ESTHÉTIQUE DES HUIT MODES DU PLAIN-CHANT
altération. Cependant, pins tard, les exigences mélodiques amenèrent, dans certains cas, la modification de la note ^t. Conformément au système mélodique des Grecs, on dut éviter le mauvais effet résultant de la succession immédiate de trois tons {triton); or, c'est ce motif qui nécessita l'emploi du bémol devant la note ^t, et qui, dans les temps modernes, a fait également admettre, rarement il est vrai, et peutêtre à tort, l'altération d'autres notes au moyen du dièze. Nous disons à tort, car la tonalité du plainchant a eu sa raison d'être, comme la tonalité moderne a la sienne ; mêler leurs divers éléments, c'est porter atteinte à leur caractère, et . les chants liturgiques surtout ne peuvent que perdre à cette fusion.
Les diverses échelles du plain-chant sont caractérisées par un scandé qui leur est propre. On y remarque la note tonique, qui est la finale ; la domi^ nante, sur laquelle se fait la récitation; et, enfin, la position respective des demi-tons, qui varie toujours en raison du point de départ de l'échelle.
Voici, k cet égard, la disposition de chacun de ces modes :
j !•' mode, ré tonique, — la dominante; I 2"*' mode, ré tonique, — la dominante ;
iS"* mode, mi tonique, — ut dominante ; 4"* mode, mi tonique, — la dominante ; \ 5"* mode, fa tonique, — ut dominante; I 6-* mode, la tonique, — la dominante; j ?■• mode, Bol tonique, — ré dominante ; ( 8"* mode, sol tonique, — ut dominante ;
Analysant la disposition mélodique de ces huit