conscience politique : qui sait? quand l'opinion n'est pas uu métier, ma sœur, elle est peut-être une vertu.
— Je voudrais, moi, mon frère, qu'il fût un peuplas complaisant m ari.
— Je lui en parlerai ; mais jurez-moi de ne pas le dégoûter de la province par vos éternelles réminiscences de Paris. A quoi bon î Etes-vous assez riche pour habiter un hôtel rue Laffitte ? pour posséder un château dans la foret de Saint-Germain ? Avez-vous des chevaux dans vos écuries pour vous y transporter dans une heure? non. Restons ici. Je vous promets tout cela dans six ans.
— Y songez- vous, mon frère? c'est juste le délai que vous donniez à un frijpon pour s'enrichir.
— Otons un an et n'en parlons plus. Voyez si, depuis six mois que nous sommes ici, i'ai perdu du temps. Il est vrai que, sans moi, ce cher Maurice en serait à ses bénéfices de rôles ; il aurait bien gagné trois mille francs. Je lui ai fait acheter d'abord un champ de vigne entre deux champs de blé. La situation incommode du propriétaire des deux champs traversés par le champ de vigne a forcé celui-ci à nous les vendre, — c'est M. le marquis de la Haye. — Les trois champs ont été à nous : devenus ensuite acquéreurs pour quatre-vingt mille francs d'un tiers du bois qui limite ces champs, nous y avons interdit la chasse en vertu d'un vieux contrat, ignoré du marquis, qui laisse ce privilé^ à l'acquéreur du tiers. Il a plaidé : nous avons f;a^né. 11 en est tombe malade, le noble seigneur. Le voyez-vous relègue dans son château comme au milieu d'une île; dévoré par les cerfesans pouvoir tirer sur un seul? La coïKéquence forcée de la situation oh il s est mis, c*est de racheter à tel prix que nous voudrons le tiers du bois qui nous appartient, ou de nous vendre les deux autres tiers avec le château. Il se décidera : nous attendrons.'
En attendant, écoutez encore, ma sœur, de quelle manière je m'y suis pris pour arrondir notre propriété, qui a déjà cent arpens, d'un grand terram vague ou l'on pourrait construire une admirable tuilerie, ressource dont manque le pays. Un vieux fermier, plus dur que son terrain, ne consentait à se défaire de son bien patrimonial, où les os de ses pères étaient ensevelis, disait-il avec respect, — malice de fermier, — au 'au prix de vingt mille francs. La terre vaut le triple, — c'était énorme d'exigence. — On lui en avait offert une fois dix-neuf mille francs : il avait refusé. Quand nous nous présentâmes, Maurice et moi, chez ce terrible fermier, le malheur voulut qu*il nous reconnût pour ses voisins, les propriétaires du bois. Sous son enveloppe grossière, il devina qu'il y avait à fonder une bonne spéculation sur nous, et qu'il dépendait de lui de nous mettre absolument dans la position où nous avions relégué M. de la Haye, le seigneur du château ; car il fallait traverser sa pro-
Sriété pour aller au bord de l'Oise. A la rigueur, il nous aurait interit l'eau, de môme que nous avions supprimé à M. le marquis la chasse dans le bois. Pour visiter son terrain, nous avions la rivière à traverser ; nous nous embarquâmes dans un batelet. Tout en coupant le ûl de l'Oise,
LE îfOTAtllE BS CtïAIfTlLLir.
|« m*avisâi de prendre machinalement une pièce d'or dans ma pache ei de b bncer au loin.
— Une pièce d'or dans le fleuve, Victor?
— Oui, ma sœur, et cela aiis;si froidement tjue je yûU3 TaHcsle; par eiemple, je ne négligeai aucun prestige d*oplique poûr faire luire aux yeux du fermier rétrange caillou qui servait a mon passe*lomps* Â la vue d(^ cette pii^co d'or disparue^ il fui sur le point de se précipiter tout habillé daïi< le fleuve pour aller la chercher au fond de Teau, où il serait peut^Hre n?stê avec et le. Maurice le relinl en Tassuront q\m j'avais contracté cettft hitlniude luiueuse do jouer aui ricochets par suil© de la grandi* quaniTto d*ur dont je di9|K3sais depuis ma jeunesse, ei un peu par mépr phique pour ce métal. Maurice, dont j*avats eu beaucoup do peiTti ' r im compère, m'accusait tout bas de folio.
— Vauidi-niandeï vingl nulle francs de voire terre, voisin? El |e fis volor un double napoléon h vinçl brasses du bateau. L^envie el le;^ regrets du fermier ne se disen! pas,
— Vingt mille Irancs l vous vous trompez, mon brave homme : voir*» terrain., ancien bien national , en vaut^ cinquante mîUo comme un rouge tiard.
Pi^ nouveau un double napoléon partit au loin avec une portion de Tâmu du lénnier.
— Ancien bien national ! s'écria le fermier ; que dites-vous là ?
— Oui 1 un ancien bien national, et vous savez que le congres de Vienna €Sl lenible sur ce point-là.
— Bien national î hien national I
— Passons, mon brave^ ne nous arrêtons pas h cette considération qui ôl© h votre terrain les cinq sixièmes de son prii. Mais cToyet-en un liomme tel ^ue mni, qui se moque de Targent comme des petits caillouii les propriété:* ont énormément perdu depuis le changement de dynastie : un quart de la France a émigré, Tautre quart pourrimitern'aUend qu'une WDOnsiance. Des gens qui ont toujours le pied dans rétricr n'ont guèrOf
s Tavoueroï, notre voisin, l'amour de la n*sidenco. Tout ce qu*ils postRl est en billets de banque sur Télrangcr; leurs propriétés son l vendus ou h vendre ; Dieu a quel prix 1 L'or, mon brave homme» voilk U Téfif?**^'* '• * riétê à celle hetire : Tor est sans prii* J^ <; poignée on l'éparpillant sur Peau.
-^ :... r.-i^ nttentîon, dis-je au fermier qui bondissait à sa plaœ-
Mdis b ; r^n nature, telle qu'est la vûtre, c'est de la terre, de
là boue ,' * ■ laîne pas avec soi. Qui est-ce qui en veut aujourd'hui?
petwiine : des ious, moi. rachèterais voire propriété» savez-vous pourmoi? parce que je suis amoureux de ce site, des petits poissons rouges OQI étangs, de la vue de la forêt que mon ami, monsieur, a acquise pour TilMItre et ta convertir aussi en or. Dans cet état de désolation politique^
a durera plus ou moin^, im jaune louis vaut mieux qu^un arpent do bob* 4SÎ h franchement parler, le cœur sur la main : ravai»; dit nnpiilmns dans la mtiin qun je secouai hors du bateau.
— Huit mille francs pour votre prnpriélo, c'est bien payé : acœptf*^, «-Uiiit mtUe francn! ei on m en a proposé dans le temps dix-neuf
miKhrl Et les os de mes pauvres parensL*.
— A ?o« parens,^^ je m'inclinni, — nous élèverons un tombeau, avant * 1 ée ne pas percer un puits artésien qu centre de leurs mAnes. Quiinl
l dfciHieiaf mille francs proposés, j'y crois sans peine : votre prupriété Ml vaut dllfBaole milie — le bel effort l et puis commem vous auraientils M pavés ci^ dix-neuf mille francs fabuleux? On connaît les rubriques 4t C^ ncnetours si faciles : des billets à termes» des termes sans Hn. des fini du non*re(:evoir. Huit mille francs, c'est peu sans doute, relalivem^ill à It betulé du terrain, mais c'est sâr ; mais les Opaques, les Cosft^u^s \ Èm eofnpten-vûus pour rien? Après tout, jo tiens peu h vous convalaciVi
M LB irOTlARB DE Cnâ!«TlLLT.
«• les opinions sont sacc^, — et surtout à tous forcer la mam : now D'en serons pas moins bons voisins, bons amis, llcin? Nous en serons pour avoir fait ensemble une délicieuse promenade sur l'eau. Me retournant ensuite du aMé do votre mari : — Ai-je été adroit aujourd'hui, Maurice ! sur deux raille francs en or de ricochets, pas une pièce de ringl francs qui ail gauchi : elles sont toutes allées à Toau comme des hiionddles.
Le fermier roe prit la main et me dit :
— Avec un homme comme vous, il n'y a pas de danger d*(^tre trompé. Vous me paraissez attacher trop peu de prix à Targcnt pour tenir à mule ficaacs do plus ou de moins. Tope! Huit mille francs : c est dit :
— C'est fait, répoiidis-jo : la pn^iélé est à nous. Et nous mimes pied à terre dans noire bien.
J'avais jeté mille francs en or d»is le f!euTe pour en gagner plus do trente mille : c'est le secret de tonte affaire. Il faut, pour réussir, débuter toujours par jeter mille francs à l'eau.
--• On dirait un apologue, mon frère.
«*- L apologne a été enregistré hier aux domaines. Youlez-Tous encor* retourner à Paris, ma saur?
•*<- Je patienterai, mon frère, soit; mais du moins vous m'aurez clairement traduit nos espérances, et elles sont belles, j'en conviens : tandisr que Maurice n'ouvre jamais la bouche sur rien, lui : il est tout mystère. Lfi peu que je sais, je l'arrache à l'insomnie de ses nuits. L'approuvezvous? Ne me sacrilie-t-il pas trop à la prudence de son cabinet? N'Ôlre de moitié avec un homme que dans son existence physique, c'est le partacss d'une maîtresse. — et c'est assez pour elle, — et non le lot exigible d'uno femme. Je mérite mieux. Je souffre de son silence ; je rougis d*être toviours de trop lorsque je me trouve en tiei^ dans son cabinet ; enfin, pooiquoi suis-je déplacée chez moi? Les étrangers sont chez eux dans ma nwisQn ; moi seule y suis étrangère. Si j'avais épousé un prêtre, v^vntis-je dans une plus rigoureuse abstinence de paroles? Au moins les pcèires ont eu le bon sens de s'interdire le mariage.
— Ah ça, ma sœur, une tempête a donc éclaté ici, tandis que j'étaî^à Pirist vous en êtes encore tout agitée.
— Je vous l'ai dit, mon frère, Maurice me tyrannise de mille contrariétés plus pointilleuses les unes aue les autres, et cela, sous le commodo prétexte que son cabinet ne doit être accessible à personne qui vive, en dabors des affeôres, pas même h sa femme, a moi ! Or, comme il y est les tmis quarts du jour, une partie de la nuit même, voyez l'heureuse communauté d'existence qui règne entre nous. Et si, de mon côté, je m'au^ torâais de l'isolement où il me relègue pour recevoir aussi dans mes ap~ pattemens mes amis, tout le monde, excepté lui, trouverait- il cela bi^ juste? Vous entriez, tnon frère, quand j'achevais de lui infliger un pre^ mier exemple de résistance. J'aime Mannce : qui en doute? mais on aime les gens pour les qualités qu'ils ont et non pour les travers qu'ils s'im* posent, lit eût été fort aise de m'éloigner, d'un signe, de son entretien avec le colonel. — Présompdtioii ! je suis restée. Debray pensera ce qu'il vaudra. Au sivplus, j'ai juré de n'ignorer aucune des affaires qui se traiteront dans le cabinet de Maïu-ice. Ouvertement, ou par ruse, il en est uan, mon frèse, que je veux percer à jour : et pour cela j'ai besoin de les comaltre tmisteB.
Victor se prit à soiffire, h voir la pose fière et décidée de sa sœur. Pendant tout le temps qu'eUe avait donné au libre épanchement de ses récriminations conjugales, il lavait encouragée de Tassentiment tacite éa gofite. Quelqu un av^sL froid que Reynier aurait deviné en lui un compliœ ; mais Léonide avait trop d'eroportienient pour faire preuve de finesse dans un pareil moment : aussi, sans laisser soupçonner où il voulait en venir» aoalcèra put luà diit ;
te TfOTiniE DE CHAÏITJLLY*
— A la pbce de Rlauricc» p toqs aurais b'cnfût gulUfnire, Léonideî je TOWs prendrais par U mam , et, ofirés voii?^ ;i\ok prùîc do tous asseoir dans le biilcuil de consuUaiio», ^o m tous f»?rûis gnke, dtimnt un jnur eniicr, dumnl un mots, s'il lo ùUaU» d'aucuno dt;;^ uflairc^ . -umU-Js ou peiiies, df>ni il csi rarbitrc. Oh 1 quo volis seriez bîcnlât Li od-
téc de cû nMe, ma souri Vous vons lmti^\m^z donc, enLi . : q>* IjtnPl d'un noliiire çsl la scciie d'un perpéîw?! proverbe diiiowutjuo, un thc^AiT^^ ou îklnuriec occupe la prei»*icre luge, ei doiil il vous ïnlerdit Ten- .- sa(mj5i*r en loule liWlé, comme un imri f^n bonnes for lune*? 1 itmez-vous : niotns de poà:ie^ Tout ^o passe 5 ras de Itirû, à
dciiii-ujuis, û voiï btisse dans Tmirredu noiariat. îl y lait noir comme dans le cdiir honiain. <Jtr^ voli-on? Tanlûi la stupidilé inLnteltî^ible d^un paTï^in qui Jfhnn> trot^ Ivenrcs de comsullaliori pour savoir s'il achètera ai/fion tîiîr prf>[ni<}ti" fargr' lommcim niouchoir ; tantôt un vieillard gotktteui i|ui, (rusir^^nt la fd^nilh' dont il i\ d'ith^nè rhospiuvEilé« dananda tm iT!s ou pîniAt unn toomlieiié pnur gralilier qurlque afftTïion de bflUe dit TTcnt ^t^c d*argcîii qirif doit a la reconnaisjsitnce, tl vient s*en<nîc'nr» lô bon »k jîbrd, de rarude du Codé qui n'a pas prévu son iiigratitiido-
Victor abâûtbait rallentiûn de Léonide. sur Tesprit dt} la^uelk catle peii>Mire ne produisait pus Tcftet qu'il avait feiot d*en atlcndre*
11 tontiniiÉi :
*- Qu y voîl-on encore? I^ fourberie la plus ébonléo nîiso en praLiquo par les bontnïes : cohii-eî chercboà passer pour mourant aux )ijui de Câluî-it. alin dVn oblenir une pluâ grosse renie vwgêre; et il no tient
r compte do la jeune feinmo qii on lui fait épouser |iOur bàier le terme la pi* n si on. Voudriez- vous tire prévoie à la coînptiruiiou de deui ë|ïoui qui, pour tronjper Tavidito do cré^nriers cl la bancju croûte, vont 80 séparer de corps et de biens, cl donner a a:l acte de désunion la publtcîi(*do rcnregisircmenl et de trois joumaui? Afin de conserver «no commixJe en sopm et six cbaisescû merisier, ils renii ' ' ;;t nns de nartage, Stmi-co Ih. les mystères domcsliques que ■ / tant de
pén^tp^r, on h'"'^ -"^--vouîs jalouse d*eclaircir 1 intn^v.. ^.. ^..ue jeuoe ïcnifue ijni. c s devoirs de malnrnilû anticipée avec le décorum
:vv:irll le martage. vrilc. niôn» ?i yaiH-f- xrni rnorî
I iTLs eiclu de 1 -l-il
. I lant^q^uia dc^^T , rgîiû
el qui accourt les ratircr brusquement au milk'U deia imit* vetlleîKst^e h remuer ce bngesugode faruîlkv ceschos© i toutes liumïd(?a des misères df^ lu socuMé, que vtjuâ sacrt- ,ff>5 ^je !f>iletîe, Tos promenades dan^ lo bois, voira qsiai^ siîcf Je crois vous avoir guêfie pn«r toujours du ilan? tC5 alTarres de votro mari, n*esl-co p*is? Y, que viHis t Méprise A d'un ion t\ inspirej- le pluK re, reprit î/onide eu ïaneant a sua frète un rt*- -r IH 1,1 ,tiu:rin pffnrt psitir drUonmcr. Vous ii*avi ^ vn^ rxi'itifiii'. iJ^' lie i:our*igrmcnt, mon frère, et ti '•'■' ' ■'] Ht iïuirrpri'ie dans le sens que vous i , laiàst^ percer en tout ceci un tond di „.... ....^i pftsplus diipo quo rauteur. Ehinoù m^^. i*-^,-
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dont le ^j,-.^, frère?
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, Victor.
*— ' Eii 14 n'avez |Oué la ctTntnidlctioB gti'afin de 00 pi
nmgDr 14> u.^ il m^ii tivts avec la partialité d'un frca*; motsCÉIIf
ionorablu 4^éâUU(i€e octromplin , ûvcmons qm nous nous comprenûitf I
-> OÙ est d'ailleurs le mal pour les autres?
— Le mal! mais, n'est-ce pas un grand bien, ma sœur, de guider ceux qu'on aime dans la voie de leurs intérêts?
— Sans doute, mon frère, et Maurice n'aurait qu'à gagner à ce qu'on tint le fil de ses affaires.
— Puisqu'il n'en saurait rien , ma sœur, son amour-propre serait sauvé.
— Oh! oui, mon frère, il est essentiel qu'il n'en sache rien.
— Comment devinerait-il quelque chose, Léonide, si nous étions derrière une porte, à travers laquelle on entendit parler, par exemple, et qu'il fût dans son cabinet? Ceci n*est qu'un exemple, qu'une innocente supposition...
L innocente supposition de Victor nous rappelle que nous avons omis de dire que trois portes drapées s'ouvrent dans le cabinet de Maurice : l'une a issue sur l'escalier extérieur, pour les cliens ; l'autre dans la salle à manger où se trouvent Léonide etReynier; et la troisième communioue avec la chambre à coucher de Léonide : c'est la plus secrète, celle par laquelle passe Maurice quand il se lève la nuit pour travailler.
Un bruit nouveau s'élant fait entendre à coté, le frère et la sœur suspendirent leur pacte et leur conversation. C'était M. Clavier qui entrait dans le cabinet de Maurice, au moment où le colonel Debray en sortait.
— Ma sœur, dit Victor en offrant la main à Léonide, nous nous rendrons dans votre chambre à coucher.
Qu'est-ce que Victor Reynier?
Un homme d'affaires.
Qu'est-ce qu'un homme d'affaires?
L'école d'Athènes n'eût pas trouvé do réponse à cette question ; ou bien elle eût répondu par cette autre demande : Qu'est-ce que Dieu?
Car tout est du ressort de l'homme d'affaires — les lois, les lettres , le commerce, les mœurs, les arts ; à ces conditions pourtant qu'il est avocat sans diplôme, littérateur sans avoir jamais rien écrit, négociant sans maison de commerce, moraliste pour avoir concouru aux prix Monthvon, artiste, quoiqu'il n*ait fait ses études de peintre qu'à l'hôtel Bullion, les jours de vente. Si la société était un rocher, l'homme d'affaires en serait l'huître ; le champignon , si elle était un arbre ; le ver, si elle était un fruit. Comme elle se compose d'êtres honnêtes et bons, il est homme d'affaires. Que fait-il? rien : on fait pour lui. Vous avez une idée : en remontant de cause en cause génératrice , vous vous élèverez jusqu'à Dieu ; son saint nom soit louél —En descendant de résultat en résultat produit par cette idée, vous arriverez jusqu'à ITiomme d'affaires. Aussi Dieu et l'homme d'affaires sont placés aux deux limites delà création intellectuelle, et vous avez parcouru, pour avoir une définition, un cercle de raisonnement qui vous ramène à la première question et à la première réponse : Qu'est-ce que l'homme d'affaires? Réponse : Qu'est-ce que Dieu?
Soyez peintre, et que la muse vous inspire un tableau ;
Soyez poète, et que la faim vous dicte un poème;
Soyez riche, et éprouvez le besoin de vous ruiner;
Soyez pauvre, et veuillez devenir voleur;
Croyez-vous que votre tableau, vous, peintre, vous appartiendra?
Que votre prose ou vos vers, vous, poète, vous appartiendront? Que votre fortune, vous, riche, ira où il vous plaira ?
Et vous pauvre, que vous parviendrez à être voleur?
Un tableau peint, achevé, verni, encadré, est là : c'est un Roqueplan.
LE NOTAI &S tït CQJINTILL¥.
t'homme d'affaires enlre et di( au pcinite orgueilleux de son cmivre:— > Vend!?- moi ton Uibïeau? — Gimbien^ Zeuxisf
— Six miïlo francs,
— Pr^^ncï. L'homme d'affaires empnrle lo tableau ei le remet à M. Id coititi^^ui la lui paie dix milles francs. Au bout de trois ans, le comte nieurt ; kf^ hérilten^ vendent sa galerie de pomiur^, 0*^» se prêsi*nte pour racht'ter? un hamnio d'uttaircs^ qui cède à uu banquier pour emi| rnîUe francs te tablenu do Rofiueplan après lavoir eu pour irois mille à la vente par suite de décès.
Le banquier fait banqueroute ; c'est convenu- Sur tous les murs de Paris di>s afliche^ jaunes annonceni que^ parmi les meubles saisis, il y a des candelabresv des chenets de bronze et un Rcjqueplan» Pour le Ciimple d'un ^pri^T nu; ^n maric, Tliomme d'affaires achète lu Iloqueplaa, et bénéficia dt I i n ze cetj ts francs .
iM.tns* Le premier homme d'affaires a gagné quatre mille francs sur le tableau, le second deux mille, le Iroisième quinze cents fanes : totaJ du béoéÛce du brocantage : sept mil te cinq cents francs.
Ceci en moins de diit ans. Dans vingt ans le tableau du peintre aura contribué à fairo bien vivre huit hommes d'affaires, à doler leurs tilles, h édu^er leurs fils. Les enfans do Roqueplan mendieront peutn^tro sous le guiclièt du Louvre.
L'écrivain esi plus immédiatement placé encore sou^ la griffe de Phommo d'affaires. Par son nom qu'il si^ne au bas de son œuvre, le peintre échappe du moins en partie à rengloutisseinent» L'écrivain n*a pas nKwe ce privilège. Il ne ^igne t^w les tons à tirer ; sa publicité nominale s'arrête au proLe d'imprimerie, Lliomme d'alfaires peut eiro libraire sans brevet : alors il vous dépouille par volume; il vous desséche par traditions, iraitalions* conlretarons* iauï rucmoires; il vous enlève mt^me votre nom légilmie o>nsacré par TEglisc pour vous abâtardir du pseudonyme en voguc. Si rhomme d'affaireis travaille sur lo Uligieui, il vous pompe la vie et Tesprit par consultations, mémoires à consulter pour ou contre, ad t esses aui tribunaux. Il t^l quelquefifis directeur de journauîi. A ce titre, iî ¥Ous gruge Timagination jusqu'à lamer : aujourd'hui c*esl un conte pour k^cntans, une fable quïl mendie; demain il sollicitem h votre porte uo article de haute critique ou une broc h tire contré le ministère, si ce n^esi la de^ription d'un moulin a charbon ou d'une scie de fonne nouvelle. L'iionime d'aCiaire journaliste s'habille de vos plumes, comme le geai ; tl l%à^Mf jwmr un homme d'esprit avec lo vôtre, oevienl receveur-général à c*i ' j s êtes laissé violer dans voire opinion pour quelques
t' la croix d'honneur, mais la croix est pour lui seul;
r»ii-iirii ' j . il roule dans un landau dont les roues sont grais-
sées avec \v ■• ; et, au bout de cinq ans, lorsque s^ cbevaui et
vouâf êtes cu^cr. u itiil une pension a la veuve de son cocher^ parce que 80Q cocher a plaeé des fonds chez lui, ^ns doute*
Si votî^ n'appartenez pas à la calé^otie de ceux qui prodursent, mais. a«l ot^n trains a la classai de ceux qui consomment, si vous êtes riche, il n'e^t guiTtî plus probable que vous échappiez à rhomme d'afiaires. ^ P^;r^(l^ne nV-si riche dans le sens absolu du root. Quel est celui qui poftWe vmgl mille Irancs eu or à toute heure?
EiMMillr, que de gens qui ne seroni riches que dans un mois, que doonin, et qui veulent Tétn^ avant raccouchement de la fortune, si lente à INirlerl A toute heure, l'homme d'affaires a i iugl mille francs en or dans » poche : il ressemble aux paysans ; il a en possession les plus beaus fruits, parce qu*il n'y touche jamais. L'homme d'affaires vend de Tor an lii^il de Iruits i mais le prix varie : it va de quinze pour cent jusqu'à vingt •Di de galères*
Beaucoup de lUs de famille ne peuvent décemment tuer leur père pour «0 béritar. Le poison n'étant plus datis dos mœtus , l'homme d'afïaiiee
30 LE NOTAIBB DE CHAlfTILLY.
escompte le testament. Vous jouirez do trente mille francs de rente un jour : il vous compte tout de suite cent mille francs ; cinquante mille en or, cinquanle mille en marchandises. Les marchandises, ce sont quelquefois des cercueils , quelqueiois des momies. Votre héritage désormais lui appartient. Appclcz-le donc votre frcro, puisque le voilà devenu le fils de Totre père : il Taime presque autant que vous; seulement il le respecte davantage ; il ne prend pas son nom.
On dirait par confusion Tusuri^r. Qu*est-ce donc que Thomme d'affaires, je vous prie? N'ai-jo pas dit que tout était de son ressort? Les lois? puisqu'il achète des testamcns en germe; les mœurs? puisque sans lui il n'y en aurait eue de bonnes; les arts? puisqu'il vend et achète toutes les mer- Teilles qu ils produisent ; le commerce? puisqu'il trafique do toutes ces choses.
— Vous songez h devenir voleur? folie de croire que vous arrêterez on homme sur la grande route : pour cela , il faut du courage : vous n'en possédez pas, vous ne possédez pas ce courago-là. Vous volerez dans une promenade? il faut avoir du courage et de Tespril : fatuité de prétendre etce voleur dans un siècle où il y tant do sergens de ville.
Non, vous ne volerez pas; mais vous vous volerez a un entresol obsour et humide avec trois chaises, deux tables, des cartons vides et verts sur lesquels on lira ces étiquettes en français d'homme d'aflaires : LeUres à répondre, leUres répondues ; et vous ne répondrez à personne, pas même à Dieu de ce que contiennent ces sacs intitulés : Affaires de ÂL le comte de... contre la princesse de... Ainsi, de voleur que vous espériez devenir en vous couchant, vous vous éveillerez homme d'afiaires.
Il y en a d'honnêtes.
Victor Reynier , je le répète , est homme d'affaires : rentre-t-il dans la catégorie à peu près universelle? nous ne le pensons pas. D'ailleurs, il est à l'aurore de la vie et des affaires sur la place de Paris. Beau , vingtsept ans , de l'esprit , pas la moindre scnsibililé , il est adroit comme Grisler à répée, il met, au pistolet, vingt fois dans le blanc sur vingt coups; il boit le vin de Champagne à la poste; enfin il a un huitième de loge aux avant-scènes de l'Opéra.
Maurice courut au devant de M. Clavier, le fit asseoir dans un fauteuil, et s'informa de sa santé avec l'empressement d'un fils.
-—Ne nous amènerez- vous jamais mademoiselle Caroline? la destinez^ vous à ctro religieuse? Nous ne la rencontrons nulle part.
— Religieuse I non ; vous savez combien, mon jeune ami, mes opinions sont loin d'appeler la tyrannie au secours de l'autorité domestique. Notre réclusion tient a nos goûts... f)eut-être à nos malheurs.
— Pardon I monsieur, reprit timidement Maurice ; mais je n'ai cédé qn*au mouvement d'un attacnemcnt sincère, en vous adressant une question qui vous paraît peut-être déplacée. Je me repentirais de l'avoir faite.
— Vous , Maurice, notre meilleur ami dans ce désert, vous indiscret! sachez au contraire que je prétends vous ouvrir mon cecur tout entier avant que le Maître de la nature le juge. Je viens chez vous dans cet unique dessein. Ma parole de vieillard sera lente : m'entendrez-vous jusqu'au bout?
Maurice prit la main à M. Clavier et la pressa.
— Ce sera long, dit tout bas Léonide h Victor , rapprochons nos sièges. Appliquant ensuite son œil h quelques places transparentes de la porte
drapée, elle aperçut M. Clavier dont le coude posait sur le marbre de la cheminée : la télé pensive du vieillard reposait dans sa main. Léonide invita son Irère h satisfaire à son tour sa curiosité.
— Comme il a l'air abattu, ma sœur. Quelle tristesse I Qui peut donc Tac- < bler ainsi? Vient-il régler son compte avec le passé, avant de le régler . x Dieu?... s'il croit en Dieu , toutefois, car on loi connaît peu de uût . sses. Que va-t-il nous apprendre?
LE NOTAinS DE CllirfTILLT. H
^ Plus bas, mon frère.
— Nt* craignei-voua pnrs qull nous entende?
— hon ; mm »i vous purlez loujouts, diïus ae L'cnlentlnilis pus. t^
Au boot do quelques mintites de siléucet M. Cbfier poussa un profond •ûupir et comnv'nra :
^« Li calomnié m 'si poursuivi jusqulci^ Mniiricp. Ne chercliei pas & mt di^sijjiîer : y (t^mnis ïvs hommes, l.cnr haine ne se br- ■ mnîrt h tonibe; le pad letir î^Sih^i* sur lu mnrbro; lu^^licn tartlh rpt
i'oiibk : ne cfojiv pas a irur pardon : jo n'y crom yê&t QiMi,^,.^.^ i^..? œs* dtrni de» fi« ^iivrnir rn vteiUi^ani: voilà cucore leur répcmtioii : uiiê m* Ûwmité.
* Diiis ceîtc sflliriide mOme ifs m'ont fTëtri de leur silcnc© î ih m 'oui lui. J'ai vflinfmt'oU pauvre vicllard, ouvert mon âme el ma porte h tm»9 s «M?un n*e«^t vifïiii Alors je me ''mïs enfermé, et je n'fli plus ^"oulu rmr tt tocïéiê, ffiTnp,i^c de J*ilmp hom;iine, qnà tr^Ters la çrille de njn prboiti Ijnur rit' bantt» s^esl accrue de loofc mn réchisiort ; ils ne pajjliBt
jamais t; irilJn que )'ai planté, où le iour jo travaille, on lit nuH |o
pense, mùti tmnt dans la main, sans chercher mon nsag^j deméro mes Mrreaut. iïans leur naïve terrtuir, ils s'étonnent ^^t\3 doute do co que |i laltiMse vivre me^ O^ur^ éî de ce fjne j€ ne d'^ ^ - mi^s arbres* Li plu-
^rt, — mon jardinier nîe Vi\ rapporté,^ — ont : ies lîtches de ^in» à
BHliOue. Je sois le réprouvé du paj's; îbni\nnM [ii rji lo régicide :'' «tniem ds loiiSer tomber leur tète avec leur salut, s^lh hnnu
i siHir f^" -' - Tt nie^ soixante-dii ans de vie. Mon ami , j. n ^-^m mr%> lans à qui je oe feis pas encore peur ; je frémirais
iranlér l, ... .. ..,., n:'?,
tdohent avoir d'étranges opinions sur Tango , bflton /teuri , qui mft 1. .1+ fi.^ ]ruT pardonnerai:^ pas cependant* moi si résiprné pour moilin leurî? propos cette entant qui croît à mes pieds comm« wm Jkwi I une tour* entre la piemî et le fer» Canilinn r^t mi ftllo
p»rU trtitlfî*»^, par la reconnai-sance ; je n*usc njoukr par le sanF* SI l^alUii^ lui léguer pour dot nm renommée! ^hm\ vaudrait ia lai^^er bJâi ^wmsfmn an milieu de la rue : car mon nom est historiqino^ AlolhetiFt Cft pilitiqiir, à çem dont les noms restent, Maurice î »
Ik êgm dti M, Clavier étail toujours pille. Sa parole éLaît presfat InniMuife d\>tabarraâ.
« J*ai ' ' ' ^urer do vous, mon ami, un tt^nioin '■• ■ * —r -nf
ÉlposiTi I , ron! te de^ accus*! tmos terribles
CPUD irniî ujjniri i.-N jiinn : etîe aussi dfiiï ^'treinsJruitè, Voii- . uj-^nuiiiv, SàcuB irous^demiiUElail un jour mon histoirt), rép<^tË£*hii les paroles funè- ^g^ rnt.. u. vais prunoncor* Elle eu sa il déjii quelques unes qu'elle n'ou-
— , . mi L fîit tout bas Victor h L^nide. Vous rcrreï, mafccur,
sreuï.
1 sur la boucha do son frèrQ«
1 i terne ; mon p^t^ voiilat aruir tin avocat dans !&
. , \ 1 1 f ' - n r ' t r et ma ri <^ , j Vx erça i au %%\ (Al ma char^ tfMi on .1 j\ sV vnhrp, s du Nf>rd< Cehiiï n r^piMpï(M»ti l«ic Ftal^*
Géaéniii !*:i nt siur le i^a^udi- -
aati^ ;j;:i route ou d*UîïP I
tttotnouaiasme à ce lofer û pur a+î ngtre ciniai«3iiiUio[i. L/iscipig
LÉadde p
«HpTt
SS LE ROTÂIEE DB CDAIITILLT.
ardeut de la philosophie nouvelle, ma conviction fut acquise à ces amis de l'humanité qui , les premiers, parlèrent de rendre la lilierlé à Thomme, à k pensée. Savais vingt-quatre ans : jugez si je prêtai une attention passionnée aux discours prononcés aux Etats-Généraux nar les hommes de mon sang, de ma caste, par mes frères en esclavage. L accusé innocent ne suit pas avec plus d'interôt le plaidoyer de son défenseur. Quoiqu'à cent lieues de Versailles, pas une parole n'était perdue pour moi : je me rendais, la nuit, sous les allées de la petite promenade do notre bourg, et là, Toreille collée à terre, comme la sentinelle lointaine , j'écoutais les bruits qui venaient du sud. J*imaginais entendre , j'entendais les pas pesans des députés du tiers entrant dans le Jeu-de-Paumo; puis me relevant fièrement comme eux, j'enfonçais mon chapeau devant les députés de la noblesse et du clergé : ce que firent les députés de la nation , vous le savez. L'amour ne gonde pas un cœur avec autant de plénitude que ces tableaux m'élevaient l'âme. En un jour, par l'effet de ce grand spectacle qui se préparait loin de moi, j'étais passé de l'indifférence de l'entante la sévérité da citoyen. Toutes mes passions se groupèrent autour d*une seule : celle-là devmt formidable : la liberté ! Je dus paraître bien ingrat h des amitiés délaissées. On ne me vit plus ; je me cachai, j'étudiai, je pensai ; ou plutôt je ne cessai d'être à Versailles, le bras tendu, la tête rejetee en arrière, le regard fier, répondant à Meunier : <x Oui, je prête le serment de ne jamais me séparer de l'Assemblée, que la constitution ne soit établie. »
» Rentré en moi-même, je ne tardai pas b m'apercevoir que si je m'isolais de la foule, c*est que mon opinion n*éveillait pas d'écho autour d'elle. Je finis par me convaincre , à de sinistres visages . à des paroles mystérieuses , à une inaction calculée , que j'étais seul a aimer cette opinion , seul à La défendre. Ancienne dépendance d'un seigneur issu de famille étrangère , notre boun|[ féodal , qui se composait au plus de deux cents habitans , me parut proférer un joug seryile au bonheur d'en être délivré par quelques sacrifices. Placé aux extrêmes limites de la France, offrant aux étrangers , à la faveur du voisinage, la facilité de cx)nspircr avec les ennemis de l'intérieur , notre bourg acquérait par la gravité des événemens une importance extraordinaire. Je crois encore le voir avec sa colonie d'ouvriers plus allemands que français avec sa population bâtarde comme toutes celles des frontières ; gens conquis mille fois, sans avoir retiré d'autre avantage de la domination impériale et de l'occupation française, que des idés et un langage corrompus comme leurs mœurs. Je me rappelle surtout le vieux château bâti au temps de Charles-le-Téméraire, se oressant sur ses quatre tourelles, et prolongeant ses ailes crénelées aux flancs de notre bourg, qui n'en était que lavenue, Thumble dépendance. De son balcon , le seigneur pouvait appeler les étrangers à ses fêtes : ils y venaient souvent étaler ieui3 débauches, et aider le maître h manger ses revenus. Le bourg était alors allemand, et passait de droit à l'empire. Songez , Maurice , à (]uels périls nous exposait cette fraternité à l'époque où nous vivions. Position militaire des plus redoutables , notre localité pouvait servir de plateau à une armée d'ennemis , de premier échelon pour descendre dans l'intérieur de la France. Et le bourg était sans défense, il était à eux.
» A Paris , on était trop occupé de Paris pour penser à se raffermir du côté des frontières : vous savez en quel état elles furent trouvées quand Luckner eut mission de les défendre. Perdue entre deux vallons, toujours couverte de brume , loin de la grande route, notre localité fut complètement oubliée. Les députés de la nation comptèrent trop d'abord sur une levée universelle de l'opinion à Tappui de leurs principes. Les habitans de beaucoup de villes, ceux du bourg que j'habitais, par exemple, n'envisageaient qu*en tremblant une autre manière d*être gouvernés ; ils chérissaient leur obéissance sous un maître qui ne les tyrannisait plus, parce qu'il lui était impossible d'ajouter un anneau de plus à lu chaîne. On l'es-
LE KOTâlAE 0E cnâîrriLtT. 39
limsU bon , de ce qu'il n avait plus de itiéchaiiceï{^ à Cf>nimetlre. Tout^ dignité éiait partie de ces corps bu II us de génération en gci^émrion. Sur imir dos courbé par ravilissLjïïCDt, le mépris et lo iouai avaieiii lait Cioûlc.
^Ouî, mon ami, Tabâ tard Jssem eut de riiomme en était omvé à C9 fMïint àms beaucoup de vili^'â frontières qui, coin me lo uiltro, parce qu'elles avaient, à diverses cpoquL^ de Tbisloire, appartenu a l'Allemugno, s'ima^maunt u'avoir aucun droit pour faire t&w^o commune avec la Friince contre dodieiu abiii^* Comme si jamais le dn>it naturel qu'onLle» peuples dïirc libres et de so gouverner éluitsusceptii>lede périr dans les transaciitins auxquels ils n^ojtt pas stiuscrii 1
» Mais, soit ignorance, soil engouruisscmmÊ, mes concitoyens no jueèreut pm que le momerU était venu pour eux, non dYlre Allemands ou Prûnt;nis, que^^tions pour leîiqu elles avaient combattu leurs p^rcs dons des guerres moins saintes* mais d^' tre liommesÉ 1 élevai la voix pour répandre Ci'ite vérité: je no fus pas cpm|Jris»
> Alors je ni*eipliquaî nettement deui vérités qtie Tbistoiro n'avaU jdntais dégagées pour mot de ses cnsei|ncmens r Tune, nue les temps d*esclâiage tiuissaient quelquefois par tire lêgititnes à force d'abuégatit^n dbm ceux qui s*y courbaient ; Taulre^ que ces temps avaient ou aussi de» Imcs éner;?iques qui , comme la mienne, s étaient découragées dans une lutk* inégale.
» Me y oilà donc réduit h marcher seul avec mon opinion , rongissanl pgwmie de Tovouor, tant le silence qui raccueillait la colorait d*nne teinte fi«i9Q0iLak% On dira un jour riiistoiro de la révolution franraisi* en province : elle ne sera m moins curieuse ni mi ins tragique, ni moins manie surtout que la mnne histoire éiernellemenl écrite à Paris el pour PaHs. Si la torche de la révolution française,— il est superflu de Ta vouer, — toit Pûti^^ diaque province était le miroir parabolique qui renvoyait des rayons de leu après avoir reçu des rayons de lumière. Revenons à moi. J'aurais mieux aimo comlattre pour mon opinion a la tueur des canon«^, que de la laisser rouiller dans le silence, l/opinion, c*est la vérité i qui la possède doit la dire : ç*esi la foi : il faut la proclamer ; ea taire une cemture pour soit un drapeau pour les autres, n
Corn nie Maurice pressentit que, dans ce Vécit «jui Ta t tachait viiiïinenlt sans doute a cause do ses convictions politiques* M. Oavier placerait les éfénemens print'ipauï do sa vie, il se leva pour s* assurer que les fiortes é& coumiumcatiou étaient fermées. [>ans cet eiameu, sou visage eâleurA le drap où s^'appuyait ta joue attentive de m femme-
U retourna a sa pbce,
fl Qmo j'aurais désiré d'appartenir à ce peuple de Paris qui ne se nourrissait plus que d*enthousiasn)e , attaché aux grosses lèvres de Mirabeau, firiant tout un jour. A force d'exaltalion jemecrus h Paris, Je montais, tii Ptlâts^KoyaU derriï^re la chaise de ûmi il Le Desmouhns, le brave jeune mi et, comme lui, applaudi par cent nulle tnains, je piquais h mon m h feuille d'un aiLre, cocarde improvisée, symbole innocent et DU' i\ jours après, devait passer par le sang et ne plus déteindre.
K lis bf locsin dans ma tête, j'illuminais ma^ ycui de lin-
oefMiic ac l'.ii : voilais, suivi du bruit d'une ville, l rainant avec moi ém oinons. i t «ious le poids des piqm'S. jusque sous les murs de
la B«Htill6 qiir j 0 ?sir^^eais« Couvert de la poussière de ses débris, je m admirais, statuaire étrange .p artiste prix'èdant au rebours; la chute de li fio»tilb était bien la statue de la révotulirm, son premier chcF-d'œuvrfi ée dcstnietioii. Tour elle, détiuirt^ c'était faire ; abattre c'élail achever; ÉOéaniir c'étoit pcrfectmnner. Lit Ca si die détruite était donc une statue élerée.Dins les ères de itvo{utii>n, Tu-uvre de destruction est ausïi tiniï oitf re impérissable qui a ses notiv'^ d'arii^tes signée au bas. Au l)as lit wàm statue nous ^nvlincift ; Pouirle — PatjSj 14 juillet.
ivf.— 1 a
M . tu MTAIBB DE CHAHTII.LY,
» La pierre qui s'élève OU qui tombe, remarquczf-le bien, c*est plus*/ qu'une vengeance, et qu'une simple fondation commémorative : une * phase de civilisation commence ou fmit. C'est le bouleversement de la propriété; de la propriété du pouvoir ou de la propriété du sol. Laisses entre chaque borne des champs Fespaco de cent heues, vous aurez tout de suite la féodalité; ne mettez entre chacune de ces bornes que la distance do cinq lieues, apparaissent les majorais, la monarchie; rappio-t chez les bornes, ne comptez entre elles que l'intervalle de vingt pas, el vous avez l'industrie, la propriété divisée Ix l'infini, la république. La BasUlle était la plus haute borne féodale. Elle abattue, les autres bornes furent poussées dans le fossé. Le bâton de la liberté fut plante h la place : image juste: la propriété recommençait car son attribut naturel: 1 arbre I
» Quand les emblèmes tombent , les réalités qu'ils cachent no restent . ffuère debout. La Bastille, cet emblème , croule ; et, à dix-sept jours 4e distance seulement et dans le court espace d une nuit , on proclame sur ■ • ses ruines la liberté du serf, Tabolition des juridictions seigneuriales, la répartition égale des impôts , Tadmission de tout le monde a tous les emplois , la destruction de tous les privilèges. Chose étrange I Tout le monde prêta ses deux mains à cette œuvre d'une nuit. On eût dit que ces hommes de la nation se hâtaient de peur que la lune ne vînt à se coucher ; on eût dit encore que la lueur des flambeaux avait fasciné ceux qu'ils éclairaient. Pâles , fatigués , les bras nus , le front en sueur, ils brisèrent la féodalité avec la monarchie; la hache passait de main en main. Dieu employa sept jours à faire le monde : il suffit aux Etats-Généraux d'une nuit à Versailles pour le rendre libre. Dans cette mémorable nuit, chacun sacrifia aux yeux de tous , et jeta , au centre de cette salle où bouillonnaient tant aidées, ses titres , ses aïeux , ses privilèges de dix siècles; on y précipita tout : le pssé pour l'anéantir, le présent pour qvi'il renaquît. Nuit de Versailles 1 nuit sublime 1 Le serf de dix-huit siècles tombant oans les bras, sur la poitrine d'un comte de Lally-Tollendal, et rappelant: « Mon frère 1 » nuit qui enveloppa le chaos d*où un monde allait jaillir 1 On ne s'arrêta pas : l'œuvre marcliait toujours pendant que le roi se livrait au sommeil dans son palais, el on l'enfanta debout; ainsi les femmes fortes accouchent. On manqua d'un tabouret pour faire asseoir le président. Dans ce chaudron sombre au fond duquel disparurent les membres dépecés de la vieille monarchie , personne n'hésita à remuer : prêtres avec la mitre , nobles avec Tépée , peuple avec le bâton. Ils travaillèrent ensemble et du même cœur, sans craindre de voir sortir de cette fusion quelque monstre portant tête de peuple et griffe d'hyène. Ils n'oublièrent qu'une seule chose : c'est qu'en abolissant la noblesse , ils avaient de fait aboli le roi ; qu'en supprimant le privilège, on supprimait la royauté ; et qu'en admettant tout le monde aux emplois , le peuple était l'égal du souverain ou bien le roi était du peuple. La nuit de Versailles fut la seconde œuvre de la révolution , autre chef-d'œuvre de négation comme la prise de la Bastille. On avait détruit d'abord la loi de pierre , on venait d'anéantir la loi écrite , il no restait plus que la loi de chair.
)» L'exemple de Versailles ne fut pas perdu pour la province. Les châteaux tombèrent, les titres furent brûlés; une poussière féodale s'éleva sur toute la France.
y> Le château de notre canton resta debout. Vingt hommes de cœur ne se trouvèrent pas pour le renverser.
» Voulant enfin connaître au juste le nombre d'opinions que ralliait à ses principes dans notre bourg l'assemblée Constituante, je battis la caisse, et , au milieu du marché , je lus à haute voix la déclaration des droits de l'homme. Un seul paysan et un jeune marquis s'avancèrent pour m'écouter. Ensuite nous nous embrassâmes tous trois, comme Bailly, Lafayette et Grégoire; nous nous déclarâmes libres, le paysan refusa •
L¥ îf OTAtBE BE ClTAÏlTTLLri
fingt sous de 4îme au curé , deut heures de corvée an seigneur, et ttia un vtg^Hmdins la îmvL La revolu»ït>« éiaîi accninplio che2 nous, QnantI \ê ^cTj^îintr manda le pciysàn h son clulicau, j'y parus moi-nirmo el j'y ïu? is ro) MÎc o^nnêc h la consîitniiofi* Je demandai ensuiic l'ariîrs
pli de la nhiison, et le joint au Iciu
a A iiii€j^ues jours de \h , jinsliniai un dub quo ja présidai : deni audîlcuf's y pami-eui ; lo marquis el le paysan.
» Le paysan iiouifissaiL dans son ^uïc la coîère d*un peuple entier. I irait ï^ii en fans nés de sa mi^^^re ; gcans de fer qui lîiiinîoni avec Irs ours et donl la iHt} avait nppris h s'abaisser sous le regard d'un enfant de leur maUre. Quand je lui expliquai ses dnfils, ilsemlih îcs recouvrer, tant son instinct courul au devanl de la solution qu*il avail souvent piesscnliô sans Ij saisir* Deser^t insîanit il comprit qu'il tic devait meliro sa (orcô qirau ïorvîfrr de sou inîelligencG, six volonté qn*ay pied de son libre arliirt* , l'i quo le droU naturel étant cela, î'aclo politique qui ïe voila il éUài une tyrannie, tl rompit avec !e pass<> dont il lava la souillure en sepromeltanl plus d'tine vengeance expiatoire* Il me détailla ses récrimina lions ; il nse fit Vhistoiro de sa lamillc : je crus encore cniendro celle du peuple. Tmit y éiait : la pûrpéUiiié de rcsclavago » de la misère , du travail ^ de la fatiTi M de ïa houle : riguoranco aggravait encore son abaissement, Cest iin^' rendre h la Providence : elle no sotiflro resclavnge qu'après
Tat ïU, Si elle consent h l'inégalilé parmi les Iwnimes, ce n'e^t
<iu'*iu jii i\ Ui' leur sliipidilé. Là où écïale la pen&(5?, il y a vurlu» courage^ dtgniio. Dieu n*a toutes les libcriës que parce qu'il a louies les pensées; il il' ' bon que parce qu'il Psl?;ouverainementinlenigent»
1 ysan mon éfral et celui du jounn mar^juisï il com-
prii ip'-- ic iriuiiuii^ u r.ircb: sien. Nous reglAmes un bien qui otaît à nous Itofe. Cô joar fut noire f(^ie de la fédéraiinn.
» ht marquis 4 que je désigne» ici slïuplement par son litre ^ parce qnt sa famiilf' v»i cncare, et parce que îes d<Matinns uVmt qu'un temps, apporinit :i\cc iKvuSiConlrc la uiou^irrhic» moins do ninviKimo tJeprincipoSi L*ï '- rondorcel et des Montmorency l^i iné. Il puisait
sts , no autre source ipie la nûtre. En *'i|'. i! saiTUîatt plus
lîue rïtiiii, mais il exigeait moms* En se consli tuant en ré voile «luveria vis-.Vvi^ df' tîi royauif», ils*annuîait: nnus* au contraire, nous acquérions* Il < ■"'•] qu'il s*arn!'iiit, «nf^fnis riné^atitfi iilK>lie; nous ne devions
iKi 1 i i fa prts a v o i r co n*l i t ni* l *égn li [é * 1 lo w rue d *i l héo r i e . 1 1 a gt^
S3ut tlu princii \, mais vague, de la mijrale universelle*
•ir 'W^y nous i i pour nûus-m<*'mes* Il réformait, nous
âé\ eiuit im jiljLiiisjiHc , nous des hommes. Il continuait Uous-
•fai lïicn^i,
m ijLi^ v\vui'\wm^ me conflrmêreni bîenUît qu«^ r *^r ' nrjr rî^ltun nid é^jnctlsans de loiicieTi îegime. A repm:[ue<Hi l il'j i du départ
ddTO pour Mt'i?, quelques jours après la ^jindut* .*. a v ûnmiûy. à Versaillirs aux gardt's-du-corps, je vis arriver ei passer aux Invntii^rL's des ofAders de li niaison du roi , mf léi h um* Inûe d'hommes dolians qui Mmienl et sortaient pendant la nuit* Se crois vousTavoir du : par sa llliwlion, notre bourgeiailadmiraîi!! ii^i ntfitarp mut f.ivnri-rr î'é^asiond© Il cmit sur liMorrituire ennemi* J latinnalc,
LWo (ut réalisée a v^-e mépris S! Il i fjiu , fiar
innaiirno, me uomméroni lo rhel dt* *:êite ijulue» bï tmis ks Imtiitanss'f rnrolrnml , il ne me fut pas difUcite ncannioius de voir que pas un n*apportait $ims les amies des dîspimitions patriotiques. J avais armé des ûimemlsu
* J'accf^ptai ! ' * i m*avail (' ' ' ' ' et ji
le partageai > iel&cssi\ noil3
'tenlemffjr r^'iurscTunuis ic1«iri|i dCC-e(!r- --;i- ,iii Ti' Miilirr, ji> Tu*ar-
de* manière, dans ma répariiiion é | ' ^ commis à la garde
S6 U KOTAimS Ol aUKTlLLZ.
du booTg, qpe non paysan et trois de ses Gis feraient toujours partie de celui do la ville , tandis que ses trois fib, moi et le marquis reiilerioosà ceux des frontières, distantes d*unc lieue , d'iuie demi-heure de marche.
» Cette mesure contint l'explosion d*unc défection ourcrte ; elle força la trahison à s'observer. Neuf hommes déterminés en surveillaient deux cents : mais qui a jamais calculé b puissance d'une autorité soutenue par Topinion ; ouelle est la ville qui n*est pas cent fois plus forte que sa g^nison; quelle est la nation qui ne vaincrait pas sa propre armée? Appliquez un nom h cette force morale. Nous 1 a\ions. J'eus besoin de m'en servir à Fépoque où la noblesse française émigra en foule , nous menaçant de rentrer sous peu de jours h la suite de Condé. Ce prince , assuraitHcUe avec conflance, n'attendait plus pour marcher de Worms sur Paris que Tarrivée du roi dans une ville frontière^ le roi dont le danger était devenu plus imminent depuis la mort du comte de Mirabeau. Ces courtisans irrités no semblaient déjh plus en France une fois dans notre bourg. Ils dé^saient à peine leur dégoût pour nos couleurs nationales qu'ils ne portaient pas, prompts à reprendre la cocarde bbnche do l'auire coté des frontières.
» Une grande erreur, à mon sens, Maurice, fausse le jugement qu'on porte d'ordinaire sur la révolution française en ce an'ellc eut de puissance négative pour fonder, et de puissance riéelle pour détruire. On s'imagine oue, réglée au milieu des excès qui l'emportèrent, elle tint constamment 1 équilibre ontre les nécessités d'abattre et celles de réédifier. On indique un but à tous ses actes, en oubliant que ses actes se détruisirent l'un par l'autre, et qu'il est au moins absurde de considérer le 18 brumaire comme la conséquence naturelle du 10 aoAt.
» La révolution française n'est que la négation d'un fait : de la monarchie ; sa msision était le néant : elle l'a remplie. Ses tentatives de législation no furent jamais que des prétentions d'hommes qui veulent répondre au cri de la losique , infirmité qui tua la Gironde sur la monarchie et la Montagne sur la Gironde. Ses mille constitutions s'entredévorèrent comme ceux qui les avaient faites. Cela est si vrai , que la ron^/tluon/e, ^ pesez ici les mots, — renversa la monarchie, que V Assemblée législative renversa la ^t, et que la Convention nationale tua le chef de la nation, Louis XVI.
x> La révolution ne fut qu'une armée marchante la conquête, allant à la découverte; une invasion. Ceux qui allèrent le plus loin la devinèrent le mieux. Il v eut des erreurs; on a vu des crimes. Les hommes poli ligues ne sont d'ailleurs justiciables que d'un tribunal : le succès. De quel oroit la morale interviendrait-elle dans ce qui n'est point de son essence? Au surplus, si Robespierre ou son parti fut cruel parce qu'il tua la Gironde, qu'étaient les Girondins qui tuèrent le roi ? En révolution, je croirai à la moralité des principes, lorsque les vaincus en auront fait preuve dans leur ligne de conduite pendant qu'ils étaient vainqueurs.
x> En appelant du chef-lieu voisin quelques secours d'hommes , il nous eût été facile de réduire à rien l'importance ridicule qu'aiïichaient dans notre bourg les partisans de la monaichie. Mais il eût fallu , dans ce cas, subir une soumission exigée par la reconnaissance ; l'intérêt du bour^ en eût trop souffert. Depuis un temps immémorial , en rivalité avec le cheflieu pour la fabrication de la dentelle à point do Malines , nous devions, sous peine d'anéantir notre supériorité dans cette industrio, nous passer de sa protection. Pour rester indépendans, il y avait mensongt* obligé au contraire h nous citer h nos voisins comme la population la plus dévi»uce è la révolution. Ce que nous fîmes. Nous altérâmes nos rapporis ; sous notre plume, notre ancien seigneur eut autant de patriotisiiic que Lally : les marquis , comtes et ducs des environs avaient , n nmis en croire, brûlé leurs titres et dévasté leurs colombiers : les curés des communes environnantes avaient, les premiers, prêté serment à la coiisiiiution et proclamé en chairo l'abolition de la dlme sans rachat. Nous linis- «ons toujours, dans notre procès-verbal envoyé au district, par souhaiter
à ta Franfû beaticôup de communes tomme Ta n<ltre^ Qui eût osé nous déjnenlirT qui y avmt inlérLaî les royalist^^? mais alors ib auraienl dcRifindé leur mort.
» Nnus i'ivif»n> donc tous les neuf, moi , le marjyis, le ^taysau Ci ses fils sur lo bt'nrtîct' de eut le erreur ; mais comme les royalistes connaissajeue notto intori^i îi rto ptis tes dénoncer, ils abusaient de noire fausse situation pour con-^pir^T de plus en plus ouveriemeut avec rét ranger dont nous voyions blmclnr les lenïes a rhorizaii,
» Si*i»icz-vi>u^ rniiihien , a mesure cfuc les évcnemens se compliquaient, le silence de noire dévimment pouvait nous Ctrç imputé h crime? Déâor* mais mente H, un avertissement de noire part n'oill servi qu*à faire qualrûsf notre eonduilo de iraliison , sansej^ruaui motirs qui l auraient diclée. Les ri>yalistes ne couraienr pas de plus grands dangers. Nous méiitions h mort si nous étions découverts.
» A Ja déchéance du roi, au It^aotlt, nos craintes augmentèrent^ Entrt le chiîieau et loi^ fr^îotiores, les signaux étaient devenus plus fréquens; des nuini lions., malgré notre surveillance, furent nuiianiment descendues étns f es f^ii terrains du cliâieau.Clinquo liabitant fut pKt à Tattaquc. Notro perle écatt iurée;Dn ne suspendîiit Theure de notre mort que parlacraint^ du district qu'on n*aurait pu long^tetnps tromper après nous, Kom m> nous f ffrny/jnes pas*
» Nous nous constituâmes en iribunal pour juger rei-seigneur du con- Ion ï il fui mandé h notre barre. Louis XVI venait d'être appelé à celle de It ronveniiom
y* OÙ était le droit? où il est toujours : entre ta force et la justke^ La forte, nous la tenions; la justice, la voici ►
» Le soL c'est la vie, parce qu'on Vy puise, et parce qu^on la lui rend* Diciï tt la terre, voila les deux abou tissa ns de Tbomme. Dieu qu*on adore comme on le sent ; la terre ^ qu'on ne p(>ss*»de que d'une înanière ; en Tocêupanf > Tela est sî esact, que les institutions auxquelles Thomme obéit, ce[|t*s qu*il se crée, et celles qu'on lui impose , ont , ou Dieu pour auteur révélé . ou la force pour maintien. Libre II tous de croire oue les lois bonnes drscendent du ciel ; mat^ Ubt^^ à lous d'écraser les tables législolifi^s qu(^ Numa n'a pas rapportées du bosquet d'Egéne, Les lois fran rai ses étaient mauvaises, nuiUlptes, obsc'uresi, traditionnelle s comme um légende, formulées en paiveilM?» tantiM niaises comme un jeu de mots,ianiôi
criT' "'- mie un aï^saî^sinai ; elle^ étaient de tous les dgt»s, el, qui pis
CM 2,^s sans druides, ru m aines sans sénai , gauloises après l'inva-
siii:: , .. .^.... s après UicUelicu* Parmi ces lois» il y avait des luiles perpé* litelteH comme d homme a homme. La même loi qui vous accordait dmil d'asib vous assimilait, cent perches plus loin, au vaincu et à rélrangen SiOS tcile province, la loi c'était le paHre; dans telle autre, la loi c'était le telKueur. \ l'entrée du moindre village^ il fallaît soigneusement s' inlormer de la lai ou de la coutume locale , sous peine de k violer et do mériter ta lïiort en buvant un vernâ d'eau.
9 Ces luis étaient donc mauvaises; elles ne venaient pas de Dieu?
> Qiii les avait faites ?
« Eh! qti'im|M>rto » qui a fait le troulïle, rcrreur, la contrailîciionT d^ mande^t-en celaT
^ ' T c^s lois se trouvèrent en présence dans lo palais de Ver-
jtai Iles s'éiaient rendui's pour s*ar^jrder : dans leur n'nc^înlrw
eii*^ v,i,. lit pfHirde leur difformité. Elles s^abdiquerent dans l'uniié, teitrt beauté d»i toute rréatîon. L'homme su'viL l> temple des lois : les lois ivh rent sn h'^ '> - '?nmmes frî-res, le pays fut le père, la fwitrie-
m\[ t. Tun obt^tacle a la tonclntion du bonheur public,
* Li'{ nY*iaitni un homme, m te pays, ni une loi : c était ce
ml ptrticifjaii de celle trînilé sans en être absolument l'unilé ni Tén^emllêf c'était e roi ; le retplus qu'un ho m tue ^ puisqu'il poï&édaît le py^t
I #8 .&B'lf0irtfBB']>B GHAIITILfcY.
. moins que le pajTS, puisqu'il n'était pas tous les hommes ; plus ^ia:bît
ipuisqu'il la faisait. Le roi était la statue composée de trois molaux::jin séparant les métaux, ce qui fut possible, que devenait la statue? dledii-
jiaraissait. Le roi allait donc s^évanouir comme la statue, comme la fonne
JUDS l'objet. Le roi, c'était une fonne.
«Quand on trancha la tôtede Louis XVI> on ne fit ni bien ni mal ztm
•«conclut.
)» La conclusion , telle est Tétemelle pente de l'humanité. Anétei^, l-humanilé; tcncz-la sous le pied, nivelez-la, appelez-la esclave ou l'épu-
4>licaine: elle ne fleure ni ne se réjouit : mais elle arrive : où va*W9UBff
^ va Tespace, ou va le temps? mais gardez-vous d*cn nier la marohe : c'est le Rhm. Petit ruisseau, roulant sur des cailloux, les enfans le tianr-
«sent; si un précipice Tarréle, il le remfHlt, s'arrondit un pont de sa nappe et court plus loin; le voilà torrent. On lemprisonnc, il se tait; on le rw-
.«erre entre deux canaux, il coule au milieu des villes, il obéit. Ici on l'appelle fleuve royal, ici fleuve libre, ici fleuve esclave; c'est toujoarsrte JUun ; soit qu'il réfléchisse le carrosse de l'empereur passant sur un poni;
. soit qu'il ne réfléchisse que les joncs du rivage. Enfin sa gerbe importune,
.sa grosse voix fatigue ; on n*en veut plus, on Tétouffe sous des pierre^,
tÛAïis du plomb, on appuie sur lui des aqueducs, des montagnes, on ne le voit plus, on no l'entend plus : où est donc le Rhin?ll est dans rOoéui:
Jï s'appelle mer du Nord.
» L'humanité condut que le roi était un obstacle; et»elle le renvenu» non pas comme un homme : elle ne le vit peut-Otro pas ; mais comme m ;principe. On guillotina hx monarchie.
» De CCS nécessités qui commandent aux événemens, si nous desoandons à ces puériles justifications auc, dans l'étonnement de sa victoire, le jwrti vainqueur réclame du parti a terre, on répond q[ue, si la Convention n'avait pas le droit de faire mourir le roi, elle n'avait probablement .pas celui de le juger ; que ce droit lui étant ôté, celui de détrôner Louis XM1 ne lui appartenait pas davantage ; et que, le roi régnant, la Convention, qui se perpétuait après s'être constituée de sa propro autorité, était illégide. liés lors le roi était Ubre de la casser, et de s'en tenir à la Constituante. Mais autre illégalité. La Constituante n'était que la prolongation des Etats- Généraux sans l'agrément royal ; nouvelle rébellion. Les parlemens seuls restaient avec la faculté illusoiro d'adresser des remontrances À
. Louis XVI.
» Ainsi vous no condamnerez pas une conséquence delà révolution, ou
. TOUS les condamnerez toutes. Vous n'arrachez Louis XVI à l'échaùud
. que pour y traîner tous, les roprésentans de la nation. Comme ces lepiésentans étaient la France entière , à l'heure du jugement deXouis JkAQ, Il n'y avait plus qu'un dtkoii à fairo entre le pays et le roi.
» Notre marguis nous abandonna dès que i'ex-seigneur eut subi sa condamnation capitale. U se repentit d'être allé si loin ; il leuta de nous arrêter au milieu de la course. La Gironde lui servait d'exemple : nous suivîmes celui de la Montagne.
» Une grande pitié historique, et je ne la calomnie pas, s'est attachée à
.la vie et à la mort des Girondins : les vertus privées, le génie, Téloquence, le courage même de ces citoyens sont à jamais reg[rettablea; mais, dans les temps où elles furent sacrifiées, ces qualités étaient fu-
> nestes au bien public. La Gironde s'endormit dans un magnifique repos : elle prit sa lassitude pour le but, son désir d'inaction pour la fin de toutes choses.; elle n'admit pas que les révolutions comme la vio n'existent que par lo phénomène incessamment ramené de la reproduction d'ellesmêmes, et que de tous les despotismes, celui de la faiblesse est le plus odieux à imposer a des hommes qui n'ont vaincu, qui ne régnent que par la yio-
. knce. De quel droit les Girondins osaient-ils dire a la Convention de rétio- ^ grader , eux gui avaient dâmandé arec la GonventiDn jA4éfiliâsncD>dn
'£« KûTÂtas DB cnàïrt-ittv.
''fm, êl teHé la mort dû Louis XVt ? Coavett? d'illé^alilé&'et dd èMgJilâ iccuîtèrent U Moritogno d't^fro ilîé^alo e\ sanguinaire. Où en tétait d'ailleurs la Franco lor^mie les Girondins voyïïirt?nt foiro hûlte? Etoit-elle richt*. vie! oririise , cafme? non* Le peuple n'ftvavl pasdepaJn, le pays était un polygone d*où pariaient des boulels; riiilcnour ctnil ron^e (iar îcr fédéralisiïie ; la trahison se glissait dans les années, sous les unifurniea 4e Winrrplen et de Custines* Au si^in deccUt^ misère , do cel effroi^ Vergniaui. ce Grec, co Platon des saliuis dn niadamo Roland; Louvei^'oa Propefce de la iribune, se couronîiêrent do roses et cbantènînt : il ilbus lalliit {|iialon!C armées,
» Il nou^ fallûii dire, cfiGf au peuple, qu'il était Bordti, no lefûl^il pas: irtihi, tio te fût-il pas; vaincu, ne le ful-il pas: il fallait, oui, tiler I ti-Tinf^, fût-il peut-être innocent ; luer la Gironde, parce que l'effroi apf irmes, parce qiie la trahison laii vcilkTaux portes » parce que
i de ia défaîte est souvent la prophétie de la victoire, paf ce
t{u\iîi g «.n oral qu*on lue garantit la Odélité do tous l+?s capitaines, pafCô mty hi^ n'-if-s de %nngl*deux orateurs (|oi tombent réduisent la parole mil. Cuis, o'Ue éloquence des révolulion^, La cloche e^i fondne en canona. EJlr siiufiaii^ elle ionnv. Ver^vîan^ ilolrtiil fut coulo en Robespierre, GcnîMïrtri*î t II l>arit*in : la tribune s^atlongea en affût ; la Convention tnilJ^la lâcoaltlion.
» Li mort des Girondins fut ju<ïte,
1» Cel II» de notre nuiiTiuis ne lu fut pas moins- ti
Léonidt^ se leva av rc effroi, — Victor j'ai peur, — je suis gliicéé; JeTû'feïi
àis. Quel est donc cri homme ?
— Deroi^ureï, Léon i de: il est essentiel que vgm nesliei* Jo préTOis le dernier mot de tout ceci,
^ Pui^ue vous le désirez, jo reste ; mais examinez le visage de Mau- «ce.
— Il e^t «uperbe, ma cœur, s'il apportait cette illumination dans les afllîre>, nés n'aurions-nous pas ?
M, nlimia :
« Apt' ^ I *T\**cutiondu marf]»!
il ne resta plus que quatD^-vi'
les bi*'T ' *:ns* nous empri- » 1 iiion est un dr
f^' ' qtie la [>r(iprit^l< ,,;. , ., ,^-i.
V ni il la VîCiotre fH^-isode. Arguvneni
c .it?r les droits du vainqueur : qui dcL,
Vn nobles du canton é migrèrent ; ^us dans h? bourg; nous prîmes
lires de gui^rre civile.
f- -Mit Qui fuit est
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