‹ Œuvres littéraires-musicalesChapitre 60 sur 123 · ESTHÉTIQUE DBS HUIT MODES DU PLAIN-GHANT · texte numérisé non relu

ESTHÉTIQUE DBS HUIT MODES DU PLAIN-GHANT

a son caractère particalier, sa signification, son expression propre et parfaitement distincte.

Cette remarque avait été faite par les savants liturgistes du moyen-âge, lorsqu'ils ont défini ces divers modes et établi le sens moral qu'ils leur reconnaissaient (1). Ainsi, ils ont appelé le premier mode, grave; le second, triste; le troisième, mystique; le quatrième, harmonieux; le cinquième, gai; le sixième, dévot; le septième, angélique; le huitième, parfait.

Ces désignations, quoique un peu vagues et souvent incomplètes pour la plupart, nous démontrent néanmoins quel était l'esprit qui inspirait ces dignes promoteurs des chants sacrés, et le but élevé qu'ils cherchaient toujours à atteindre. Animés d'une foi vive, pleins de saintes aspirations, rejetant toute considération sensuelle, ce n'était point uniquement pour le plaisir de l'oreille qu'ils travaillaient; ils se préoccupaient, avant tout, de l'effet moral de leurs mélodies, de l'essence religieuse des textes qu'ils revêtaient de leurs chants (2). Voici, à cet

(1) Voyez Guy-d*Arezzo, Adam de Fulde, Gerbert, le cardinal Bona, etc.

(2) c Les saints religieux qui composaient des chants ecclésiastiques pendant le Moyen-Age, nous dit Choron, se préparaient à ce travail par le jeûne et la prière, et c'était après être demeurés longtemps prosternés dans le sanctuaire, qu'ils entreprenaient de célébrer la grandeur, la bonté, la justice du Tout- Puissant; ce n'est pas tout: avant de rien commencer, ils examinaient attentivement le sons, la nature, le caractère des paroles, ainsi que les circonstances de Texécution ; puis, après avoir fait choix du mode convenable, ils inventaient ces mélodies si naïves d'expression et d'un pathétique si réeUement inimitable; ils savaient imprimer à leurs ouvrages un caractère

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