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ESTHÉTIQUE DES HUIT MODES DU PLAIN-CHANT

eas, s'il ne la parcourait pas en entier. On pouvait sortir des limites de l'octave, à l'aigu ou au grave^ selon la disposition du chant.

Esthétique du plain-ohant.

On connaît les propriétés morales que Platon et les disciples de son é«ole ont attribuées aux divers modes de la musique des Grecs (1). Nul doute que les premiers auteurs du plain-chant ne se soient préoccupés de cette essence de l'art, lorsqu'ils ont écrit leurs mélodies et formulé la base du système du chant du culte catholique. En effet, sous le rapport de l'Esthétique (2), nous voyons que chaque mode

(1) c La musique, dit Platon, ce modèle parfait d'élégance et de précision, n'a pas été accordée aux hommes par les dieux immortels dans la vue seulement de réjouir et de cliatouiller agréablement leurs sens» mais encore pour calmer les troubles de leur âme, et ces mouvements tumultueux qu'éprouve nécessairement un corps rempli d'imperfections, t

(2) Née ou plutôt formulée seulement au siècle dernier, la science de l'Esthétique ou philosophie du beau permet à l'esprit méditatif de pénétrer dans la poétique de l'art chrétien , et de s'élever jusqu'aux plus hautes régions de l'idéali en remontant vers l'unique source du beau, du vrai, du bien, vers Dieu. A ce sujet, on peut lire avec fruit le Rational, de Durand ; les œuvres du cardinal Bona, et surtout son Traité de la Liturgie; la Science et la Pratique du Plairi'Chantt de dom Jumilhac; les Institutions liturgiques, de dom Guéranger; le Génie du Christianisme, de Chateaubriand; VEsthétique du Chant grégorien, du Père Lambiliotte; le Dictionnaire de Flain-Chant, de d'Ortigue; le DicHonnoire d'Esthétique chrétienne, de l'abbé Jouve, et les divers ouvrages que nous citons dans le cours de cette notice.

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