‹ Œuvres: lettres et poésies (volume 2)Chapitre 32 sur 131 · A LA MÊME · texte numérisé non relu

A LA MÊME

[A Paris, Bème date.]

Madame, sans mentir, c'est une extrême ingratitude & vous de n'avoir pas pris la peine de me faire réponse ; et c'est être paresseuse à un point qui ne se peut souffrir, que de l'être çlus que moi. Quelque beau prétexte que j'eusse d^être six mois sans vous écrire, je n'ai pu laisser partir Robineau sans vous assurer qu'après tout cela je suis plus à vous que jamais. Il est vrai, madame, que vous ne me sauriez perdre, quelque négligence que vous ayez pour moi. Je voudrois bien quelquefois, comme M'*® de Ghalais, me pouvoir sauver de votre services el il y a bien ici quelques persoimes qui se résoudroient à m' enlever. Mais je u*^ puis consentir, et il me semble que ce seroit me perdre que de me sauver de la sorte. M^^ de Rambouillet m'a commandé de vous dire que, sur lu besoin qu'elle a cru que vous aviez d'une personne habile et adroite pour être en la place de celle que vous aviez perdue, clic vous a envoyé M"® [Forestier], qui de bonmî fortune n'avoit pas encore trouve de condition. Elle croit que

* ÈIss. de Cotirart, p. 569.

' Ce fut quand elle alla chez M*nc de Kerven o; elle rcloarna après chez la marquise de Sablé (T.).

VOUS la recevrez comme une personne qu'elle vous «i choisie, et Ta fait partir il y a deux jours •. Je ne vous aurois pas écrit cette raillerie, si on ne me Tavoit commandé; car, en vérité, madame, j'ai le cœur trop outré du peu de soin que vous avez de moi. Déchargez-le de cet ennui, s'il vous plaît, car il vous jure qu'il est tout à vous. Je suis, madame, votre, etc.

PosUscriptum. — J'étois prêt à partir, et tout résolu, quand les nouvelles du délogement de Monsieur ^ m'ont arrêté; je Tirai trouver dès que je saurai certainement où il est. Mais je vous supplie très-humblement, madame, que j'aie auparavant votre congé et une de vos lettres.

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