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à Loa|I^e•^
A BruxellM, et {S août i634.
Monsieur, quoique ma mauvaise fortune me doive
n'tt jamais pu découvrir si re Mijçon étoit un fourbe ou non (T,)« Vovf z aiiMi les Mémoireê dArnautd dAndilly^ p. 426.
* Première éUilion, p. 247.
^ Mas. de Cii^rart, p. 700. '^ Guy de Riea^, oiiirqttis de Souf^
avoir endurci à toutes sortes de déplaisirs, je ne me puis accoutumer à celui de ne recevoir plus de vos nouvelles, et il me semble que la perte de vos lettres est un malheur qu'un honnête homme ne doit pas souffrir constamment. J'attends avec impatience, il y a beaucoup de jours, que vous me fassiez l'honneur de faire réponse à la dernière que je vous ai écrite, que je mis entre les mains de madame votre femme ' . Hais enfin ma patience s'est achevée , et je ne puis différer plus longtemps à vous supplier très-humblement de me tirer de peine, et de m'apprendre par une des vôtres quel accident m'a jusqu'ici retardé ce bonheur. Vous voyez, monsieur, quelle assurance j'ai en vos paroles, et quelle extrême confiance je prends en votre bonté, puisque j'ose vous demander si hardiment une faveur que je ne saurois jamais mériter, si vous ne me l'aviez promise, et que je vous presse de me payer exactement, comme une dette bien acquise, ce qui n'est qu'une grâce et une libéralité. Puisque vous avez toujours témoigné d'avoir tant d'inclination à cette vertu, je crois que vous serez bien aise de voir qu'en dépit de la fortune vous la pouvez encore exercer, et qu'il est en votre pouvoir de faire du bien à une personne qui vous en demande. Au moins je vous assure qu'il sera bien employé et bien reconnu , et que vous ne sauriez en rien mieux témoigner votre bonté
deac, premier écayer de Marie de Médicis, mort en 1640. Il avait suivi la reine-mère à Bruxelles; plus tard il s'accommoda el revint avec Monsieur.
' Louise de Vieux-Pont, baronne de Neubourg, fille atnée et héritière de sa maison, morte en 1646.
qu'en me faisant Thonneur de m'assurer que vous m'aimez et que vous voulez bien que je me dise par* tout, monsieur, votre, etc.
Post'Scriptum ^ — Monsieur, selon la liberté que vous m'aviez commandé de prendre, je vous avois supplié très-humblement, dans ma dernière lettre, de me permettre d'y mettre de très-humbles baise-mains à M"® de Quéligré. Je vous supplie de trouver bon que je l'assure encore ici que je l'honorerai et l'aimerai toute ma vie autant que personne du monde.
A Braxelles, le 22 octobre 1634.
Mademoiselle, j'ai lu à toutes les heures du jour, la lettre que vous m'avez écrite à minuit ; et quoique je n'aie pas accoutumé de trouver fort agréables les biens que l'on me fait à ces heures-là, j'ai reçu celui-ci avec plus de contentement que je ne le puis dire. Après l'avoir bien considérée, je n'ai pas trouvé qu'elle fût d'une personne endormie ; j'ai confirmé le jugement que j'avois fait de vous autrefois^ que ce temps-là est celui où votre esprit est le plus éveillé et le plus clair, et qu'il reprend de nouvelles forces. En cherchant la cause de cela, je ne veux pas , mademoiselle, soupçonner de vous rien de mauvais , ni remarquer que cela est assez étrange que l'heure des lutins soit la vôtre. J'aime mieux croire que c'est qu'il ne peut y avoir de nuit dans votre esprit; et qu'étant, comme il est, une source de clarté, les ténèbres qui obscurcis-
< Première édition, p. 254.
sent les autres ne lui peuvent nuire. Lorsqu'elles couvrent toute autre chose, on le voit briller avec plus d*éclat, et l'ombre de la terre ne peut monter jusques aux astres ni jusqu'à lui. Quand j'en parlerois avec des termes beaucoup plus magnifiques, je vous supplie très-humblement de croire que je ne dirois pas encore de lui autant de bien que j'en ai reçu. Le choix qu*il vous a fait faire de trois ou quatre paroles avec lesquelles votre dernière lettre m'a semblé plus obligeante que les autres, a produit en moi des contentements inespérés , et m'a donné une joie que je fais scrupule d'avoir» et dont je ne devrois être capable qu'en votre présence. Mais voyez, s'il vous plaît» mademoiselle, jusqu'où s'étend votre pouvoir. Au moment que vous eûtes écrit que vous souhaitiez la fîn de nos malheurs^ les Elbèno * partirent [lôur y chercher du remède* Le ciel commença à se débrouiller» et nous fit voir de plus belles apparences que jamais. Puisque cela est ainsi, et que c'est en vous quasi lé même chose de désirer du bien et d*en faire, continuez , je vous supplie très-humblement , h avoir dé bons désirs pour nous^ Je m'imagine que cela suffit^ à faire naître quelque heureux eflVt. Votre bonne fortune vaincra la malignité de la nètre, et vous pourres
■ L'un d'eux, Alphonse Delbène, Tut évoque d'Orléans en 1646. ne étaient fortesUniés. si Ton en Juge d'après ce passage du Voyage âe Chapelle et de Bachaamonl :
i*esprit et rime d*un Delbène, C*eit-àodirey avec la bonté, La douceur et ^honnêteté D^aae ^erta mâle et romaine Qu*on respecte en l*antiqailé.
contribuer plus que personne à cet accommodement auquel tant de gens travaillent. Mais, s'il vous plaît, mademoiselle , que ce soit bientôt , car, en vérité , je meurs d'envie de voir les merveilles qui sont à Paris. J6 ne crois pas que oe soit la demoiselle dont vous parles à M. de Chaadebonne qui montre les plus rares, quand le singe à qui on a appris à jouer de la guilare sauroit encore chanter avec cela *. Je sais où il y a des ohoses plus extraordinaires, et où je pourrois voir de plus beaux miracles. J'espère aussi que de mon côté je vous en ferai voir un merveilleux dans le changement de mon humeur qui sera, je vous pro^ mets, sinon fkusû belle, au moins aussi égale que la vôtre. Ne craignes donc point , mademoiselle , qu'un chagrin que vous dissipez de si loin puisse arriver jusques h vous, et n'ayez point de regret de perdre mes lettres en me retrouvant moi-même. Je vous fe* rai avouer que je vaux mieux qu'elles, et vous verrez que je n*ai pas écrit mes meilleures pensées. Enfin, |e vous assure, hors une grande quantité de cheveux blancs qui me sont venus, il n*cst point arrivé en moi de changement qui ne soit en mieux. Encore j'espère que ceux-là tomberont avec les soins qui les ont fait naître, et je deviendrai sans doute tout autre que je suis^ quand je vous pourrai dire moi-même avee quelle passion je vous honore et combien je suis, mademoiselle, votre, etc.
> De MH« Coinet (T. ). — Cette demoiselle Coinet éloit nne ebanteufie qai avoit appris à un singe à jouer de la guitare. Il y jouoit elToctivement une sarabande, mais il manquoit toujours en UD endroit (Tallenant, HistnrUues, t. IX, p. 167).