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DU XVIII« SIÈCLE

briller un bon nombre de compositeurs et d'instrumentistes dont elle a pu se glorifier. Leur mérite fut grand, et ils pourraient presque tous être proposés pour modèles ; mais pour circonscrire cette étude au seul siècle indiqué dans notre sommaire, nous devons les passer sous silence. Et d'ailleurs, les noms que nous avons choisis, sont pour être mis en regard et établir une sorte de parallèle contemporain entre nos virtuoses organistes et les célèbres chanteurs que Tltalie posséda pendant ce même siècle (1). C'est donc au nom de Couperin, nom aussi illustre qu'honoré dans les fastes de la musique française, a ouvrir cette galerie d'élite.

Vers le milieu du XVP siècle, la petite ville de Chaumes, dans la Brie, possédait une famille où se faisaient remarquer trois jeunes garçons pleins de vivacité et d'intelligence. Leur aptitude pour la musique était notoire. On conseilla à leur père de les destiner à la culture de cet art, et surtout à l'étude de l'orgue. Ce fut là une heureuse inspiration et un excellent conseil, car ces trois frères et leurs descendants, suivant la même carrière, devaient un jour illustrer leur nom et donner à la France des artistes dont elle aurait à se glorifier. On a déjà nommé la famille Couperin, dont quelques-uns de ses membres ont brillé au premier rang de nos

(4) Pour les noms de ces chanteurs, voyez notre étude intitulée Porpora et ses élève s, ou Part du chant en linlie au XV 11!^ siècle, étude reproduite dans le recueil annuel de la Société des sciences de Tam-et-Garonne, années 1868-1869.

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organistes français pendant prfes de deux siècles.

Couperin (Louis), l'aîné des trois frères, naquit en 1630. Fort jeune, il fut envoyé à Paris. Il y fit de bonnes études musicales sous la direction du célèbre claveciniste Chambonnière , son parent. Ses progrès ainsi que sa réputation furent rapides. Il obtint la place d'organiste de Téglise Saint-Gervais et de la chapelle du roi Louis XIII, monarque dilettante, dont les connaissances musicales étaient réelles. Cet auguste amateur apprécia le talent de Couperin (Louis) comme organiste et claveciniste, et, pour se l'attacher encore plus particulièrement, il lui donna, dans sa musique intime, une place de dessus de viole. Cet excellent artiste n'en jouit pas longtemps ; il mourut à l'âge de trente-cinq ans. Couperin (Louis) laissa en manuscrit trois suites de pièces de clavecin, qui, publiées plus tard, ont été fort estimées. Nous en possédons quelques fragments, et nous voyons que ces compositions étaient dignes de l'estime dont elles jouirent.

Son frère Couperin (François) et son troisième frère Couperin (Charles) allèrent comme lui à Paris, y reçurent également les leçons de leur parent Chambonnière, y acquirent un talent élevé, et occupèrent successivement l'orgue de Saint-Gervais et de quelques autres paroisses. Cette famille se multiplia. Nous allons rencontrer l'un de ses rejetons, talent de premier ordre, qui mérite d'occuper plus longtemps notre attention.

Couperin (François), fils deCharles, fut surnommé

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le grand, pour marquer la supériosité qu'il avait sur tous les organistes français, ses contemporains. Il naquit à Paris en 1668. Il n'avait qu'un an lorsqu'il perdit son père. Il reçut des leçons d'un organiste nommé Tolin, mais on voit que l'éducation musicale théorique et surtout pratique avait lieu en famille chez tous les Couperin. C'était en imitant ce qu'ils voyaient, en répétant ce qu'ils entendaient, que les derniers venus se formaient rapidement, et que le talent devenait chez eux comme le patrimoine héréditaire. Mais il devait en être de ce patrimoine comme de tous les autres en général; certains étaient appelés à l'augmenter, à le grossir considérablement et à l'amener au plus haut point de prospérité; c'est ce qui eut lieu de la part de Couperin (François), qui parvint à briller longtemps au premier rang avec une supériorité incontestable.

En 1696 Couperin (François) fut nommé organiste de la paroisse Saint-Gervais, place qu'avaient occupée, ainsi qu'on l'a vu, son père et ses oncles. En 1701 il obtint l'orgue de. la chapelle de Louis XIV ; il entra également dans la musique particulière de ce souverain comme claveciniste. Son magnifique talent excitait partout l'enthousiasme.

Couperin (le grand) fut réellement un artiste exceptionnel et du mérite le plus élevé sous tous les rapports ; son habileté sur l'orgue était prodigieuse ; la fécondité de son imagination, sa connaissance parfaite de l'instrument et sa grande facilité d'exécution rendaient ses improvisations ravissantes,

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et, chose rare, toujours sûres et correctes. M. Fétis, dans sa Biographie\universe\le des Mtmdens^ nous dit : € De tous les5 organistes français de son temps, François Couperin est celui qui paraît avoir réani les qualités les plus remarquables; il s'est même élevé à une hauteur qui tient du prodige au milieu du mauvais goût et de l'ignorance qui Tenvironnaieet. François Couperin a laissé plusieurs compositions pour le clavecin, entre autres une méthode pour cet instrument. 11 dédia cette méthode au roi, et la dédicace, qui en forme le frontispice, comme tout ce qui a trait à la publication de cette œuvre, nous montre en quelle estime était tenu à la cour le mérite de cet artiste. »

Voici cette dédicace :

€ Au Roi.

€ Sire,

c Les marques de bonté et de satisfaction que le feu roi, votre bisayeul, m'a données pendant vingttrois ans en écoutant mes ouvrages, celles de votre auguste père, à qui j'ai eu l'avantage d'enseigner la composition et l'accompagnement pendant plus de douze, et la réussite flatteuse que mes pièces de clavecin ont eue jusqu'ici dans le public, paraissent des préjugés favorables pour le livre que j'ai l'honneur de présenter a Votre Majesté. Si séparément de celui d'être à elle, je puis apprendre dans quelques années qu'elle Tait approuvé, alors rien ne sera plus

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