AU MARQUIS DU FARGIS
tée par quelque chose, c'est par les assurances qu'il vous plait me donner des bonnes grâces de M. de Puylaurens ^ Je sais, monsieur, que vous avez assez de part dans son esprit pour pouvoir répondre de ses inclinations, et vous savez avec quelle passion je désire de pouvoir mériter la sienne. Aussi quand je lis dans votre lettre ce que vous me mandez, que vous avez donné ordre pour ma subsistance pour un temps de deçà, et que je ne vois point d'ailleurs de quelle sorte vous y avez pourvu, ni par quel moyen, j'interprète cela, que vous avez jugé que l'assurance d'être aimé de deux si excellentes personnes suffisoit pour me rendre heureux, et que cet honneur pouvoit suspendre tous mes maux pour un temps.
L'on attend ici avec impatience MM. de Lingendes' ; et vu les grandes tempêtes qu'il a fait et le long temps qu'ils mettent à arriver, j'en serois en peine, n'étoit que Ton m'a dit qu'ils avoient été pris par les HoUandois, et que cela leur a fait perdre un mois de temps. Le comteduc m'a témoigné qu'il importeroit extrêmement qu'ils fussent ici et qu'il regrettoit fort que l'on perdit tant de temps, pour ne pas savoir ce que Son Altesse désire. Selon que je puis juger, il a autant d'envie que jamais de servir et de faire assister Son Altesse, et montre en cela beaucoup de passion. Je crois, monsieur, que vous donnerez avis de ceci à M. de Puylaurens , à qui je n'en écris rien, parce que la lettre
* Voyez la lettre Buivante.
' M. de Lingendes avait précédé Voitare à Madrid en qualité d'envoyé spécial de Gaston. Lui et du Fargis faisaient seulement Vinlérim,
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que je lui envoie étoit déjà fermée, n'ayant Vu le cottiteduc qu'hier au soir. Je n'oserois, ni ne puis sortir de 0^ lieu devant l'arrivée de MM. de Lingendes; mais dès qu'ils seront ici, et que l'ordre que vous dites que l'on a donné en ma faveur aura produit quelque effet, rien ne m'y sauroit retenir; et, usant du choix que vous me faites l'honneur de me mander que l'on me laisse, je partirai d'ici en diligence, et irai, monsieur, vous rendre moi-même les grâces très-humbles que je vous dois pour tant d'obligations que je vous ai. Je sais qu'au moins pour les premiers jours, ma conversation ne vous sera pas ennuyeuse, et que vous aurez du plaisir à m'entendre dire combien vous êtes ici estimé et aimé de tout le monde, et quelques particularités que je réserve à ce temps-là. Je souhaite qu'il arrive bientôt, et que je vous puisse assurer, mieux que je ne puis faire ici, avec combien de passion je suis, monsieur, votre, etc.