‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 109 sur 134 · A HADÀllB · texte numérisé non relu

A HADÀllB

(Inédite.)

j'avois promis dé ne plus voùâ écrire; maïs un homme qui ne se peut garder soi-même, ni son âme, ni son cœur, ni sa raison, est-il obligé de garder sa promesse? Et en l'état où je suis dois-je être responsable de quelque chose? En quatre jours, j'ai souffert tout ce que Ton souffriroit en quatre mille ans , et après m*èlte déchiré le cœur pour vous en ôter et avoir enduré des gênes insupportables pour ne vous point voir, tout ce que j*ai avancé par-là, c'est que je vous aime beaucoup davantage; et puisque toutes les violences que je me fais , et les contraintes que je me donne pour m'éloigner de vous, ne produisent point d'autres effets, sinon qu'elles augmentent mon amour» ne suis-je pas obligé, en conscience, de ne me plus contraindre, de vous voir le plus que je pourrai, et de ne me plus servir d^un remède qui a augmenté mon mal et qui me tueroit bientôt? Sans mentir, madame, il n'y a point de peines au monde pareilles à celles que j^ai endurées depuis quelques jours ; mais s'il vous plaît que je vous voie aujourd'hui, je tiendrai tous mes maux bien employés, et Vous me ferez plus de bien en un quart d'heure que je n*ai eu de mal eh toute ma vie.

* Mss. dé Cottrûi-t, p. 4Û1. — VoyeÉ âiissl, Ùeiles-LeW-es françaUeê, MMk 151, U II, p. 21.

LBnBEft AMOUBBUSKS. Sfil

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