‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 123 sur 134 · LU · texte numérisé non relu

LU

En bon François politique et dévot Vous discourez^ plus gtavé qu'un magot; Votre chagrin de tout ee foAiialifie, Et l'on diroit que la France et l'Église Tournent sur voua^ comme sur leur pivot.

A tous propos vous faites le bigot.

Pleurant nos maux avecque maint sanglot; Et votre cœur espagnol t$e déguise En bon François.

Laissez TËtat et n'en dites plus mot; Il est pourvu d'un très-bon matelot;

Rambouillet, depuis qu'il avait fait le personnage de Scipion dans la Sophonube de lialret, qui fut représentée à Rambouillet. La belle Julie et son amie M^'^^ de Clermont s'étaient partagé le rôle de Sophonisbe; tous les autres fut-enl de même remplis à deux. Voyez les MémoH-es de tabbt Arnauld, p. 490, dans la collection Michaud et Poujoulat.

332 POÉSIES DE YOiTUKE.

Car^ s'il vous faut parler avec franchise.

Quoique sur tout votre esprit subtilise.

On vous connoît, et vous n'êtes qu'un sot En bon françois.

CHANSONS, u.

(Sar uDe beUe voix.)

Lorsque Bélise veut chanter.

Et que le bruit^ pour l'écouter.

Est d'accord avec le silence, L'esprit, plein de contentement.

S'abandonne au ravissement.

Et suit de ce transport la douce violence.

L*âme qui se veut émouvoir Cède à l'agréable pouvoir De sa voix pleine de merveilles.

Et pour mieux ouïr ses accents, Elle quitte les autres sens Et se vient toute rendre à celui des oreilles.

Chère peine des matelots, Ëcueil agréable des flots, Mort ensemble douce et cruelle, Sirènes, filles d'Achelois, Cessez de nous vanter vos voix.

Car celle de Bélise est plus douce et plus belle.

Votre chant autrefois perdoit Le nocher qui vous entendoit ; Son plaisir étoit son naufrage :

Mais la voix de cette beauté,

Dont tout le monde est enchanté^ Est bien moins périlleuse et plsdt bien davantage.

Elle peut charmer les douleurs.

Et des plus sensibles malheurs Oter la funeste pensée ; Elle donne un plaisir parfait, Et n'en être point satisfait Est manquer de raison, ou bien l'avoir blessée.

Le plaisant murmure des eaux, L'agréable chant des oiseaux.

Les luths d'Amphion et d'Orphée, Un rossignol et ses appas, Un cygne proche du trépas Dressent à cette voix un superbe trophée.

La belle musique des cieux^ Et ce qu'à la table des dieux Apollon chante sur sa lyre.

Les divins concerts des neuf sœurs Cèdent à ses moindres douceurs; Et ma muse se tait ne pouvatit bien les dire.

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