‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 39 sur 134 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

A Paris, ce 1 î uovembre 1 641 .

Monsieur, ce n'est pas que je trouve mauvais que vous soyex aussi (laresseux que moi ; mais, pour €e que vous ne Tavez pas accoutumé, et qu'il y a louglemps que je n*ai reçu de vos lettres, j'ai peur que vous n'ayei pas eu la dernière que je vous ai écrite, dans laquelle je vous répondois à tous vos mots de Poitou, et vous disois mon avis sur les passages de Sallusie et d^Ausone. Si vous voulez dorénavant autant de temps pour (aire vos réponses, que j'ai accoutumé d'en prendre, je n'ai rien à dire contre cela. Néanmoins, il me sanble qu'il n'est pas juste qu'il y ait une même rèf le pour vous et pour moi, et nous ne sommes :

fhe etmêam paru, nec re9p(mâere paraH.

L'autre jour, je dis à H. de Chavigny le passage de Térence : Hem alterum, et que vous me l'aviez proposé , et l'explication que vous y donniez, et que pour moi je n'y en tiouvois pas. Le lendemain, il me dit qu'il croyoit qu'il y falloit mettre un interrogant : Ex homine hune naium dicas? < Croiriez- vous que celuilà soit né d'un homme? Ne prend riez-vous pas ce brutal-là pour une bête? »

Pour moi, cela ne me déplaît pas, cl je doute seulement si un homme qui parle tout seul peut user d'interrogant, comme s'il parloit à une troisième personne. Mandez-moi, s'il vous plaît, votre avis là-^lessus : e«r je lui ai dit qoeje vousécrivois le sien, «i nous

' Entreiiem, p. 310.

CORRBSPOKAMiCt AVEC QMTAE (1642). 131

«ttendoBs voirs répoose [Fftile&4a sineère» mais lou* jours en lonut FinTention, si tous ri*ftpprettTez pas Texplication]. Consultez aussi H. de Balzac s«ir oeia. Je montrerai à M« de Chavigny voire réponse et la sienne, si vous me l'envoyez. [Mais écrivez sans afiec* tation, comme s'il ne la devoit point voir]. Je lui dis, l'autre jour, les v€ft*s que M. de Balzac a faits pour M. Guyet. Il les trouva admirablanent beaux, et me parla de lui avec ime estime trè^-haute et une affec* tion extrême, me louant son esprit, son humeur, ses ouvrages, ses potages (car il dit aussi qu'il m a mangé), comme j'ai accoutumé de les louer moi^ même et d'aussi bon cœur. C'est, en vérité, un homme de très^rare esprit et qui aime passiwnément tous ceux qui m ont; et peutrètre qu'il témoignera à notre ami qu'il se souvient de lui , lorsqu'il s'y attendra le moins. Adieu, monsieur, je suis, votre, etc.

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