‹ Œuvres. Le notaire de Chantilly. Le médecin du Pecq. Le dragon rougeChapitre 8 sur 21 · II. Oûvîer n\i pas tJéchargé son arme · texte numérisé non relu

II. Oûvîer n\i pas tJéchargé son arme

— Ll ^t*ndarm(Tie t

— C'est la geadarmeric qui a tiré, se répètent avec (?pourautolû3qualrû fïcrsonnes*

— Elle nous a découverts ! elle va vous arrêter î EdnnartK

— Elle va vous tner* (nonsieur, ajoute^ d'un ion ou la priié a va il remplacé une seconde fois la colère, îe v^ux convenîionneL Voi'à h i\u*n ont servi vos relards* yu*al rms-nous faire? Fuir? on vient de lous côlcs.

i Ee^ler? c'e^.! pour vous la mort, pour nous la conij ïidié.

^m — l*iirtez 1 répond Edouard en supjjlianl ces detit femmes qui, une mi*

^■milc aupamviii t, ([éliraient presque ^a mort, et qui maînteiianl n'avaienl

Iilus que (ks vti'U pour lui sur les lèvres, que di»s larmes pour I i dans es veut : qui èiaieui d<'veoiies detu mères pour to défendre, an lieu de deui rivales pour le déchirer ; priez tous irois , gagnez celle allée 1 La foKl est litire pour lout le monde; vous vous pfomeuiesî * vous ave/ été surpris par la nuil. Alais parte?.! parlez I vousuis*je, Encoro uncininute, «I il lîo sera plus lemps. Vous ne pouvez ai me sauver ni ma défcndro en

I lestant* Les supplications, les réponses, Îespri^re5, les refus, les adieui coufai0ni. enlreeoir^jés, du jeune homme au idiuï femmes, des ûem femmes I M, davier qui iroissail sa po trineetfrapiiail la terre du pied. Ou nu décidai il rien^ ou se mourait d1n décision. Lr^ douze roules de la foret étaient de plus en ptui cnvahioj par le» IrniiL

Et, pendaut celte rumeur , folles de déses^^o^r, les deui femmes riT<laient, I p^r^- ' ine, autour du carrefour, b rcïirémilé des douie rouit^s^ eou t ' ; c II es ce n lées pa r des c hi^^ ns. f o u r d i s li n gue r , la ni til I '* tm 1 1 1*»

htf'Hy . iN 44U vent, de quel côté ne venaient îms les lumimrs h cheval

êfin de ménager une fuite a Edouard. Ils venaient de partout car lehruit était piirioul : s^ur la roule de Sentis et sur sfs deux moiiiés, s-ur la route i Etangs et sur celte du Paris» Quand Léonidcel t^roliiie revei^aieni îi la ddre c^mptû de ce qu'elles avaient entendu , leurs rapj orls sd lient; et* tandis qu'elles rel<iuriïaieni ens*^mhle pour re iiiier niions^ les chevaux et les homiues avaient gagné un quart de Itetw». Tes pauvres frmoies déliraient. Léonide avait un asjeil d'autant jplu^ -Enj-ulier d'épouvante, qu'elle traînait avec elle par laliride s^^n che- I V a t 1 . vi t et ton m n 1 1 a v e u g lé n\* < n t co m m e u n cheva 1 de m e n le ,

fAiii nomensdVffroi* lorst^ue les gendarm**s n'étaient plus qu'à

la poricc du pistolet, lorsqu*on enlendait te reninemeut des chevauK , |fjrîif|u'on voyait luire, dans rahnospliére do vap«^ur qu'ils soulèvent Phiver a ' lit» les plaques de cuivrx^ et les poiiîuées de sjibre, héonide ietr ',sa liie lomhaet (lolta sur sa poiirine. sesjam'es tléihirnit; H. TN.«in, Jéchiré(?«t enflée ptir la pression de la bride» no la tint plus

Îyp mi'cbiïwlenKut, Elle était traînée par suti cheval bien plus quVUe u^ » guidât.

-r-ir-m'i

^1S3 LE NOTAIRE SE COAirriLLir.

Caroline était debout sur la Table-du-Roi, immobile comme an naufragé sur recueil que va couvrir la marée.

— Ce cheval, madame, ce cheval I donnez-le donc ; et vous, monàear» montez-loi cria M. Clavier. Prenez ces armes, cette épée, ces pistolets au poing, mon manteau, ma bourse ; et précipitez-vous dans celte allée : c'est la route du Connétable; on la répare, personne n'y peut passer à cheval y passez-y ! Sauvez-vous I

— Adieu, Edouard! crièrent les deux femmes. Dieu vous sauve I

— Adieu! monsieur I ayez pitié des proscrits! lui cria M. Clavier en piquant du tronçon de Tépee d'Edouard le ventre du cheval.

Le cheval partit, s'abattit, se releva, s'élança enfin dans Tallée du Connétable.

Quatre coups de fusil partirent dans la direction de cette allée ; les balles passèrent en sifflant sur la tète des trois personnes restées dans le car- . refour.

Le cheval d'Edourd s'abat encore.

— Mort peut-être I

On ne voit rien, mais on entend de nouveau le galop du cheval etono TOix qui crie : Five le roi!

Trente gendarmes à cheval pénètrent dans le carrefour.

— Où est-il?

— Qui? s'informe froidement M. Clavier.

— Le condamné? le Vendéen?

—Nous ne savons ce que voulez dire.

— N'avez -vous pjas vu un homme à cheval?

— Pardon, messieurs.

— Il a pris cette allée, n'estr-ce pas, celle du Connétable?

— Non, messieurs, il a gagné celle-ci.

— Sur votre honneur.

— Sur mon honneur.

M. Clavier mentait ; il sauvait une vie.

Le mariage est un sanctuaire antique; la faute en ferme les portes; le 'simple soupçon, précurseur de la faute, voile le soleil du tabernacle. Mots sonores et vides , le pardon et l'oubli sont des dieux domestiques qui n'existent pas dans le cœur : la faiblesse les a élevés sur un socle d'argile ; mais elle seule les a invoqués, parce qu'elle seule avait besoin d'y croire. En ménage, celui ^i, après une irrégularité commise, a eu recours à l'oubli, a emprunté usurairement à la conscience do l'autre. Vient le jour, le moment où tous ces faux répits s'escomptent, où il faut payer. Les raccommodemens, les pardons mutuels sont dans le mariage autant de semences de discorde répandues. La paix conclue aujourd'hui est la preuve de la guerre d'hier, la messagère du combat du lcndemam.ill n'est de bien soudés que les corps qui ne sentent pas leur union ; ceuxlà résistent. Malheur au toit sous lequel la vie n'a pas sa monotonie sans fin, où elle ne se mire pas dans une eau unie ; où la douleur et la joie, tissues avec une égale patience, n'offrent pas une trame simple à la résignation qui la supporte avec légèreté. Dignité, bonheur facile , au contraire, h ces familles sainte?, inconnues, cachées, dont Dieu seul sait' la demeure pour y veiller ; dont les hommes n'ont pas aperçu le seuil pour le salir 'de leur boue. Quelle religion intelligente de la condition do l'homme et do ses espérances, que celle dont lo doigt jaloux a sépnré une femme entre toutes les femmes, un homme du milieu de tous les bon-

LE SOTAtSF. DE CIIA5TILI.T.

j un ehftmpde vasie étenduo du monde, un point du cie! du centre de

funivcrs, pnur consat;rcr ensiiilé lo pacto de Vamonr et ûv h repro*

^durlinn^ pour reticlmiiier à la prijpriété. pour le ratîïler plus Inrd dîifis

le ai4 1)11 loitt est èteriiité el pcï^session* Admiraliles partages, sublimes

eiclusions, qui constituent ks rac^« la pstinoet Ta venir.

C^t cel ensemble si siiTiplo ei sîfort qui parle haut a Tm-dllo do œui qui, drttïs ïe» douleurs du monT^nt, niaudissent la coplivilc du mariagÇt pour n*i*n sortir qua comme d'un combat , morts ou meurlriers. L'infraction a dês lots iiiimuiibU's» qnelquo petite qn>l!e soit, eUeno s*? produit ^jamais sans nttcindro auï cercles régul:itenrs. Jetez une pîerro dans VO- » choque* goutte dVau aura sa vibration : jetez une erreur dans lo Je moral, uno faute dniis le maringo, ragîiaiion ira loin; elle ira en nissmi ;rngner]e* bords de la circonférence» Reste h maudiio Dieu et h société i impuissance 1 Voyez comme le ciel est haut I

f^'inen Confuses , une f do Si> peindre Té- ! i ïiointe du doute !t Si>îis sa vk* : iipèrrus, Tani c*:^i (^u'il II 'tippâr tient

Uâurico et sa femme i^prouvaienU mèb^»* trfalfiéid sourde. Quelque complu t quHs s^ : rdavrdsecnitiit de roprM'midi , celui-là av» dlïus^iri cœur; celîr-ci seutail sa chule et son i toire nK*in«,Au milieti de la lutte* ^ns *|U*ils s'*-. neau cotiiOillI ét«ît tombi* h terre et s'était faussé IMdaii ralniiiiiement. te juge partiaU do remplacer lapais et* fa c^nsaenœ, celte rabon du caur.

D'ailleurs , un mcidi. nt , dont dîversf's particularités' s»* nouaimt rail pour fttiiuHee, le ramennil maljîrù lui , par des voiensoui '«ù il

ft'enfodcait d*3 plus en plu^ avr^ tiTrptir. l\ ses prami^re-^ fi ir la

lia i ' ' ^ ^ avec Edou n rd , Fou ru uoi ndovu» rd , apn'^ i ■ -^ r it p 1 1 calior. ues avec lui, n^avaiî4j voutti partir que le lendemain^

et 0 .Maiini ij.i> aijceplé dïlre accompagné de son nioillear, de son seol aiïii f

tl eût bien désire dissiper ces épaisses ténèbn»^ tn interrogeant Léooide: main il rraignii de trouver fucon?, dans rembarr;vg d*^ nouvelles Tépon-^'^ U i jjriiirmntion do sr^ tf rreurs, It arait peur de recommencer un 4 puni qut3 dans la préc^ente, il resterait sa us a^ctise

eu r î'Hl d'une victoire.

1 quo ce courage liébété qtti s'empare des femmes

m^ - : momeos où elles sont enfin decideeiï h dépenser

4t^ .' paur une bonne cause. Peul-^tre rioslinct de leur SOH^

nu [*«*u^su il tendit la joue, sachant, si ellc-^ *»ini Iflehiïs*

2u " I' ^îim tuerï ou à livrer leur p^itrin ^ont

fj jifimcoup de poignard tue et ne ^ pas,

Plicccs entre c<-^ a u\ alternatives oilrcmes de y^lieto t^i U;; tourage, 411 itêlà desquelles il D*y a plus rieu, leur parit est pris: leur choix est ar- «M.

Léûiitde et Maurice étaient assis aupn^s du feu qui sifflait et moiratt d@

' î tnnguetur du foyer* iieni la fnrL'l comniQ

. .^, essaient la peloiisOi

s efi*M;aît*nl œ lapis et le dLssipaienl çn -lait à trarers les leutei des partes glïisaer

«Sûndulalinn Au deborÂ* l unfa^tu iW \ ei uniCi 'i- ■ I uno funiL *l

lofntÉ>on. Tr d'hiTtr.

t>u îMinn-i*

— Qui donc ic jn Lii-d éïre? réfléchit Maurice.

— Moo f r«-Ti -, p ri û m b l»* m eni .

-» Il n*«6i que dn heures; et Victor tn*a dit qull ne serait pas ici arant fatjïUJt.

Oo arait mr. L Clavier ; il en ti • > lui

VM longue i: I ; «ion chapean tda*

^ la tti I g p * J I r la ti p lus d éi:i 1 1 qu e a l co u i u m e .

iS& LB KOTAIRB DB COAXTILLT.

«- Vous ! chez moî, h cette heure ! monsieur ClaTicr. <— Moi-mc^me, monsieur Maurice.

— Hais v.us (^tes inonde; approchez-rous du feu. Approchez-rous. Si TOUS aviez à me parler, que no me faisiez-vous appeler, monsieur ClaTÎorT

— Jon*ai pas songé à toutes ces précautions....

— Mais comme vous c tes ému....

— Un peu, je l'avoue.

Léonide se leva et sortit ; Maurice no la retint pas.

— M. Edouard do Calvaincourt est en route pour Paris ; jo ne vous apprends rien, n*est-co pas, Mauriie?

Maurice ^iilit ctro renversé do surprise h ces premières paroles de M. Gavier.

— Vous connaissez I vous connaissez monsieur Edouard de Calvaincourt I

11 recula avec sa chaise.

— Depuis hier.

— El où Ta vez-vous connu?

— Au bal de Senlis, et j*ai achevé b connaissance ce soir même dans la lor^t, à la TabkHlu-Roi.

Si M. Clavier n*eîlt parlé avec fout son snn^-froid ordinaire, Maurice Tauraitcru fou. Edouard au bal! Un rendez-vous dan^ la lorr't!

— Dans ce moment, continua M. Clavier, il traverse les bois qui sont entre Chantilly et Paris. S*il est à Paris avant le jour, ainsi que je l'espère, il aura évité dVtrepris par la ^ondarincrie.

— Mais où donc Tavez vous quitte, et pourquoi étipz-vousavec lui?

— lii circonstance qui nous a mis face» lace, lui et moi, dans la font, ne vaudrait guère la peine dïtre diuilguée, si elle n'expl quait ma présence chez vous h cette heure. M. Edouard et moi avions une afiaire dlionneur à vider. Nous avons été dérangés au milieu de la partie par des gendarmes qui le poursuivaient.

Un rocher se détacha de la poitrine de Maurice. ïjn dernière obscurité de la conduite d'Edouard s'évanouissait; Edouard no s'était ol>stiné à retarder son voyage de Paris qu'afin de ne pas manquer à ce duel : cela devenait évident. Il osa interroger M. Clavier.

^Et lourquoi ce duel?

— Je répondrai à votre question par un reproche, Maurice. Quoi! vous cacliiez ce jeune homme chez vous, vous mesuriez ses pas, il n*avait pas une |)ensée quM dût naturellement vous taire, et vous ne m*avez pas averti!

— Le pouvais-je ? Ce matin seulement , son amour pour mademoiselle de Bfeilhan m'a été révélé.

— De qui lo tcncz-v.uis, Maurice, cet aveu ?

— Do liii-m«'mc. forcé qu'il était d'élaiicir devant moi le motif qui 8*opposait à ce qu'il partit sur-le-champ de Chantilly, lorsque je Teiigeais.

^ Voilh oui se déroule h merveille, pensa de son côté M. Clavier. La scène du bal aura été rap{)ortée h Maurice ; une explication foudroyante 8*en sera suivie entre lui et sa femme; la conclusion aura été le départ immédiat de M. de Calvaincourt. Maurice sait tout; mes restrictions sero;it comprises.

— Ce jeune homme, poursuivit-il, résume en lui la bravoure et Tigno* minie de sa caste.

~~ N*«*»!es-vous pas trop dur pour lui ?

L'adoucissement parut étrange h M. Clavier dans la bouche de Maurice.

— Trop dur I quand il a détruit pour jamais le repos de mademoiselle de Meilhan, le mien. Que va-t-elle devenir, dites?

— Nous étoufferons avec prudence, rassurez-vous, l'éclat de cette faiblesse ; cela n'est ni impossible, ni difficile. Personne ne connaissait id

iE KOTAinE DE CllAKTÎttl*, lî5

Edôa^rd* Par r^ucUo conjecture s'élève rai i*on h lasuppnsîlion de leur Itimifét

Trisirmçnl, rt Cîi secouarrl les pans do Fon monieau, où la îiDigccom lenratl à ttmdre, ^1. Clavier répond il a pus une p^tusc :

— ' Le mal est pins grand que nous ne pensums, ftladcmoisf^îlo de Mei^ ban airneec jeune homme ; elle Taîmo bCimcoiip et de lotil Ta i tache ment ^nti*llo n*ii pu se dêlendro pour un proscrit» beau, d'un ran^ snrlout '^' ^ \ rt'Imusse h ses }'eu£. Il y a un caractère de lri.sie^<;o ineuiabliidanf^

fement de son iisïigt*, depuis lu set* ne du duel de ce soir,,, ' — On blui a donc îïnpruaemmenl apprise î coupa d'un mouvement rusquf^ Maurice.

— Klle s'y trouvait.

Ici la voit de M. Clavier s'éteignît, et, ptir ûegté^ étouffées pr li

tuteur, elle ne fut presque plus distincte. La scçon&se de celle sî fatale

Lirné*» wvaii vieilli de diï am le conventionnel; 5t*s derniers écî a tï» d*é-

Tgîo s'étaient consumes dans son entrevue avec EdouirJ, Verdi par le

niid, faliiinè de sa cou i se dans la forêt-, anéanti par le découragemont» le

Orpset rairm brisést a pine eut*il la forœ de prendre la main de ^lau-

et de I i\ exprimer, par une étreinte niueite, le coup dont it était

jppé. Di^ Ijirmcs glacvs coulaient descsjoues sur ses vctcmcns souillés.

— r^ci me tuera, Maurice, prrs bten des minutes éioulées, lorsque le feu pâlissait» lonsotie les

ne réfkmdaienl presque [ilusde jour dans rappartêment, Mauriot libloment lui diro :

— rourquoi ne les marieriez- vous pasî

— Jamais î avec cet liotnnie ; jamais !

— Et pourrjuoi ce refus de fer î Posséder ir2-v'0us sur ce jeune hnmme connaissance do quelt|ues p^rlicularités qui just^ fieraient votre répro^

Il ion? Je doiîï vous d^ tromper, ou, en toute sincérit**» rt faut t]ut\ vous communiquiez vos répugnances. Il a un caractère élevé, de la forne,..

-p* It est noble, iniorrompit scellement M. Clavier; vous n*avei donc lu mon testament î

— Non ! aucun motif no m*y obligeait.

^^\msy auriez vu, Mauneu, qut^ mon dernVr soupir e<.t la derni^^c

1 da ma eolAro contre la race maudite d oii sort M. de Calvain^ i ce testament* |e me suis dépouillé do tous mes biens en fapur de mademoiselle de i^lrilhan; mais, sous peine de se voir déshéritée ir le m^nie actt% je lui ai interdit le mariage avec tout homme de naisiJice,

^ — Revenei, il en est encore temps, revenez, monsieur Clavier, sur cotle ni nation de haine* Vous en avez te droit ; ayez^n la courageuse ¥olléi H'altériîi point le cours d'une belle vio par une lacbe do fanatisaid liiiquep

— Je no mentirai point, Maurice, à la plus fidèle énergiç dont j'iUv itIfiQii iiii carrière* Ceci n'est point une vengeance, c*e>t de la fermeté ;

C© n^eil polilt une erreur, c*est la conclusion d'une infleiible direction d«

^portes. Ptttôçue te^ hommes n'ont pas osé nou:^ condamner ou notisib-

^>yj*ii, c'est i nous de jtiger Revenir sur le passé pour le délrnire, c*t^t

^KMliliiiiilcr ; et no;^ principes ne sont pas de ceui dont on fait deu i parts ;

Vmmtom^mcfée h Tac^ion, l'autre au repentir, fje régicide qui donne sa

""" I Qotile contracte avec la royauté.

mais Caroline nVst pas* votre fille, monsieur 1 0t fos maiimes

m pas,

fi'esi ms ma flUe! -- jamais elle ne m'a dit cela, Vous^tes

Mâttriee, Elle n'est pas ma filte! et tout ce que Dieu a déposé d'i-

4*Ri fnon cû'Uf a été pour elle ; et tout ce que f ai eu d'espérance

: Il toPO a été pour elle* Eniant je Tai bercée; jcuoâ Me, J6 Itu ai laïf

des trésors de vertu dans Hme ; femme, je lui îë«:uo ma fortune et la pose si faant, qu'elle pourra voir de sa couche nuptiale plus de cbâieaux et de terres que £os parens ne lui en ont laissé. 0"^ iait-on pour ses enfans,que je n'aie fait pour elle ? Elle est ma (iilo I — Que suis-je donc pour elle?

— Tout, excepté son père. Et le fussiez-vous, la loi brise votre testament. La loi ne s'associe point à ces restrictions dont vous accompagnes le legs de mademoiselle de Meilhan. La justice ne ratiûe point les mille biaarreries de la haine. Homme, je vous ai blâoié ; magistrat je vous condamne. Votre testament est nul.

— Et à qui passeront mes biens, h défaut de Texécution de mon tes* lament?

— Qui peut le prévoir ? Apres d'éternels procès, à l'Etat peut-être. -— A l'Etat ! répéta sourdement M. Clavier ; à TEUt !

U) coup l'avait étourdi. L or, péniblement amassé, de cinquante ans de vengeance se tournait en feuilles sèches. Peu appris des choses de ce monde, il n'était que l'homme des révolutions. Son idée fixe avait été une erreur. 11 n'eût pas été plus triste de la mort de Caroline ; il eût été moins triste; n'était-ce pas la perdre doublement que de la voir devenir legagi féoond d'une race arborée? — Le vieux lion baissa la tête et se tut.

Positif comme un chiffre, et, par caractère comme par état, ne laissant jamais uno conséquence en suspens, Maurice ajouta :

— Vous avez eu peut-être tort, monsieur, de considérer Texhérédation qui frapperait mademoiselle de Meilhan, comme Tinfaillible moyen de la ramener à votre volonté. Elle aurait renoncé, soyez-en sûr, à l'héritage, pour se marier h son gré.

— Vous n'imaginez donc, s'écria M. Clavier, aucun moyen de me tirer delà?

— Aucun.

— Quoi! céder I mentir, se rétracter, lorsqu'on louche au terme! Apos<tasier au tombeau I Avoir vaincu les préjugés et Topinion, et s'arrêter et se heurter, et se meurtrir cl périr h rencontre d'un fétu de loi ! La révolution ne l'a donc pas vue, celte loi qui réduit la puissance paternelle h rien?

— C'est une loi do la révolution.

— Stuprde ! murmura le conventionnel ; n'importe, ces propriétés ne seront pas à lui, non ! ni à elle. J'en brûlerai les titres : personne ne les aura. Au premier passant je lègue tout. Ne me parlez plus de cela.

— Soit, répondit Maurice, je me tais ; j'allais cependant tenter de vous persuader combien M. de Calvaincourt eût rendu heureuse mademoiselle de Meilhan par la loyauté de son caractère et la générosité de son cœur.

Mw Qavier eut peine a réprimer l'expression ironique do son sourire à cette opinion si bienveillante do Maurice; il ne fut pourtant pas assez maître de lui-nulme pour ne pas répliquer.

— Lui î la rendre heureuse 1 vous croyez... En avez-vous la certitude? la 'ferme certitude ?

-— Mais !... oui... On supposerait que vous avez des raisons meilleures que les miennes pour ne pas me croire ; le connaîtriez-vous mieux que moi?

Sous le regard fixe de M. Clavier, Maurice était passé, sans le sentir lui-môme, du ton de la conviction à celui de la défiance. De toutes les clartés sinistres dont il avait été blessé pendant la journée, celle-là l'offensa le plus. La parole de M. Clavier était aiguë. Maurice avait rougi de honte.

— Et moi je vous assure du contraire, Maurice; M. de Calvaincourt a <'36 passions plus partagées que ses principes, croyez-le ; mais nous n'a- \ ms pas à nous occuper de lui autrement ; passons.

Maurice s'arrêta à cette insinuation de M. Clavier ; il fut pétrifié. — U

mes, un champ de vaste étendue du monde, un point du ciel du centre de ces univers, pour consacrer ensuite le pacte de l'amour et de la reproduction, pour l'enchaîner à la propriété, pour le ratifier plus tard dafis le ciel où tout est éternité et possession. Admirables partages , sublimes exclusions, qui constituent les races, la patrie et l'avenir.

C'est cet ensemble si simple et si fort qui parle haut à l'oreille de ceux qui, dans les douleurs du moment, maudissent la captivité du mariage, l)our n'en sortir que comme d'un combat, morts ou meurtriers. L'infraction a des lois immuables, quelque petite qu'elle soit, elle no se produit jamais sans atteindre aux cercles régulateurs. Jetez une pierre dans l'Océan, chaque goutte d'eau aura sa vibration : jetez une erreur dans le monde moral, une faute dans le mariage, l'agitaiion ira loin; elle ira en frémissant gagner les bords de la circonférence. Reste à maudire Dieu et la société : impuissance I Voyez comme le ciel est hauti

Maurice et sa femme éprouvaient, mêlée a des peines confuses , une tristesse sourde. Quelque complet qu'ils s'efforçassent de se peindre Téclaircissement de l'après-midi, celui-là avait gardé la pointe du doute dans son cœur; celle-ci sentait sa chute et son abaissement sous sa victoire même. Au milieu do la lutte, sans qu'ils s'en fussent aperçus, l'anneau conjugal était tombé à terre et s'était faussé : c'est qu'il n'appartient ]Nis au raisonnement, ce juge partial, de remplacer la paix et la censcienoe, cette raison du cœur.

D'ailleurs , un incident , dont diverses particularitésr se nouaient mal pour Maurice, le ramenait malgré lui , par des voies souterraines où il s'enfonçait do plus en plus avec terreur, h ses premières défiances sur la liaison de Léonido avec Edouard. Pourquoi Edouard, après les explications qu'il avait eues avec lui , n'avait-il voulu partir que le lendemain, et n'avaitril pas accepté d'être accompagné de son meilleur, de son setil ami?

Il eût bien désiré dissiper ces épaisses ténèbres en interrogeant Léonide; mais il craignit de trouver encore, dans l'embarras de nouvelles réponses, la confirmation de ses terreurs. Il avait peur de recommencer une scène où, plus puni que dans la précédente, il resterait sans excuse en remportant l'affront d'une victoire.

Léonide n'avait plus que ce courage hébété qui s'empare des femmes «ux momens désespérés ; momens où elles sont enfin décidées à dépenser de l'énergie comme pour une bonne cause. Peut-être l'instinct de leur soumission naturelle pousso h tendis la joue, sachant, si elles sont lâehes, qu'un soufflet déshonore sans tuer; ou à livrer leur poitrine, si elles sont Braves, sachant aussi qu'un coup de poignard tue et ne déshonore pas. Placées entre ces deux alternatives extrêmes de lâcheté et de courage, 4U1 delà desquelles il n'y a plus rien, leur parti est pris; leur choix est arrêté.

Léonide et Maurice étaient assis auprès, du feu qui sifflait et moirait de ses ondulations leurs pieds alors séparés de toute la longueur du foyer. Au dehors, les giboulées do mars remuaient et roulaient la forêt comme un fagot de bois. Tantôt des bouffées de neige blanchissaient la pelouse, et tantôt des irrigations abondantes effaçaient ce tapis et le dissipaient en une fumée dont l odeur froide allait à travers les lentes des portes glisser Je frisson. Triste soirée d'hiver.

On sonna.

— Qui donc ce peut-il être? réfléchit Maurice.

— Mon frère, probablement.

— Il n'est que dix heures ; et Victor m'a dit qu'il ne serait pas ici ayant minuit.

On avait ouvert à M* Clavier; il entra dans le salon, laissant après lui vne longue trace d'eau; son chapeau etson manteau bleu étaient affais^ ses sous la neige. Il était plus défait que de coutume*

133 LE KOTIIRB Bl CDAIITILLT.

on les prendra au piège qu*ils tendent. Il faut, qu'ils s*y prennent, onlls meurent baignôs dans leur sang, étouftés sous leurs chaumières et leurB châteaux en teu.

— Il mourra, ajouta M. Clavier, et lui arec les autres, avec ses frères. La fatalité me jcnio encore sous les pieds cette poignée de serpens mal écrasés par nous autrefois, dans leurs marais. Je croirais en Dieu, llaurice, rien qu*a do tels signes de prédestination. Qu*allons-nous faire maintenant ?

— Je cours chercher ces papiers, — je vous les remets.

— Ouil

^ Vous partirez demain pour Paris.

— Ouil

— Entendez-vous?

-Oui!

— Arrivé h Paris, tous irez, sans délai, les porter au ministre de k guerre qui fera le reste.

— Allez ! Maurice, et que je parte sur-le-champ !

— Ils ne sont plus ici ces inpiers, monsieur, dit Léonide qui, sans hniit, était venue se ihoir derrière son mari pour entendre sa conversation avec M. Clavier.

Les deux hommes furent épouvantés.

~- Qui les a donc volé», madame ?

^Bfoil

— Kt qu'en avez-vous fait, madame T Parlez!

— Je les ai remis à celui dont ils pouvaient causer la ruine et la mort.

— A cet infâme Calvaincourt ! madame , vous avez commis là une action odieuse. C*est une trahison domestique, c*e t plus : vous avez lîlchement pn^stitiié à ime saiistac ion personnelle des papiers, et vous le saviez, qui auraient sauvé rÉt«it. Vous avez, pour un caprice, avili, mîs plus bas que la boue , la connance dont la société me croit digne. Dès ce moment, je me considore comme cloué au poteau oii Ton attache ceux qui vendent les secrets d'autrui pour en avoir les profits défendus. Le criminel n*est pas vous, ce sera moi ! le notaire de Chantilly !

D'un accent g'acé et avec Tassurance d*une femme qui ne craint plus de se df^voiler, mt^me devant un témoin, — car M. Clavier avait. apporté peu de ménagemens à faire comprendre ^u'il savait tout. — Léonide, par un miracle de mémoire dont la colère n'eAl pas été capable, répéta root pour mot les parok's de son mari qui, ainsi que M. Clavier, lut terrassé par cette foudroyante répétition.

— Monsieur^ vous alliez commettre là une action odieuse. C*est une trahison domestique ; c*ost plus : vous projetiez lâchement de prostituer à une satisfaction personnelle, des papiers, et vous le saviez, qui auraient sauvé rÉtat. Vous vouliez, pour un caprice, avilir, mettre plus bas que la boue, la confiance dont la société vous croit di^ne. Dès ce moment, je vous considérais d^^jà comme cloué au poteau ou Ton attache ceux qui vendent les secrets d'autrui pour en avoir les profits défendus. La criminelle n*est pas moi, vous Tavez dit ; le criminel c*est vous, le notaire de Chantilly!

Léonide se retira à pas lents.

Jamais hommes ne furent plus profondément percés de leurs propres armes, que M. Clavier et Maurice.

— Adieu! dit M. Clavier en partant, adieu! Vous avez là une femme!...

— Et un état !... répéta Maurice, une fois seul ; un état...

h% KOTAIHE DE Cn*STlLtT*

!Si

M« Edounrd. Par quelle conjecture s'oie ^^emit-on h la supposition de leur [in limité?

ïrisicmenl, ri en secouant les priir^ de 5on manlênu, oh lu neige oom

' inenrnit h londre. M» Clavier répondit apiis une p^Mise i

— * Le mal csl pins gratid qi»** nous ne pensons, î\IademoisHlo de hfei- Ihcin aimcco jeune h m m me; elle l'ai me beaucoup ei de loin Ta l lâchement dont Hle n'a pu se délendro pour un proschU beau» d'un mn^ surloul qui le rehausse h ses j'eus, H y a un caractère de trislesî^e incuiablodan» ValtaHenient de son visage, depuis la scène du duel de ce soir.**

— On blui a donc imprudemnicnt apprise ? coupa d*un mouvement brusque Maurice,

^- Elle s*y Irnuvait.

Ici la voii de M- Clavier s^éteignil, et, par degré, éloufféo par la douleur, ello ne fut prosquo plus distincte, La secousso de celte si fatale journée avait vieilli de dix ans le convenlionnel; ses derniers celais d'énergie s^étaienl consumés dîi as son entrevue avec Edoujrd, Verdi par le froid, t'iiliiîué de sa eotuse dans la fnrei, anéanti par le décourage mont, le corps ei l'i'imo brisés, n peine eut-il la forco de prendre la main do Maurice et do l n exprimer, por une étreinte muoHe, le coup dont il éfaiC frappé. Des larmes glacf^es coulaient de ses joues sur ses vu lemens souillés.

~ Ceci me lucra, Maurice,

Après bien des minuies êronlées, lorst^ue le feu pâlîssaiï, lorsauo les lumiôres ne répandaicni presque plusde jour dans Tappartement, ^laurice osa laiblement lui dire :

— Pourquoi ne les ntarieriez-vous pas ?

— Jamais ! avec cet homme ; jamais î

— Et pourquoi ce rehis de fer ? Poïiséderiez-vous sur ce jeune homme la connaissance do quelques parlicubrilés qui |nstil]eraient voire réprdbalion ? Je doi^s vous diuromper, ou, en toute sincérité, il faut que vous nie communiquiez vos ré{>ugnances. Il a un caractère élevé, do la fortune.,.

— Il est noble, interrompit sÈcbement M* Clavier; vous n'avez donc pas lu mnti testament ?

r — Non I aucun motif ne m*y obligeait,

* — Vous y auriez vu, Maurice, que mon d^rn'er soupir mt la dernière exprs'ssicm de ma colère cnnire la race maudite dVii sort M* de CjjI vaincou rL tXins ce icslament, je me suis dépouillé de tous mes biens en faveur de mademoisjclltj de MtMlKan ; mais, saus peine de se voir déshéritée par le mt-nie acte, je lui ai interdit le mariage avec tout homme do naissance.

— Ilevenez, il en est encore temps, revenez, monsieur Clavier, sur cette détermination do haine. Vous en avez lo droii? ayez-en la courageuse vo* Ion té. N'altérez point le cours d*unc t>elle vie par une tache do fanatisme poUâque*

— Je no mentirai point, Maurice, à b plus fidèle énergie dont j'aie soutenu ma carrière. Ceci n'est point une vengeance, c'est de la fermeté; ce n'est point une erreur, c'est la conclusion d'une inflt^ïible direction do pensées. Puisque les hommes n*ont pas ose nous condamner ou nousab* sijudre, c'est a nous de juger Revenir sur le passé pour le détruire, c'est nous annuler; et nos principes ne sont pas de ceuï dont on fait deux parts; l'une con -a crée a Taci^on, 1 autre au repentir. Le régicide qui donne sa fille au noble contracte avec la royaulé-

— Oui, mais Caroline n'est pas votre ûlle, monsieur I et vos maiimea m Tatleignent pas,

— Elle n'est pas ma fille î — jamais elle ne m'a dit cela. Vous Hm erueU Maurice, Elle n'est jpas ma fille! et tout ce que Dieu a dé^tosé d'amour dans mon ca-ur a été pour elle ; et tout ce que j'ai eu d'espérance mi h lerro aélo pour elle. Enfant je l'ai bercée j jeune Ulle, je lui ai mta

iJft LC MTAlâB DE CHAKTILLT.

Maurice avait posé le doigt sur son front avec une effrayante énergie.

^ Non I cela ne se peut , cela ne se doit pas. Qu*on meure quand on est seul , c'est permis ; on ne laissé derrière soi que des moralistes Imvards dont le métier est d*arranger, d*aprcs quelques philosophes qui se sont empoisonnés, deux ou (rois phrases ronflantes contre le suicide; mm se tuer pour ne pas faire banqueroute, c'est un toI de grand diêmin ; c'est un choix ayantageux entre le procureur du roi et un pistoieH)! c'est la détermination d'un bandit : il n'y a là ni philosophie ni athéisme^ Bk je suis, moi , dans une altematire encore plus poignante que le dW^ teor fripon qui trompe le garde du commerce, et la contrainte par oofpiL. au moyen de deux ^ros d'arsenic. Ma mémoire et mon cœur sont le sui0^ tosire de mille familles qui n'ont vécu, qui n'existent que par moi ; hsnÊÊV confidences de toutes les heures m'ont uni, comme par le sang, aux pèraiL aux enians , aux petits-enfans , aux maîtres , aux serviteurs, à tous. Immort, où vont-ils? La justice arrive, fouille , déchire , éparpille, lit, oôih' fond mes notes , mes dépôts , mes papiers ; des révélations sacrées d«H viennent des {Propos de journaux. Que de larmes délayées dans sang!

Cest pourtant, —je n'y avais jamais si sérieusement sonsé, —une i

sioft de martyr que celle de répondre corps pour corps, faibles cooiiHS* nous le sommes, de tant de gens qui ont peur eux-mêmes de leur fni|d^ lilé. Economes, il nous supposent plus économes qu'eux; honnêtes /w sVnTemettent aveuglément à notre honnêteté; intelligens, ils ne se ditf^ gent que d'après nos lumières. Nèus sommes donc meilleurs que tout w monde-là? qui l'a dit? qui le prouve? qui le veut ainsi ? Ohl c'est oa^ tyrannie d\ine nouvelle espèce, celle de nous croire si infaillibles , qoy nous ne pouvons presque manquer de succomber.

U est donc vrai alors, pensa Maurice avec une lucidité que les cmxitt^ stances ne lui avaient jamais donné lieu d'exercer, que nous somme» épiéa dans nos moindres actions par ceux dont nous sommes chargésr û^ mener la vie et la fortune. Oui, on calcule nos dépenses, on pèse nos paroles, on suit nos traces. Malheur au sou prodigué en public, c'est un vd'j malheur à la parole hasardée dans le monde, c'est une trahison ; mÂ* heur à la démarche faite dans Tombre, c'est une subornation !

Qu'avons-nons pour nous payer de tout cela ? quelle r^mpense ?

— Holàl hé! Personne ne viendra donc m'ouvrir? voilà six fois queji' semie. Il est bien agréable d'attendre ainsi au vent et à la neige.

Maurice appela pour qu'on alldt recevoir Victor.

— Percé jusqu'aux osl mon cher; la route est un vrai torrent, le^ croyais ne jamais arriver au Mesnil-Aubry ; les chevaux ont refusé : jltfi été obligé de prendre un supplément à la poste ; mais enfin me voici -I H pmtt que tu dormais comme le reste de la maison. Ni feu ni lumières idf mais je gèle, moi t — Voyons! da bois! Joseph, mettez de l'huile daalfr C0S lampes.

— > Je dormais, en effet, répondit Maurice ; le froid m'a gagné, le sMk flM m'a surpris. Veux-tu prendre un bouillon ?

— Rien, assieds-toi là ; l'affaire est terminée.

— Tu as donc disposé des trois cent mille francs?

-^ Et quoi donc? les aurais-je joués à la roulette? Tu as Pair tout' étonné!

— Moi I non , je trouve seulement que tu es allé très vite...

— Trop vite?

— Je dis très vite.

^ Comment l'entends-tu? N'étions-nous pas d'accord que je me hâterais d'acheter les dix maisons de La Chapelle, afin d'être possesseur dtt côté entier de la rue par où doit passer le chemin de fer de Saint-Denis?

•— J'en conviens, Victor ; mais j'étais loin de croire que tu terminerais avec tant de promptitude.

LE NOTAIRE 0E CItAKTtLtY. IM

Tovm^ Maurice, que j'ai déplnyé qiKîlque âclivilé ÏH iTàlt&t ûtôc les

élatres, gens tenus dt^ plus en plus sur leurs gardes piir nos n chais

Uéê^ lâdifei tentés, à mesure que nous devenions plus furls acriaé^

^ JHélater leurs chenils à des prii fous, Ih s'iuiagincnt Ums (lu tl y

rtrfeors citfmiis dnns leurs caves » dés qu'on en ire on ujarclm avec

mm* La jiiiË de vendre leurs raaistins irtiis fois leur Viilcur les pousse, en

mime (cittps que It$ regret de ne pas en tirer un meilleur parli Im rt-tieii;

fb sd IcMtt courlisor , les ni:sérables, auiani que s'ils nous h^s cédaieni

pour rien.^ — Combien de millions cspérez-voûs gagner avec nos maisàust

olKtit-îb ma vous regard ani jusqu'au fond des ^'euï. ^Eh l oh î vous rti-

miitex Sans dimie quelque projet d or, monsieur? associeï-nous i nnus

n'en dirons rien, — T/esi un si heau ^quartier que le nôtre ; c'esl un véri*

table Paria* — Le roi aurait-il rinlentioD d'y vemr demeurer? s' in formem-

ils iérieu^ment. C'e^t que nos maisons décupleraient de valeur ; dame 1

¥€«iâ Tendre nos mai^jns, ce serail pour nous un marché de dupe. Si l'on

nî MU s(u de leur extravagance ^ on les rend encore plus déiians t ils ré^

5ïsleni. Si Ton garde le sérieux^ ils se eoniicment pareillement dans 1»

iiTOOsition qu OTi les trompe. Quelque visage en tin q^ie l'on emprunte ,

llbâiGOIlvTent toujours dans vos discours des raisons pour estimer qu'on

ront li^ voler. Ma foi 1 tu as raison ^ au fond , Maurice ^ d'être surpris de

mon habiielé de mV^re rendu favorables ces corsaires-là*

^ Âinisi, Victor, toutes îes maisons do La Chapelle nous apparljennenlt

— Toutes , comme au roi de France.

— Il ne reste donc maintenant que la réalisation du projet î

— Eien que cela, J*ai vu à ce sujet notre protecteur; il nfa assuré que ti AètÈHn m fer nous serait adjugé dans moins d'un mois. Terre ! Mau-

iœ , nous touchons au port.

— Il n'y a plus d'obstacle , pense-t-ilT

— A ucim, Maurice, «- EâlK'e un homme solide ï S'il traitait sous main arec quelque atitro

^ ravantageraU plus que nous? J'ai parfois des ombrages. — Futie! /ai prévu tout, en lui promettàut un prb inaccessible nm clions.

- SU perdait son emploi î

— Supposition monstrueuse I Ces gens-là ne se compromet Cent îamais.

— Si,„

— Siî siî si le gouvernement était renversé, n'eâl-cè pas? eomptes-lu imwoiip d'affairets manquées par la ohule d'un trûne? e^est placer un peu lui mm désespoir ; mais je ne t'ai jamais vta si timoré , Maurice..*

— C'^tmie^ Vkiiir. 10 ifai jamais aventuré si léméniirement la lof-

Kd*Utl *Ili iw< i:îtrti>.

Tu lui t le son argent. Est*ce que cela n'eî^t pas

i de ton: us jgnorent-iïs que tu roub*s sur leurs

\Ki-. ia iiedi^ i argent, la circulation T Qui sou rat t mauvais r I l'urgenl son mouvement naturel , suns compromel^ ■ T-Mtmef u , mats sans compromettre personne.

yui 4 II le contraire? N'es-lu pas toujours prêt h restitution . h toute hi*unî? T'en va^tu m\ Iode» ovee leurs dépAts, leurs forid^? dîlapidesi- , pî* ^ ■■ ..itnpens»iion aurats-tu aui souris de la tt^lin des lîeneftces de ta charge? Tes dirons ï ^u^ ntji : : c*eat lo moins. Qui est*ce qui *^o

pas jalouï , -, puisque cette solidarité te pesé .

»u plus vite? J ..r,.„M--^u , cour te créer en p"' ' '^^mps urtunLi indépendank', im iTioyen meilleur que celui ' "»-

ff^nK* ih. n'i u:i<L jiri% f- Ms djus sô vie , surtoui an*c t;.,.. ^ — i'ii?. Il liir. Pronte! Crois-tu que le te compT'imel-

: m'est dtère aussi [ et, jo ['artiue , j aspire ,

N*e8-tu pï

lU LK NOTAIRE DE CnANTILLY.

sans mauvaise renomméo, à m^associer à toute la prospérité dont to es digne : je prends exemple sur toi, ta femme et ma sœur. Mauriœ baissa la téie.

Je voudrais même, s'il était possible , me régler de plus près sur ta conduite.

Bonne ou mauvaise, Maurice, il faut une fin à la jeunesse; elle ae vaut rien pour s'établir. On se méfie des hommes qui n*ont aucune i»^ cine dans le sol. Juges-en ; sans toi je n*aurais pas un liant de crédit; et si lu n'étais pas niarié, tu siTais exactement dans la même position que moi. Le mariage est un excellent endosseur.

^ Tu penses donc te marier? interrompit Maurice avec ironie.

— Oui; pourquoi non?

— Et tu me consultes?

— Mais oui... tu as Pair de trouver cela bien étrange?

— Au contraire!

Ce moi fut dit par Maurice si péniblement , que Victor y sonda l'avett d'une douleur conjugale , dont il ne pouvait décemment , frère de la femme de Maurice, demander la cause.

Sans trop peser sur la remarque , Victor reprit :

— Je comprends avant d'entrer en ménage les chagrins domestiqnea comme un autre; les ennuis de l'habitude, les caprices d*une femme; les fautes m^me où elle tombe quelquefois...

— Victor ! ma femme pourrait tout entendre. Il n'y a pas long-temps qu'elle est rentrée dans son appartement.

Les deux beaux-frères se turent.

Après une pause :

— Mais c'est de toi cju'il s'agit. En quoi crois-tu utile de me consulter, Victor? sur une matière où je n'ai pas plus de lumières à l'offrir que beaucoup d'autres ?

— Je ne suis pas doué , Maurice , d'une organisation assez complète , pour attendre le mariage comme la conclusion d'une passion impérieuse; «t , à mon sens , quand on ne se marie pas par amour, il est de raison de ne s'engager qu'à la condition d'être heureux sous d'autres bénéfices.

— Tu rcves, reprit Maurice, un mariage d'argent?

— Un bon mariage.

— Ce sont deux choses.

— Passons sur les subtilités, Maurice , aide-moi.

— Comment t'aider?

^ Tu es tout puissant sur une famille de Chantilly. J'ai distingue, ■dans cette famille , une jeune fille douce , simple , et j'oserai dire , très riche, — du moins c'est le bruit général. J'ajouterai , pour que mes prétentions ne te surprennent pas si fort , que ta femme m'a encouragé, — car c'est du ressort des femmes, le mariage, — à persister dans mes espérances. Ma sœur a même , je crois, mis b jeune personne dans la confidence. Ce qui me reste à obtenir, ce qu'il t'est lacile de m'assurer par ta bonne intervention, c'est le consentement de M. Clavier dont tu guides la volonté en toutes choses.

— Il s'agit donc de mademoiselle de Meilhan , Victor t de Caroline? —D'elle-même, cela félonne encore?

— Beaucoup. Renonce à ce projet , tu n'as rien à espérer.

Et ma femme! ma femme, pensa-t*il, qui conduisait cette intriguel marier sa rivale à Victor, pour se débarrasser de sa rivale. Marier Caroline à Victor, pour acheter la complicité de son silence ! Le frère sanrait-il tout?

Maurice regarda son beau-frère qui , s'aperce van t du trouble que causait sa demande, tenta de frapper a côté de la question pour Téclaircir sans l'irriter.

— Après tout, Maurice , je me suis trop flatté peut-être. Il n'est pas

LE 1I0TA11IE Iï£ en A NT] tL Y.

{juc la fart une de mademot selle de Meîthan soîi au dessooitfes

«logerai ions aLTouïimiCésde rtifiinion ; peut-î-tre aussi ne m'a-ï -elle pas

iltendii jiotir disposcT de sa main ; peui-^lrc*.. *- Aucune de les conjecmrc^ , Victor, n'est , |e présume , réellement

fond<^ t y} est ma! de les muUipUer sans nécessite. m — Boit, Maurice, permcL&-m'ii scutemcnt alors do m^ouvrir un ton mmm h \L Clavier ; quel danger y vois-lu? •^ — Un très grand danger. 11 altribuerail h mes conseils. Il mes indis-

crélinns sur &a fnriune, ta dèinarclie auprès de lui, pour ât>Uicilor la

main de mademoiselle de \]eillian>

— f l m avoue donc malgré lui qu'elle est riche* pensa Victor; le reste arrivem*

— Mais eepndanl , Maurice, s* il faut qu'elle se nîorie , il est do rigueur me celui qui la désirera pour femme s'adresse h M* Clavier.

— r^n conviens, mais je n'y serai pour rien. ^ Pré.énTais-iu que je m'autorisasse du nom de Léonideî... Voici le piége ^ roOêchit tristement Maurice^ Il va me battre avec les n<*s de tantôt, %U femme est encore évoquée. Il se sent silr é' me

i:re par la menace de ma femme ^ Tâmc de ci^ite conjuration. Décidéi*nt , je suis la victime d'une tralû^un domcstioue tramée dans Tombro ëpuis lon^*iemps autour de moi* Edouard , ma femme ot Victor tenaient ie iiîel où je suis pris* *— Lé*inide ne vaut rien pour une telle recommandation, Victor. Clavier n"aime pas Tembarras des femmes en aflaiœs. Souiemie par la atie , ta cause serait complètement perdue , comme tlle Test d'ailleurs I tous les cas; aiusi , renonce à te servir de Léonide. Si tu tentais dô "nyer , je m'y opposerais de toutes mes forces ; je suL> franc, Victor-

— h"^ le reuu^rcie ^ Maurice , de ta sincérité , quoique bien dure pour aoî , pour un ami qui n'a réclamé que les moindres profils dans des relions nû lu n'as pas jusqu'ici ^ que je sache ^ mal euj^agé ni ton temps« i ta fnrtiine ; sincérité bien dure pour un frère qui admet cependani , sans ï plaindre, ton refus de le servir dans l'acte le plus imparlant de sa vie ;

lis qui ne comprend pas , je l'avoue , ton obstination h lui taire quel-

"ques piiro*es d'éclaircissement. En un mot , Maurice , si lu as asscK fait

pour sfju tenir jusqu'au bout la ferme résolution a ne poinl m 'aider, il

lu reste a nt'eipUquer , ne fi^t-cc que par conveuanco , les motifs de €t>

déni d'amttté.

— Tou|ours des gens qui me ver^erit letîrs secrets et toujours des gemi qui m'assiègent pour me les voler. Ceci me la^se , ruine ma vie où tout lo moùdô prend, eiceplé moi. Vicior, tu me reprochas d\^tre soiu-dà Tami- M pârœ que je n'ai pas le droit de t'imposer comme mari h inadi*moîsell<s

^Ufeilban; lu mu rappelles ce que tu as s^icrifié pour m'éle^ er 11 ma ^^^Bn actuelle ; eh bien , croi^uioi « s'il étaU en ion pouvoir de mo ^^^pdescendre ti>ut le cliemin que j'ai gravi a vin: loif pour me reléguer ^^^Kiveau dans ce coin d'obscurité, d'oubli, de médiocrité, où je «êgé- ^^P^Dand je it5 connus ; sois-en ï^ilr, je te de^Tals enct>re ]}lus de reconmtetnce pour ceb , que pour Vml ce que lu as fait d'utile à ma fortune, lé me le rejetais ce soir encore ; je ne 5*uis pas assez fort pour le litre ■*^ notaire dont If p<jids m'éctase; je pérb sous lui, Que de terreur!* SI tour de niiu ! \ eilk^r, garder, sceller* t tre le prêtre , le coffre de fer, la inguedu muet , Tesprit divin du conciUateur , l'ami , le parent . la sen* trtle du monde, el n'avoir devani soi aucune puissance modéialrice, si co " 'pyens de l éluder, une ombre de justice qui ne nous H lUié dangereuse, meurtrière , que la mitonne î ijni

ritr-^ïttj i ijeei C'si une réponse à tes reproches de ni'av*>ir fait r je suis. Sots raisonnable , Victor, no mo parle plus de c*^ projci de»

^le t*iut«ii fait ricV: malgré loi» Maurice; c'est ua crime dont

quelques uns in^absoudront peut-être; je désire qoe ta tr»av«B dateurs aussi indulgens de ta conduite à mon écard.

— Mais, malheureux , s*écna Maurice dont les aeeès de colbe , fis firéquens depuis qu'on avait aigri son caractère, compromcittaiept'tMtr jours rimpénétrabiiité , et Victor le savait bien , mais, malhewem , mtu un enfant pour me forcer à dire , pour que ta ne sentes pas aoTil y a entre Caroline de Meillian et toi, Victor, deaobstacles invincibles^ a*ainÉfl

-^ Bah 1 le vieux M. Clavier, dans son puritanisme républicain, nTexcopla guère , entre tous ceux qui peuvent aspirer à mademoiselle CaroliBe^ qm ks gentilhommes; et je ne suis pas gentilhomme , Dieu merd f

— Qui t'a dit ça ? interrompit Maurice avec épouvante. On a doochu.. ce serait un crime abominable !

Maurice porta prédpitamment la main à la poche où il cadudt 11 dé de son secrétaire.

— Je n'ai rien lu, Maurice, calme-toi ; quelles idées as-tu? Maéenoi' selle de Meilban m'a tout appris; car je la vois, je lui parle, je loi écris depuis quelques mois. Le service que je te demandais n'était qu'oner démarche de convenance à faire auprès de M. Clavier; je t*aarais misÂ- Ixmi au courant de mes relations avec mademoiselle Caroline, à je iéVvais été intimidé par ton air fâché, quand, sur mes paroles mal cmnpriwiy (u as imaginé, et rien n'est plus faux, que Léonide m*a:vait mémqpfr dis^ intimités.

— Et mademoiselle de Meîlhan t'aime t toil tu en es sûr, Victor,

Blaurice, en interrogeant son beau-frère, n'avait plus une ffgare ée e^ JDonde.

— Etre aimé est un avantaf;e, Maurice, je te le répète, qa'on avait qa4 — quefois le tort de ne pas sentir. Si je l'ai obtenu, je n*en suis fier qo^ pour te convaincre de ce qu'il y avait de naturel dans mes prélentioiis,s0^ monstrueuses à t'entendre.

Indigné des paroles de Victor, Maurice, poussé à bout, s'écria :

— Mais sais-tu bien?... Qti'allais-je dire? Et si c'était lui... après toat«* Mais Edouard pourtant qui m'a révélé l'état de Caroline. Les ainait-fill^ écouté tous les deux? Il paraît que le monde est ainsi fait, mon Dieat

Sur Texclamalion délirante de Maurice, Victor av

avait pénétré i

par une brèche dans un amas de ténèbres. Toutes les réticences de i

beau-frère, rapprochées avec une lucidité diabolique, commentées, forcéos^ éclaircies Tune par l'autre, lui avaient donné le vrai sens de la pcacséeqo^ Maurice tenait à cacher le plus soigneusement.

— Ecoute, Maurice, lui ait-il en se jetant sur sa pensée comme on tigr» sur un enfant endormi, écoute, nous sommes encore assez leoneB Sn^ deux pour nous comprendre et pour nous excuser. Mademoiselle CaïQSier de Meilban ne s'appartient plus.

— Je ne pensais pas que ce fût la ton secret, Victor, le tien propre. Sans afficher la moindre émotion, Victor répondit avec un indâiais-

sable son de voix : — Cest mon secret I

Qui sait quelle blessure intérieure se ût ce jeune homme, en avançsi^ ce mensonge.

U sourit ensuite avec fatuité.

Et que de choses passèrent h travers l'imagination de Maurice en nift instant I

M. Davier n'a donc plus h récriminer contre Edouard; à défaut il i»^ battra la moitié de sa colère sur Victor; mademoiselle do Meilhan a eu deux amans : Edouard et Victor.Quel est le père de l'enfant qu'elle porter Il se noie dans cette bourbe. — Enfin Maurice s'arrête à cette conclusion» qu'il vaut mieux, dans le doute, que Victor soit le mari de mademoiseOo de Meilhan, qu'Edouard, par la raison que M. davier consentira pIutÂt , à accepter l'un que l'autre ; à tout prendre, mademoiselle de Meilhan aura

\m partir ft sofi beou-fière parTicrMJra h la ptits haute réflltsatiott de ses Kl' H ion* A quoi bon diro à Vicior dans un pareil moment;

ËdiH suasi Vïimant de madcmoiselb Caroline ; et ii ma tait b

mi^nw eudltïision que loi*

— Tu seras présenta par moi h M. ClaYÎer, pumu'il eiï est afïnsi, Vietûr, \m dit Maurice, excédé par tes surprises dont il avait été si rudement jjeurtL\ et sans respirer un inslanl, depuis son entrenie avec lo conveîH tinnneL

•» A k b^onno heore, Mauricc^I Dieu mi louél j'ai eufiQ retrouré un ishre eti toi? Tu seras de la prochaine noce, j'espère bien.

— le le pense.

— Et le parrain de Tenfûni* Vois! tu seras mon associé, mon tieatiffèff, mon témoin, mon ami et mon compère.

Sur a; mot de compère, Maurice crherçha si co n'était pas une ïïmhte fiiHericî que Victor lui envoyait au TÎsage.

Victor ne rai lia U pas le moins du mondei, sa joie était sérieuse « U fut cependant impossible à Mauriac de s'a«aocier avec une efîusîon ^cèn* au cxinlentemenl de Victor* quand celui-ci lui eiprima sa salis^ lletiojj dans tous ses détails domestiques cï champC-tres. li habiterait Ptom, mais il aurait sa mat<oii de campagne h Chantilly, fjiroline de Metthan, 81 feimue* deviendrait la sa ur d*aaupiion de LtMinitle.On coulerait d^heu* ' mit jours* Tout cela valait bien qufc-lqnes oragt^sà traverser* On ne péch6 ftts les perles sans se mouiller» dit Victor en prenant un flambeau pour m retirer* Adieu, Maurice, est-ce que tu ne vas te coudier aussi t

— Dans un instant ; je le suis.

BliuriD? consuma unt^ partie de la nuit h écrire k Jules Leforl* Vcf» Taube, il s'endormit sur sa chaise, CéMiit la premipre fois depuis son mariage qu'il passait b uuit hi3m ée

l^marti>ment de Léonide* Quand il >'éfeilla, il avait la poitrine iuondèe de larmes. il arait pietiré en dormant.

XXIU

s dopuis la crise qui avait ag:îté si [

V cf>mmeni;Air h Se parfumer de l'odeur i

ïin noLiiSuo. Mars v ! ^es lielles matinées. Entre le»

\S le jet des jeunes j' il déjà yssez fourni pour adou-

des branches deficunliiN ^ j»;ir l'hiver; et sur rnmns dps

^ de !*arrière-saison courait Vombre claire des feuilles nou-

' . Sotis les eaux moin:* pt^smios, moins vaseuses des

ris» nniHus de leurs ne ai lies neuves* renvoyaient m

■1- lui empruntaient; dans Tair, une élasticité pleiiie

I ntir.

, lisrr* au début de cette histoire, la disposition paros d«* rhaotillj ; celle de M* Cbvier ne s'dîait jaltis ouverte depuis deui mois, dt^puis la faïalu nuit a*eï* ùrice, t)prnt'P> les grrilles vertes du jardin, des volets , atln d'emfwVher les pa^^ans di* pénétrer par leurs ne- DÀ Tuitérieur du corps de l^gis, si visible a ui refois aux oisils dont ' rthonde, Si d'ass<^ mes collaient un o il furtif aus fentes survepar b sé.'bnresa<î du biis, couï-la n*êtaient guère ré- ^ peines* \lé\h, si>us la puissante action du printemps, i ârbuj»ii;s non éouiudès jetaient leurs baguettes au ha>*îrd, f*chappaiil 4UI forniâs gracieuses aujtqu<rUçs plusieurs années de soins ei de cullun»

IM LB XOTAIRS DE CDARTILLT.

les avait soumis ; beaucoup de pots de fleurs»' chassés par les deroieis Tents de Taulomne, gisaient dans les allées où Us avaient roulé avec leoci géraniums. De petits oiseaux chantaient sur ces ruines. Déteint sous la pluie, Tarrosoirse balançait à une branche morte ; des touffes d*herbe cachaient Us dents du râteau comme pour Finsulter. On ne distinguait plus, tracés avec une grâce inspirée par le superbe voisina^ du château» les dessins si variés des parterres, si corrects et si beaux a la foLs ; le régu^ lier jardin de M. Clavier, le joli jardin de Caroline, n'offraient plus que l'aspect d*un cimetière. Au milieu de cette désoblion, la serre-chaude seule s*élait maintenue avec avantage, malgré d'énormes filets de gramea <iui en fouettaient les carreaux; à travers leur transparence, de jour en jour plus contestable, on apercevait quelque vigueur de verdure. Entre les dalles du perron intérieur, soulevées oar des elflorescenccs de mousse, et les portes d'entrée, de petites fleurs bleues et jaunes avaient poussé à plaisir et en si grande abondance, que, pour ouvrir ces portes, Toffloe du jardinier eût élo aussi nécessaire que celui du serrurier. Ce qu*il y avait de triste encore, c'était Tabsence do Fécrileau de location, certificat de néglijj;cnce qui explique à la rigueur le délaissement momentané d'une

Îtropnété. La maison n'était pas à louer. Un sillon de rouille avait coulé 6 long du mur auquel était flxé le fil de fer de la sonnette.

M. Clavier éuiit malade; il gardait le lit depuis deux mois. 11 ne se levait que pour écrire des lettres et en si grand nombre que la fatigue était excessive pour lui dont la main tremblait à la moindre émotion ; sa correspondance paraissait lui en causer beaucoup.

A chaque réponse qu'il recevait , il priait Caroline , elle autrefois sa lectrice chérie , de le laisser seul. Caroline pleurait et se retirait. A peine était-elle partie , qu'elle entendait s'ouvrir , et au bout de quelques minutes se fermer le coffre-fort de M. Clavier. Si la douce enfant n'était pas tyrannisée, elle n'était plus aimée avec la me me tendresse. Le père était encore là avec ses regards attentifs, sa sollicitude silencieuse, mais l'ami avait disparu. Il embrassait Caroline de loin en loin, mais au front et plus sur les joues, quelque effort qu'elle fît pour se glisser à cette faveur. La disgrâce do toute lecture s'était étendue aux journaux qui n'étaient plus mt'me dépouillés de leurs landes.

Tranquille sur le sort de ses affaires d'intérêt réglées dans le cabinet de Maurice , indifférent sur sa santé , M. Clavier se renfermait dans ses souvenirs et en abaissait ensuie le couvercle. Il vivait en lui , au fond de ses vieilles convictions, sous la voûte haute et noire de sa vie, rattachant à sa fatalité d'homme politique, avec une obstination que les évé* nemens avaient pris à tâche de justifier, les derniers malheurs dont il avait été frappé dans son enfant d'adoption, Caroline de Meilhan. Le serpent de larislocratie , mal tué , s'était retourné et l'avait piqué. U mourait de la blessure , et il mourait sans vengeance ; s<ms vengeance ! après avoir si bien calculé la sienne! Caroline avait déjà retrempé sa race ; et , sans un double meurtre , il n'était plus permis à réternel destructeur de cette race de l'éteindre. A relie pensoe , M. Clavier se raidissait , il se dressait sur son lit de malade ; furieux , agité, pâle, il se soulevait de toute la force de ses poings nerveux , et il semblait apostropher face à face , comme à la tril une de la Convention , un adversaire invisible. Son doigt fiévreux lo désignait, le marquait au front, l'écartait, le découvrait, dans quelques coin , et de là le ramenait à ses pieds. Ses cris plaintifs l'interrogeaient alors comme si , pour s'en faire entendre, il eût fallu pousser la voix jusqu'au fond d'un abîme ouvert à ses côtés. 11 s'épuisait tellement , que sa tête, pesante de colère, retombait sur son oreiller. Il restait dans cet état jusuu'à ce que Caroline vînt doucement le relever et lui rendre quelque calme à lorce d'air et de précaution.

— CaroUne , dit- il un jour au sortir d'une semblable agitation , vous

i£ KOTAinS HE €llA?ITiLLY.

ferra venir le iardmîor, dt^main ^\ c'est poss blc ; il (racera mes buis , U taillera tu» vigue â ritalienne* Jo vou5 churgo do lui commuiHler toat m nue vous iuj^ert'Z né*: essai n? aux répara lions du j.irdin*

A ta prt'imère parole prnnnncée par M. Clavier, Caroline croyait nvoir fégagné râmuié du vieill,ird> ll's larmes lui voilèrent les ycui ; c'esl hien iinsi ^u*tl en mail iiulrofoB avec elle, sans prière « ^^ùhsî autorilé,, udotictsssni sa ?oii. Caroline sa rapprocha davaiitago du lit afin de no pas ftitr tarir à sa source co pn^miii^r dpancliomenl d'indulgonce dont elle était alt*»rée. Quelle joie pour elle sil lui oilt luêtiie fait des reproches; elle savait quelo pardon les suivrait, lien avait toujours clé ainsi nutre^ krts. Sa irtsie cl jolie tèlo penchée sur c«llc de M. Clavier , cllo attendit qu'il parlflt encore,

— J'ai jugé aussi que vous deviez reprendre la direclîon de b tn.iiâôii. 11 est mal qu'elle soi 1 négligea plus long'tenips; Irèsmnl, — je Taî mieuA cofsprîs depuis, — qu'elle paraisse ûmi cet état d'abandon aujt étransfiTs*

— Maïs potirquoi-, se hâta de répondre Caroline^ lonjnurs tremblanlo de biîï^îr omurir rcnlaHieu , mais fiourquoi ne me l'avoir pas exprimé plttstiîtf Vou:^ ^vez i^ monsieur, que j^iiurois mis mou bonheur, mon Ot*ifotr, à reprendre mes fonriious ici; et, peutùire, n'en tn Iles pas toujours été inutik^» Ilcndeî-nioi cette justice, monsieur, de convemr que rien n*ourait été n*^gliîîé, si vous ne mVussiez pas ordonné de î-uspeïtdre mes travauît- Mais je leà reprendrai , dites-vous. C*(^i qu'il est lemp?^, Tar exemple le jardin, — pauvre jardin î il est dans un ai>andonï le le regarde quf*ïquefois i!e nia fenr ire ! c'est douloureux ; des hranches ori^^^s , des vignes rampante?:* Uhl vous le verrez! ou pïui^t n*y desct*nde£ que lorsque le jardinier y aura travaillé pendant quelques jours. — Ce nVsl pas seulenienl au jardin quM faut songer : les ap^iarlemcns ûu bas sont pleins d humidité ; les dernières pluies oni pénétré dans lo «3 Ion d'été ; je cfots bien qu'il sera nécessaire do changer la tapisserie* ITtles-voiis pas de cet avis?

M^ Joyeuse d<s parler, df^ ronTpre le silence dont elle avait si îong^temps ItoùRert, Carolino s'échappait, ainsi qu'une hirondellG retenuo tout un jour dans une cage. Il y avait do l ivresse dans sa parole nomhrûus©, irisôe et pour ainsi diri/ de retour d'un lonfî voyage.

II. Clavier reprit t mois du mCme ton de voii que s'il n'eût pureté in larron ipu :

^^B^oi* i b elé de mon secrétaire, qui renferme les autres clés 4e la H^HI. Elles y sont touies, celle du jardin aug!iii, ™^KVr'''*^"Tïiflnt celle clé, M. Clavier ne regarda pas Caroline, D'ailleurs, il Ml difticilement ; ^ pose huris^oniale lui piTmettait lout au plus

M'u, ^ r la cime de la lorei, entre les pansde rideaux do rnlcûve. 1]

Mfttati k'uié aucun effort pour changer d'ailitude. tandis que Caroline Pkrldit au dessu<i de son front. Ses paupières ne s'étaient pas relevées.

Demuant à peine les lèvroit t! aiouia, en tenant toujours la clé du ^'créi^ire :

^~ (.nmme j*ignore combien de temps ma maladie me reiiendra au lit , i*ai dû, aliii de ne pas laisser dépérir une maison qui ne nv appartient pSÊS^ \oxï% prier de reprendre ja direction que vous en a vie je autK'fots. Lien qu il n'y eût rien d'entraînant dans la voit de M. Clavier, la laveur qiril accordait a t^aroline de la replacer a la tôle de la [ avait siilfl a cell«3-ci pour s'abandonner à toute sâ joie. Klle lut \ point d'appuyer ses lèvres sur le front de M. Clavier. Elle osa neni lui dire t

^-'-//-In, monsieiir, j*essaierai d*avoir le mt^e ïèle; peuMtre riM* me rendnT-vons raffection qui mo payait si bien de tant .- i enus peur moi un plaisir. Jo vous ai i^ouvent donné lieu 4^ irati» plaindre Û@ mou éiaurdciic ; le aerfiis n'a pas wuitmra été mmà

iS8 LS lIOTAtBX M CHAlfTtLLT.

xégulier que tous Feussiez désiré ; souvent j^ me sois lefée Irff Inii.

Oh ! je me suis dit cela sans que vous ^yez besoin de me le r^pmMCf saonsieur, mais on se corrige avec Tâge; votre bonté m'a rendu» e>rii» nour moi-même ; vous verrez maintenant combien je serai pâBS44lMl-

tive, plus soumise. Cest que je ne suis plus unei petue fille , sa

cela? J*espère <pe bientôt vous serez mieux» tout à fait bien; irons, — car voici le printemps , — nous irons encore nous dans le bois ; j'ai des livres à vous lire, beaucoup de journaux e tout vos journaux sont de côté...

Il n'est pas d'objets plus ou moins susceptibles de ranimer la apathie de M. Clavier , que Caroline ne rappelât pour (aire teofli^ WB des yeux sans mobilité.

En prenant la clé du secrétaire, Caroline chercha à presser av«e us lèvres la main de 11. Gavier; elle ne sentit que le iroid de la fàh^Jk main s'était retirée.

— Pourquoi cela? demanda-t-elle douloureusement. Aucune léfonse. Estrce que vous ne me parlerez plus jamais, monsieur? Crojreab-wpi

que Dieu vous punirait , si vous étiez assez bon , — et vous êtes Jm > monsieur, — pour m'appeler encore votre enfant, votre Caroline, pair me pardonner? Si vous vous figuriez combien, au moment où je nis parle, mon cœur se serre.

La voix de Caroline s'éteignit ; sa respiration devint petite, dlos'if- ; piwa plus fort sur Toreiller du malade.

Depuisdeux mois jie ne dors pas; et les nuits sont si longues! Si fif»s . su par quel moyen euacer ma faute, je Taurais employé; je suis cofin dant bien punie. Vous ne me parlez pas. Vous souffrez aussi et vous vois taisez.

Vous avez refusé mon bras pour vous promener, vous ne ¥onte plp que je lise vos journaux , que je soigne vos fleurs ; tout ce que je toûd» vous déplaît. Je meurs dans ma4ristess8 , je sais , mon Dieu^^pie Xim ne me grondez pas, que vous ne me souhaitez aucun mal ; mais le^phit .grand des maux, c'est votre silence , ce silence>là. Parlez*moi dboiNi^. ' monsieur I Voyez combien je suis soufirante, maigrie, malheuroiMl combien....

Caroline n'arrachait aucune parole du vieillard dont rinsen&ibililé.Teasemblait à celle de la mort.

— Si j'étais une personne inconnue et que l'on vous raoontAt mes chagrins, vous y prendriez part; vous m'accorderiez, étrangère, ce ope le ne puis obtenir, moi, votre compagne ; vous diriez : Pauvre filial ni

. tien, dites-moi ce mot-là seulenoent : Pauvre fille ! Si j*étais votie domestique, votre pitié de maître ne me pousserait pas rudement du pW dans la rue. Je vous sais généreux pour vos domestuiues. Si j'étais «^ votre fille, votre sang, après s'être soulevé, avoir crié, s'être irrité coolie mon crime, s'apaiserait, et vos bras, vos bras c^ui sont de fer en ce moment, se tendraient vers moi et ne me rejetteraient plus ; mais vous tes muet, sourd, aveugle, mort, impitoyable I monsieur!

Oui, monsieur, impitoyable, parce que je ne suis ni votre domestiqni, ni une inconnue, ni votre fille. Et pourquoi, si je ne vous suis rien« ne me laissez-vous pas? Pourquoi m*aimez-vous ? Pourquoi ne me pardonnez-vous pas? Qu'est-ce cela vous fait?

Quand vous all«)tes chercher ma mère dans un château déjà couvirt de flammes, c'était une entant, et vous ne b tuâtes pas. J'ai aus&i un enfant dans mon sein... et ma mère nous regarde tous deux, vous et fooh en ce moment, monsieur I

M. Clavier ne remuait pas plus qu'une vieille statue de bronze qu*4Vi «uraii couchée tout au long dans un lit ; sa face verte et ridée seinhiait morte depuis dix-huit siècles.

— Je ne vous ai jamais vu prier, monsieur, jamais ; j'ignore de quelli

LE ttOTAIBK BE dlAEfTILLV.

gàltgiûii Voulûtes, Sons cela je priérois votre dii:^u do vous inspirer U liOfinopMiséo de TH*en tendre, ctc ne |vits m*ult.inJoiimr h coue lictirt? Oti |(j «'ris iimii cnf^ïfii sous rna main* i>l cnfanl u\*M à'tïkioin parli qui lui iKïi ible« Je TappeUen-ii de rolreiiom; nuis ^uriei h

sa r son ri les a la mientiei

Hoi* 2 knijùurs ri«fn 1 oh î n^^ivez-voas du la bonié» dç la pitié, de ThulïMiniKN mnnsiîjur.quepanrcmx àmxl vous avez Uk> U) |iero ei h tûèctt H'tn ave î- vous f tion qu'è b condiuoti de verser îo smg

dû celk qui Ta ft .t» iHre heure uâc? que vous ayez Iratickè

iD|iyUQc publique la uAc ûc muu aïeul, afm do vous ^Ire rrconoaisi^nit» cniDitfd'nui du L>itm fait par viiu^à ma ukcrc. Si vouBnierepous^t^^ otûi^ t*mi donc pan:e ^uo vays ne l'avez pas luée, régicidi^ que vous <Ï4^I ctr je sais umL Doiic^ moniiieur, ivii nom de mes p;irm>s que vous ftv«2 a&- ÊmsMÊ^ fiârdonii^-uioi, ou je ne vous pûrdouae [jas, moi! et novs MBBfid^ ici il vous lunudirel

l#i%icida re.sta toujours de pierre.

4|ifè& s*iHre prétipiiéo sur 51. Clavier, comme pour rèUniffer, CaroHïie SlUT^ia de frayeur^ et so traîna ensui(e le long des uior^ ju^qu.'^ la porie de la chanibrû; âllû n^alla pas plus loin. IJu évanouissemenl la ^tsit - elte lomba*

Qyiind elle reprit ses sens, il s élail écoulé plusieurs heures, et la nuit

Sa souvenant à peine de lanathème que, dons le délire^ elle avait im* jNriiné sur le front du U. Clavier, balbutia ut des j^iroles dont sa volonié n*avait pas arrangé le sens, ello alla macliinalenienC aim^i qu'une sorti* Aatiibule, revaiit, tremblant, s'arrtîant à chaque marche, jusqu'à la sarro- Ciiaude, dont la clé lui avait été rendue par M, Clavier,

Sos pensées furent phis paisibles à mesure que Todeur eihalée par \m ftrtrîr' ■ ^.. ir. ' .reTiinveloppa, cl qu'elle rejioua ses organes h desémaùû ^ uue, coiumu une date fidèle , b met la il sur la voie d'un

mu - "- ^"uiUes asse?, évas(%s pour garantir de tout un urugo;

O?» tl ; ! 3 rs i ; > \>!i iées en 0 m brelles pour repf^us'^ r les arde u r» du

«>l«' ! ! J ]'■< ^^nnirimage; ce^ bouquets aronvaiisés <H qui

CLii j-s passions qu'ils provoquent dans les climab

é'.y iiHant de rnouumens élevés par Caroline h h

mémoire û** son iitteciiun si tendre pour Edouard. Là, elle avait lu m prumi^ru lettre ; sous re plmier, portique vert arrondi sur son front , dltt avait tracé au crayon une réponse ; elle avait failli mourir asphjriiàe fiMSCes ^anill^rs en fleurs, la nuit oii elle écrivit, bkn tmte, ^m Aiifois^, piUe de remords^ La lettre qui ne lais^il plus ignorera Ivdouanl ^'irsirrait p re*

r vers un passé si doux et si funeste.» dans un lieu qui h rap-

pc'f igiqupnieni à rimagination, fatigua Caroline en pesant Iroj»

nu ^.1 iiiiuiijï»se. Elle alla au jardJD dont lo dé^rdro ruff%ea. âe&piedb ^*CBibarras$aient dans les plantes paraslles qu'elle n'avait plus été là pom miment facile ' '

arracher, t^ar un sentiment facile k pardonner* la pauvre enfa^tt^ ÛBliAsI long-îempf privé*? de a*s belles promenades n<>ctiirn*fs sur la wwsnm et dans la forêt de Cbaritilly, voulut faire uyage de la clé du jaroîii fii4 M. Clavier lui avait aussi renûse. Elle ouvrit la porte, et tout à coup «lièmL* s'envoLt œmme un fia pi 1km en giassant, ailes déployées, sur Ja t^tc de !j va^io fi>rt t. Carolitiu s'appuya roui me unt3 isiaiuw conln» la porte du jardin pr^nr ( ntrndrE^ lo rcv^s^^nor dunt ta voix sereine passai! et repisaatt du eb^teau,

taid.r fnam s'appu^'a éoucomoQt aur

It ïtencte^

— EtJouird f fùm I Edouard ! vous fivd 1

-^ Caroline t

tb rtntrcrçnt dans lo jardin.

IkO LB IfOTAIRB DE CBAUTILLT.

Un silence douloureux couvrit les premiers instans de leur entreme. Caroline était penchée sur Tépaule d'Edouard.

— Depuis huit jours, Caroline, je rôde autour de TOtre maison, Téritable tombeau, sans jamais avoir eu l'o^ casion d'^ pouvoir pénétrer on d^ introduire une lettre. Que s*est-il donc passé ici ?

— Dans quel moment, Edouard, vous venez ! Dieu vous envoie ici ; sa main vous a conduit vei-s moi I que de fois j*ai pensé à vous pour me 88«ver , dans cette nuit fatale qui s*écoule. Cette maison e-t pleine de ter^ leur. La désolation est écrite à chaque place. Là haut, il y a un homme qui veille depuis huit jours et qui depuis huit jours n*a parlé une fioîs cette nuit que pour attirer une malédiction sur son lit. Je ne suis donc pas aussi malheureuse que je le croyais , puisque je vous-revois , puisiroe vous êtes là. Mais toi , mon ami , mon Dieu , mon Edouard, oii as-tu été pendant ces deux mois que nous avons été séparés? Tu vas tout me dite, avec les dangers que tu as courus ; car tu me dois maintenant la confidence de ta vie entière. Que je sache tout ; parle, afin que je remercie dans mes prières ceux qui font prêté un asile; tu viens de loin; tu ea fatigué, mon Edouard, tu es souurant I

— Je suis désespéré, Caroline. Je reviens do la Vendée.

— Où tu as vu ta mère?

— Où j*ai trouvé celle qui, plus délicate que toi , Caroline, dort dans la chaumière battue des vents; passe ses journées sans pain sous un arbre oa au bordd*un torrent, et traverse, à la t( te des paysans, les bataiUoiis> ennemis qui lui barrent le passage de son trône.

— Tu m'as instruite à Taimer, Edouard.

— Admirc-la avec moi, Caroline ; mais plains-la aussi. Nous lui avon^ vainement démontré, — il est vrai que c'est une affligeante vérité à dire^ — que si Tenthousiasme doublait les hommes, il ne doublait pas la por^ tée du fusil ; vainement nous lui avons dit, moi et ceux qui, mieux qu^moi , ont compté les forces dont la sainte insurrection disnose, que Theur»n'était pas sonnée de marcher sur la capitale, enseigne blanche déployée^ aux cris de Vive le roi î Elle n'écoute que ses espérances , que les vœux::de quelques dévoûmens surhumains où elle s*appuie comme sur des lions,, et elle dédaigne la prudence la suppliant à genoux de ne pas faire passer^ la France par les armes , et elle , son ange , dans quelque basse-cour d^ village.

— Mon Edouard , veux-tu me suivre? la voix monte, on pourrait en^ tendre des étages supérieurs.

Se prenant sous le bras avec la grâce infmie de deux amans ou pInU)t avec fa familiarité divine de deux jeunes mariés, Tenlhousiaste Edouard et la mélancolique C^iroline entrèrent dans le salon contigu aux deux ser-res, espèce de vestibule pavé servant de passage de la maison au jardin.

— Parle maintenant, Edouard ?

Assis Tun près de l'autre, éclairés par la lueur des doux lanienies suspendues au plafond , ils purent distinguer les changemens survenus à leurs traits depuis leur séparation, marquée pour elle et pour lui par tant d'incidens graves. Une exaltation voilée de beaucoup de tristesse animait la figure d'Edouard ; ses yeux étaient sombres sans avoir perdu leur douceur. Le dédain d'un âge avancé plissait lo contour de sa bouche, dont l'expression n'était adoucie que par l'extrême blancheur de ses dents. Sous l'acide des chagrins s'était ternie la feuille d'or de la jeunesse.

Caroline n'osa lui dire combien il était changé.

De son côté, Caroline n'avait plus, — et ceci s'expliquait à beaucoup d'égards, — la même suavité d'ensemble. La vie était moins impatiente chez elle. L'indécision de sa voix, de son regard et de sa démarche, s'était perdue dans un délicat embonpoint.

— Continue, Edouard, je t'écoute.

— Je me suis rangé , Caroline, à l'opinion de ceux qui n'ont pas repu*

tt ÎTOTAIRE Dl CniHTll-Lt.

lût

4îé loul<s prikaution en se mcllanl rn hoslililc avec un gouvernement ^ui, ^W n'a ^^ la justice pour lui, a pour lui du moins rau&îKaire aveugle dt* L'armée, et rineriie de la population. Cetio opinion a dcplu h des on^nillors plus l<^mér.iires. On a jugé notre concours suspect, du moaent où il se montrait accompagne des restrictions de la prudence ; nous IViins éié rcmereiés.

Tua poignante amerlume imprégnait les paroles d'Edouard qui oubliait ' V odo dont on le payait, le repos dfe sa famille froublé^ ftes terres

, son châleau détruit, sa vio proscrite, sa (Cle mise h prix, pour pç i^' jiMmdre que un ri'fus qu'il éprouvait lio ne pouvoir se sacriJler à sa ) d'une manière utile* ^^ \m%i , Edouard, lu es repousî^é de tous cAtés ; lu n'as plu !i aucune €pini^u qui t'abrite. Il y a donc im vent de malheur qui nous frappe èga-

tl«*menl : car je ne <^is pas uoti plus à quel litre le reste sous ce loiu Cette derniiTe ntiii y a entendu de sinistres paroles. J*en suis encore glacée, — t*"^^dii^tH?

— \\. Clavier sait lont^ Edoiïard; il m*a vue à genoui, suppUanli^, fiumilire, rn pîeurs, el il n'est point sorti de son implacable silence, ' — Oui î alors j*ai bien fait de leuir. Dieti m*a conduii. Portons mon iDalbeur et le tien sous un auire cieK Parlons! — déshonorée si tu restes: lue si je SUIS surpris en France; fuyons vite! Un omi nraconlîè un pas- ,^ gpport ijuî pendant dii jours encore me permet de gagner rAUemagne fcirec loi. Ma voiuire est h rentrée du bois; viens! nous sommes sur la ^Kfiiiiif* d%\l1emagne dans trois heures, el dans quatre jours en Allemagne. Wll%*coutes-tu?tu ne m'écoutes pasi pourquoi cette indécision? V km h, Ca- B fDline! Voilà pourquoi jo suis ici; voila pourquoi depuis huit jours ji*

■ marche dans rohscuriïé autour dt*s murs de ce jai-din pour iVmmener , Qifolme ; et je t'emtnène. Qui le retiendrait ici t

— liais M, Clavier est malade.

— Ecm à Maurice , au médecin de M. Clavier que tti es partie, qu'ils jj^Ticnnenr. Dieu iera lo reste,

H — Mais celui qui m*a aimée comme son enfanU,,

■ «- Et le nôtre ? Caroline t

U Par notre enfani, par lui* puisque ce n*est pas mot qui ai te droil de te

H^ierminer, consens h me suivre ! — Virons I

H Ce p^proche et cette prière briseirnl rirrésolution de CaroUnOp

f — Tu lo veuï ! Edouard, attends l

Caroline s'échappe ; elle monte sans bruit Fesealier , entre dans sa chambre aitenanle à celle de M. Clavier; ellt? imvre un coffre» y jelle p^l<>*mêfe queïqnes poignées de linge^ puis pensive, indécise, elle appuie wtm front en sueur, ses geoou3i ta-oiblans amlre la cloison, pour voir à

^Imvffrs ^i M, Clavier est endormi.

■^ Le vieillard élnit dans Tattitude oti elte ravaît laissé; seulement la

^k^leu^?, qui chauffant la tisane du malade lorsque Caroline était des-

HHpye, éclairait maintenaoi les longs plis blancs de la couverture et qttel-

^^Hs parties de l'a ppar terne nU

Caroline ne rrspire pas, pour mieux entendre si le malade soupire ou se

r ptiinf. Aucim bnjji ne sort de Talc^ive*

H Elle demeurj long-temps dans cette position ; elle finit par s'imaginer

B^i*f M. Clavier s'était évanoui. Chio pens^ lui perça le cu*uf ï brûlant

Vo*tmpatit^nt e de la vériller, elle courut à la chambre du malade. La porto

f- «n était fermée, lï lui aurait fallu cn*mer.

Li pf*no avait dtmc été fernw. M.^is par qui? par M. Clavier? il se t9tm% donc levé? par Caroline peut*étre« en attirant trop fort la porli^ TCf9 dl«? tes souvenirs de celle-ci ne lui fournissaient aucune induction

— Qu'il seri atner son désespoir quand il s'éreillera , se dit Caroline ^frès avilir repris son attitude contre la cloison, et qu'il ne me retrouvera

ttfS LE HÔTAIRB DE CHANTILLY.

plus là pour rallumer son feu ni sa lampe, il aura froid dans Tolmirilé^ et il m'appellera peut-être tout bas, et sa douleur de ne pas m'a

et il m appellera peut-être tout bas, et sa douleur de ne pas m enten lui répondre remplira de cris son appartement. Je ne me sens plus, s Dieu, la force de partir ; car enfin c est moi, moi qui Tai mis ûans l\ où il est là. Je Tai frappé de ma colère. Maintenant je l'abandonne ; J0 l'ai insulté et ensuite je le laisse. Oh ! combien il se reprochera k am honte les sacrifices qu'il a faits pour moi. S*il ne m'eût pas aimée, m*avitdt-il élevée avec ce soin pateinel ? Pourquoi n'est--il pas mon pèreT je ne le quitterais pas.

Aucun mouvement ne permettait de supposer que le malade enieBdft les gémissemens de Caroline dont les paroles étaient quelquefois Ittiates pour traverser l'épaisseur de la cloison.

A{ypelée du bas de l'escalier par Edouard, Caroline tomba vite âge et pria pour celui qu'en partant elle confiait à la protection de Dieu, < le moment le plus terrible pour elle. Ses mams frémissantes étaieot jointes , sa tcte en prières pendait sur ses mains. De plus en plus iin|MK tient, Edouard, ne sachant plus à quoi attribuer la cause qui retenait â long-temps Caroline , monta, la prit doucement par le bras et l'eatralBa âTec lui jusqu'à la porto du jardin.

— Tu n'emportes donc aucun c^fet de voyage avec toi? s'informa m^ chinalement Edouard.

Caroline s'aperçut alors qu'elle avait oublié de prendre le petit < où elle avait serré quelques robes.

Elle remonte précipitamment.

Ei\e soulève le coffre pour l'emporter ; elle le trouve très lourd. Sa i y plonge ; il est plein d'or. Qui a mis cet or? elle se frappe le front I

— Mon Dieu I mon Dieu t mon Dieu! M. Gavier s'est levé, il est ei ici pendant que je suis descendue ! il m'a donc entendue; il s'est levé !

EUe regarde avec terreur s'il n'est pas derrière elle.

— Caroline I

— Est-ce lui qui m'appelle ? estrce Edouard ?

— Caroline 1 Caroline I

La pauvre fille court à la chambre de M. Clavier, dont la porte n'est floa fermée. ^

On l'appelle de nouveau.

C'est la voix d'Edouard.

Mais elle est dans la chambre de M. Clavier.

Courir vers l'alcôve, tirer les rideaux, découvrir la lampe, prendro l|k nfain do M. Qavier, l'interroger, ce n'est qu'un mouvement, qu'un pa»^ fO'un cri.

Ce cri fait monter Edouard.

— Viens donc, viens donc, Caroline I

—Je reste, répond Caroline en rejetant le drap sur le visage de M^CSai* vier.

Le régicide était mort.

Sous le prétexte fort plausible d'aller prendre les bains de Barégeeè Paris, cette ordonnance de santé étant à peu près inexécutable dans les petites localités , Léonide avait quitté Chantilly depuis environ çuinaa jours. Le motif de son absence dans la saison où Ton entrait était tnp naturel pour qu'il fût commenté au profit de la malice cantonale.

Maurice aurait retrouvé le repos dans cette trêve domestique, si le vetour du repos avait été facile après les violences qui l'avaient écarté att. delà de toute portée. Le repos, c'est la santé des idées ; il n'est pas tou>

^1 ^TàtM Di cnàfmtit'^ Ul

i ttttvps do 16 faire renaître quand los oïcès Tant miné, Maunco n*o* sait jpler la sonde au fond de UmUqs k'§ pkiies dont il gémiasail, Ladî»pmi^n des papiers du colonel Dcbrny, IVmploi si lêinérai roque ReynioT ViVilfaîl des fonds déposée chez lui par Kdouardi» éuient dent cuisanles BflWSét» qui le rongeaient an vif. Pour les prnsliluer à nn antant , m kmtu^ lui avait volé âiys papiers sacrés^, f*U i|uand il les avaii récttftlii de la trahison, l'adultèfs s était levé avec nndaee et avait repundu : édâïr* daseoieos foudroyans dont il était encrvre ébranlé,

liiiilffiirinT iTaient pris une tournure sinon mauvaise, du moinji ettrl^ aMMlt «énéitse^ lance qii*il était dans le champ itliinité ûes> spé€ulatioiii» II 0ti éUtl arrivé a ce pi>int dVibscurilc commun h tous ceux qui, coiaiGfB loi, retinnwct en affaires au chemin iraa5 dr la routin*? priur opén^r stir les éiéniens des probahiliiés, |ji (erre a disparu pmir ces navi(*a(eur» lwTdi$; ils n'ont en perspective mie le naufrage ou la conquête: lester* IO0 connues leur s(»nt interdites, L actiriié incet^sante de teufs gpéciibiiaiis détoro Tordre qui avi^rtit les sages du inonieai où il convient dé sarrôt«r» Bfaurtce avait graduellement remplacé les tiellcs qualités ûr- préwnywao» dont il était d(»ué, par l'esprit d^ombiiion, et, c^- cju*il y avait d© triste, par un espHl qui n'était pas le sien* Unremenl avai14l encore die instans dMlu.4!oii h donner à Tcspérance de reprendn? un jour le passé au ijffige paisible ou il l\ivait attaché* Mais le bonheur de ses premiéroa mmim lui aurait-il ^ufll? rimaginilion sa ride comme le front ; et c^est te premier crifiîc des vanités de détniire d>bord les joies qu''jlle3 ne suppjêt^ni point* L^ notaire de Chaniilly commençait k comprendre un peu miêui. Favantage d'avoir un centre d'opérations plus vaste qu'une étude de viUng*>. Malfçré la simplicito de son ca-ur, il œtîVfïnaîtavcc lui-m(^m«, mi d'après tes leçons de îleynier, qu'une fois le parti pris d*entrer dans 19 âlairf^, iiieoiifé^iieDt est celui qui les traite avec timidité. En gia^re, M Iknl tuer î éfi ilfairm, «"enrichir : les demi-moyens prouvent t'uupui»- Wênm unie a ramliieion. Maurice, en ^prit rigoureus(?nicnt logique, 16oo^iicla triste morale de sa position; dans les c^iraetères biensoutonuA* cTm une vérité , que te faux ne s^y introduit qu'il certaines conditiof» 4«fdrei«

n élâit enfoui sous les calculs de sâ vaste opéraïkm du diemln de §m^ iMn devant laquelle disparaissaient loutes colles de ses dieoSï lonqtf'ii» cleic ItD «pporta une lelire timbrée de Compiegne*

— *** YfHis ai prit^ cf îTt r*n^, lui reproeha-t-il, de né pas me troublera cb I nt pou r d 1 ■ > i i de ïournen t m es id ées e l absort>en l moft 1^'^ enez dan- Jitct qtie lorsque je vous sonnenii, cbMI^ dfu-ynust

— Cmi on ordre cjtie nous afrtns assex sf rieiemeiît suivi depuis qu# ' 1 raret enjoint, monsieur, quoique vos cliens se soient plaints de cette

\ ^1 les oblige souvent h faire diï lieues sans parvenir h vom

L'Mliirralîon du clerc surprit Maurice»

-^Qùediiea-trottst

^Ôu'un curé, dcmt j*ai oublié lenôm^ par exemple; que le maréchal'* iMTifù du château , qui» les petites onvrifres de Gonvieuï, que [*iermi»ods et tieiucoup d^auires ^ml fort ntécontens dVHre venus cHrx vous oe ■uitJii, par un temps ab«jniiiiablet et d'être repartis sans avoir eu au--

— Miti.,. mais pourquoi Im avoir reuvoyéa?

^ Vas ordres sont la, monsieur.

^ Mi» vmÊ» ne leur avez donc pas eipltqtié h ces gens que si }0 tii lat Têçcmm pas , — faut-il donc tout direî — - c'était tantôt h cauae d*ini Mrilafe à régler sur les lieu \, tanl^M à cause d'un cotideil ée famille à mÊlÊlÊt de ma présenciî ; ce qui m% vrai; ¥0us h' voym voits-m^me.

164 IS NOTâIEE de CHAirriLLY.

>— Nous avons si souvent usé de ces prétextes, que vos diens ii*y croient plus.

— Pourtant il n'y a rien d'invcnlé là-dedans ; vous devriez les en convaincre. Ces accusations de négligence finiraient par me nuire, si elles s'accréditaient dans rarrondissement. A l'avenir, ne renvoyez personne sans m'avoir prévenu.

—Voilà, pensa le clerc en se retirant, deux ordres bien contradictoires. Le patron est diablement distrait.

La lettre de Compiëgne était sous les yeux de Maurice qui, à récriture, avait reconnu la main de Jules Lefort, vieil ami négligé depuis le commencement de riiiver.

— JuIps est encore une victime de mes préoccupations ; je ne sais pas pour qui l'on existe lorsqu'on est dans les affaires.

Maurice décacheta lentement la lettre de Compiègne, l'étala en son*

λrant sur son bureau ; mais, au lieu de la lire, il s^abandonna malgré ui à d'autres pensées. Tout à coup, saisissant sa plume, il traça vne colonne de chiffres, puis une autre colonne, et enfin il respira.

— Le sang m*a tourné en eau, je m'étais figuré une différence de quarante mille francs I Ce n'était qu'une erreur de mon imagination.

' Voyons la lettre de Jules.

« Mrm vieil ami,

yt Que je loue ta prudence pour n'avoir pas engagé ta femme, la bonne Léonide, à aller au bal de Sentis, le carnaval dernier. »

QuVt-il donc? pensa Maurice encore distrait en commençant la lecture de la lettre, pour revenir sur de pareilles futilités ; il a du temps k perdre apparemment, ce cher Jules. 11 pense au carnaval I Enfin .

Maurice continua de lire :

« Que n'ai-jo suivi ton exemple ! je n'aurais pas à déplorer le malheur le plus grand do ma vie ; malheur auquel tu t'intéresseras, j'en suis sûr, toi, le seul ami dont les consolations ne sont ni banales ni perdues. I^ me les dois toutes pour me dédommager de ton absence, car tu me serais ici d'un appui bien nécessaire, au milieu d'une foule de gens dont l'intérêt est tout en paroles, disposés a vous entendre dès qu'il y a quelque scandale pour les payer de leur attention.

» J arrive au triste sujet de ma lettre. A ce bal de Sentis où Léonide a si sagement fait de ne pas se montrer, ma femme, ma chérie Hortense, a été insultée par une autre femme, mais insultée, Maurice, d'une manière odieuse; et, le croirais-tu jamais? à propos de notre enfant, notre fille t née,— ceci n'a été un mystère que pour ceux qui l'ont voulu, — née avant mon mariage avec Hortense.

» Tu sais, sans que j'aie besoin de te le rappeler, toi l'ange discret de la famille, que, pour éviter une publicité toujours expliquée méchamment en province, j'ai négligé de mentionner dans mon contrat de mariage U naissance de cette entant , à l'opposé de ce qui se pratique d'ordinaire. Mieux que personne, tu sais aussi que ce défaut de formalités n'a pas été un prétexte de ma part pour frustrer notre chère petite fille dont j'ai assure la fortune par une donation que tu tiens en ta possession.

» Infâme, instruite par le souffle empoisonné de je ne sais qui, par la lâcheté de quelau'un des nôtres, la femme du bal a osé accuser Hortense en pleine assemblée, devant deux mille personnes, deux mille étrangers, d'avoir caché la naissance honteuse d'une bâtarde. Si le mot n'a pas été dit, un geste, je ne sais quoi, l'a révélé. Alors une scène dont je frémirai toute ma vie, Maurice, a éclaté publiauemenL Je te fais grâce de la colère à laquelle je me suis livré. J'ai déchiré avec les ongles le visage de l'homme qui accompagnait le démon attaché aux pas d'Hortense ; j'ai marché sur la poitrine nue de celte femme dont personne n'a pu m'apprendre le nom. Reposons-nous : j'étouffe.

p Depuis, et à force de renseignemens, j'ai appris qtie le chevalier

Lr 50TAJBE PE CUA?ITtU.r.

émit ûlly.

un misérable a^fractiuro vcndc-eû taché aux cd virons de Chan-

M^tirici^ so leva comme s'il eût été mordu au talon par tîne vipto. Il frappa ^m poin^ a se le briser sur le briiâ du bureau i?t cha plusieurs lois ; ïijitwïblt? U'imidel tut'crablc Lcouide! Ohî o\écrablel exfHrablo!

llui, r*v3i dkl die sruleqiii a outragé llorlenseî Lumiero mrfinaleî Edouard l'ticonupagnaitl Et yf n*a^sa&sincroî pas cet liomme, meut mieérable déclinée ! ^e lunais la , j*;ivai<, /avais là Tat uie silre, irifaiHiblo four le tuer, lui » sa race* ■^on parti ; et celle arme* mVst volée, briséeléoûidt3 lui a livre leî? papiers de Dt^bray* Je comprends à uver>eilli?i ei j'eieuse et je ténis iniiinienant eruï qui tuent , ceux qui empoLsonneiït^ ceui qui |etlent leurs leinmes dans les rivières et leur mettent ensuite une pierre sur le ventre : ceui-là iont des boni m es ! Je ne comprends même pas que VVAùl ne leur ai pas accordé une récompense^ à ceux-là*

« IJn réfrac taire vendéen caché aux environs de Chantilly r, , relut Maoik© en reprenant la b-lire, et tremblani de tout le poids de son corps jusqu'b la pomte des cbeveui.

« .,*» Lo procureur du roi est aui enquêtes dans ton arrondissement,

» Sois as^z dévoué h ton ancien ami, perdu d'honneur 51 un rayon pur de iustice ne touche pas sur cette affaire, pour Taider à traîner Tiniulieur,

I défaut de *^ compagne* aux pieds des tribu naui. Ce n*cstque \h que je dévoilerai la cause si simple, si facile et si naturelle de ma conduite: dé- Ctaratinn que je ne rm«i livrer à 'a publicité dt^journauï, ni porter aiidotu ici lé de chacun. Aide-moi : voilà tout ce que j'ai à te dire, à toi qui peui iJeviuer combien une pareille lettre Oie coûte à écrire, mais qui ne ï^aispas ce qu'elle coûte à terminer; son dernier mot est accablant. Hf)rlcnso est dmruue folle: sa raison n'a pas été assest forte pour écraser la calomnie coriifut; j'ai écrasé la calomniatrice. Il y a plus; sa fol^e est de croire que sa tille est urre véritable bd tarde, éternelle honte i|u>lle aurait glisliée h m*^n insu dans noire ménage. Je pleure, Maunœ, à tout ce que ï^ cris ; j'ignore mtme si ce que je l'écris a quelque suite, et la rlarlé nérefaire jMmr le faire sentir la nature du service que /^attends diî Un. Ma fénma^ tulle, mon commerce suspendu, ma famille Tobjet do la piiié ou fie la raillerie publique, mon nom courant les tribunaux, tout cela sur la révélniinn d'un mensonge, sur un mot sorti d'une seule bouc heî Sur quoi ! ^ bonheur, J^aurice! Vedle au lien, retien&-le comme uir souffîo

Viîhapper ; lie-toi à ta femme, lie-la a son ménage; n'aie aucun »w:i ' < vie, on le révélerait. Le secret le plus innocent qu'on r-nche,

fiqiv his dangrrcux en résultais, souvent, que la faute la plus

gravt: ^':^>' .c-iUkment commise^ Réponds*moi* Si tu étais seul, libre^ je 1er dàrais : \ iens ! tu viendrais ; mais tu ne Tes pas* — Sers-moi, venge-mot

I^îe serai vengûî ^

« JULEÎt iEFORt, ft Mêntiet déchira du papier et y écrîvii : m Mon cher Jules , w ta femme dui a insulté ta tienne, c\^t la n vienne, Léonidc ; l'homme qui était avcîc elle au bal, c'est M. Edouard de Calvaincourl» amant de ma femme. Envoie cette note au procureur du roi< » Tu es vengé.

» Ualriok. h La porte du cabinet fut pouss^f'e nvec tm grand éclai do rire : c*étûil Vklorj fl s'assit, se serrant les cibles pour ne pas étouffer dans rexplosion du

itmi il penchait la léle, éternuait, laissait tomber son chapeau qu'il no r«ni«j^;iiit pas; il était ivre de galté.

Ilauricelert*gardaii d'un air liébété, roulant entre les doigts sa réponse % Jttle$ Lefort ; attendant là fin de cet orage de bouflonneriâ qm «rrtvaii

II tuai à propos. ^

l&G L& MOTAIAB U£ CaASTlLLX*

•«- Tu ne mlnterroges pas, Mauriœ?

— Non!

-^ Diable I comme tu es sérieux. Quel noni Alors laisse-moi rite {Mr toi» pour moi, pour tout l'univers.

— Ris tout ton soûl.

— Puisque tu me le permets. — Et de nouveau Victoir rit, étemua a( si fort, qu il se gaudit, faillit briser un dos de fauteuil en se renverault pour mieux rire.

Pour la première fois, Maurice éprouva du dégoût à ôtre dans la société de Victor. En présence du frère, il froissait le nom de la sœur arant: de renvoyer aux assises. Il eut une espèce de répugnance à subir œUi. familiarité que, certes, il n'encourageait pas en ce moment.

Il était toujours debout devant Victor.

— Sais-tu de quoi je ris? de notre affaire, Maurice.

— Je la croyais plus sérieuse.

— ' Qui dit le contraire? écoute, et tu riras comme moi.

— Arrivé à Paris, — écoute-moi donc, — je suis allé au ministère «k, notre protecteur m'a reçu dans son cabinet avec beaucoup de précaution. Là, il m'a dit : — L'affaire n'est plus en bon chemin. Dans dix jours^ leé travaux pourraient commencer, sans doute ; mais je dois vous avortir. qu'un concurrent se présente, un concurrent puissant, riche, appujré du ministre, favorisé de la cour même.

— Que pourrait^il contre nous, ai-je répliqué aussitôt, toutes lesmai» âous qui sont sur la ligne par où le chemin de fer passeca nous appwr tiennent?

— 11 pourrait, m'a répondu notre protecteur, obtenir rexploitaUoo da (^emin de fer malgré vos maisons, qu'il achèterait.

— Mais nous en exigerions des prix fous.

— Pour cause d'utilité publique, on n'aurait aucun égard à vos prétentions outrées; on estimerait les immeubles, on vous les paierait, el Ton vous laisserait crier.

— Mais ne nous avez-vous pas promis, assuré, garanti que nous serions les seuls adjudicataires? — J'étais un peu en colère.

— Oui, tout autant que la cour ne s'en mêlerait pas. Luttez avec eUe. J'étais mort. Et, en vérité, je ne riais pas alors comme tout à rhoace.

— Rien n'est perdu, a repris l'impassible protecteur. Juge si j'écoutais.

— Centuplez, m'a-t-il dit, la valeur de vos maisons afin de découragor celui qui serait tenté de vous souffler l'exploitation ; qu'il soit épouvanté de Pargent (^'il aurait à verser pour devenir en sous-oeuvre l'adjudicataire préfère.

— Comment centupler la valeur des maisons?

— ^^Les deux tiers des loyers sont vacans, n'est-ce pas? Vous avez con-

§édié beaucoup de locataires ; eh bien, sans perdre ae temps, en sortant 'ici, établissez toutes sortes d'industries dans ces appartemens vid0S,.Si votre concurrent veut déplacer ces industries, il faudra qu'il les indemnise ; ayez des baux supposés pour dix ans. Quelle fortune ne recidi>! rait pas devant de pareils sacrifices d'indemnité? Votre concurreni sa^ culera; et l'affaire vous reste. Mais de l'esprit, de la ruse, de la vitesse f courez I

J'ai couru.

Le lendemain, tous les appartemens vides de nos maisons de La ChapeUa s'étaient remplis de fabricans; et, sur les portes, aux croisées, à toutes les lucarnes, pendaient des enseignes, ^andes, petites, noires, blanches, dorées. Ici : fabrique de noir animal; ici : Alelter de fonderie; là : Mek* nufaclure de papiers. peinU; Manufacture de tapis; Dépôt de portelaine; Raffinerie de sucre; Ra/finerie de soufre ; Ateliers d'ébénisUriet de bijou(ffiey de serrurerie.

tR iTOTàtiiE 0£ cniirra^Lt;

imifs temps de le faire renaître quand Tes eicès Tout ruiné. Maurîca n'osait jeter ï a sonde ou fond do Imites les plaies demi il gémissait, ÎJi d»pariiron d^^ papiers du colonel DeUray, remploi si lémorairo que Rcynior mmi fait des tonus déposés chez lui par Edouard, élaienl deut ciiisameA densées qui le rongeaient an vif. Pour les prostituer à un amant , m femme lui avait vole des papiers saerés, eU quand il Im avau rocbiuéi de ia trahison, Tadullère s était levé avec audace et avait répondu : éolAirdssenrieris foudroyans dont il élait encore ébrank\

Ses affaires avaient pris une ioiimure sinon mauvaise, du moins exirê- Jliement sérieuse, lance qp'iï était dans le champ ilhniiiédesspéculatioim. Il en éiail arrivé h ce point d'nbscuriié commun h tous eeuï qui, comme lui, renoficeni en affaii^s au chenrin tracé de la routine pour opérer sur tes élémens des probabilités. 1^ terre a dii^imru pour ces naviffatetfifï Infdis \ ils n'ont en perspecûve mie !e naufrage ou ia conquête : les ter- IBB connues leur sont ii>terdiles* Uacliviié ince^ssantedc leurs spécubtioi» ÛéffGTQ Tordre qui avertit les sages du moment ou il convient de s'arrêter, Maurice avait graduellement remplacé les belles qualités do pré*^ voyance dont il était doué, par Tesprit d'ambition-, et, ce tju*il y avait d0 triste, par un esprit qui n'était pas le sien. Rarement avait*il encore ém instans d'illusion h donner à Tespérance de reprendre un jour le passé au rivage paisible où il î 'avait attaché. Mais le bonheur de ses premières jmnees lui aurait-il suffi? rimagination se rtde comme le fient ; et c'est le premier crime des vanités de détruire d'abord les joies qu'elles ne suppléent point. Le notaire de Chantilly commençait h comprendre un peu imeux Tavantage d'avoir un centre d'opérations plus vaste qu'une éiadô de village* Malgré la simplicité de son cœur, il convenait avec lui-môme, et d*apiès les leçons de Ueynicr , qu'une fois Je parti pris dVntrer dan» rès aflaires, inconséquent est celui qui les traite avec timidité* En guerre, |AfûUl tuer; en affaires, s'enrichir : les demi*moyens prouvent Timpul»ince unie à rambiiion, Maurice, en esprit rigoureusement logique, teitaitia triste morale de sa position; dans les caractères bien soutenus* îfést une vérité, que le faux ne s'y introduit qu'à certaines conditions fordre.

îl était enfoui sous les calculs de sa vaste opéra lion du chemin de fer,' affaire devant laquelle disparaissaient tontes celles de ses cliens, ior&qu"uïï clerc lui apporta une l*^Hre tinibréo de Compiègne.

— ie vous ai prié cent fois, lui reprochait* il, de ne pas me troubler % chaque instant pour des riens qui détournent mes idées et absorbent mm temps. Ne vene^ dans mon cabinet que lorsque je vous sonnerai» entende'vous?

— C'est un ordre que nous avons a^sez strictement suivi depuis que ^ fous Têveî enioinl,monsiûtir, quoique vos cliens se soient plaints de cotte Bfeonsigne qui les oblige souvent à fait« diï lieues sans parvenir à vcrt» 1^ Coi^ulter*

L'observation du clerc surprit Maurice.

— 0«© dites- vous?

— Qu'un curé, dont j'ai oublié le nom, pr exemple; que le maréchal-

»lernint du chdteau , que les petites ouvrières de Gonvieui, que Pierr©fonds et l»eaucoup d'autres sont fort méotmtens d être venus chez vous ce matin, par uu temps abominable, et d'être repartis sans avoir eu au-r iieiice^ — Mais... mais pourquoi les avoir renvoyés? -* Vos ordres sont \K monsieur.

^^ —Mais vous ne leur avpz donc pas expliqtîé à ces gens que si je tm ^■fes recevais pas , — faut-il donc lout dire? — c'était tantôt a cause d'un ^méritage h régler sur les lieux, tantôt à causa d'un conseil de famille à ' Bsatsier de ma firéatace ; ce qui est vrai; vous le voycî vous-même.

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