XLVI
Six rois pidèrent l'autre jour Tyrcis de leur faire la cour; Mais il souffloit un vent de bise
* C'est pour le gros FrBftçoîB Coquet, qui «voit dit : Jt n trois 1*09 pour six rois (T.}. M. de Monmerqué dil ne pas savoir £|ui est ce Coquet. On trouve dans le manuscrit de Conrart (m-4, t. X, p. 311 ], des vers composés [lour le ballet de ce même personnage.
Qui perçoit jusqu'à la chemise :
Cela le fit demeurer court.
U a le ventre d'un tambour.
Ce qui le rend tant soit peu lourd, Et fait que parfois il méprise Six rois.
U ne fait point cas de Tamour; Quand on l'appelle il fait le sourd; Mais pour prêter son entremise En quelque fâcheuse entreprise, U ne le feroit jamais pour Six rois.
XLVU.
A vous ouïr Chapelain chapeler, J*ai bien jugé que vouliez quereller.
Et que de plus vous êtes téméraire.
Quand vous osez un si grand adversaire Sans plus de force au combat appeler.
Lorsque sa plume au ciel le fait voler, Qu*avec les dieux il ose se mêler, Penseriez-vous qu*il se voulût distraire A vous ouïr?
Ne prétendez ainsi vous signaler.
Vous ne sauriez ses efforts égaler; Croyez-moi donc, laissez-le dire et faire.
Et quand il parle, apprenez à vous taire... Car par justice à lui convient parler, A vous, ouïr.
(A monteignenr le miréchal de Bauompierre. }
Un petit mot qu'on m'a porté De votre part m'a conforté.
Et m'a fait reprendre la lime Pour faire encore quelque rime, En étant par tous exhorté.
Je ne comprends votre bonté, Et crois avec difficulté Qu'un si grand esprit en estime Un petit.
Je vous le dis sans vanité :
Le mien est bien fort limité ; Mais le cœur est net et sans crime, Et possible assez magnanime.
Aimez-moi donc par charité Un petit.
(An même. )
Dans la prison qui vous va renfermant.
Votre grande âme agit incessamment.
Et ce divin esprit que rien n'enserre Vole partout, sans erreur toujours erre, S'étendy s'élève et va plus aisément.
Vous parcourez l'un et l'autre élément, Vous pénétrez jusques au firmament.
Et visitez le ciel, l'onde et la terre Dans la prison.
330 POÉSIES DE VOiTUBË.
Vous ne géuez votre cœur vainement ; Vous connoissez et voyez eainement Tout ce qui brille et qui n'est que de verre ; Vous possédez la paix durant la guerro :
C'est être heureux et libre entièrement Dans la prison.
[RiponteAundè/i^.) [A tt. Go<leaa.]
Comme un galant et brave chevalier^ Vous m'appelez en combat singulier D'amour^ de vers et de prose polie; Mais à si peu mon cœur ne s'humilie :
Je ne vous tiens que pour un écolier.
Et fussiez-vous brave, docte et guerrier, En cas d'amour n'aspirez au laurier :
Rien ne déplaît à la .belle Julie Comme un galant.
Quittez l'amour, ce n'est votre métier; Faites des vers, traduisez le Psautier :
Votre façon d'écrire est fort jolie.
Mais gardez-vous de faire de folie.
Ou je saurai, ma foi, vous châtier Comme un galant.
(Au mtoie.)
Vous parlez comme un Scipion % Et si vous n'êtes qu'un pion,
' Voyez t. I, p. 19 i.
^ L'abbé Àruauld, que l'on «araotama aln^i à l'hôlel de
D'un mot je tous pourrois défaire | Mats une palme à vulgaire M'est pas pour un tel champion.
Je vous le dis sans passiou, N'ayez point de prfeomption.
Et songez de quelle manière Vous parlez.
Ëussiez-vous le corps d'Orion, Avecque la voix d'Arion, Devant moi vou« voua devez taire; Ne craignez-vous point ma colère ?
Qu'est-ce là, petit embtioti?
Vou» parlez !