BSTHÉTIQUE DES HUIT MODES DU PLAIN-CHAKT
échelles, les théoriciens ont remarqué qae chacune d'elles renfermait une quinte et une quarte, divisant toujours l'octave en deux parties inégales. C'est dans cette disposition qu'ils ont trouvé la différence radicale qui existe entre les modes authentiques et les modes plagaux, leurs relatifs ou collatéraux.
Dans les modes authentiques, partant de la tonique au grave, on parcourt d'abord une quinte, puis une quarte, et cette quarte est toujours invariablement au-dessus de la quinte. Dans les modes plagaux, c'est le contraire qui a lieu, et la quarte se trouve au grave, c'est-à-dire au-dessous de cette quinte, base génératrice, des uns et des autres. C'est donc en déplaçant la quarte de l'aigu au grave , que les premiers auteurs de plain-chant ont formé les modes plagaux, tout en conservant à chaque plagal la tonique de son générateur.
Les théoriciens ont remarqué aussi que la position de cette quarte dans l'échelle mélodique influait sur son état harmonique ; si elle est placée au-dessus de la quinte, son effet est infiniment plus consonnant que lorsqu'elle est au grave. De là est venue la classification de ces deux divisions en harmonique et en arithmétique (1).
(l) Suivant le Père Kircher, la division des modes authentiques serait appelée harmonique^ parce que la quinte rend toujours consonnante la quarte qui est au-dessus ; et Ton donnerait également à la division des modes plagaux le nom ù^arUhmétiquey par la raison que le nombre le plus grand se trouve au-dessus et le moindre au-dessous, procédant ainsi par analogie avec ce qui a lieu dans les opérations arithmétiques, où le nombre le plus grand tient la place supérieure.