INTRODUCTION. VII
ments qui exaltent Timagination ; elle a, dans son vaste sein, des institutions fécondes et des ressources éminemment favorables à Téclosion comme à la manifestation de la pensée et du génie; on y atteint plus facilement à la notoriété de certaines réputations plus bruyantes que légitimes ; mais, reflets divins , la pensée et le génie , surtout chez les individualités sérieuses et fortes, qui se replient sur elles-mêmes pour éviter les mièvreries contemporaines, peuvent naître et briller d'un solide éclat dans les plus humbles centres : ce milieu même où il n'y a rien de factice, leur donne plus de vigueur, d'indépendance et d'originalité. Ceci est incontestable pour la science. Quant à l'art et à ses inspirations, il n'est point permis d'ignorer que les Muses fuient le tumulte et le bruit : elles aiment la solitude et l'ombre; le Parnasse, l'Hélicon et le Pinde sont leur demeure de prédilection. Il n'est donc pas nécessaire d'habiter Paris pour être poète , peintre ou compositeur musicien, et, mieux qu'à Paris, on peut créer en province de beaux vers, une belle toile et de belle musique....
Combien ne pourrions-nous pas citer d'exemples à l'appui de cette vérité historique? Nous ne le ferons point cependant, car il nous suffira de mettre ici en relief la vie et les travaux de M. Jean-Baptiste Labat. Quelle prodigieuse activité ! Quelle
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admirable variété dans le choix des sujets de littérature musicale ! Quelle aboodaoce dans le nombre des compositions vraiment remarquables de musique vocale et instrumentale ! Professeur assidu à ses devoirs, organiste saintement amoureux de son instrument, musicien épris de l'histoire et de l'archéologie de son art, M. Labat nous apparaît comme l'une des plus intéressantes individualités dont l'auréole artistique survivra au XIX* siècle. Nous pouvons et devons le dire aujourd'hui, certains que nous sommes de ne point blesser sa modestie si sincère et si chrétienne ! On doit aux vivants des égards ; à ceux qui ne sont plus, on doit la vérité!
C'est ce dernier devoir que nous allons remplir.
M. Jean-Baptiste Labat naquit à Verdun (Tarnet-Garonne), le 14 juin 1802. M. Fétis s'est trompé dans la seconde édition de sa Biographie universelle des musiciens (tome V, 1863), en plaçant la naissance de notre artiste au 17 juin 1802. C'est, il est vrai, une légère erreur de détail ; mais, si légère qu'elle soit, nous la rectifions.
C'est à Verdun que M. Labat commença ses études de français et de latin chez un bon instituteur.
Dès l'âge de huit ans, il était enfant de chœur dans sa ville natale, et recevait des leçons théoriques et pratiques de plain-chant d'un vieux prêtre qui en avait conservé de saines traditions.