E ffOOllB DB €flâJ«!nitL
, à de jolis pavillons ë'éié, de coupe chïfioise* emaiHés d« Terri» j couleur, décorés du liirc plus vrai que puétique do ùmtchon^ C'est dans l'un de ces pavitlonSf meubïé par fcs amis di' Maurica eti i|ii|K»^«u goût de sa foin me ^ quXdouardesi taché dépit t>i deux uioish iî« it ou dossmant le jour^ ne sorlani que h nuit» €l h l'msu encoro d&
' p m mener dons la ior^i*
travail nvail suflià Maurice pour étobîir une cotn** -1'^ apparieuions au dicmia cuuvêrt abouûss^ml k
I \\ t un Vendéen e^t poursuivi, il se réfugie chez un
is qui lui prête im pnviibu d^ns son jardin. Kst-ce na-
il Fi'ajfil uun souterrain ^ mais par Qà ne piisesent, re-
^ siiUureui^ ni nuin^ difformes^ mais des buaii-
^0 sec ou mouillé, cl dea jardiniers avec leurs ar^
\ ne'
tUT'
dièm diarg( rosoin»
Edouard semblait attendre que la nuil iùi plus avftncéo pour preudm nni^ résolu lion» Il consultait riieure, apprêtait ses pistotets. regnrddîl lo cêI, ei refonibait ensuite au fond de son fauteud, la lOto cadiée dans ses deux mains, il soupirail et pensait.
Il se leva, ouvrit sou secréiaire; il plaça deux portraits do femma idU9 SIS - " ^ ^ ■ Vil no jeune ïille blonde el coku de Léonide. Son attention fm arlagée entre ces deuît portmiis, dont Tun, (rès n*s-
9eîiiL..,.M., ....,.' dans un cercle d*or, mo"^- ' '^ '^-^ - ■-' "' ■ "■ ^-^ s'y n 1 0 p i *.' f ^ d r I % un g . i ge do n oces ; l a od i >
simp'* K iiilL^ 4e p.ifiijr, aneravf^n n*>ir, lui ^ . . . , :.:
du l'Ja!t-n' Mi;^ui'ii tl'iiuJi vir ou (om 'Ot Tf Mais
Ed i [ia pki^ li)iis-irîii|>> -1 v(ie surce d' ' plu** ira ri*
qij' kieureu\ 'juVit i x^uiMiidUt l'autre* Ceiui-ci semblait Tobligef
à d' (Midout c^^iui^ii le O^ner à feindre*
L'ii' un) venue, il ouvni avec prmiuliou la porie de la voùlo donnaok SKT l.j nvitT^, el s*» dirigea, tu smv^ant le bord, vors la grille du paro» Ib potr i •. avait long4emf>s que li-s habitausdormaientî
du ■'? Edouard arriva h la grande entrée dti châ-
teau d'j Lhantiljy ; il ri^nt ,i(tendu*
^ 4> Mïir* lui ditHïn d"abf»rd h voii bftsse, il faut renoncer à la forêt î
non ma
isque qui.'lqiK's lu in ut es il pas'^ i\ SI touvto latij^ue l't 1ô tifjii nm, menbkur lidouardi Mta^ ti---
Me, M* Clavier pour«- I voui avi«.^z plus de I- 1 1 V erriei b ien v i te , —
Lus* La^ lesfoÇiiK ie^ pieM
— iii>E>ii^ ani[Tj,iu\ : 1 ëmémkîmi de frais,
n^i: ■' -■ ■ - ' '■ * ra.>i
do confumre, mademoiseU*?, en notre honm* étoile : jus* ;ï été si bienvtîiJi;inte î Non, je no vous renverrai paa,jî %- — voyesÊ si jiî suis sage, ^- %otre projet de no pasi :i^3ir daiB le bois m îeg heures sont pourtant si donoâd» Hï Ips avez pas onbli^fi'^ ?
I tïs olaicnt échu ^ Edouard eiCaroîîne de Met-»
jiIrsqDf* arcadf' • . udonl la lune bhnohi'^^iii cui
• U^ de cl liiâSô où saut je i ^ les cor*4, t<mim sortes d
hnrlaos d
auï.^
-tllis-i marbre, iruii ri*rf avi% fllwis»
iiie
Vil MUi ,insM ur'siTi
^i que celte hure»
- iiins busU's de ch^"^' ■"
rï dits éennci*s; pcli i
.iv^iienl du l'air auiaii.
geaietii ravoioe dam ae:^ auges do marbre oti dâL:» la main é.
48 Ll HOTàllB DB CnàlITILLT.
firincesses, s^ÔTeillaient à la Diane sous des selles de velours, battaient de leurs sabots d'argent la grande pelouse, et buvaient de leurs naseaux Fair rose du malin, tiers des dames de cour, belles et dédaigneuses, oui les montaient. Les écuries sont mortes comme les chevaux, comme les chiens qui aboyaient, comme les piqueurs qui les lançaient au bruit du fouet à travers les ravins, comme les princes de la monarchie qui les suivaient tous. Car la monarchie aussi est morte et de marbre ! — cette belle et triste Niobé ! — On a établi une école d*enseignement mutod dans les chenils du château; et, dans les écuries môme, — profanation!-» la garde nationale célèbre ses dîners do corps.
C'était un spectacle bien fait pour Edouardf et Caroline de Meilhan,oeliii du château de Chantilly, éclairé (tar la lune, Tastre des ruines. Les châteaux sont rhistoire des nobles; ils leur racontent, à eux qui entendent leur langage et leurs soupirs, et ce au*ils ont été et ce qifils ne seront plus. Ils ne sont pour nous que de belles pierres, de magnifiques débris ; lis sont pour eux des actions, des titres, des privilèges conouis. Nos aïeux à nous n'étaient que des esclaves qui ne nous ont légué que' de mauvais noms, des vaincus de Tinvasion ; les leurs étaient des hommes. Voyez ce qu'ils ont laissé.
Edouard avait enchaîné le bras de mademoiselle de M'iilhan sous le sien, et il descendait avec elle un des sentiers ralioteux qui. à Tombre de murs chevelus de lierre, conduisent à la petite rivière des Truites^ ligne d'eau limpide et pure qui sert d'encadrement à la pelouse de Chantuly, h Topposite de la foret; car Chantilly, — j*ai peur de ne Tavoir pas assez dit, —repose entre des tilleuls et de Teau, entre une forôt et une rivière ; aussi les oiseaux ne font que décrire d'étemelles courbes aériennes sur oe bourg, véritable volière, allant chercher en deçà la feuille jaune du tilleul et en delà la goutte d'eau pour se désaltérer.
— Vous êtes pâle ce soir, Caroline, et, si je ne me trompe, vos traits sont moins paisibles que de coutume. Vous m'avez si bien habitué à votre calme inaltérable, que c'est une douleur pour moi de vous voir ainsi changée ; pourvu que ce n'en soit pas une pour vous de vous en parler.
— Je SUIS triste, oui, l'avenir m effraie. Si une maladie me privait de l'appui de M. Clavier, aue dcviendrais-je? 11 peut mourir cetie nuit, il souttre beaucoup. Où aller demain ? La servitude m'est douce près du vieillard qui m'en a fait une facile habitude ; elle me serait horrible chez un autre. Et pourtant elle me menace, elle m*a(tend, elle est inévitable. En qui dois-je espérer I Vous comprenez maintenant pourquoi ma tristesse est visible...
Ces craintes de mademoiselle de Meilhan n'étaient pas un prétexte romanesque pour pousser Edouard à des éclats de dévodment, à des exagérations de sacrifices. Caroline ignorait que M. Clavier avait, la veille, et d'une manière si avantageuse pour elle, mis ordre à sa fortune, et elle savait quTdouard n'avait aucune protection à lui offrir, exilé, poursuivi, dépossédé d'une partie de ses Liens par la désorganisation de la Vendée, et très douteux fHX)priétaire de l'autre partie. C'était donc la plus sincère des plaintes, la plus désintéressée des douleurs que Caroline avait exprimée. Elle aspirait sans doute aux consolations, mais non aux bienfaits d'Edouard: aucun calcul n'entrait dans cette âme naïve.
Ils s'entendaient si bien sans efforts l'un et l'autre, qu'Edouard ne trouva d'abord aucune réponse aux pressentimens de Caroline. 11 aurait eu pitié de ses propres mensonges, s il lui avait parlé de sa mère, heureuse de l'accueillir en fille chérie, en épouse de son fils, illuminant jusqu'au donjon, ses châteaux, où elle, Caroline, aurait commandé. Ses châteaux brûlaient et sa m^ fuyait en exil. Edouard ne put donc, comme tous ceux qui aiment, prodiguer des trésors de promesses à Caroline, dettes faciles cependant, dont on ne rend pas compte plus tard» car ce n'est jamais que le cœur qui contracte et qui paie en amour.
LE KOTÂinR DE ClI&KTtLtV%
Os étaient desct^ndus su lkis do U vaMû\ ils s*arr^tèreTit au bord du Gmid't'^n^'^lT it h i^u^ du poiil rusiiquo qui le traverse*
Corolinc nluindûiL loujotirs um rri[>onsc d'Ednuaid,
Taul ^Koijp elle îtti dtî^trjiUc par U sitigulièro beauté nocturne du pa ) sage ; k ni t u jiî sti rpri se ira [\ [ii Edo imt L Ils s'a v ancù ru*n 1 1 usq u 'au milieu du ^font nia leur cour )ut lup^o Ci>iumedan& le sommeiK Us n'o sat6Di se piirîcr, d*^ fH^nr do bnscr lo charme.
Iid'^uitrd lU^T^igtia seulement à Corotine ime statue grCle el UliincUB, h uoe distantu^ pfrduo ûnm lo parc. H sembla rattacher cette apprUloii k ce «tuM av&ît k dim k CaioUne, dont lo regaid éiait doux ei préo€€uf>é h le suivre*
Lt^ pont sur lequel il^ étaient t imite b parc et en laisse écouler les cttii
fu« uvant de srj tui lor à celles du Gratid-C^nal^ ^>itt purgées des feuilles arbn*s qu^llen eutuihiefît, à travers mw grille. Par une con'u&ion 1res naturelle de irimivement^ on cr(»irjit que les eaux sont immobiles et qtio la grille n'est qu*un grand feiifno do 1er qui le^^ dènu''le, les lai&^nt eniujte i«mï»*r eiiievelèes en rauleaui bleiiiUres dans le creux de 1 écluse. Le gjticin SL^ud)le aussi s'épancher, t^int Teau s'étale sur lui, lo cuurl>et le noie, le voUe et se verdit do sus nuances,
— Cette statue est celle du grand Condé, dit enfin Edouard, un des §éans de la noblesse française,
•»Qui< n^piia ûirohne, la s ta lue du grand Condé. Ce fut le socle de Cette statue uni aeerôuba la longue robe blanche do madontotseUo do Oonumit. et lit tonilH?r, la nuit ni y Meneuse do ses noces, la noble amante do M. de Melun* Triste présage de révénement dont elle fut victime ! |KmrquoL mi^ n»ontrrz-vous celîe statue, Edouardt Pourquoi ce rappn>ehûmentl? Pou rq util?. „ Di'vez- vous mourir aussi ? — t^laroline tremblai se$ lèvre.-^ polluent* elle serra plus fort lo bras où elle s'appuyait.
— Ënfam I ne soyez pa^ superstitieuse ; n^aggravez pas de réelles affiielionspnrdos terreurs de ronïan* Quand je vous montre, k travers ce faPDuiilard Liiloux, derrière ces dahlias qui tVlatent Ci)iunie en plein midi et nous renvoient leur p*irfum amer jusqu'ici, la statue du grand (Auidé, je n'êi p ' '' -' f roi à v ùm ca use r , Ca roi i ne, je y eu % situ plement v ous citer et I liis malheurs do cette famille, Elle aussi fut exilée, ftieisoe u> > I .tlaist elle au^i mendia à l'étranger peuxlanL vingt ans; mil», au b<:»ut di* vingt ans, elle revint frapper a la porte du dkâtoau. Céli^tit dem vieill^irds bien souffrans, bien mélancoliques* L'un se temil en arrière, paro? qu'il pleurai l, Paulre parla au concierge* * Lechâieeii* montmi» ou est-ilf — Abattu, monsieur. — L'orangerie? — Démolie, ntonsieur, — Le jeu de pu me ? — Détruit. — Et les écuries? — £iuvé«â!.*. — Sauré<'s? s'écrièrent les deux vieillards* — Mais vous He» inesàiéiirs de Ctmde 1 car il n'y a que ?ous*.. » Ps étalent reconnus,
P0llfi|ticil n'aurions- nous pas aussi nos retours de Peiil . Caroline! «"«l'^e pas déjà une faveur du ciel, celle qui nous a rapproches dans ce éémtt^ V*ius souvenez- vous du jour ou je vous vis là-bas aux étang» de Gommelte!
— Si je m'en souviens* Edouard f
^ imiïi en entrant dans lo petit château de ta Rduo-Olanchot « rappartenK'ut do la châtelaine encliantéei la croisée gothi-
âLt» la i^n .^ ' ' Tisc* qui rafraîchit ?on front, les sièges de dune et B vcioim M :> elle médit n au milieu de sa cour, ntais où donc
M te fh ti. I Li ? m: rait-Jl en Paksiine à la poursuite des mAdèlae
à oOlé I ^' I p pi> A ug liste o u de «;a i n t Lou is? «
«. £j ^ ) ,bi fi us au^itôr , Ëdouardf n'est-ce fias t Vous nous èoeu*
tiet de la \iux** voisin ri.
— Je piiiiis jjûur dissiper votre illusion» Caroline.
— Pour la coiituuier. mon amu
■^ Je vou^ lu ri'|Mjtc donc avec cooJlanœ : une prolectioii cachée, Caro-
line, nous a conduits Tun vers l'autre. Comme les princes, dont je vous parlais, nous nous rejoindrons toujours dans la vie. Us se retrourèrant ici, à cette place, après vingt ans d'infortune.
— Vingt ans I Ou seriez-vousî Où nous retrouver?
— Si nous ne nous quittions pas, Caroline, ainsi que ces dtix frères, nous n'aurions, auel que ffit le lieu où nous allassions, rien à envier à notre patrie. N'etcs-vous pas, comme moi, un enfant de ces races qoi s'en vont do la France chaque jour et qui ne doivent plus compter qu'avec le passé? La noblesse française n'a plus de patrie que dans son coeur et dans ses souvenirs. Dès qu'on n'inspire plus le respect qu'on mérit^ il n'y a que de la dérision a recueillir, si l'un résiste dans sa dignité ; il n'y a que des soufflets à recevoir, si Ton s'abaisse au niveau de sa condition. Heureui ceux de nos pères qui accompagnèrent la monarchie à Téebafaud I ils crurent du moins la sauver en nous laissant derrière : nous qui périssons sans gloire , nous n'avons pas môme cet espoir. On nous tuera dans un coin : nos enfans seront citoyens I
— Vos paroles sont bien dures, Edouard ! je souffre à vous entendre...
— A qui d'eux ou do nous appartient la France? Nos pères ne l'ont* ils pas conquise pouce à pouce sur l'étranger, chassant sous vingt règnes l'Espagnol et le Maure jusqu'à ses montagnes, l'Allemand jusqu au Rhin, l'Anglais jusqu'à la mer? cela sans le concours de ce peuple qui vient bien tard, ce me semble, redemander ses droits ! Tigre qui mangea un roi du premier bond, dès qu'il lui libre, et qui, au second, avait déjà un empereur sur sa croupe. — Ici Edouard pressa ses lèvres, s'apercevant que la colère lui inspirait des pensées peu faites pour la simplicité de Caroline, et des expressions qu'il aurait été le premier à condamner dans le sang-froid. Il était excusable : la circonstance seule le plaçait si en de* hors de lui-même : elle était entraînante. Edouard était exilé, rois en accusation ; sa mère subissait les mômes conséquences de sa fidélité politique ; la femme qu'il aimait le plus après sa mère était l'esclave d'un régicide, et ses récriminations bouillonnaient dans sa tôte devant un monument de la toute-puissance perdue do la noblesse ; c'était l'huile devant le feu, le Hindou fanatique en face de la pagode de Jaggernaut.
La colère d'Edouard tomba tout à coup ; de longues larmes ruisselèrent sur ses joues. Le bruit mélancolique d'un cor venait de se faire entendre et rendait, à Tâmo enthousiaste des deux jeunes gens, plus vivante et
Ï)lus sensible l'illusion dont ils étaient enveloppés. Ce bruit, triste comme e regret, doux comme le souvenir, venait du ïond de la forêt ; il en était la respiration. Il y avait dans ce courant d'air harmonieux toutes les pensées des temps héroïques de la noblesse, fondues en notes attendrissantes pour le cœur, la joie des hauts chasseurs, les aboiemcns des lévriers, les hennissemens des chevaux, les sanglots du cerf, la voix des nobles damoiselles intercédant pour lui.
Au loin, par delà les parterres qui fumaient comme un lac au lever du soleil, entre les échancrures des massifs à demi éclairés, l'imagination eût facilement entrevu, en s'abandonnant à Tenchantement de celte mu^ sique plaintive et d'un autre temps, le cortège vaporeux do ces chasseurs d'autrefois, leurs piqueurs aériens fuyant entre la pointe des herbes et la feuille des arbres, leurs chiens aboyant au flanc ae leurs chevaux nuageux, montés par eux, les chasseurs pâles, aux dorures fanées.
A ce bruit de cor, très fréquent aux environs de Chantilly, Edouard éprouvait du calme, de la sérénité, le bonheur. Son re^rd se baignait dans le regard humide de Caroline, à qui sa parole exaltée avait en un instant rendu cette flerté du sang, cette dignité de race crue seize ans de maximes républicaines enseiçpées par M. Clavier semblaient avoir détruites pour jamais. Caroline retrouvait ses titres.
Le cor sonnait toujours. Le bruit partait maintenant de l'allée du Connétable : c'était peutrétre quelque vieux garde-chasse du château qui se
le noTAinx de chiktillt.
Étiv^tinsl nn^^i.
JOtl
m la imrùv
h sa manicTC^ de son oflicô auprès dos [triT^res. Il nie, comme Torguo dûtjs h's églbes: îc cor cl It^ or* ■ pieux ijrislrufneDs perdus coninic les grsjidts gttiircs, mii ; u/scoDvicLions,
Ai > lin et Tautre sur le parapet du poni« Edouard ot C^roltjid
'mm.ijt lu de souvenirs; ils épuisaient uno émotion cjui no piirUii qu'è ïiït rt quHs doublaient en la pttrtageant. Ceux qui auraïf^nt figure mme iiûu5>» par liiie soirée d*aiitomnû, lf?s douceurs de leur solitude ur le puni du Graiid-Qiuol« s'expliquerait; ni peut-viio leur indelmissable lÎTerie* Unii lonj^ie allée de peupliers borde les deux rÎT^ du canal datis la i' lire du duUcnu, et aboutit au ponL a^t\ ' ' " ' rrne
« I re L'uu et C( s arLrt'ïi diviseul le parc. A tl ; res
Un' Il Ljridih Li) li^no de peufjliers, qui court dV-u- im < n u*.i.iiicnl* «ichait en ce m o meut jz) lune, et si complète meut, que les parterres, gotbiquOt eulln la moitié du cliaieau était sombre comme h ûh que Tautre moitié était claire comme a iiudi. Point de trrniP(iu\ire : on eût dit câle à cÔtc un« nuit de Hembrandt, : dflux tabicflux se touchant par la Ijordure, ci frnirni pour bague Ues de^ peupliers. Seule me m diui jujrfois eu lournoyant une feutUo noire» guuUe.s lutnineuses de roste. Dans cet enle coiiâi est si large t qu*on y a bâli une tlo liée par un pont ûù cjntree h la terre ferme. Cette île, toule cliargée de vases, de p©f»Uiur^, de ()etiis bnncs, nn perdu que si^ habilans : ello a gardé sc« se» myritts et son doux nom d'lle*d*Amour* Autrefois, quand il eour délit a to et tendre, des pag<^ de salin et des deiuoi selles k genoux, aux nièces du grand Condé, les romans de mode* ■ ■ ■ tîe, ou les beaux vers de ïlacan.
r4>yms que ce point imperceptible a été le rliiïteau des ^ - \'-t plus grande monarchio du monde? Vous Tavez imsî
toujours refusé ce plaisir.
me, de ce palais; mais ce peu suffi I poiju' des anciens maîtres^ La peinkiit' surinut a W, par des suivis allégoriques, Thisloire de leui^ rn \û
WttUean a éie lluslurieu niordoul des princes de Ct>ri }»m-
fi couveri de païupbkls les murs, les plafonds, les porie» du cbâ- RirfniTi h^ Tf'gmt di^ PVoDce nt Louise XV sonf^ immolés au verrail- I Watleau raffolait, Mm^ alln d*éioignor ces illusions, ■ r,irïié la nivauïé, accusée de irop d*^ faiblesses ùû ■ '", qu'il m>' ■ ique panneia iir. Ici le - <' a la toilêtil
'S ii'ijst*^ avec elle; k* lî iau sa pnriiti d'én i] t'emporte dans un char magnifique à de ces lableaui, l*'s arabesqtîef^ d« flnd»! t contribuent a ptééenier* comme un fêf« i ^Ti\ prince du sang seul avait le dioit d§ le. et que Watieau seul, sous la proie talent dp troccr* Lionda Caroline, là bas, K^us le bois de
— Il rwfe i
mm eo lÊm > AiavetsU Ci"
— 1]lMt|fl a»f CrlU^ lu
[Sjrîrif*, m ^e^âotjïi du Uihanicsau : ^
in, il T nii
> V eut un grand Condé bon« mais sévÈre
M'^ Condé, l>ons aussi* mais plus frî-
ur.^ de Wanenu. C'est encor«i Watteau qui a
!.^ hameau a élé le ilnéiltrc dé ft-ti^s lîûnt le ca-
"Ju* et qui appartenait au temps, conitue les
.^ d'avoir été le prétexta. Fatiguée lie l'^ii-
53 LB !fOTAIBB DE CnAHTILLT.
ouelte, du masque qu*ello impose, des habits massifs qu'elle attache aux épaules, la jeunesse de la cour de Louis XV venait réaliser au hameau, sous des costumes rustiques, les pastorales h la mode. Devenus jardiniers, des marquis, colonels de dragons, puisaient de Teau, couronnés de roses, avec un œil de poudre, et un petit chapeau de paille sur Fœil de pK)udre. Ils soupiraient en arrosant des plates-bandes d'oeillets ; s'arrêtaient pour en former un bouquet quils liaient avec des faveurs, et ils chantaient, appuyés sur leurs bcches. Boucher leur avait donné des leçons de nature. Nécessairement les bergères étaient cruelles. Les bergères, c*étaient des comtesses. Vous distinguez d*ici la chaumière d*où elles sortaient en filant du lin et en chassant devant elles leurs agneaux ; de vrais moulons blancs et peignés, ayant des sonnettes d'urgent aa cou. Ces moutons, nourris a*amandes , étaient baignés dans ctes eaux parfumées.
Auprès de la chaumière s'élève le moulin. Costumés en meuniers, les pages du roi y apportaient le froment et en rapportaient la farine. Le roi aimait beaucoup à manger les gâteaux pétris avec la farine de ces meuniers de Chantilly. D'autres allaient soupirer dans le bois de Sylvie, et dire réellement leurs peines aux échos d'alentour. A midi, on déjeûnait à la laiterie dont on a aussi respecté la frOle construction. Les sièges y sont en noyer, ainsi que le veut Fontenelle dans ses pastorales, et les vitraux pemts en campagne. On mançeait a la laitene des œufs frais, en s'y disant des choses tendres entre bergers et jardinières, meuniers et laitières. Ces travestissemens d'existence duraient jusou'à la nuit, heure à laquelle la bergère redevenait une haute dame de Montmorency, et le tendre bûcheron du bois de Sylvie, Louis do France, roi très due» tien.
Caroline recueillait avidemment ces récits où étaient empreintes les diverses splendeurs do la noblesse française avec tout l'héroïsme qui la rendait redoutable, avec toujte la grâce qui tempérait cet héroïsme pour le faire aimer. Edouard, en les animant par son accent passionné, Caro line, en les écoulant d'une oreille neuve et prévenue, s'unissaient de cœur bien mieux et avec plus de réserve, que s'ils se fussent entretenus uniquement d'eux-mêmes. Qu'importent les mots et les idées qu'on emploie? L'amour n'est qu'une fraternité d'Âme, et la parole est nioms propre à le peindre qu'a l'exagérer.
— Comme vous me laites aimer et regretter ces temps, Edouard ! Qu*ftvons-nous aujourd'hui qui les remplace
Le cor avait cessé de retentir.
Un nuage, monté de la grande pièce d'eau, avait caché le disque de la lune.
Après être passé du vert foncé au sombre, puis au noir, le paysage avait disparu.
Caroline et Edouard furent plongés dans la plus épaisse obscurité.
— Vous me demandez, Caroline, ce qui a remplacé la noblesse? De* mandez ce qui peut tenir Ueu de cette clarté céleste oue nous venons de voir s'éclipser ; car la noblesse était aussi un astre, loyer de toutes lu* mièrcs et de toute fécondité, levé sur les âges et par lequel on comptait des jours d'honneur et des jours de vertu. Autour de la noblesse, les races gravitaient en ordre pour prendre rang dans l'humanité : elles avaient un nom; elles n'en ont plus. Vivre aujourd'hui, c'est couler comme l'eau, voler comme le sable, aller de l'inconnu à Tinconnu.
Les belles qualités de l'âme ne se perpétuent plus, ce qui les tue : le fils de oui n'a rien été n'est rien, ne sera rien. L'homme a perdu la moitié de 1 immortalité en perdant la noblesse.
Jour affreux, celui où cette séparation se fit. Esclave révolté, le serf entra dans ce château que la nuit nous voile, et il en chassa les maîtres. Les tours de cinq cents ans tombèrent dans les fo^és; les vieux chênes
LE TfatAlKE DE COiUTlLLt.
fur les chemins : des coups de canon fiirenl tirés h bôiit portant &ur la ftaluc de bronzo du connéiahlo qui moiirul oinsi deux fois : ce n'étûil pas trop pour un Monlmorenc>% On égorgea h'% dames du ty îedu avec des couïeaïiii dé chasse, cninuie les bichon ei les faons de la fon'l : on ^ralU avec k^ ongles les murs qui rtHrsïçnienl tesbatatïlcs du grand ('jondé;de çcrlui qui svmi vingL fois sauvé la France et ne Tavalt trahiL^ qu'une ; puis Ofj se lava les inaui!^ dims les rnux ducartâl^ loules ooloro.^ de Rocroy, de Dpnain, de .Mat^tricbi, de ValenciennL^s ; le sang^ la couleur el l'histoire ruisî^elèrcnt. Lïn blessa les sïaUics; on Irflncha la ti'le h ces divinités silencieuses i^t bonnes comme de? femmes qui ornaienl le porc et le ktïynnihe; on ne ro^H?<:ia ni k-s frais asiles où liossnet écriv*iTi roraison lune Lire de madcmoisello Henriette do Krunœ, ni ïa pierre où t'cnelon pleura bîk disgriïce; ni le banc de ga^on où Vauban médita ses fini i (loilions du la France : on lâcha des moulons dans le parc» qui bruuléreni touL
L^'umo d*argeni m^me qui renfermait les sept ecrurs des Condé fut bfisoe; et les cœurs, jetés par dessus un nuir^ reslercnt jK^ndant plusieurs jours accrochés a ut branches d*un arlire, baîoncés par les venL^.
Voila comment or» a remplacé la noblcsso l
Ces jeuni*s gens lïliisj*héni aient.
S*ils avaient pu se lourner et voir flamber, h rextrêmité du capat, ut» cheminée colossale reniplîssant l'air de fumée elde feu, éclaîranl Ia moitié de Chantilly ; s'ils avaient pu se demander pourquoi celle bouche d*iti* cemlie poussait ainsi sa gerbe grondante vt^rs le ciel ; s'ds s'étaient rappnichcs dv cette tueuCf phnre au milieu de la hrume du canal; s*ils avaient apîTru la presque population du bourg» lat>orieuse et infatigable, occupe© h liruvtT des rochers, h les puhéiiser, h les cuire, a les rétluire en pât© pour les durcir de nouveau, mais transformés en coupes ciselées, on vases etru;tqnt*s où s'épaiiouiiont de? fleurs, en pendules dorét*s ; alors, pGUtri!tr<î quelques uns de ces Proméihées. qui créent des merveilles avec de la bouc et du feu, leur auraient dit : Nous sommes les fils de ces vas- Miui, jadis gardes-chasse, vido-bouteilU's, Sérdeau, valets de chiens de mes^igneurs de Condé ; nous ne pc«»sc:*Jions qu'une terre aride, nota Tavon^ creusée avec nos ongles et nous en avons fait jaillir de la porOB'' laine; nous serions serfs, nous somiues ouvriers; nous n^avons gardé que nos droits de tous ers biens conquis un instant par nos pères* Le châtoati ét«tit aui Condéf il e^t aux d'Orléans : que demandez-vous au pôupict !
MaJ« Edouard et Caroline ne virent ni la fabricjue de porcelaine ni sa superbe aigrette de tlaîumtï; pleins de mille pensées où le souvenir et ta doukur ticcu()aient plus de place que le raisonnement, ils gagné rrnt à pas knls le bourg de t Chantilly par le chemin qu'ils avaient pris en allant.
Il était à peu pn.'S ré-oi é de leur entrevue qu'ils partiraient clandesliiirnii nt, ntj i\$ (pj i lieraient la Frauce,
tU iidieu à la porte de la chapelle du château, :«j sonna*
Uif- L I rouvrit la porte du jardin; mais, en traversant ralléf» de n~ p .1 ' ' h's leuilles eminiurprees par l'automne lui effleuraient le visage, 1 1 .1 un*^ profonde amertume h rentrer dans sa solitude. Avec Ttî»*
t^ > sà hiiuk? condition, la tristesse lui en était venue; elle rott-
gis^U ^ur la première lois du sa place chez M* tUavipr,
Sonae ipauvrc et ûniple lille, cllu rentrait comtesse dis Mailhao.
bk ^B wrrAiBE DK coAirriLtY.
Nous avons connu nn Irlandais, homme d'esprit original, qui, . fleur à vingt ans d'une fortune considérable, l'avait consacrée h voyager à -travers les quatre parties du monde, dans l'unique but de vérifier s'il était vrai que les évenemens prissent quelque part, quelquefois, la forme et le caractère du drame.
Sa vie entière Tavait convaincu que sa recherche avait été de la phis grande inutilité; que les plus belles combinaisons de tragédie ou de eomédie, appartinssent-elles à Shakspcare ou h Molière, ne s'étaient jamais offertes à qui que ce fût dans lo monde réel. Deux principes résumaient sa doctrine d'observation h cet égard : lo premier, que les hommes ne provoquent jamais les évenemens ; le second, que les évenemens n'ont ni logique, ni moralité, ni esprit. César est tué en sortant du sénat ; mais C&ar était attendu par les conjurés : il n'y a pas là de drame, c'est un brutal événement. Si César eût tué les conjurés, le contraire aurait eu lieu ; il y aurait eu alors surprise, moralité, drame.
Mais Géronte, qui se blottit dans un sac et se laisse rouer de coups fiar Scapin, le prenant pour l'homme qui le cherche dans l'intention de lui couper les deux oreilles, n'est-ce pas 1 exemple retourné de César, n'esta» pas là du drame, de la surprise? sans doute. Mais cela est-il arrivé? non — - et qu'importe? la scène est admirable. — Je n'en conteste pas le nérite ; ce n*est pas de quoi il s'agit ici ; elle sera sublime, si l'on vent. EHtes seulement si, en 1660, cette erreur a pu être commise, écartant même l'invraisemblance de la galère turcpe, dfe la place publique au milieu de laquelle un citoyen connu de la ville se iait battre?
Notre Irlandais, très insinuant, très poli, avait interrogé, dons l'intérêt de sa recherche, des fommes de toutes les conditions, de toutes les contrées, afln de savoir d'elles si le drame était peut-être dans l'amour. On avait confié à sa naïveté des histoires d'infidélité, de poison, d'effiniryans récits de meurtre ; mais quand, arrivant à son système, il demandait : « Cette infidélité, madame, l'avez-vons cachée avec la ruse infer- »nale de la comtesse Âlmaviva? Ce poison a-t-il été versé entre deux » embrassemens ? Ce meurtre, dicté par l'offense, ravez-vous servi au » milieu d'un festin à Ferrare, comme pour rendre une politesse reçue à » Venise? »Et l'Irlandais attendait toujours en palpitant le tait dramatimie. Pauvrecurieuxl -^«L'infidélité, lui avouait-on en rougissant, avait » été consommée à l'oceasion d'une jarretière arrêtée un peu trop haut, » devant un homme qu'on ne savait pas là; le poison avait été mêlé à deux 9S0US de crème ; une heure auparavant, on ne pensait pas au poison ;iet » le meurtre ue s'était exécuté que par le concours fortuit d'wi mot gros- 1» sier et d'une vrille oubliée sur la table. L'amant avait dit : — Tais-toi, Il insolente I — La iemme lui avait répondu par un coup de vrille dans '«rartère* »
— - Évenemens 1 évenemens! répétait toujours notre Irlandais désolé, tnolle part du drame t
Il alla vivre avec les Toleurs de grand chemin : ci*était remonter à la source du drame. « N'avez-vous pas rencontré, s'informa-t-il d'eux, parmi les ^ens que vous avez détroussés, des femmes que vous aviez aimées, des jurés qui vous avaient condamnés; et, dans ces rapprochemens si peu agréables pour eux et pour elles, ne vous ôtes-vous pois montrés, par cette singularité d'esprit dont la nécessité des contrastes littéraires vous revêt, bons à l'égard des uns, dignes et respectueux envers les autres? »
— Jamais I
LE ffOTAfnE DE CflAKTILLY.
— Ite de drame^ mon Dieu, s'ëcnaii rfrbndais, même parmi les yo- Imnt
l\ vtsild tlnde, 1c Japon, la Tartarie, ei non seolenieot il ne ûéctmrni ^s le ih-Jine chejt les f«!uplf*s de ws pays bizarres; mais il no fut, lui, $î éiran;^f^ r^u mïheud'euï, raccidenî personnel d'aucune scène de dm m a* O? 'I it ex)nst«mmeni arrive avaii été b résultat du hasard ou
de là choses ; on n*y sentait p^ùnl une iiîtelligençc suivie^ d^
un j]f tigrés, un dénouement enfin un tout raisonnatilf^ quu re^ ftU d3n^ le mémo ordre devant des spectateurs* ks aur^rL sAti^ùils* lit vu '■ ^ s^êcrouler^ mais dans eo momeni i' * Ht ira-
* pnr I nu si quelqu'un y pos^il, m nVl^T.: jeune
aî' " son am-int, on "" r-'iu--* - -^ - — ■ ^ lieux
I ti iient^ toujours \'
U iiu,.^.. 'ft(^nl^e^ trop d^ n,Lii|a,. u^ - .. .l t i. ,, .^^ L; drame
diiB la 9or I iih^, telle qu'elle e?t aujourd'hui en Fronce, en
Aïlemagnn .: j ,l ,^; ^rre; le drnmo ^i coni ploiement ahs*m\ du reste du nioiide : c'est a peme dans cette siKiété si l'événroieni y nrrive, Dana cette ftootété, tl y a peu de fortes passions* heaticoup de lois pour pré^e* ûir, pour répnmer* punir c*?s passions ; quand ces lois sont muoit^, s'avancent les mcrurs, jurtspradence où le jury c'est tout le monde* et le bourleiu chacun ; et quand il n'y au rail ni cc^ lois ni ers ntocurs, le drame ttteîsicraic pus davantage, car il n*y aurait plus d'obstados^ ei tout orrim-rml comino de raison.
Cfit EtiandaU^ qui avait vieilli h thett^her le drame sons lonto^ \m loti-
tiuJes, dan-^ ' If?s plus ardeus, dans ceux où 1;*
H 1rs mcrtïi -^ent h coups de fouet et se mmu ! i
l ■ ^ * Il .sv;iit jamais été témoin que de h
i '<'' eeUiî ciu théAlre, mnurui d'une n
.1 • "''-^n finir ain^i avee^Hi pers^^'^^^
^ du pvikbn, tOiÔiDlIfiav
' \.^^ peu etoond d^apereevinr 1 ,,...;.
Uiique
ips de
: iikquee du
I tut frappé
l'ittan*
mes précautions,
4ccoudéo sîir là
aiUoii
1 i*'h^. êK sans s'émou^-oir d;ivanlai^e, elb dit en souriant 'ii*?n lardé, monsii-ur, S^u^s doiue la chass<3 que VMS a\ 'i'.' la lune nous ntdomtuseta d^* U longueur de
VSlte ahsÊmm* QuH Iteiju gibier rapporte?!- vous ?
^-^ O1É4 répond it ËdtuiarU^ eonfus, cooirané de b présenta de Lconidd dtiss le lïâtillon» cbercfiant vingt mensonge» avant de risfjuer une répOHW^y^ fiefiU pas une défait^?, déposant &011 chapeau « pots ses armes Su I '., Usdi-Siimiant, s'i's'^uyani le front, oui, f i-i promesse,
— i lori, — qut? je vous avais donné*.* de nt^ p i nuit, de no
pË renirerîa tard au fjûviilonî mais, afin de ui' 1: 1 ! du chagrin Ctliié p«rlei mauvaise nouvelles que j'ai apprt - ^ ■ mi , j-^ suis sorti,
fii prolong"" - - ■ ii^mids.% je me suis égaré, ri d ioiSi liJ . ]■ li^ prévo^tia
fss vous il Ml relour... Vous lisit^., j*^ cr<jv . l 1] ■ 1 ir j n-ndit la
0m^ regarda* *.^> .«,. jjicnt ^ craignant que Léontdo^ le ^iivuui^ l UjU resté oavcrt* n*eilt n? marqué ïe portrait de Dtroline rouie aupri^s du sàsn*
— • De 11' i\tris, absent depuis neuf heures?
■^ VdBS î il ' ^tie lettre adressée à mon niiH et
«^ Vmi^tKtrtagfm donc avec lut \m *êijei3 de la ooTTespoadAïQSt
•»v ^ilÀptmiiqyiiî |*ftgi3âiiis]«
^^ A iir, que ^efnerfi4-it T
— Rw^ïi , bi la it*um n' i '^ rffmbe ^ et c« ipi'en tous \m CfiS Q
I pensé, SI je 1â lui r in«nt riecachetée,
— ' W^l^ fiocsao 1 '^ Qmâ^éÊmkt dites iplotSt, Appr <xh6E «1 liions easeflnbli».
56 LE 50TAIBB DE CHATSTILLY.
— Jo VOUS en prie, ne me lisez rien. Co .^.Armez-moi dnns cette persuasion que je n*ai pas le droit d être de moitô dans la confidence.
— Qu'en savez-vous î
— Comment cela serait-il autrement? Je suis caché chez vous, nul ne me sait ici...
— Alors vous ne me croyez pas... c'est bien. Drisons là-dessus, je tous en prie.
Lôonidc s'était brusquement levée pour sortir ; mais, arrCtée au passage par Edouard, elle retourna s'asseoir auprès du secrétaire, et précisément devant le rouleau qui renfermait le portrait de Caroline. Un souffle de vent de la porte, un mouvement involontaire de Léonido eussent suffi pour tout révéler. Heureusement la lampe était posée sur la table à quelque distance du secrétaire. Edouard , lui prenant la main qu'il baisa avec la chasteté du pardon , lui dit, afin de l'éloigner au plus vite du voisinage du portrait : — Venez el lisez-moi cette lettre, bien que je prévoie ce qudie contient : d'abord e.lo est anonyme?
— Non.
— On vous y fait part do quelque prétendue infidélité de Uanriœt
— Encore moins.
<— ^les prévisions sont h bout : jo vous écoute.
<— C*est bien heureux.
Edouard avait , pendant ce court dialogue, ramené Léonide h la place qu*elle occupait lorsqu'il était entre, et, d'un mouvement qui tressait d*étce suspect, car il devenait indif:érent, il ferma le secrétaire et s'assit ensuite pour écouter avec résignation la lecture de la lettre.
— Cotte lettre est do Compiègne : c'est Jules l>fort qui écrit h mon mari. Vous lui avez entendu quelquefois parler de Jules Lefort?
— Jamais.
Cotte discrétion de Maurice fit impression sur Léonide. Elle se recueillit pendant quelques minutes, et, après avoir d«^posé la lettre de Jules Lefort sur la table, elle commença un récit de famille dont le lecteur a déjà pris connaissance. Seulement Léonide mit une continuelle partialité à taire ressortir les torts de sa cousine Hortenso qu'elle représenta comme une femme au cœur faux, et comme s'étant mariée sans amour, uniquement pour partagor la fortune de Jules. Les faits qu'elle avoua, parmi de nombreux qu'elle lut obligée de taire, étaient d'autant plus altérés, qu'elle glissa sur la passion romanesque que lui avait inspirée Jules Lefort , cause principale de sa haine pour Horlense.
— En tout ceci, répliqua Edouard , je ne vois que des événemens |>eu graves et q«.ie vous jugeriez vous-mc^me sans importance, si vous n'aviez le tort «le vous les rappeler, — permettez-moi do vous le dire,— trop souvent et hors de fropos. Vous ('tes heureuse dans votre ménage, votre cousine l'est dans le sien ; à quoi bon se souvenir d'un passé qui ne doit plus vous être contraire ?
— Si c^est au nom du passé que vous voulez qu'on oublie , voyez si la haine est éteinte entre elle et moi, et dites quelle est, de nous deux, celle qui la ranime. Arrivons à la lettre de son mari.
a Mon cher Maurice , » Il se prépare à Senlis, pour les premiers jours de carnaval , un bal masqué qui aura lieu h la sous-préfecture. Mémorable solennité pour toi et pour moi, n'est-ce pas ? Que je te céderais volontiers ma place aussi volontiers que tu me gratifierais de la tienne, si je n'étais convaincu oue le J^lijs grand plaisir de l'un serait d'y rencontrer l'autre l Mais ce bonneura ne nous est plus guère permis, Maurice, et pas plus au bal où notre humeur ne nous aUire guère que partout ailleurs. Enfin I point d'élégie h pro()os de bal.
» Depuis six mois, mon Hortense a ma parole que je la mènerai à cette
LB KOTAIIIE DE CIIii:«Tlt.I.V.
me, Cfue jdpoiiTTai^ opp4?lor de famille, car lotit 1o canton %y i^unil c1iaf]ue aiini^L', h jour IVïc, tu k saiSp iTc^t tme veriiaMç ft'^ïe pour HcïHrnfy? qui sort p^ii* qui pas^ saivie« ainsi que inui, a acheter des moulons ot u f^n revendre la laine. Il deprnd de toi » mon ami» qno celle saïUfaciion lui soiî donnée : je te fais gruoe dii loiil pi^ambule pour l'expliquer pourquoi cela dr^pend cîo loi. Il c^t pénible de nnui répéter que la femme cl la nnenne ne peuTeni <'lre en présence dans |-ï monde sans epmuvcr do la g^fic* une Cfïnlrainlodonl nous n'avons éié que trop souvent lé moins, loi ef moi^ Tu n'as pas outillé révénemcnt do Fan passe au ImI de Sentis; d*anlîes nn'nie sVu son! aprrus, et nos dent menaces» dans la pcr§onn& de nos femmes, n'ont plus été saerés. Nous ne s^inimes pas de c^^ fous, Maurice 4 qui mcilcni le bonheur à se raidir contre Topinion. Vouloir ce qm vriil 11* monde , c'esl obtenir en compensation é\ celle faîUlesse les quelques ym^ qu*il procure : nous n'en sommes pas ennemis, Or« la fêmnie, pour revenir au pénshl*r sujet do cet le letlre, sera aussi invjiéo h ce baL fVn^os'tu qu*il soil conveniïbte que Lconido cl Horiense y aillent iauies deiu? Que la s^igesse en décide. Avant tout, con<vulle le désir de Léonid'*. Si elle n'en montre pas un bien vîf d'aller à ce bal, Uortense proOtera du refus de Loonide» Si, au contraire, ion ei ce tien le femme est assez franche pour ne pas consentir h un pareil sacnfice, eh bien, qu'elle s*amu-e, laisse-la aller a Senlis; mais, dans l'un cl Tauire cas, réponds» moi sans conirainle* sans comp lai séance. Rncore une fois, consulte ta femme ; je garaolis l'obéissance de la mienno. Son bonheur est dons nm folonté*
n II mVût été plus doux do récrire que nous y serions tous (juatre ^ heureui de faire un peu enrager les jcunos gens ot |çs célibataires à& fiolre grosso jore de mari ; mais le sort ne le veul pas. L'un de nous s*amnsflfa ptuir Taulr^ • cVst s'ennuiera que je veuï dire* Oicbclons vilo mi latlrr^ t je ne suis pa^ jalousi qu'Harlense lise coUe dcmiéne phrase: die nie f< rail dunser lout le baU
• Adieu.
» MiUq amitiéâ à Texcellpnte cousine Léonido. u Ton ami,
» JrtFS LKronT, »
*— Jijgeî mainlenanl, l^douard, si œ n'est pas le mari qui a écrit cetl© Idtlre sous la dictée do la femme.
— Ôuând ceb serai!» œ qui me paraît coniestaWc, que préiendez-rous Elire f
— Jç n'ai pas ponr habiludc. Edouard, d*iniiier à mes projels œuï qui ne priirr " - ■ - h do m'aidrr dans leur eiécution,
■^ V n fus** mon coni*ours t
— Je M' ...- jM s encore celii* J'emploie toujours cet averlissemf*ntpour ftt'on ne prenne pas ensuite en mauvaise part les récompenses que j'ao- ^Ordi^ en retnur ifc^ ^j*r vices quVm me rend.
— VouH il ide, df^ doules trop onïbrageust el une a^cnnnais^ ttnce trop i" . unploye^ vos aniis^ «»oycî confiante avL'c eux* Ne îtatst*ji? pas le iMireî
— Kti me reduisf^g jamais à en douter, Edouard. Dans re moment surlouU Tai besoin de votre appui ^ pour établir mnn autorilé nupW'S de Maurice* Sflvpî-vou^ ce ^[u'd répondra à Jules Lelurttn Va au bal; niènes-y
1A kmt pts U porte
n'en saura rien* w II esl homme a cela ; d ne voit
«lîe dans 11 considéra lion do sa femm^* Pt ii lui im-
I noma rouée , qu*on rinîerpièto ite mille ma-
. loules a la gloire dllortcn^i Lefon, Qu'elle
, ru kuM-if udvantûge pour qu'elle obtienne conire moi Vo~
inde qu«\ tan passé, elle sut disposer en sa faveur par si^in
iKUl, vrai ou fejnl, en me voyant enixer dans ce bat do Senlts
04 iUfi était si loin de m 'attendre f
'S8 LB ROTàlRB DE CHAHTILLT.
Si je ne parais point œtto année à ce bal où elle ira , je sois raincue, terrassée r on pensera , on dira hautement que Jules Lcfort a imposé- à Maurice l'obligation de ne pas m*y conduire ; ou bien , et ce sera m version la plus honnête, que mon mari m*a forcée lui-même h ne pas y paraître. Heureuse alternative l-Hselle de passer pour la femme d*un homme sans dignité ou pour Tesclaye de cet homme. — Vous ne savez pas, imm iami, que cette Hortense s*est rendue coupable, sons de faux somblans do naïveté et d'innocence , des ingratitudes les plus noires ; qu^elle a menti lâchement à Tamour qu'elle prétendait avoir pour Maurice, en se mariant avec Jules Lefort... oui...
— Permettez-moi , interrompit Edouard qui tenait la main de Léomde 4mis la sienne ; — ce dernier tort, vous ne devriez pas le ressentir aussi vivement que Maurice qui parait Tavoir oublié en vous épousant, et sans lequel vous ne seriez pas aujourd'hui sa femme.
— Edouard, reprit f éonide vivement et après quelques minutes de oofttrainte, je n'aime pas Maurice : je ne lui étais pas destinée. Témoin. jde rattachement que ma cousine disait lui porter , de celui que Maurice éprouvait sincèrement pour elle, j'ai trop retenu leurs sermons réciproques. Do confldente devenue épouse, ai-je pu oublier que mon mari avjdt aimé une antre femme , que cette femme Tavait peut-être aimé? Gomment s'abuser, Edouard?
IdLéonide s'arrêta. C'était une lacune h remplir pour la perspicacité «ITEdouard. lien aurait coûté a Léonide d'avouer qu'elle avait aiméiiiles Lefort, et pourtant, sans cet aveu, comment lui était-il possible de justifier sa haine pour sa cousine Hortense ?
Edouard eût donné tout au monde pour que, dans ce moment, Lémààù «vouât cette faiblesse : aussi ne ûl-il aucun effort pour lui en épargner la amféssion entière.
— Edouard, c'est un grave événement que le mariage : c'est un événement sinistre qu'un mariage sans amour. Ceux qui sont rassasiés du mariage parce qu'ils l'ont trop savouré , qui s'arment pour le détiuire parce qu ils l'ont épuisé, ceux-là se plaignent, so récrient, s'élèvent à tort contre la société. Leur plainte est une puérilité ; leur déception est un malheur conunun à toutes choses : ne se lasse-t-on pas des meilleures ? Quelle est la profession qui à la longue ne soit devenue un snpphos*? Quel est le sentiment que le temps n'ait rendu intolérable ? Quelle est la vie dont le poids n'ait écrasé celui qui la portail ? Et remarquez qu'on n^ <nie la misère pour refuge, si l'on sort de sa profession, tandis que l'adultère vous délivre avanta^usemont du mariage en une heure ; l'adottère dont n'auraient aucune honte ceux qui réclament en son nom contre le mariage, s'ils avaient un peu moins besoin de s'en faire un moyen du moment. Car ce n'est pas contre le joug du mariage, regardez-y trie», Edouard, qu'on s'élève ; creusez bien : c'est plutôt contre la possibiUté de ne pouvoir se marier tous les jours, à chaque instant. La passion ne re- -cule pas devant l'ea^gagement : c'est le dégoût, c'est la froideur qui demandent compte de la durée. On fait une affaire de raison du mariage, non quand il est h. conclure , mais quand il n'est plus à rompre. Ceux
3ui demandent le divorce brûlent de se romarier : ils sont moms jalout e briser une entrave que de se soumettre à de nouvelles; et l'on conçoit oue la loi est en droit de considérer conmne un aveu d'émancipation At libertinage ce cri déguisé de liberté humaine qui veut altérer la perpé* tuile du mariage.
Mais quelle pitié plus profonde ne doit-on pas à celles qui s'engagent sans amour, sans cet enivrement d'un an, fut-il d'une heure? qui sont entrées à l'église sans prières, sans larmes, sans baitcmens de coeur;
r' en sont sorties sans conviction; qui sont descendues dans la couche mari, froides, plus froides qu'elles ne s'étendront dans la lombe;^
LE NOTAIRE DE CQAHTJLLlf* 59
qui, pendant foule leur v% slohumorooi oiuBi chaque soir ets^oxbame-
t)e plus Uîiirnii'ntécs eiistent : celles qiii sesnnt marit^' ■ ' ^" î^ 'pit; affteuse réÂoIulioii que cos mariagL-â ; tn, c'esl une ver ii ^ îiers
des iDarîûges ne sont pas autrertietil inspirés. On a iior.. v^^ .^Ége/iui airiw; on se mnric viiç : on a bésilé pendont di\ iins, uno minuto décide. On était deux amies : lo plus jeune vous devance, elle éfiouse ; on yoiisse iiD tri ûû rage^ cl malbciir au premier mrLi qui s*offre : on Vac^ «êpte, lin amani pamis vous délaisse ; c*est laililesse de le rappeler ; c*est
randiHir de réblouir par le mariage, U aura un remords peiU-ilreî non! ne Vmm pas ce remords. El, par dépil^vous vous livreï h un rustre <|ui sourit, — le fatî — h m piloyable conquête ; iî eit fier que vuus vous
S Met de son nom, tandis que vous êtes trop heureuse de ne pas lui 1er le vôtre. Malheureusement la vengeance tombe quelquefois sur un «lîe homme, et, en récompeïïse de ses soins, de ses attentions» vous a^HE 11 loi offnr qu'une poitrine glacée, qtio des lèvres sèches, qu'un «■«ledédiii^neuï/
BDOuaiTd, je vnus ai dit rna vie. Mon mariage avec Monrico fut un cal* C&i de colère, une inspiration irréfléchie de la haine. Tant que je ne serai paâapar&'^'e, rnon mariage ne sïTa qu*une dure expiation ; après, j'essaio-^ fai du calme à défaut de bonheur; et, dans mes souvenirs de luttât, J9 n'oublierai pas que vous m^avez aidée h le recouvrer,
— Que faufil faire pour cela, Léonide?
•^ ^raccompagner è co bal do Sentis* Vous serer masqué, je ne le serai po» ; on vous croira mon frère, mon raari , le colonel Debray qui m'y conduisit Fan passé.
^ Domptez sur moi, Léonîde ; mais pourquoi iriez-viras à ce bal îe f i^ Iftfe découvert?
^Cù sera ma seule vengeance, mon visage, ik^rtense sera là* son mari lem lÀ, ih seront tous ly ceux qui, la voyant au bal, irn s'attendront pas à ma présence qui les étonnera comme fa foudre* Kl mon vi^ge ne sera dédaigneui pour perso née : il y en aura de plus belles, mnis non de plus
tlei, de plus folles que moi h ce bal. Vous me verrez rire et dnn*er ; j enlomi tout le monde dans nia joie, je laisserai un long si lieu de folio '«âmière thacuno do ntes parti Le^^, Le lendemain en se dira : ta mieux parto au bal, c'était lu femme du ^3u s* préfet ; la plus jolie, c'éinit celle d ta la plus coquotle, c'était celle-ci ou celle-là ; mais la plus remarpur fia gaîté^ c^était la fcnmie du notaire de Chantilly, Ceci mo
iltâ fera croire à nïon bonbeur, Edouard : qu'est-ce que je sou* Ifeï^lusî Celui d'ilortense pâlira de tout rédatdumten.— On nous & i é(*s, (K'usera-t-on, — On vous avait Lrouipées, mesdan^es; alto
n is vf^rur, 'île est venue I^On ta disaii rongée parle chagrin, par
lu lit^'pii ; - 'le feu de ses diamans, le feu de ses y@ui, -^ Ahl
voilà mon , Edouard, le voilà ! Qu'importe après cela qu'an ren-
trant jo donne a ùùià larmes de rage la moitié de cette nuit commencéo par la vengeance.
— Eli bien, Ûi Edouard^ puisse c^ asaircr rotre bonheur, dtiposfK da imn bras* l*aurai un masque , ma voii n*cst pas connue, A quand U liiiet i^lSatB deux mois. D'ici lA, i'irai i I^ria, j'en rapporte rai deui casi de bal, car votïs compr*r: - '- ^ÎTnger, Edouard, que nnu*cour- (si DijUï DU iion-f im tinsu: eci. Je ne doute pat que Màttficû
lû^yf. ..,(ii,' :■.- ,1,-- i., i.T, - . .^ --
«pumcpat!
atdéfetidai
^U d'ailleuis, jç iie
j AÏtre,
la cûn&iiléEalion ne mar^
1 n'ai& «mniisomcn de ïé~
Jix^pederiî COQ affieeta lion à no
le wtslfiiais pas k aa folonié, s'il
60 LE HOTAlftB BB COAHTItLT.
—Mais ne craignez-vous rien pour moi, I^nideî Que pensera Blaurioe, quand il apprendra, non sans étonnement, que je suis de moitié dans une dcmarcne peul-étro Téi)réhensible à ses yeux ? Me répondez- Tous qu'il ne regrettera pas rhospitalilé dont j*aurai abusé î
Afln que son objection, qu'il hasardait du ton de voix le plus timide, ne blessât pas Léonide, Edouard s*élait rapproché d'elle, colorant le plus possible son hésitation de la docilité de Tobéissance.
Léonide fit d'abord semblant de ne pas comprendre; mais lorsqu'elle s'aperçut qu'Edouard persistait pour obtenir une réponse h ses doutes, elle battit l'argument ae l'hospitalité par un sourire qui décontenança Edouard. Ce sourire, m^é d'un peu de pudeur et de beaucoup de raillerie, lui fit comprendre le scrupule dont il s'armait était bien arbitraire chez lui , et qu'il n'en avait pas toujours été si vivement préoccupé dans des occasions tout aussi délicates.
— Je consens à tout, dit Edouard qui, prenant son parti bravement, ne songea plus qu'àefùcer de Tcsprit de Léonide les impressions équivoques qu'il avait fait naître pendant la discussion.
Et maintenant parlons de la récompense promise. Que m'offrirez-vous que je pusse apprécier plus que votre amitié , Léonide? Conservez-la-moi constante et sans partage.
— Serait-il bien vrai ^ue vous eussiez ressenti près de nous quelque adoucissement h vos tristesses, mon ami? Vous ne sauriez croire la douleur que j'ai éprouvée tout 1o temps de cette lecture hier soir au diner. Maurice me regardait, sans doute sans intention ; mais j'étais effrayée par lui, émue pour vous. Ma voix tremblait : l'avez-vous remarqué, Edouard?
Bonne Léonide 1 je lis dans votre cœur comme vous lisez dans le mien. S'il est une consolation à mes maux, c'est dans vous que je la rencontre, quoiqu'un peu mêlée de remords, je ne vous le cache pas; et, dans vos soins affectueux pour moi, dans vos paroles, dans vos pas qui viennent me chercher dans cette prison embellie par vous de toute la grâce d'une femme ; rendue aimable par les caresses...
Edouard parlait sur les lèvres de Léonide, de Léonide qui avait ce Te> gard distrait, lucide et voilé a la fois de la volonté qui s'abandonne, qui s'endoit au bruit des paroles aimées, qui se fond et se perd dans la volonté d'un autre.
La lampe rayonnait doucement, et, répandant sa clarté encore trop vive sur des paupières touchées par le sommeil, elle n'éclairait que le groupe entrelacé de Léonide et d'Edouard , dans un coin de la chambre silencieuse et endormie :
— Que tes cheveux sont doux t Pour qui les arranges-tu ainsi sur ton front si patiemment, chaque malin?
— Pour toi, Edouard.
— Pour qui ces robes avec tant de grâce serrées à ta poitrine? Je suis un imposteur, pensa Edouard.
— Pour toi.
Quel rôle infâme je joue I se dit-il.
— Ces yeux si beaux, cette bouche ?
— Pour toi.
— Celte haleine qui m'enivre, amore et chaude que je bois avec âme? Cette force qui me briserait, si tu le voulais, et que tu convertis on grâces et en souplesse ; cette taille, pour laquelle j'aurais do la jalousie si j'étais femme? Je t'aime comme cela. Tu n'i's pas une jeune fille ficre de son innocence, digne d'être admirée seulement; un ange, poui-étre, mais pas encore une femme. Tu as aimé : tu inspires l'amour, tu en permets les caresses. Si l'amour n'est qu'une ardente réalité, l'amour, cest toi; et s'il est un autre amour plus pur qui impose des sacrifices , des ré-
LE ItOTAinE &E CnAKTILLT»
distances, celui-liiï peut partager leca^ur sans crime, sûds honte, sans remords.
Edouard s^irr^tû au milieu de sa dtsUncliOD passionnée. Léontde nol'écoTiinit plus. 1] murmura dans sa poitrine : —Mon Dieuî commo la reconnai^^inre mène loin.
Léoriide s'était assoupie dans ses bras*
tjps femmes do notairo ont le snmmeil dur*
On dira dune qu^Ëdouard aimaU deui femmes-
Jenc dis p^sœla*
— Ilaisi
Jo n<3 dis pas le contraire.
Lo lendemain, en s*€veiHant, Léonido trouva, sur nn rauieuiL ouprès de sen lit , un cacliemiro noir que Âlaurice lui envoyait de Paris,
Victor Reynier seul était de retour.
Celait dimanche, jour de bonheur et de coque* terié pour les habilans dcChanlitlVi qui, vers les deui heures^ lorsque te snleil est moins chaud i*ï!iû, et Tair moins iroid l'Iiiver, débouchent de tous les corridors de La (orAt y ou y pénètrent, par ses arcades de verdure, bordent ta pièce d*eau, et, marchant par groupes^ par familles^ s^étaleni sur tm océan de gazon incommensurable h Y ml.
Le dimanche pa^se ina^Jercu dans les grandes villes soumises h la chrélienlé, à Paris, surtout ; h fa campagne, il Iranspire do toutes parts* ^tœ parce que les roues des moulins et des usines se taisent, parce que les bûcnerons ne lendent plus les arbres, parce que moins de eliarrette^ écrasent le pavé de la grande route , pisrcé que la forge du marechalferrant no retentit phis; mais, à la campagne, le dimancne est fmai dam Tair vi sur ta terre* Ainsi que ses habilans, le village ou le bourg semble lYijir pris î^s véteîuens de fi. tes, ses souliers nr^ufs, sa veste d«> velours, le lia ut col de chemise* Les arbres même participent de celte sainte oisi* Tcto ; ils sont plus beauit le dimanche que dans la semaine; la rivière, si U kicaliié a une rivière , paraîl plus limpide, plus paresseuse : elle se pTomènu; et* vers raprè&-midi, quand les oiseaux chantent au briiit des clocheià, on dirait, pour se servir d^une expression du Midi, que le soleil reviont des vt'pres.
— Ma sODur, dit Reynier, je veux 6tre le premier h vous applaudir sous f^t. f ^f iiÉ*TTiin; ; il VOUS ira h ravir. J'ai rorgueil dViro pour quelque chose <: > 1IK de la couleur* Maurice prétendait que le vert vous siéraU
iu , ..iJï i'ûi insisté pour le lissa noir, et je l'ai emporté; sauf du moinîi
votre avii. Nous ûe Tavons acheté qu'à conditbn* Easayez-le donc, mi
— En robe du matin f Tou que vous êtes î
^Les hayadcres sont encore moins vêtues que vouft lorsqu'eUes Ûé- ■MM kurs ciiâles sur letirs épaules nues^ elles ii*en sont pas niolni Mil pour cela* ^11 faut vousMtisfaire,
El Léonide, qui en brûlait d'envie « déplia te cachemire , pour en ad^ BlÉnr ks» magnifiques palmes oranges, et, avec cette viilupte du toucher i li» femmes seules possèdent, ^lle le rejeta sur sou cou et sur ses htm , qui doublèrent de blancheur et de llnesse. -^ CmH tm couleur qui a gagné ; mon goiU est infaiUihle. Vous (tea
D, ma sœur ; on le garde, n'est-ce pasT "'Ifalril pts un peu losgî
m LB KOTAIBB DE CHANTILLY.
— Ces! riche, c*est majestueux, Léonide. Lon^! quelle. hérésie! Les cbâks ne sont longs que pour les gens qui font à pied.
— Mais il me semble alors...
^ Il TOUS semble mal , ma soeur. Vous avez fort de tonjonis douter maàt; patientez, ce cachemire ne sera pas usé à Qiantiliy.
— Vrai, mon frère? — Vous êtes superbe en me disant cela»— TiaîT
— Est-ce que je mens jamais? Ecoulez-moi bien.
— Je vous écoule de loules les forces de mon âme.
— Maintenant, ma sœur, il n'y a presque plus de raison pour le cach^ : Maurice possédera bientôt tout un quartier de Paris.
— Un quartier de Paris I Nous y aurons au moins un hôtel?
— Ce quartier va être démoli de fond en comble, rasé.
— Vous êtes fou, mon frère.
— Vous aviez pwmis de ne pas m'interrompre. Je vous apprends, si TOUS ne le savez déjà, que le gouvernement, pour favoriser le commerce, a le projet de construire hors de Paris un immense entrepôt. Ceci n'est plus un secret. Les fonds sont votés, les devis sont au mmistère où les pbns se discutent ; mais ce qui est un secret pour tout le monde, excepté pour nous , c'est l'endroit ou sera élevé cet entrepôt. On suppose que le gouvernement est indécis entre la plaine de Grenelle et le Uios-Caillou. Pour nous il n'v a plus de doute : rcntref)ôt sera à Saint-Denis. Je ne vous dirai pas de quelle reconnaissance positive nous avons indemnisé le secrétaire du ministre qui, par distraction, a laissé édiapper cette réré^ liation. Ceci est la métaphysique des affaires : vous n'entendez rien à la métaphysique.
— Je le veux bien, mon frère ; mais à quoi cela vous a-i-il servi de s&r YOir que l'entrepôt serait à Saint-Denis et non ailleurs?
— C'est ce que j'allais vous épargner la peine de me demander, ma. sœur.
— Une fois instruit des projets du ministère, j'ai été chez un mécanicien célèbre autant que riche, et lui ai offert d'entrer en marché avec lui pour un chemin de fer de Saint-Denis à La Chapelle. Vous connaissez assez Paris pour savoir que La Chapelle est un bourg considérable à l'extrémité du faubourg Saint- Denis. Chrome ce mécanicien ne supposait aucun intérêt bien vif caché sous ma proposition, il l'a acceptée a des conditions très avantageuses pour moi , me prenant sans doute pour un de ceux qui font des montagnes russes ou s occupent exclusivement de l'agrément des Parisiens, enfm pour un directeur de théâtre à pied. Nous avons conclu marché. Nous voila donc, Maurice et moi , acquéreurs du chemin de fer de Saint -Denis à La Chapelle ; mais un chemin de fer ne passe pas sur le toit des maisons, il faut les abattre pour le tracer, et, avant de les abattre, les acheter. Ne se doutant pas le moins du monde de la réalisation d'un entrepôt à Saint-Denis , les quatre cinquièmes des propriétaires des maisons de La Chapelle ont vendu, et ils se sont estimés trop heureux de vendre des masures inhabitables.
— Je vous demande encore une fois pardon, Victor, mais je ne comprends pas pourquoi vous feriez un chemin de fer de Saint-Denis à La Chapelle.
—C'est ma faute, Léonide. Nous autres hommes d'affaires, nous sommes comme les savans , toujours portés à mettre les autres à notre point de vue, au lieu do nous placer au leur. Suivez-moi. Ne faut-il pas oue les marchandises de l'entrepôt arrivent à Paris pour la consommation? Nous leur traçons un chemin de fer qui , en cinq minutes, vomira aux limites de la ville de Paris les milliers de dépôts lancés de Saint-Denis. Le commerce en jettera des cris de joie I Voila notre opération. Et le beau, Finoui ' j ceci , c'est que nous ne livrerons aucune action que le chemin de fer
• soit en pleine activité. Elles se vendront au poids du diamant. Je ne ( npte plus avec les bénéfices du moment où tout sera en train. local-
UlU^lfil*.. Teti oi le verligCÉ Pourvu gut^Maui ire no sû mHe pas de dîiv ger lui-mtnie ïes affaires^, (îoiirTii quM itie Ms^b eipïoiter sod crédit je ifous gariniUs, nia F^iir^ que, dans âeux ans, nuire nid h tmi^ -m fjit; on nid d'aigle t Jusqirjt prêtent il esl assez docile ; il ni
«les fonds « et moi du Kiin de les iriplor parfois en qui : la
Bourse, d'où je cour:? .i La Cbflpnllo acneierdes maisons puui ir,
1j m*» pas dci raison |>otir SR plaindre. (!olle dernière îip«*i?iili m-
r ■ * on m'en allribuera ÎMiomieut- En } ^ il
r li^ d'un autre côté, n'a pas à souffrjj sa-
tioii en I ^i-' <jr fi \r[^, rien n'étant e^n sou nom* nrr - ..mi y rne,
— Eïreli*^fit Victor ! Ah! si Maurice avait la mot ' ambiUori„* — ^Non pn?, ma saur, non pas; alors vous vou? j-t.— ^r i m./ do moi, et
jo no Vï^Ui jïns f>c*nsfir que voire reconnaissance pour nifii vous est onérousf*. Jâ* lous fais riclït.^ : faites-moi heureux ; je serai encore rotro débileur : Mane^^mut, ma ^aurl
— Mats, il ntiipt^s, Vicior, j^ ne pensais plus,», ' ' intganterie du cibinet, n'eslrce pBB'i
— , mijn frère,
— f disposée, ma sœur ?
— A 1^11^ ie suis à rm ordres,
— AllonsI
^Çue co chflk vous sied bien I
— Iliii, fnais persimnç ne le verra.
— Iionneurî
— .^1 j 1 k I n 1 1 j l lu nneur * A ?ei- v dus les cl es des î i roifs ?
,^i\^.,. [,.,ri^ r .> T.;.in ru irm-r.i.^ WnTîrderie que la nrttreî il faut bien liiir I i'o rbâte est sublime.
He r . .. r..^^^^ iJt. Un bon et dernier i^ileil d*au*
Icmn' la popuiaijon & joujf de ;k*s rayons iibliques* Ces
Sârt4" , s par ravant-demièm sjiisnn aux pantalons nankins,
di* ioilt^, aux giUis blancs, aux peïites robf?s dlndi«*nne, ant I M»^ qu\m avait dijjà ri^n fermés avec le sachet de lavande, stinl
j< I j I 1 1 * 1 1 -, Un se dégii i se fn ë i é encore un jeu r ; dema i n on
fï' T'I ''' '' 1"'' du rhume* et Ton boira en infusion les dernières
1 il jiour î<*>qnf'lb:^ on a compromis son gosier.
mt n*<*si resiê chei lui; il ncn est pas un «|ui, en foulant ; n eïtase derant la griUe dti jardin de Maurieo.
' i altachement foncier le nolaire du pavs &'v in-
1 À tapissés d'à rlîusi es, en scellnnl an ' ' du
ï ]i: poraîloine, bonnevir do la nnw île
'. '^- •""' " ^ sur b'îv arbre b muii^ior.'*,
îups, qui aiieslent la pensée
,, cHui qui ne néîîlig«* pas les
iM]ue au miliru de sa petite ville : m
... ! se lit dans Tédai de ses liomons; la
' iionnairo rural, dans la toilette de ses bui»^
^ i laies-bandes. Le style est Tbomme ; rhorticul-
T?. rourb^î par TAgc, qui sont rtniis monnrànhan-
I i plein de fleurs et d'oi^eaut, ont Ipur fortune
l n. Ib ne srmt pis f;\chés qîi*elk' sïmI btlle et n-
hi. . t.r. lui ,;ii M , jK lio rient à leurs quinze cents francs, à leurs iTiiil*^ '"0^ ; U- M [iLM îi' Il : lleurs a travers la gritle el envoient «ne bérif^ijii hun i r.inn;, i^mhJmh aSiissuf leur fortune. Rn approchanl, ils so* iu îM . -riiiiH' L-s I ■ Il .ail e de ta maison élait Ih : ils ont apei^ son cbi*
6b LE NOTAIRE DE CnANTILLT.
peau de paille sur un banc. Et, toutes mystérieuses, toutes discrètes, les petites ouvrières en dentelles de Gouvieux éprouvent un frémissement aa cœur en songeant que leurs bons parens ont déposé Ih leur dot pour qu*elle grandisse comme elles; et la dot, n*est-ce pas le mari?
— Ma saur, courons au plus pressé, dit Victor en nortant la main sur les papiers déposés la veille par M. Clavier. — Sont-ils lourds I
— Allons lire tout cela, mon Irèrc? reprit Léonide qui tremblait d'effroi, mais qui n*osait pas devant Reynier se repentir de cette démarche.
->Lirc tout cela ! mais non; ce sont des titres de propriété. Bornons* nous h la récapitulation et à la volonté du testateur. ^ liâtez-vous, Victor I
— ParMcu, c'est faiU Lisez : ceci résume tout : a Je l^guo enOn à wmh demoiselle Caroline de Meilhan toutes les propriétés sus-mentionnées et s*élevant h la somme de quinze c^nt mille francs, mais à la condition expresse que ladite demoisoUc Caroline de Meilhan n*épousera aucun honune noble , de quelque nation qu*il soit , à peine de nullité du testament, et de voir passer mon legs universel h. la commune de Chantilly. »
— Nous ne sommes pas nobles, au moins, ma sœur?
— Silence I on vient; écoutez I Non, je ne me trompe pas : c*est le pas de M. Anastase, le premier clerc. Courez h Tescalier, h la porte; ren» Toyez-le... je ne sais comment... mais renvoyez-le I
Reynier é'ait déjà a la porte de la rue.
Léonide ouvrit le corsage de sa robe et y coula le dépôt fait la yeiQo par le colonel Debray : c'était le plan de campagne de la Vendée.
Quand Victor entra, elle chantait.
— Ce n'était rien, ma sœur; vous vous êtes sottement effrayée, liais, pour plus de précaution, et afin qu'une seconde fois vous ne me causiez pas la même terreur, j'ai donné deux tours de clé à la porte d'entrée. Nous n'attendons personne; et, si Maurice arrivait, il serait obligé de sonner. Voulez-vous être convaincue, ma sœur, de ce mépris que je vous inspirais hior pour ces mystères dont vous demandiez la clé à Maurice? Asseyez-vous dans ce fauteuil et laissez-moi vous instruire.
Ouvrez ce registre et lisez-y a votre aise le sommaire des actes qui ont eu lieu jour par jour , et concernant les habitans des cantons du département de l'Oise et de quelques départemens circonvoisins.
a Aujourd'hui, avoir annule, par un dernier codicille, le testament do M. Dufour, et reporté sur sa nièce, qu'il doit épouser, tous les biens originairement légués à sa sœur. »
— M. Dufour va épouser sa nièce! Il a soixante ans, elle vin^t. Le monde avait donc raison de le supposer. Cette femme est un démon. BAais si Ton avertissait la sœur de M. Dufour ?
<— Que dites- vous, Léonide ! et la réputation de Maurice?
— Mais c'est une infamie.
— Sans doute; mais songez que la société ne qualifie pas autrement la violation d'un secret légal , quel qu'il soit. Lisez encore.
a Acte de la demoiselle Dufour, par lequel elle déclare vouloir que les biens qui lui reviendront de la succession de son frère soient , après sa mort, donnés à sa servante et non à ses deux cousins qui participeront a l'héritage dans la faible proportion du droit rigoureux que leur accorde la loi.
Eh bien I Léonide , irez-vous maintenant prévenir les deux cousins , M. Dufour ou sa sœur?
— Ceci me surprend étrangement.
— Vous n'êtes pas au bout. La dernière pièce n'est pas la moins curieuse :
a Projet des cousins de mademoiselle Dufour, de présenter une requête au tribunal , tendant à faire déclarer inhabile è tester , pour cause de folie, ladite demoiselle. »
Ll KOTAIBl DE CHANTlLLlf.
— Ah l c^asi par frop fort I le Irère dcshérim la sœur* la ?œur ses cmtsms , ei les cousins accuseront cello-ci de folie vu plein tribunal I Et loul le e^nion croit celle famiîld bien unie, la cile pour modèle [
^- Mais c*esi peul-t^tro juste ; connaissons-nous les nulres familles ? Mon Dieu ! ce qifon sait n'est rien auprès do ce qu'on ignore , mu sœur, Désirçsr-ifous apprendre lïiainlenant quelque pari icubnté sur la lamiUe Duplan 7
— Tout autant qne cela vous plaira , Victor. Madame Duptan est ceti© petite personne si fièro que nous avions cet été pour voisina de campagne , ni dcrnl le litre de dame d'î Haul-Lieu nous amusait tant. Son gnnd calunel de mari chassait toujours aux canards sauvages dans nos étangs* gu*ont*il3 à dém^^ler ici ? Voyon?;.
— «Ce dossier, — €^l*il écrit de la main de Maurice, ^ — cnn lient racle ât oais^nce do mademoiselle l.ouise Bougivat , h laquelle M, Duplan ne pourani léguer ses biens , vu qu*il esl marié à New-York depuis quinze ans , donne et laisse , par mon entremise , un capital de deu% cent cinquante mille francs* De ladite somme que ]*ai loudiée en numéraire, je suis chargt5 d'acheter h la demoiselle Bougival un hdtel à Park et une maison d** campagne à VineuiL j»
^ Madanic Duplan n'est pas madame Duplan ^ la lemme du colonel aut ainaidà sauvages ! elle n^est que sa maîtresse 1 Ah ï madame du llûuUUeu! Ahî Maurice, vous saviez tout œla, et ne m'en appreniez rien !
-^ Deuï cent dnquanlo mille francs touchés par Maurice; que diable en a't*il fait ? murmura Reynier avec quelque humeur.
^~ Ce «[U*il en a fait , c*esi bien simple , mon frèrp ; il en a acheté ou il mi ichetem un h^tcl à Paris et une campagne a VineuiL
— Sans doute , ma sœur 1 lit Reynier en se pinçant les lèrres. Qnelle ipiesiion !
Ab f madame de Haut-Lieu ! ne cessait de repéter Léon i de, vous avei ém armes aui panuf^auï de vos voilures, des valels à livrée aurore, des tourelles h votre château * où h, quaml vous donnez des fiHes , vous n^in- Tïtez pas la famille de voire notaire I c'est bien î mais alors on ne met pas de si petites gens dans la confidence de sa condition,
— Silence donc , ma sœur , dit Reynier en posant sa main sur la booche de Léonide ; silence l rfabusez' pas de la confession^ C'est ici le
Sindis tf'msirt^ pour tme femme , j'en conviens ; mais n'aliez pas vous «muer en tuuchani h l'arbre de la sdenœ.
Ufons-mms encore , ma sceur , ce d<^sie? ? c^est œlui du maréchalfernini , notre voisin,
— le maii de la belle Picarde!
— « U y a ma foi de tout ici. f/tst d'abord son bail arec la ville pour 3^ ateliers dans les dépendances du château. ^raâSOBS cela, Victor ; h quoi bon?
— Son eontntt de mariage.
— OttJ , avi'c une trr^ jolie femme , la plus jolie du fMiys , pput-^tn?. II n'en est pas plus gai ; voilà pourtant k peine trois mois qu'il est eu menasse.
— aOfi testament sous enveloppe.
— Son testament I il n'a pa^^ vingt-huit ans , sa aanté m do fer, -^ tl |Mfitl h plus insouciant des hommes.
— Cela s» voit encore à la manière dont il a cache té cetta pièce impcsloJibe,
— Qit« foi tes -TOUS , Victor î
■i^ * ' in, c'ei le sacrifice d'un pain k cacheter, Voyoos œ
fia t dernières volontés d'tm maréehal-ferrant.
«UiTîjin*i*vur i,i tii*, je demande pardon à Dieu d'y avoir mis fin, L'af* ► ciiiidutto de ma iemmç m*a poussé au suicide et à la vengea nco
66 LE KOTAIBB BE CnANTILLT.
criminelle dont je Fai fait précéder. Je dispose de mes biens comme soit. »
^Oh I cet homme va tuer sa femme , se (uor ensuite, et personne ne Fen empêchera , et nous le savons t Je lui écrirai.
— Alors Maurice ira au bagne.
Un violent coup de sonnette retentit. Victor etLéonide se turent, pê^ lirent tous deux. Dans leur égarement , il leur fut impossible de troufOr un pain a cocheicr pour sceller le testament dans Fenveloppe.
La sonnette ébranla de nouveau la maison.
— Fuyons d'ici , s*écrie avec épouvante Léonide , c*est Maurice.
— Quelle eiLtravagancc ! répond Reynier qui , non moins terriflé tfm Isa sœur, se précipite sur le carré, passe dans Fautre corps de logA, du côté de la pelouse , soulève le coin de la jalousie, et aperçoit la laitière qui sonnait pour la troisième fois.
— C'est votre laitière , revint-il annoncer à Léonide ; que veut-éUet
— J*avais oublié que tous les dimanches elle nous apjporteun fromaSB à la crôme. Ne répondez pas. Celle sorcière mVt-elle troublée 1
— Quand Reynier eut recacheté les dispositions testamentaires âm tnaréchal-ferrant , il prit Léonide par la main et la conduisit dans ai diambre à coucher , devant la fenêtre qu'il venait de quitter.
— Voyez-vous, là-bas, le long du bois, contre les arbres, les cbOfiK liers de Farc qui s'exercent depuis Nemrod à mettre dans le but?
— Très-bien , Victor.
— Apercevez-vous un gros homme qui se ploie comme son aie , tant il rit de grand cœur?
— Je crois le distinguer.
^ C'est le niaréchal-ferrant qui doit tuer sa femme et se tuer ensuit*.
— Fouvez-vous plaisanter sur cela , Victor?
— Et que fait-il lui-même?
Le jour baisse , ma sœur ; dans deux heures Maurice sera de retour ; courons remettre en ordre les cartons que nous avons déplacés. La sciencie des conspirateurs est de ne pas laisser plus de trace là où ils ont passé , que par où ils sont revenus.
Rentrés dans le cabinet de Maurice , Léonide et Victor, qu'une ça»» munauté d'audace avait affranchis de toute pudeur l'un envers l'autre , convinrent, pour en avoir plus tôt fini avec ce qu'il leur restait encore de cartons à visiter, de fouiller chacun de leur côté sans perdre un tempe précieux dans des communications inutiles à leur but.
Tandis que , muets et absorbés par leurs recherches, Léonide et Victor soulèvent des rames d'affaires de famille , descendent dans le cœur de toutes , celui-ci pour s'arrêter à chaque chiffre de fortune, celle-là pour rire de pitié à toutes les découvertes recueillies par sa témérité , les bonnes gens de Chantilly se dirigent vers le carrefour de Diane où Fheure de la danse va bientôt sonner. L'air devient plus sonore ; la voix argentine des enfans éclate , mêlée au sifflement des hirondelles rasant le peu de gazon que n'ont pas tondu les moutons et l'automne. Déjà l'on entend un petit violon ai^ préludant à la contre-danse, et comme les nymphes des bas-reliefs antiques, se donnant la main , soulevant des robes légères, cadençant des pas lourds, les jeunes filles de Creil , de Chantilly et de Coye, s'élancent dans la forêt. La danse et la musique s'appellent. Le soleil est tombé ; des feuilles jaunes tournoient et s'envolent. Au zénith 9 une étoile luit; le soir vient : c'est le soir.
Au coucher du soleil , il n'y a pas un méchant sur la terre : c'est Fheure où l'on meurt.
Léonide enfonça ses deux mains dans un carton , y plongea un regacd de terreur et de joie, comprima un papier, cx)mme s'il eût dû s'envoler * pois elle se tourna pour voir si son frère l'observait.
nitnW 'ffttil fixé son atlention sur h dossier do M, Clavlerf dùCà il d^piau sur un al bu ru te lUrc des pruicipalcs pièces.
Sûrt* 4e liï'^re pas «tîmariiuéi?, Lcoïiidc porcounil arldemciit utio pièce qui ptirtuU le nom do Lcforl*
«— Ali ï imirfïmra-t-cUe , voici enfin qui va tout m'opprendro.
Ce iTom se défichait du milieu de plusieurs lignes écrit c? do la main de Mauriœ; il reparaissait de distance en disionce, (anl^M procédé do celai de Julrs^ liinlot de cL*lui d'Elortense. Dans les premiers monit'nsH, U fui impossiUlo h Léonide , taui Té motion broaiUait sd vue ^ de ^ai^ au ire chose que ces noms.
lin peu plus calTno . elle ne comprit pas pourtant que cc^tte note , à fdllf itliMe, chargée do chiffras mal traces t de mois obrt%és , d'autres dbcib« Qiscitré rirent rétablis, n% viraient un sens complet qu'à cçluî ^ut fn mail fait U hiise û'um Future rédaction.
Lémiûv piit la fatale intell igeuce de c^ mots hachés : Jeune mfimiJ ^ ^utmmfe miite francs ntr ta trie — Reconnu par eUe et par Meâ — ^ /frjHrM.îr -^ nommée comme sa mère.
F' mentiiletnent : Mais ceci ne permet aucun doute; c'est îa
Ttc*M c d'un cnfiint d'Horiense et de Jules, né avant leur ma-
tîag*^ ; t itt 1+* résultat du voyage de mademoiselie llorlenso h t^ompiègno, )*cirihcauon de U répai-aiion pre^s.jnie dwu Jules pariait à ilaunco dans ses letln.*s; oui ♦ ^- je liens la vérité, et elle ne m*ecliappera pas î — Auourd'hui il sVnsuivralt pour euï trop d'éclat h i ecii 11 ct cette naiâsanoeà l*é!at tiviL 1:tj dotant cet enfant , son avenir est sauvé. ?,auf à le recoiïnallri^ U;:.îlityi'ni (ilus tard ; tout cela est ir*% intelligilile; et c'est à ce ?ll liccident que l'a I été sacrifiée? 11 y û eu de la honte t^t do ta douleur pour moi ; il y aura de la ho nto et do la douleur pour cite,
— Vous paHf z , i^ crois , ma sœurt
^(>ui !,*. je di>ais qu'il sériait temps de nous retirer,
-«- Je le pensais aus^i, lêonide, Avcï-vau;^ eihmné quelque chose qui
finis dédomnia^eii d^ vos recbefdies, ma sœur? Moi, rien , ou li peu
pris,
— Moi , rien non plus.
— En vérité» ma &aar, ou u'a jamais été, eommd nous, pîtis téméftiro tTec plu* d*innocençe.
— Ah ï mon Oiuu ; je regrette presque d'aTOÎr alarmé ma canscîâoce à si peu de frais.
qu'un Jeu en tout ceci , Lconide.
1 enfant > Vicier.
nous aurons d*uno manicre ou d*unâ antre ^' t , pà^âé noire dimanche.
Ih soin , e pense, de nous jurer le seCfit. «vi » ma sccur?
tue dis*
i rien h persomte * Léonide, parce qtie c^î m vaut 3 divulgué.
— Je n'ai janiaïf^ vu
— Vu
com^
^(kcftt 1^ ^Je \ — ' J^ vous ie
PlTîd.îTll îf^ O
Mr
Su •
— le