AU MÊME
[Novembre 1644'.]
Monseigneur, quand j'aurois eu quelque colère con-
* En réponse à une lettre de d'Avaux, du 15 octobre de cette année. Voyez Mss, de Conrart, in-4,* t. X, p. 651.
trç vous, 1^ pr^n|ièrp§ lignes 49 votri l#(tr§ ni'»lin»i«Rt 9pai§é et m'^uroi^nt remis à 1» raiiion, h «uîl »» dmOU' reux de tout c^ qu^ you$ f%\i^f §i les chosafi qu# v^n m*écriye^ pn( de ^i grands charmes pour moi , Qm quand jç ma plaindroîs â& voira humeur ou de "^êlfê amitié^ dès qua jq verroU quelquo ahose da vou»» ¥^ tra apprît me r^^gagnaroit, at ja sarois i^^stînt du ra^ Y§nir à vous, pomma on Tast qnalqnafois d^glm^r »»« maîtrassa ^rqalla. U ast vr$i, momaigneyri qu# lors- ()ua ja vous fis tons (ças reproches #( qua iéefw'u^ rqMQ§ula§ UIm mtis fatuaff (?omma dit Cieéron #9 quelqna Jien, J'atois e^strêmamenl; irrité §onlra¥9iif» et, sans maniir, quelqga obligation qua ja vouf» aiai j'ftvois quelque droit da la faira, an mom
Si qt^id longa fidei, eanaqttejwra «aienl;
et n'avois-je pas raison de trouver étranga que wm, k meilleur et le miau;^ faisant de tons les bommas,
Qui largirii optf vntm l^doque foi9iit
me refusassiez cinq ou six lignes ^ et qu'étant libéral de toutes autres choses, vous fnssiez seulement avare de vos paroles? Cependant, après y avoir bien penséi j'avoue que vous êtes excusable d'en être bon ménager, si vous savez aussi bien que moi ce qu'elles valent; car, à qui s'y connoit bien, et qui sait le vrai prix des choses, y a-t-il rien da si baau, de si riche et de si précieux, et vçtre dernière lettre seule ne vaut-elle pas tout ce que votre surintendance me saurglt jami^is donner? l^'élégance attique dont vous me parler fntelU jamais plus pure à Athènes, ni rurbanité plus
AC ^miÈ D*AtA(JA (ft44}. 11
ft|téftl>l« 0i liiéiix «ittifMlti^ 9 ti^ml Qit6 t6ii§ m'avez fait le plaisir de nf alléguer eet endroit iê Vk" riostdf dOBt je ne m'étois pas souvenuf il y ateit plus de vingt ans ! Et ce trait : Si je tiens la plume avec M. [Servten], il mé^uetêtle; si Je là laisse à M. de Voiture^ il Se dépilê, lië Vaut-il pas tout làeùl un livre dé belles idifés? AvêfC qtrelle vigueur, au reste, Quelle tofcê et quel esprit Mménët-VMÈ Vdtré pariidoxé ; et iêm eéM de Ckéton ensemMe valent-ils le vôtre ! le fié lâisiSe paâ de demeurer dailâ m& pretfilèré Opinion, et dir efdire qu'un homme qui sait écrire de si belles émêê, a grand tort de ne pdnt écrire à uft autre qui léi sait û bien eofiuaitre. Panurge dit en une pareille rmeomte à Ëptstemon, qui, atec de bélléâ raison^, ftti v^utoit prouver uue chose peu croyable f fetitendsy et mê sembléâ bon topigneuf êi offeClê à toire cause. Vous m' usée %$% de belles grafides et diatiposeSy et me plaisent très-bien ; mais prêchez et patroclnéi dHci à la Pêntê9ùtêi ên/tn^ t^ous êerest ébahi comment rien n$ m'aure» persnadét inavoué pourtant que vcis raisons m'ont ébranlé en quelque sorte ; mais plus ce que vom écrivez est fort et persuadant , et ingénieux, plus je trouve que je suis excusable de vous avoir pressé de me faire Fhonneur de nfécrire. Je sais, monseigneur, qué €ë désir-*là, qucfique âccompagué peut-être de trop d'ârdeuf, né Vous saurait déplaire, et il est difïicile que vous ayei tnAttv»s€f epiif)<m d'un homme que VQiiis ne sauriez contenter en loi donnant quatre miUe bvres do reifto, et ^ui est tout prél de f^mpre avee vous, si vous ne lui envoyez de vos lettres. Il n*y a rien, pour vous dire le vrai, dont je me passasse plus
12 LETTRES nE VOITURE.
volontiers, rien que je n'aimasse mieux qui me fût retrancha.
Quidcii faeiUut poitut ttm, qtutm m kac re me delud4er.
y en avois vu ces jours passés d'autres de vous, une à M. ***, une à M"«* la Princesse, et une à M. *** : avec quelle force, quelle gentillesse et quelle beauté ! Je suis au désespoir de n'êlre point à la source de toutes ces belles choses , de ne pouvoir être auprès de vous et de ne pouvoir ramasser ce que vous dites tous les jours. Vous en croirez ce qu'il vous plaira; mais, quelque bien qui me puisse arriver de votre bonne fortune, je vous jure que je vous aimerois mieux cent fois marguillier à Saint-Nicolas, que surintendant et pjénipotentiaire. Combien de fois m'arrive-t-il, dans ces ruelles dont vous me parlez, de dire en moi-même :
Oubi camp* Wettph€Uiœ l
Car enfin, quoi que vous disiez de la barbarie de ce pays-là, il n'y a point de pays barbare quand vous y êtes:
Otnitle mirari beatœ
Fumum, et opet, slrepitumque Romœ.
Les plus beaux, les plus agréables, les plus délicieux fruits de la Grèce et de l'Italie vous les faites naître
Verveeum in patria, crcutoque tub aère.
Neque miror cœlum et terras vint suam^ si ita tibi conveniaty dimittere. Mon Dieu ! que cet homme ' , qui
' Servien.
AU COMTE D*AVAUX (lG44). 13
iecum deeeriare voluit conientione scribendU a choisi des armes désavantageuses !
Verbota et grandie epittola venit.
Hais pour parler de chose plus agréable, votre lettre a mis de la division entre deux dames sur l'explication de cet endroit où vous pariez des inspirations qui me viennent dans la ruelle de MP^ la marquise * : M""« de Rambouillet prétend que c'est pour elle , et M^^ de Sablé lui dispute. Que vous avez d'obligation à cette dernière de ce qu'elle vous aime, et de ce qu'elle vous hait ! car l'un n'est pas moins obligeant que l'autre. C'est une chose merveilleuse, de l'impression que vous faites dans l'esprit de toutes les personnes à qui vous voulez plaire :
Àdeone hominem tam vemutwm et felicem ?
Celle-ci est entièrement irritée et révoltée contre vous du peu de soin que vous avez eu d'elle , et ne se peut empêcher de s'en plaindre en toute rencontre, ni de vous louer en même temps, mais de quelle sorte louer?
Mieux, sans mentir, que je ne saarois faire.
Je ne suis pas pourtant d'avis que vous lui écriviez pour vous raccommoder : car aussi bien vous retomberiez sans doute dans le silence qui vous est si cher; mais mandez-moi, s'il vous plait, quelque chose
* « Vraiment il vous sied bien d'exiger d'un homme conûné dans la Westphalie, qui est une vive image de la barbarie de l'ancienne Allemagne, de répondre aux inspiralions qui vous viennent à la ruelle du lit de madame la marquise. » {Lettre de d'Avaux à Voiture).
14 lEtTKtss bP. Voiture.
pmv edltf. Je totl§ dêfnândé àiissi tin mol de compliment pour M. Tubeiif '. Si fmê fôiiiëi v6^ïs passer de Tun et de Tautre, je I<^ VêUt bféfi : j6 Suis êôntent de yùirë dernière leUre^ el ne toile demàndcnrai f ieti de m llioie* (jmw0tv9Ê'mm seiikmient l'honufietlr detoirê douYenlr^ él me ërojes tonjouref motiseigneuf) ^6* Ire^ cfie.